vendredi 3 avril 2026

reste

    Un jour de bonne humeur, il y a quelques années, j’avais accepté de jouer à un jeu assez idiot, consistant à prendre sans choisir le premier livre que l’on avait à portée de main, à l’ouvrir à la page 56, à y rechercher la cinquième phrase et à la diffuser en ligne, sans dire de quel ouvrage elle provenait. Je n’étais pas mal tombé, avec ceci : « Ah ! me dit-elle soudain en tombant dans mes bras, reste. » Le propos avait assez plu à un copain pour qu’il passe outre à la consigne et me demande d’où je le tirais. Je lui avais répondu discrètement que c’était d’un exemplaire en ruine du premier volume du Journal de Paul Léautaud, se trouvant sur mon bureau parce qu’un collègue venait de me l’offrir. Je ne sais plus si j’ai lu ce livre mais je ne l’ai pas conservé, et ne peux maintenant vérifier la citation. Mais cela reste une jolie phrase, d’où qu’elle vienne.
    (PS. Un lecteur me signale que cela provient bien du Journal de Léautaud, à la date du 10 janvier 1903).

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