mardi 12 mai 2026

Hazlitt

Pendant quelques années j’ai possédé une jolie petite édition reliée en daim, d’un essai de William Hazlitt rédigé circa 1820, Why distant objects please. Je ne l’ai plus, j’ai sans doute revendu le charmant opuscule acheté jadis à Saint-Pierre chez un bouquiniste extrême, qui bradait ses trésors à un prix abordable. Depuis lors je me suis procuré en ligne une version numérique du texte et je tente régulièrement de le lire, sans jamais y parvenir en entier, j’avoue, car autant le sujet, Pourquoi les objets lointains nous plaisent, me semble attirant, autant les ratiocinations qu’en tire ce bon William me sont vite soporifiques. J’en retiens au moins la conjecture ingénieuse, que l’éloignement favorise la rêverie. Ainsi par exemple, lorsque nous contemplons un paysage, notre esprit aime vagabonder dans le sfumato des lointains, où il se plait à imaginer et à embellir ce qu’en réalité il ne voit. Mes observations du sentiment de la Nature me permettent d’ajouter à cela l’idée que le paysage, admiré de loin, nous épargne la vue de ce qu’on découvre quand on y regarde de plus près, les rudesses de la biodiversité, le carnage incessant…

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