lundi 17 août 2026

Giono

    J’avais lu je ne sais plus où un texte saisissant de Jean Giono à propos de la Guerre, d’hommes réduits à se chier dans la main et à bazarder l’étron où ils pouvaient, ce genre d’extrémités. Cela provenait censément de Refus d’obéissance, dont je me suis procuré un exemplaire dans la collection des Folio à trois euros. J’ai été doublement déçu de n’y pas retrouver le texte en question, et de trouver peu d’attrait à ceux qui y sont réunis. Le premier, Je ne peux pas oublier, se termine sur une belle évocation de camarades tués (Je te reconnais, Untel…) mais consiste essentiellement en une démonstration d’anti-capitalisme primaire : «On ne peut tuer la guerre sans tuer l’état capitaliste … La guerre est le coeur de l’état capitaliste…» L’auteur n’a visiblement pas idée de ce que la guerre a existé longtemps avant le capitalisme, de tous temps à vrai dire. Pas idée non plus de ce que si la guerre bénéficie évidemment à certaines entreprises, elle en ruine aussi quantité d’autres. Mais passons. Les quatre autres textes sont présentés comme des chapitres inédits du Grand troupeau. Ils contiennent des passages intéressants (vues de morts et de blessés, animaux domestiques divaguant en liberté…) mais très souvent le texte est peu clair, comme s’il s’agissait de notes hâtives que seul l’auteur peut comprendre. J’ai remarqué que Giono, en bon rural, parle peu d’arbres en général, mais sait désigner plus précisément les frênes, ormes, hêtres, saules etc. Je vois indiqué sur la couverture que ce mince volume serait extrait d’Ecrits pacifistes, où j’aurais peut-être trouvé ce que je cherchais. On verra ça une autre fois.

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