Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
vendredi 17 juillet 2026
bilan
Après mon exposition de deux semaines le mois dernier au Château Pallettes d’Isidore, à Bordeaux, je n’ai pas tout de suite rendu de compte parce qu’il a fallu quelque temps avant que mes affaires passant de main en main me reviennent enfin. Cette occasion a confirmé le peu d’expérience que j’ai de ce genre d’événement : tout arrive le premier jour, en l’occurrence le seul où j’étais sur place, et ensuite il ne se passe pas grand chose. J’ai eu l’avantage de vendre sept des dix-huit collages que je présentais (total 215 euros), mais aucun de mes huit lettrages, aucun de mes quatre pots de couleur, aucun de mes dix livres uniques, toutes choses que je proposais pourtant à bon marché (dans les 20 ou 25 euros, je suis un artiste low cost), J’ai vendu une seule des deux sérigraphies qui me restaient (20 euros), un livre à dix euros et quelques livrettes à deux euros dont je n’ai pas le compte exact. A ce propos je me réjouis que mon Verbier tiré à 33 exemplaires soit maintenant épuisé, et je me désole qu’il me reste encore UN exemplaire de ma Correspondance passive, tirée à cent exemplaires en 2001 ! Quant à mon petit dernier chef d’oeuvre, ma carte-pochoir à l’étoile de Duchamp, entre les exemplaires achetés tout de suite par des collectionneurs et ceux vendus à l’expo, il m’en reste trente-cinq, soit un peu plus de la moitié du tirage (de 64 exemplaires). Je n’en demande qu’un doublon (deux euros) mais elle sera difficile à vendre par correspondance, car je demande aussi un timbre pour l’envoi (1,50 euro) et il faut dépenser un timbre pour m’envoyer ce timbre, ce qui porte le total à cinq euros, merci la Poste. Mais enfin de nouvelles aventures nous attendent, le bruit court que j’exposerai en septembre à Marsais…
jeudi 16 juillet 2026
Bruno
Il serait peut-être temps que je complète ma Lettre documentaire 516, de juin 2021, dans laquelle j’établissais la liste de mes onze rencontres avec Bruno Richard, en y apportant ces deux mises à jour :
12 : le 5 janvier 2026 à Paris sous la neige, où nous étions allés passer quelques jours avec mon aide de camp parce que je devais participer à une émission de télévision. Le jour de notre arrivée Bruno nous a reçus chez lui en fin d’après-midi le temps d’un apéritif.
13 : du 6 au 15 juillet 2026 à la Croix-Comtesse, où j’accueillais Bruno conduit par sa soeur Nadine. Vu les circonstances météorologiques, nous ne foutîmes pas grand chose : pour l’essentiel nous nous contentâmes de survivre à la canicule et nous discutâmes de diététique et d’histoire de l’art.
12 : le 5 janvier 2026 à Paris sous la neige, où nous étions allés passer quelques jours avec mon aide de camp parce que je devais participer à une émission de télévision. Le jour de notre arrivée Bruno nous a reçus chez lui en fin d’après-midi le temps d’un apéritif.
13 : du 6 au 15 juillet 2026 à la Croix-Comtesse, où j’accueillais Bruno conduit par sa soeur Nadine. Vu les circonstances météorologiques, nous ne foutîmes pas grand chose : pour l’essentiel nous nous contentâmes de survivre à la canicule et nous discutâmes de diététique et d’histoire de l’art.
mardi 14 juillet 2026
codes
J’en peux plus de cette scie des critiques et journalistes, qui s’extasient de ce que telle ou telle oeuvre « casse les codes ». Pour tout dire, je commence à les trouver sérieusement casse-codes.
lundi 13 juillet 2026
pouce
Bien que je m’en serve moi-même à l’occasion, je n’aime pas beaucoup le geste du pouce levé, marquant l’approbation, je trouve qu'il manque d'allure. J’entendais l’autre jour quelqu’un affirmer que ce serait un symbole scroto-phallique, le pouce représentant le sexe en érection, auquel cas le geste me plairait encore moins.
dimanche 12 juillet 2026
bête et méchant
C’est une bonne idée, en tout cas efficace, qu’avaient eue les fondateurs de Hara-kiri en le présentant, suivant les accusations d’un lecteur, comme un journal « bête et méchant ». En effet quoi de plus provocant, que de revendiquer ainsi les deux principaux défauts que l’on puisse reprocher à quelqu’un, manquer d’intelligence et de bonté. Ces défauts semblent distincts : on peut être méchant mais pas bête, ou bête mais pas méchant. Et pourtant, ne doit-on pas au contraire les associer, l’un n’allant pas souvent sans l’autre, et les deux se favorisant mutuellement ? C’est ce que semble indiquer le lien existant parait-il entre le taux de criminalité et la faiblesse du quotient intellectuel. Quelles autres preuves à ce sujet ?
samedi 11 juillet 2026
Matt
Au fil du temps mes sujets de désaccord fondamental avec Matt Walsh s’accumulent. Non, je ne crois pas qu’un homme soit incomplet s’il ne porte la barbe. Non, je ne crois pas que la croissance démographique soit sans danger. Non, je ne crois pas qu’il faille priver de droits civiques les adultes qui vont voir des films de Shrek. Non, je ne crois pas qu’il importe d’accorder la couleur de notre ceinture et celle de nos chaussures, marron ou noires. Malgré quoi il reste un des commentateurs politiques que je regarde le plus régulièrement sur YouTube, pour la justesse de ses vues sur bien des sujets et pour les qualités d’orateur hors pair qui en ont fait une des voix les plus écoutées de son pays. Il est maintenant installé dans des studios bien équipés, mais je l'ai suivi dès l’époque où il opérait modestement depuis l’habitacle de sa voiture. Si je devais proposer à mes lecteurs d’assister à un seul de ses discours, je suggérerais ce vieil enregistrement, où il prononce dans sa voiture une diatribe magistrale et drôle contre ses concitoyens négligents qui laissent trainer les caddies sur les parkings des supermarchés.
vendredi 10 juillet 2026
tube
Il y a quelques années je me suis laissé subjuguer par une musique «d’ambiance» longue d’une heure, qui est encore une de mes préférées, Cube 1 - Music for the working place, d’un certain James Johnson. En cherchant, ces derniers temps, j’ai vu qu’il n’était pas facile de se renseigner sur cet artiste. Il existe un site à son nom (james-johnson.net), qui ne montre qu’une photo de microphone installé dans la brousse. Le musicien dispose aussi d’une page sur le site bandcamp, où sont proposées dix-sept de ses oeuvres. On peut les acheter, ou les écouter gratis quelques fois seulement (mais certaines sont disponibles sur YouTube). J’ai les ai toutes écoutées. Parmi elles je me suis intéressé en particulier aux quatre morceaux de la série Cube, dont je ne connaissais que le premier. Les numéros 3 (San Francisco) et 4 (Voices) sont moins à mon goût, mais j’aime beaucoup le Cube 2 - Stillness, long d’1 h 14. Cette composition étrange et calme superpose différents matériaux (sons instrumentaux ou synthétiques, bruits enregistrés, voix de chanteuse peut-être asiatique). Je la récoute pour l’instant sans me lasser. C’est mon tube de l’été.
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