Le fragon est parfois appelé faux houx, les deux plantes ayant en commun de porter des feuilles vert foncé luisantes, piquantes et persistantes, et de produire des boules rouges. Mais le houx est un arbre et le fragon un arbuste, auquel sa taille et ses feuilles plus petites valent aussi le surnom de petit houx. Les Romains disaient ruscus, dont les Espagnols ont fait el rusco, en y ajoutant parfois un b : brusco, en portugais a brusca. Vers 1600 Olivier de Serres le nommait brusc, et housson, pour petit houx. Je viens d’apprendre qu’on l’appelle gringon, du coté du Bassin d’Arcachon. En vérifiant dans Wiki, je découvre que cette plante possède en fait une quantité de synonymes dans chaque langue. J’en ai quelques touffes dans mes parcelles, dont les deux plus grandes forment d’imposants buissons, hauts de plus d’un mètre et larges de deux. Quand je passe à côté, je les débarrasse machinalement des branchettes qui ne manquent pas de leur tomber dessus, provenant des arbres voisins. A vrai dire je m’interroge. Ces plantes de sous-bois, poussant si naturellement sous le branchage des grands arbres, et retenant si bien tout ce qui tombe sur leur rameaux piquants tendus vers le haut, n’ont-elles pas besoin de ces déchets ? En somme, quand j’ôte du fragon les branchettes qui lui sont tombées dessus, est-ce que je l’en débarrasse ou est-ce que je l’en prive ?
Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
vendredi 9 octobre 2026
jeudi 8 octobre 2026
tomber
QUARANTE FAÇONS DE TOMBER
tomber d’accord
tomber amoureux
tomber en arrêt
tomber bien
tomber sous le charme
tomber de cheval
tomber du ciel
tomber des cordes
tomber dessus
tomber en désuétude
tomber en disgrâce
tomber à l’eau
tomber enceinte
tomber une fille
tomber à genoux
tomber de haut
tomber d’inanition
tomber du lit
tomber entre les mains
tomber malade
tomber du nid
tomber des nues
tomber sur un os
tomber dans l’oubli
tomber en panne
tomber dans le panneau
tomber à pic
tomber dans le piège
tomber pile
tomber à plat
tomber dans les pommes
tomber raide
tomber à la renverse
tomber en ruine
tomber sous le sens
tomber de sommeil
tomber en syncope
tomber par terre
tomber sur la tête
tomber la veste !
mardi 6 octobre 2026
aphonie
Google Actualités, qui ne néglige surtout pas la presse progressiste, me présentait l’autre jour un article de l’Humanité, dénonçant une hausse des franchises médicales qui restent à charge pour certaines catégories de patients. J’en suis également désolé, mais enfin j’observe que cette hausse n’a pas été décidée arbitrairement ni sans raison, et qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’un cas de vilaine exploitation capitaliste. Ce qui me frappe surtout dans le propos de l’article, c’est que le journal semble scandalisé de cette hausse des franchises, alors qu’elles ne représentent pour les assurés que des sommes négligeables par rapport aux impitoyables dépassements d’honoraires pratiqués un peu partout, mais qui laissent le communisme totalement muet. J’attends toujours que l’on m’explique cette aphonie des justiciers sociaux à propos des requins du corps médical.
lundi 5 octobre 2026
dimanche 4 octobre 2026
Cingria
Dans une salle d’attente, j’ai voulu lire les Pendeloques alpestres de Charles-Albert Cingria (MiniZoé, 2001), livre fort mince, d’une trentaine de pages, mais contenant par endroits de telles complications, que j’ai bientôt renoncé à la lecture. Et d’ailleurs, je n’ai pas dû attendre longtemps.
samedi 3 octobre 2026
Escher
Une de mes images préférées du graveur hollandais Maurits Cornelis Escher n’appartient pas aux grandes séries qui ont fait sa célébrité, comme les figures imbriquées ou les géométries paradoxales, mais au thème plus discret des reflets. Il s’agit de sa Flaque d’eau (ou de boue, Modderplas, 1952) représentant le sol boueux d’un chemin forestier détrempé et creusé d’ornières, qui s’élargissent en une flaque où se reflètent le soleil et des arbres. Cette gravure sur bois est solidement charpentée entre les lignes verticales des troncs et les lignes obliques des ornières. Elle retient l’attention non seulement par la beauté plastique de la composition, mais parce qu’elle imbrique des notions distinctes, comme les quatre éléments (la terre du chemin, l’eau de la flaque, l’air du ciel et le feu du soleil), les trois états de la matière (le solide de la terre et des troncs, le liquide de l’eau, le gazeux du ciel) ou différents moyens de locomotion (les ornières créées par des roues de voiture ou de camion et de vélo, et des traces de pas). En outre la scène juxtapose des éléments contraires : la nature (ciel et forêt) et l’humanité (traces de roues et de semelles), l’horizontale du sol et la verticale des arbres, la mollesse de la boue et la dureté des troncs, la clarté du soleil pâle et la noirceur des troncs vus à contre-jour, le mouvement suggéré par les traces de passage et la fixité des arbres, la pureté du ciel et la saleté de la boue. Plus qu’un objet de contemplation, cette oeuvre est un sujet de rêverie.
vendredi 2 octobre 2026
poires
Il me semble que les poires, quand elles sont bonnes, sont vraiment les meilleurs fruits qui soient.

