Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
lundi 27 avril 2026
pensées
Hélas ! Le recueil des Pensées de Cavanna, que je me suis donné tant de mal à trouver, ne me plait pas beaucoup, je le trouve médiocre. L’auteur confie lui-même en introduction qu’il ne tenait pas à ce livre, dont l’existence serait due à l’insistance de l’éditeur. Une partie des pensées sont extraites de textes déjà publiés, mais on ne sait lesquelles, certaines seulement ont été composées exprès pour ce volume. J’y retrouve p 153 celle qui est sans doute la plus connue et dont j’avais souvenir : « La publicité nous prend pour des cons. La publicité nous rend cons. » Ce n’est pas faux, et cela sonne bien, mais ce n’est pas très profond non plus. Et l’on voit là une des pauvretés de l’auteur, qui parait incapable, en tout cas dans ce livre, d’écrire plus de deux phrases sans utiliser le mot « con », comme adjectif ou substantif. Souvent je ne suis pas en désaccord avec lui sur le fond, et je sauverais par exemple la belle diatribe des pages 143-144 sur les ignobles graffitis dits tags. Mais dans l’ensemble je trouve ces pensées pas terribles, elles ne vont que de la potacherie à la sornette, de la platitude au militantisme, cela manque de finesse. Un peu à l’image du portrait de l’auteur en couverture : grosse tignasse, grosse moustache, et grosses idées. De gauche, bien entendu. Tâtez-moi cette perle de la p 55 : « La gauche, c’est ce qui essaie de comprendre. La droite, c’est ce qui se refuse même d’envisager qu’il y ait quelque chose à comprendre. Quand la gauche se comporte de la façon numéro deux, c’est simplement qu’elle n’est pas la gauche. » Ben voyons. On retrouve là concentré tout le penchant fanatique de la gaucherie ordinaire : étant donné que la gauche, c’est le Bien, et la droite le Mal, comment peut-on ne pas être de gauche ? Je vous le demande. Ce qui est certain, c’est que celui qui écrit une telle phrase ne cherche nullement à comprendre comment on peut penser autrement que lui…
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