mercredi 16 septembre 2026

brocantes

    (Ma vie palpiteuse, suite). Cette année je n’ai rien dit de mes vide-greniers de l’été (Oh, tkt, on s’en passait). Je comptais me rendre à mes trois rendez-vous rituels dans les Deux-Sèvres voisines, mais après un résultat potable le dernier samedi de juillet à la Charrière (80 euros) puis un résultat minable le premier dimanche d’août à Villefollet (25 euros), j’ai renoncé à Availles le week-end suivant. Je me suis quand même laissé tenter dimanche dernier par la brocante de Villeneuve. J’y allais sans grande conviction, ayant perdu de mes meilleurs livres dans les inondations récentes, et de plus je fus mal placé dans une rue secondaire, mais le résultat fut moins désastreux que prévu, je parvins à arracher une cinquantaine d’euros dans ces circonstances incertaines, et c’était une journée divertissante. J’avais pour voisin un aimable Ecossais, qui m’a dit redouter le soleil car il y avait été trop exposé lorsqu’il était soldat jadis en Libye. Il s’intéressait à un recueil de lettres de Talleyrand mais ce fut le premier livre vendu. A un moment j’ai remarqué qu’une acheteuse parlait à son fils dans une langue que je n’arrivais pas à identifier et je lui ai demandé, à tout hasard en anglais, What language are you speaking ? C’était de l’ukrainien. Un de mes clients préférés fut un ado timide, qui acheta L’ami Fritz dans une jolie petite édition Nelson. Ce garçon sérieux, pensai-je, sait sans doute parler sans dire Du coup à tout bout de phrase.

mardi 15 septembre 2026

lundi 14 septembre 2026

jeunes

    Dans la rue je croise deux enfants, qui devisent en marchant. Parmi les quatre mots que je les entends prononcer, il y a Du coup…

samedi 12 septembre 2026

ports

A BON PORT

Port Adelaïde

Port-Barcarès

Port-Cros 

Port-Daniel

Port Elizabeth

Port Fairy

Port-Gentil

Port-Haliguen

Port Isaac

Port-Joinville

Port Kenny

Port-Louis

Port Moresby

Port-Navalo

Port Orange

Port Phillip

Port Qasim

Port-Royal

Port-Saïd

Port Talbot

Port Union

Port-Vendres

Port William

vendredi 11 septembre 2026

Barbe-Bleue

Le conte de Perrault Barbe-Bleue (initiales BB !) découvert dans la charmante collection des Contes du Gai Pierrot (Editions Bias, 1962) m’a épouvanté par sa cruauté et intrigué par sa bizarrerie. Les trois points remarquables sont d’abord cette idée de la barbe bleue, censée enlaidir le personnage. Cela ne me parait pas évident, mais il est vrai que je vis à l’époque où certains ont banalisé la mode des cheveux bleus. Parmi les différentes illustrations vues en ligne, nulle ne m’a paru aussi suggestive que la gravure de Gustave Doré, où le regard terrible du mari parait plus effrayant que la barbe, dont on ne voit la couleur. Ensuite le placard fatal, ce prêt de la clef assorti de l’interdiction de s’en servir pour ouvrir la porte, et les questions que se pose le lecteur : pourquoi le mari prête-t-il la clé à sa femme s’il ne veut qu’elle s’en serve ? Le fait-il en sachant qu’elle ne résistera pas à la tentation et lui offrira ainsi un prétexte pour la tuer ? Pourquoi est-elle si curieuse et désobéissante ? Comment les corps des femmes mortes sont-ils conservés et non décomposés ? Enfin le suspense lancinant de la question répétée à la soeur Anne, ne vois-tu rien venir? Le genre du conte ne m’attire pas a priori mais j’arrive à en lire, celui-ci m’a captivé sans toutefois m’enchanter.

jeudi 10 septembre 2026

boomerang

    Une bribe de chanson entendue à la radio en voiture a retenu mon attention par sa mélodie tournoyante et parce que les vers semblaient tous compter sept syllabes : L’amour comme un boomerang. En me renseignant j’apprends que cette chanson inconnue de moi est déjà vieille, ayant été enregistrée par Dani et Daho il y a un quart de siècle et créée par Gainsbourg il y a un demi-siècle. J’ai pu la récouter en ligne et lire les paroles. Elle est un peu sinistre par certains aspects, mais elle a son petit charme.

mercredi 9 septembre 2026

Despentes

    Décidément les boites à livres auront beaucoup fait pour combler les lacunes de ma culture générale et je viens d’y découvrir le King Kong théorie de Virginie Despentes (2007, poche 2021). C’est un recueil de sept essais présentant sinon une théorie, du moins des réflexions sur la sexualité et les rapports entre hommes et femmes, avec en fin de volume une bibliographie. Le ton est non académique, plutôt militant et provocateur, au besoin racoleur (avec par exemple un chapitre intitulé Je t’encule ou tu m’encules ?). Les traits de gaucho-féminisme qui se dégageaient de l’ouvrage en le feuilletant m’ont d’abord mal disposé envers l’auteuse. Mais à vrai dire elle écrit bien et n’est pas sotte, quelles que soient mes réserves. J’ai quand même lu en entier trois des chapitres. Le premier, Bad lieutenantes, est un auto-portrait discutable mais intéressant, où VD s’avoue «non séduisante mais ambitieuse, attirée par l’argent que je gagne moi-même, attirée par le pouvoir de faire et de refuser». «Je ne viens pas me plaindre», déclare-t-elle, or en fait elle râle beaucoup, dans tout l’ouvrage, contre la vilaine société capitaliste patriarcale, laquelle ne l’a tout de même pas empêchée, partie de très bas (caissière, pute), de devenir une écrivaine reconnue, publiée, primée, jurée, adaptée et traduite. Le troisième chapitre, consacré au viol (intitulé Impossible de violer cette femme pleine de vices) ne m’a pas plu. Despentes y parle du viol qu’elle-même a subi quand elle était ado et tant qu’à faire, j’aurais préféré qu’elle dise concrètement ce qui lui était arrivé, au lieu de se contenter d’une évocation en termes vagues. En outre elle développe une vision des hommes comme étant tous (les mêmes) des tarés systématiquement hostiles dominateurs méprisants nocifs etc («Le viol, c’est le propre de l’homme»). Elle a roulé sa bosse mais semble n’avoir pas remarqué qu’il existait des hommes n’ayant ni l’habitude ni l’intention de violer qui que ce soit. Pense-t-elle de même vingt ans après avoir écrit cela ? Le quatrième chapitre (Coucher avec l’ennemi) m’a mieux convenu. Je n’ai ni le temps ni le courage d’entrer dans les détails, mais l’auteur expose là des vues sur la prostitution dont je partage certaines, comme l’idée qu’il serait vain d’interdire ou de réprimer cette activité, pratiquée par des femmes qui n’y sont pas forcément obligées. Il y a des superlatifs amusants («superbombasse», «chiennasse»). En somme, pour ce que j’en ai lu, un livre pas très convaincant mais pas sans intérêt.