Terrible trouvaille de boite à livres, que celui d’un certain Jean-Dominique Bauby, Le scaphandre et le papillon (R Laffont, 1997). Ce Parisien menait une brillante carrière de journaliste, ayant été rédacteur en chef du Matin de Paris puis du magazine féminin Elle, quand en décembre 1995, à l’âge de quarante-trois ans, il est soudain foudroyé par une crise cérébrale qui le laisse complètement paralysé. Il ne peut plus dès lors communiquer que par des battements de paupière de son oeil gauche. C’est ainsi qu’il parvient à dicter lettre par lettre ce bref ouvrage, dans lequel il évoque des souvenirs de sa vie passée et des scènes de sa survie à l’hôpital de Berck-Plage. Il mourra trois jours après la parution du livre. Le texte est bien écrit, le rythme vif, le ton étonnamment enjoué, par défi se dit-on. On lit cela les yeux écarquillés, en retenant son souffle et en songeant que l’on hésitera désormais à se plaindre de quoi que ce soit.
Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
jeudi 24 septembre 2026
mercredi 23 septembre 2026
odonymie
(réédition)
TRESOR DES VIEILLES RUES DE BORDEAUX
lundi 21 septembre 2026
dimanche 20 septembre 2026
progrès
Les forces de progrès, qui déjà diffusent de la propagande de gauche à longueur de journée aux frais du contribuable sur les antennes du service public, viennent de remporter un nouveau succès en obtenant l’arrêt de l’émission de Charles Sapin sur France Inter. Le malheureux, journaliste à Valeurs actuelles, s’était vu octroyer naguère un éditorial au cours duquel il risquait d’exposer des idées de droite pendant deux minutes par semaine, le dimanche vers sept heures du matin. Pour s’opposer à ce grand danger, fort heureusement, trois cents personnalités humanistes, parmi lesquelles des éminences comme Josiane Balasko, Annie Ernaux et Yann Arthus-Bertrand, ont signé une courageuse pétition demandant la censure de l’émission, cependant que les syndicats lançaient un héroïque mouvement de grève du personnel. Grâce à ces actes de bravoure, l’émission vient finalement d’être supprimée. Nous l’avons échappé belle. La liberté d'opinion et le pluralisme, ça va un moment mais faut pas pousser.
samedi 19 septembre 2026
jeudi 17 septembre 2026
hacienda
Deux bizarreries dans la biologie de cette année. Depuis que le jardin reverdit, il est envahi de petites pousses qui me semblent être de l’épurge, la grande euphorbe (photo). Quant à la maison, elle a été infiltrée par une colonie de minuscules grillons. Ils sont bien gentils mais je leur indique la sortie chaque fois que j’en ai l’occasion.
Je n’ai pas noté à quelle date les cailles cessaient de pondre les autres années, il me semble que ce n’était pas avant septembre, mais cette année elles se sont arrêtées dès la mi-août, peut-être du fait des grandes chaleurs. Depuis lors elles n’ont pondu qu’un seul oeuf raté bizarre, translucide et mou. Je l’ai donné aux tortues, qui l’ont mangé. Ces dernières dorment de plus en plus, mangent moins : la saison froide approche...
mercredi 16 septembre 2026
brocantes
(Ma vie palpiteuse, suite). Cette année je n’ai rien dit de mes vide-greniers de l’été (Oh, tkt, on s’en passait). Je comptais me rendre à mes trois rendez-vous rituels dans les Deux-Sèvres voisines, mais après un résultat potable le dernier samedi de juillet à la Charrière (80 euros) puis un résultat minable le premier dimanche d’août à Villefollet (25 euros), j’ai renoncé à Availles le week-end suivant. Je me suis quand même laissé tenter dimanche dernier par la brocante de Villeneuve. J’y allais sans grande conviction, ayant perdu de mes meilleurs livres dans les inondations récentes, et de plus je fus mal placé dans une rue secondaire, mais le résultat fut moins désastreux que prévu, je parvins à arracher une cinquantaine d’euros dans ces circonstances incertaines, et c’était une journée divertissante. J’avais pour voisin un aimable Ecossais, qui m’a dit redouter le soleil car il y avait été trop exposé lorsqu’il était soldat jadis en Libye. Il s’intéressait à un recueil de lettres de Talleyrand mais ce fut le premier livre vendu. A un moment j’ai remarqué qu’une acheteuse parlait à son fils dans une langue que je n’arrivais pas à identifier et je lui ai demandé, à tout hasard en anglais, What language are you speaking ? C’était de l’ukrainien. Un de mes clients préférés fut un ado timide, qui acheta L’ami Fritz dans une jolie petite édition Nelson. Ce garçon sérieux, pensai-je, sait sans doute parler sans dire Du coup à tout bout de phrase.
