mardi 17 juin 2025

anti-fascisme

    Curieuse évolution du vocabulaire politique, si l’on en juge par exemple aux campagnes répétées de «barrage anti-populiste» en France, à la mauvaise réputation des référendums, ou à l’opposition virulente à l’élection de Donald Trump en Amérique : être «fasciste», aujourd’hui, consiste à accepter la volonté majoritaire exprimée par le suffrage universel, être «anti-fasciste» consiste à la refuser…

lundi 16 juin 2025

dimanche 15 juin 2025

entomologie

    L’existence indéniable d’un capitalisme sauvage, n’empêche aucunement l’existence d’un capitalisme civilisé. Et la possibilité d’un socialisme convenable ne doit pas faire oublier les horreurs du socialisme barbare.

samedi 14 juin 2025

lecture


Ce soir à partir de 17 h 30 je participerai à une séance de lecture en public 
sur le thème de la correspondance, au Moulin à café, le café associatif de Doeuil sur le Mignon. Je lirai une lettre du prince de Ligne à Jean-Jacques Rousseau datée de 1770. L'auteur y propose gentiment au philosophe de l'héberger.

vendredi 13 juin 2025

guerre

    L’écrivain colombien Orlando Mejía Rivera a publié en 1998? un roman au beau titre, Pensamientos de guerra, qui a été traduit en français en 2004 (Pensées de guerre, chez Mille et une nuits). La bibli disposait des deux versions mais je me suis paresseusement contenté de lire la française. Ce livre m’a beaucoup plu dans les premières pages et beaucoup moins par la suite. Cela commence bien : un professeur de philosophie, spécialiste de Ludwig Wittgenstein, enlevé en plein cours dans une université, est emmené à travers la montagne et la jungle, les poings liés et les yeux bandés, conduit par des rebelles qui l’injurient et le rudoient. Après quoi ses ravisseurs le jettent dans une fosse d’un mètre de large sur trois de profondeur, où il sombre dans la déchéance physique et mentale. Son séjour souterrain est décrit sur huit chapitres, correspondant à huit jours consécutifs, et si j’ai bien compris à la fin il est mort. Il m’a paru invraisemblable qu’il garde tout le temps son bandeau sur les yeux, alors que cela ne sert plus à grand chose une fois qu’il est enfermé, il pourrait très bien se l’enlever lui-même, ou au moins le bandeau devrait finir par se desserrer et tomber tout seul. Au fond de son trou le protagoniste pense à son fils, à sa femme et à Wittgenstein. Les huit chapitres de la détention sont intercalés avec cinq chapitres qui se présentent comme un journal intime du philosophe autrichien gay mais triste pendant les années 1914 à 1918. Mobilisé sur le front, Ludwig craint de mourir, se lamente car il est séparé de son amant David, et rumine des méditations dont le sens m’échappe en partie. La représentation des états d’âme du philosophe et du professeur m’a paru plutôt ennuyeuse. A la fin celui-ci ne sait toujours pas par qui ni pourquoi il a été enlevé et nous non plus. C’est décevant.

jeudi 12 juin 2025

poteau

    Le jeune crétin qui a poignardé à mort une surveillante de collège, hier à Nogent, pour la bonne raison qu’il voulait « tuer une surveillante, n’importe laquelle », et n’a exprimé ensuite aucun regret, ne mérite-t-il pas simplement le poteau ?

mercredi 11 juin 2025

Sevilla

    Deux semaines après le lancement de ma livrette péninsulaire, le Voyage de Jean Mocquet en Andalousie (voir ici), force est de constater qu’il s’agit là d’un non-événement assez réussi, probablement le flop le plus parfait de ma carrière d’éditeur. Mon histoire d'anti-héros n'obtient qu'un anti-succès. A ce jour mes ventes se comptent sur les doigts d’une main, guère plus. Je n’ai pas su trouver le sujet qui emballe. Tant pis. Cet opuscule me plait bien, c’est l’essentiel. Il était un des deux projets auxquels j’ai travaillé parallèlement cet hiver, l’autre étant la causerie sur les vitraux que j’ai donnée en mars. La publication de ce récit de voyage aurait également pu se faire plus tôt mais a été retardée par la recherche d’un imprimeur abordable. Résidant maintenant loin de la civilisation, j’ai d’abord prospecté auprès des entreprises locales. Les quatre devis que j’ai obtenus pour un tirage en cent exemplaires s’élevaient à 192, 264, 341 et 460 euros, ce qui même dans le meilleur des cas était trop cher pour moi. Finalement je me suis retourné vers une imprimerie institutionnelle de la Gironde lointaine, à qui j’avais déjà confié des travaux dans le passé. C’était moins commode à cause de la distance, mais leur tarif inférieur à cent euros était imbattable. A ce prix-là je pouvais m’offrir le plaisir de mettre au monde cette livrette à mon goût, même sans grand espoir de rentrer dans mes frais. Qui plus est, parmi la dizaine d’options du petit nuancier que l’on me proposait pour la couleur de couverture, figurait le jaune «Sevilla intense» au nom prédestiné. Les quelques dizaines d’heures consacrées à préparer le texte et les notes explicatives m’ont permis de passer de bons moments, et parfois de résoudre certains problèmes par des voies providentielles : telle dame, de mes correspondants sur Facebook, ne résidait-elle pas précisément à Cadix, d’où elle a pu me documenter sur tel bâtiment ancien ? et cet ornithologue néerlandais, avec qui j’avais été en contact il y a plus de vingt ans, n’était-il pas tout indiqué pour identifier le nom exact de tel port de Hollande ? Tout cela était bien aimable. Dans mon introduction, très factuelle, je n’ai pas évoqué deux questions que l’on peut se poser en lisant Mocquet, et que j’aborderai ici. D’une part, quelle était sa religion? Il a l’air de s’entendre avec les Hébreux, puisqu’il travaille un temps avec l’un d’eux, qui d’ailleurs l’héberge. Mais il semble ne pas s’étonner des mauvais traitements reçus de cet homme et de ses semblables. Il parait aussi impressionné, peut-être épouvanté, par des manifestations de catholiques fanatiques sur la voie publique. Peut-être était-il protestant, comme on a parfois suggéré. D’autre part, qu’en est-il de sa vie sensuelle ? Etait-il inverti ? C’est incertain mais vraisemblable : les personnages féminins sont quasi absents de son histoire et il fait état plusieurs fois de relations chaleureuses avec des gentilshommes. Mais il ne faut peut-être pas dépouiller ce récit des petits mystères, qui font partie de son charme.