Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
vendredi 10 avril 2026
Lefebvre
Dans une boite à livres, je tombe sur Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ? (Carrère, 1984), autobiographie de l’acteur Jean Lefebvre, qui se rendit célèbre dans les années 60-70 par ses rôles de Français médiocre aux yeux mi-clos. Sa personnalité ne m’attire pas particulièrement mais j’emprunte le livre afin d’enrichir ma collection de phrases en Je suis né. Bonne pioche, il n'y en a pas une mais quatre, au deuxième chapitre, dont la première dit simplement « Je suis né le 3 octobre 1922 dans le Nord. » Les ayant notées, je consulte par curiosité la notice de Wiki sur ce personnage. Je suis étonné d’y lire qu’il était né certes le 3 octobre mais en 1919. L’information répétée une fois et référencée (Universalis, acte de naissance) parait véridique. Est-ce par coquetterie que l’acteur s’est rajeuni de trois ans dans son livre ? En parcourant Wiki, je lui découvre une vie plus agitée que je n’aurais imaginé : marié cinq fois, dont deux fois à la même femme, constamment endetté parce qu’il claquait tout son pèse au casino…
jeudi 9 avril 2026
adventices
Les deux mauvaises herbes que je déteste le plus, surtout dans les bois, sont les ga-ga, le gaillet et la garance, mini-lianes collantes envahissantes (Gallium aparine et Rubia tinctorum, je crois). Quelle poisse, celles-là. Les deux mauvaises herbes que je préfère et dont je préserve quelques pieds ici et là au jardin sont les deux espèces de géranium sauvage les plus communes : le géranium herbe à Robert aux feuilles très découpées (Geranium robertianum) et le géranium dit mou, aux feuilles arrondies (Geranium molle).
mardi 7 avril 2026
lisières
lundi 6 avril 2026
St-Félix
D’ordinaire je ne pratique ce sport qu’en plein été, mais là je viens de participer au vide-grenier précoce qui se tenait hier à Saint-Félix. J’y étais encouragé par la proximité du lieu, à moins de dix kilomètres, le bon prix des emplacements, cinq euros pour quatre mètres, et les encouragements d’un copain. Pourtant j’y suis allé en faisant le gros dos, incertain de m’y trouver bien, redoutant la pluie possible, sachant que la clientèle estivale ne serait pas encore là, et fatigué d’avance d’un type d’épreuve dont je me demande jusqu’à quand j’aurai l’énergie de l’affronter. Mais enfin tout s’est bien passé, on a eu beau temps ni chaud ni froid, j’étais on ne peut mieux placé juste à l’entrée de la place de l’église, laquelle est quasi en vue des champs, et j’ai franchi la barre des 100 euros de gain, succès notable pour qui ne vend que des marchandises à un euro, un demi, ou un doublon, quelquefois mais rarement plus. Pour une opération qui m’a mobilisé dix heures trajet compris, de sept à dix-sept, cela ne représente qu’un salaire minime, mais toujours appréciable au vu de ce que sont mes rentes ordinaires. A quoi s’est ajouté en fin de journée le troc étrange avec un charcutier installé non loin, qui s’intéressait à un mien trépied, mais ne se décidait pas à l’acheter, et en fin de compte me l’a échangé contre deux beaux saucissons d’Auvergne !
samedi 4 avril 2026
loulous
A ce qu’il semble certains internautes ne connaissent que le mot loulou pour désigner les chiens, en particulier les chiens perdus ou errants, parfois aussi les enfants. Je me suis aperçu que cet usage m’insupporte. Ce doit être une allergie de printemps.
vendredi 3 avril 2026
reste
Un jour de bonne humeur, il y a quelques années, j’avais accepté de jouer à un jeu assez idiot, consistant à prendre sans choisir le premier livre que l’on avait à portée de main, à l’ouvrir à la page 56, à y rechercher la cinquième phrase et à la diffuser en ligne, sans dire de quel ouvrage elle provenait. Je n’étais pas mal tombé, avec ceci : « Ah ! me dit-elle soudain en tombant dans mes bras, reste. » Le propos avait assez plu à un copain pour qu’il passe outre à la règle et me demande d’où je le tirais. Je lui avais répondu discrètement que c’était d’un exemplaire en ruine du premier volume du Journal de Léautaud, se trouvant sur mon bureau parce qu’un collègue venait de me l’offrir. Je ne sais plus si j’ai lu ce livre mais je ne l’ai pas conservé, et ne peux maintenant vérifier la citation. Mais cela reste une jolie phrase, d’où qu’elle vienne.
(PS. Un lecteur me signale que cela provient bien du Journal de Paul Léautaud, à la date du 10 janvier 1903).
jeudi 2 avril 2026
doigts
Un petit mystère de la communication non verbale. Comme j’en vois souvent parler en ligne, il m’a semblé remarquer que les Américains, lorsqu’ils joignent le geste à la parole pour énumérer des éléments, se servent de l’index d’une main pour compter sur les doigts de l’autre en commençant par le petit, alors que nous le faisons en commençant plutôt par le pouce. S’il en est bien ainsi, je me demande à quoi tient cette différence d’usage. J’observe que lorsqu’on tient sa main ouverte devant soi, les doigts écartés et la paume tournée vers soi, le petit doigt est dans la position la plus basse, et que compter à partir de lui fait aller de bas en haut, en sens inverse de l’écriture, laquelle va de haut en bas. Cela devrait rendre plus naturel le geste d’énumérer en partant du pouce. Mais il est vrai que si l’on tient l’avant-bras en position verticale, ou même incliné à quarante-cinq degrés, les doigts se trouvent disposés de telle façon que le petit est le plus proche de l’autre main…
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