vendredi 8 mai 2026

conventions

    Au fil des ans j’ai renoncé à certaines conventions graphiques. D’abord les points d’abréviation, dont je me passe car je les juge inutiles. J’écris V Hugo au lieu de V. Hugo, qui cela gêne-t-il ? Je pense que le point ne devrait servir qu’à marquer la fin de la phrase, ou à séparer les centaines des milliers dans les grands nombres (14.000). Ensuite les traits d’union, souvent inutiles eux aussi. Je trouve qu’il y en a trop. Je ne les bannis pas mais j’en suis avare, et quand je ne sais si la règle en veut ou pas, je fais à ma guise sans consulter le dictionnaire. J’écris Saint-Jean Pied de Port pour Saint-Jean-Pied-de-Port, c’est à dire pour c’est-à-dire. Enfin l’italique et les guillemets pour les mots étrangers et les citations. C’est pareil, on en met trop. S’il n’y a pas d’ambiguïté, je m’en passe. Parfois une simple majuscule suffit à les remplacer. Je donne ces précisions s’il en est besoin, afin que mes lecteurs ne prennent pas mes options graphiques pour des négligences, sait-on jamais.

jeudi 7 mai 2026

turtur

    Parce que j’y vais tous les jours, je sais qu’en ce moment les bois résonnent d’un mot latin : c’est la Tourterelle des bois qui répète inlassablement le nom qu’on lui a donné dans l’Antiquité, Turtur. Je viens de m’aviser que, des deux espèces de tourterelles visibles en France, la plus commune, la plus proche de l’homme, celle que l’on voit maintenant partout dans les villes et villages, soit la Tourterelle turque, immigrée de fraiche date n’ayant colonisé l’Europe qu’au vingtième siècle, était inconnue des Romains et ce n’est donc pas elle, qu’ils ont baptisée par cette onomatopée imitant le cri : tur-tur, tur-tur. Ce nom conviendrait aussi mais imparfaitement à la Tourterelle turque, laquelle scande plutôt toutou-tou, toutou-tou en trois syllabes bien nettes et d’une voix plus sonore. En vérité le nom latin de la tourterelle, turtur, est bien celui de l’espèce primitive et discrète, au cri plus roucoulant et volontiers bisyllabique, qu’on entend dans les bois plus souvent qu'au village.
    (On peut écouter sur le site Oiseaux-net de petits enregistrements de la Tourterelle des bois et de la Tourterelle turque.)
    (Rappel d'une note descriptive sur les deux Tourterelles)

mercredi 6 mai 2026

coucou

    Parmi les cris d’extase s’élevant de toutes parts pour célébrer les perfections de la Nature, il est très étonnant de tomber, dans L’Angérien libre de cette semaine (paru jeudi dernier le 30 avril) sur la chronique hebdomadaire On passe au vert avec Gianni, portant cette fois-ci sur le «Coucou gris, le chanteur imposteur». Rare cas d’un ornithologue, qui plus est médiatique, se permettant d’exprimer un avis négatif sur un comportement animal, et sans mâcher ses mots : le coucou est «l’une des plus admirables sales bêtes de nos contrées … le plus sournois des oiseaux de la campagne … de ceux qui profitent sans vergogne du dévouement des autres … cette immense fraude de l’avifaune … la grosse vilaine bête … (d’une) nature profondément discutable.» Et il détaille en effet le parasitisme impitoyable de cette espèce. Ces considérations critiques sont comme un peu d’air frais parmi la bondieuserie biodiversitaire.

mardi 5 mai 2026

Nature

    Chaque fois que je m’attarde à lire, sous ces innombrables photos d’animaux et de paysages, les innombrables commentaires consistant ou se résumant à dire que la Nature est belle, et bonne, et grande, et forte, et sage, bref, que c’est une Déesse en tous points adorable, je me demande quel besoin de se rassurer est ici à l’oeuvre, quel besoin de se mentir, de ne pas voir ce qui est réellement. Et quand il arrive qu’un maladroit, sans malice, montre un prédateur déchiquetant sa proie encore vive, si je m’amuse à faire remarquer que ce sont là les horreurs de la Biodiversité, on ne trouve rien à répondre qu’Ah oui, mais c’est la vie, hein…

lundi 4 mai 2026

demi

DEMI-MONDE

demi-cercle
demi-dieu
demi-douzaine
demi-finale
demi-franc 
demi-frère
demi-gros
demi-heure
demi-jour
demi-litre
demi-lune
demi-mesure
demi-mot
demi-pension
demi-portion
demi-sel
demi-siècle
demi-soeur
demi-sommeil
demi-tarif
demi-teinte
demi-ton
demi-tour

samedi 2 mai 2026

troupeau

Lettre documentaire 538

ATTENTION TROUPEAU

Petite anthologie de citations contre l’esprit grégaire
(à compléter).

«C’est dans le troupeau, que l’homme est le plus bovin.» (Anonyme).

«… c’est en groupe, que nous pensons le moins.»
(André Blanchard, Impasse de la Défense : Carnets, juillet 1995). 

«Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de cons.»
(Georges Brassens, Le pluriel, 1966)

«… où plusieurs douzaines se réunissent, l’esprit déménage…»
(Albert Caraco, Semainier de l’agonie, 1963, p 127).

«J’aime les hommes un par un mais, en troupe et grouillant, je ne puis que les haïr.»
(Jacques-Marie Dupin, Opus incertum, 1982).

« Un par un, les hommes sont peut-être notre prochain, mais en troupeau, sûrement pas. »
(Nicolás Gómez Dávila, Escolios 2, 1977, p 66).

«L’âme est une quantité qui décroît à mesure que plus d’individus se regroupent.»
(Nicolás Gómez Dávila, Nuevos escolios 1, 1986, p 71).

« L’intelligence isole, la stupidité agrège. »
(Nicolás Gómez Dávila, Nuevos escolios 2, 1986, p 140).

«Solitude où je trouve une douceur secrète…»
(La Fontaine, Le songe d’un habitant du Mogol, 1678).

«Les hommes rassemblés valent moins qu’isolés.»
(Eugène Le Roy, Jacquou le Croquant, 1900).

«A plus de deux, les hommes sont des cons.»
(Marc-Edouard Nabe, Kamikaze : Journal intime, tome 4, 7 mai 1989).

vendredi 1 mai 2026

Baselitz

    J’ai toujours trouvé les peintures de Georg Baselitz, notamment ses peintures la tête en bas, non seulement laides, mais ridicules.