(Ma vie palpiteuse, suite). Lundi en début d’après-midi, comme je descendais me ravitailler à Saint-Jean, il s’est mis à pleuvoir si fort que l’on n’y voyait quasiment plus rien et j’ai hésité à faire halte. Mais le temps d’arriver, le ciel s’était éclairci et il faisait encore beau quand je suis rentré dans l’heure qui suivait. Vers quatre heures et demie il s’est remis à tomber une averse accompagnée de grêle, violente et assez longue, telle que j’en avais rarement vu. J’entendais les grêlons crépiter contre les fenêtres, que je n’osais ouvrir pour fermer les volets. On aurait dit que le ciel envoyait soudain toute l’eau dont il nous avait privés depuis des semaines. Dans les cas de forte pluie ma porte d’entrée laisse passer un peu d’eau je ne sais comment, cette fois-ci il y en avait jusqu’au milieu du couloir. J’ai fait un tour au jardin après le déluge. Le sol était jonché de feuilles, dont beaucoup déchiquetées menu. Le bassin était de nouveau rempli à ras bord. Un petit pêcher, qui n’en finit pas d’être jeune et ne fiche pas grand chose, brandissait depuis le printemps deux menues pêches, qui ne seraient sans doute jamais arrivées à maturité, et gisaient maintenant dans l’herbe. Le seul pied de tomates qui me reste, un grand pied chargé de tomates-cerises, maintenant plus haut que moi et que j’ai laissé ramifier, s’était aussi fait plumer d’une cinquantaine de petites tomates vertes. (Suite et fin demain)
Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
jeudi 27 août 2026
mercredi 26 août 2026
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mardi 25 août 2026
infanticides
Il y a vingt ans, en été 2006, éclatait une bizarre affaire, lorsqu’on découvrit les corps de deux bébés dans le congélateur des époux Courjault, Véronique et Jean-Louis, demeurant alors à Séoul en Corée du Sud. La femme avait parait-il réussi à masquer deux grossesses à son mari, puis s’était débarrassée des nouveaux-nés en les congelant. L’enquête devait ensuite révéler qu’elle avait aussi occis un premier bébé auparavant, lorsque le couple habitait en France. La presse ne parle guère de ce triste anniversaire, le souvenir étant peut-être gênant pour l’image de la Féminité inoffensive opprimée impeccable. Il est toutefois signalé cette semaine dans l’hebdo local, L’Angérien libre, parce que le premier bébé avait été tué à Villeneuve la Comtesse. Par coïncidence un fait divers du même ordre défraie la chronique ces jours-ci aux Etats-Unis, où se déroule le procès d’une certaine Lindsay Clancy. Un beau jour de janvier 2023, en l’absence de son mari, elle a étranglé leurs trois enfants, âgés de cinq ans, trois ans et huit mois, puis a tenté de se suicider en se défenestrant, mais n’a fait que s’estropier et vit maintenant en fauteuil roulant. Certaines femmes souffrent parait-il d’une dépression post-partum mais on ne voit pas que cela suffise à expliquer des actes aussi monstrueux. Malgré quoi la mère infanticide reçoit un vaste soutien féministe et semble-t-il pas seulement de gauche, sous la forme de déclarations en ligne, de manifestations de rue, et d’une belle cagnotte qui a déjà rapporté près d’un million de dollars. Il est ainsi des cas où le crime paye !
lundi 24 août 2026
à
A HUE ET A DIA
à abattre
à bout
à cause
à demain
à emporter
à fond
à gauche
à hauteur
à intervalle
à jour
à kidnapper
à louer
à mesure
à nouveau
à outrance
à propos
à quai
à rebours
à suivre
à travers
à l’usure
à vendre
dimanche 23 août 2026
Barrett
samedi 22 août 2026
cauchemars
De petits cauchemars plus ridicules qu’effrayants, en quelque sorte rassurants : on ne va pas si mal, après tout.
mardi 18 août 2026
re-Giono
En déplacement hier en Gironde, passant par l’Université, j’ai emprunté l’édition en Folio du recueil Ecrits pacifistes, de Jean Giono, comprenant Refus d’obéissance, Précisions, et Recherche de la pureté. C’est dans ce dernier texte, que je retrouve les pages terribles (p 180-183) auxquelles je faisais allusion dans ma note d’hier : « C’est la grande bataille de Verdun (…) Dehors, c’est un déluge de fer (…) il tombe un obus de chaque calibre par minute et par mètre carré. Nous sommes neuf survivants dans un trou. (…) Il faut que nous fassions nos besoins. Le premier que ça a pris est sorti : depuis deux jours il est là, à trois mètres devant nous, mort déculotté. Nous faisons dans du papier et nous le jetons là devant. Nous avons fait dans de vieilles lettres que nous gardions. (…) Nous n’avons plus de papier ni les uns ni les autres. Nous faisons dans nos musettes et nous les jetons dehors. (…) nous avons de plus en plus ce terrible besoin qui ne cesse pas, qui nous déchire. Surtout depuis que nous avons essayé d’avaler de petites boulettes de terre pour calmer la faim (…) Nous faisons dans notre main. C’est une dysenterie qui coule entre nos doigts. (…) nous nous apercevons que nous faisons du sang. (…) Alors nous faisons carrément sur place, là, sous nous. (…) » Hier aussi mon lecteur Philippe Martineau m’a envoyé une copie numérique de ce passage, avec une note indiquant que Giono sera le seul survivant de ces neuf hommes. Autant son anti-capitalisme simpliste ne me convainc pas, autant je comprends qu’après de telles expériences il ait été fermement pacifiste…
