Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
dimanche 12 avril 2026
Simenon
Une trouvaille de boite m’a donné l’occasion de relire d’un trait, avec grand plaisir, l’excellente Lettre à ma mère, de Georges Simenon, déjà lue et aimée en août 2009, alors prêtée je crois par M Ohl. On me permettra de citer ce que j’avais dit, et que je pense encore de cet ouvrage dicté en 1974, à 70 ans, plus de trois ans après la mort de la dame : « Le texte d’une centaine de pages séduit par l'intelligence et la sincérité, il surprend par la trajectoire sociale peu commune et la psychologie peu aimante de la mère, par la compréhension malgré tout bienveillante du vieux fils. Une bonne lecture. Accessoirement on goûte là un récit en quelque sorte réaliste et anti-marxiste, plein de riches ruinés et de pauvres enrichis. » Dix-sept ans après je reste impressionné par la gravité et la densité de ce petit ouvrage. Sa brièveté, son découpage en courts paragraphes séparés par des blancs marqués, et bien sûr son sujet, font penser au Post mortem d’Albert Caraco, paru quelques années avant, le texte de Georges s’en distinguant peut-être par la plus grande simplicité de ton.
samedi 11 avril 2026
tendances
En réponse à un ami, demandant naguère sur un réseau Quelle est la différence entre «être de gauche» et «être de droite», je dirais qu’à mes yeux l’essence de l’opposition droite / gauche est l’opposition éternelle des Anciens et des Modernes, des classiques et des romantiques, des conservateurs et des réformistes, de la tradition et de l’innovation, du réalisme et de l’idéalisme. Les deux principes me paraissent justifiés, nécessaires, utiles. Il importe de préserver ce qui est bon, comme de rechercher ce qui peut être meilleur. Il faut un principe de changement, contrebalancé par un principe de précaution, lequel consiste à demander si l’on est sûr d’aller dans la bonne direction, si le remède n’est pas pire que le mal, et si en croyant bien faire on n’est pas en train de déconner à plein tube, comme il arrive souvent.
vendredi 10 avril 2026
Lefebvre
Dans une boite à livres, je tombe sur Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ? (Carrère, 1984), autobiographie de l’acteur Jean Lefebvre, qui se rendit célèbre dans les années 60-70 par ses rôles de Français médiocre aux yeux mi-clos. Sa personnalité ne m’attire pas particulièrement mais j’emprunte le livre afin d’enrichir ma collection de phrases en Je suis né. Bonne pioche, il n'y en a pas une mais quatre, au deuxième chapitre, dont la première dit simplement « Je suis né le 3 octobre 1922 dans le Nord. » Les ayant notées, je consulte par curiosité la notice de Wiki sur ce personnage. Je suis étonné d’y lire qu’il était né certes le 3 octobre mais en 1919. L’information répétée une fois et référencée (Universalis, acte de naissance) parait véridique. Est-ce par coquetterie, que l’acteur s’est rajeuni de trois ans dans son livre ? En parcourant Wiki, je lui découvre une vie plus agitée que je n’aurais imaginé : marié cinq fois, dont deux fois à la même femme, constamment endetté parce qu’il claquait tout son pèse au casino…
jeudi 9 avril 2026
adventices
Les deux mauvaises herbes que je déteste le plus, surtout dans les bois, sont les ga-ga, le gaillet et la garance, mini-lianes collantes envahissantes (Gallium aparine et Rubia tinctorum, je crois). Quelle poisse, celles-là. Les deux mauvaises herbes que je préfère et dont je préserve quelques pieds ici et là au jardin sont les deux espèces de géranium sauvage les plus communes : le géranium herbe à Robert aux feuilles très découpées (Geranium robertianum) et le géranium dit mou, aux feuilles arrondies (Geranium molle).
mardi 7 avril 2026
lisières
lundi 6 avril 2026
St-Félix
D’ordinaire je ne pratique ce sport qu’en plein été, mais là je viens de participer au vide-grenier précoce qui se tenait hier à Saint-Félix. J’y étais encouragé par la proximité du lieu, à moins de dix kilomètres, le bon prix des emplacements, cinq euros pour quatre mètres, et les encouragements d’un copain. Pourtant j’y suis allé en faisant le gros dos, incertain de m’y trouver bien, redoutant la pluie possible, sachant que la clientèle estivale ne serait pas encore là, et fatigué d’avance d’un type d’épreuve dont je me demande jusqu’à quand j’aurai l’énergie de l’affronter. Mais enfin tout s’est bien passé, on a eu beau temps ni chaud ni froid, j’étais on ne peut mieux placé juste à l’entrée de la place de l’église, laquelle est quasi en vue des champs, et j’ai franchi la barre des 100 euros de gain, succès notable pour qui ne vend que des marchandises à un euro, un demi, ou un doublon, quelquefois mais rarement plus. Pour une opération qui m’a mobilisé dix heures trajet compris, de sept à dix-sept, cela ne représente qu’un salaire minime, mais toujours appréciable au vu de ce que sont mes rentes ordinaires. A quoi s’est ajouté en fin de journée le troc étrange avec un charcutier installé non loin, qui s’intéressait à un mien trépied, mais ne se décidait pas à l’acheter, et en fin de compte me l’a échangé contre deux beaux saucissons d’Auvergne !
samedi 4 avril 2026
loulous
A ce qu’il semble certains internautes ne connaissent que le mot loulou pour désigner les chiens, en particulier les chiens perdus ou errants, parfois aussi les enfants. Je me suis aperçu que cet usage m’insupporte. Ce doit être une allergie de printemps.
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