mardi 6 octobre 2026

aphonie

    Google Actualités, qui ne néglige surtout pas la presse progressiste, me présentait l’autre jour un article de l’Humanité, dénonçant une hausse des franchises médicales qui restent à charge pour certaines catégories de patients. J’en suis également désolé, mais enfin j’observe que cette hausse n’a pas été décidée arbitrairement ni sans raison, et qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’un cas de vilaine exploitation capitaliste. Ce qui me frappe surtout dans le propos de l’article, c’est que le journal semble scandalisé de cette hausse des franchises, alors qu’elles ne représentent pour les assurés que des sommes négligeables par rapport aux impitoyables dépassements d’honoraires pratiqués un peu partout, mais qui laissent le communisme totalement muet. J’attends toujours que l’on m’explique cette aphonie des justiciers sociaux à propos des requins du corps médical.

dimanche 4 octobre 2026

Cingria

    Dans une salle d’attente, j’ai voulu lire les Pendeloques alpestres de Charles-Albert Cingria (MiniZoé, 2001), livre fort mince, d’une trentaine de pages, mais contenant par endroits de telles complications, que j’ai bientôt renoncé à la lecture. Et d’ailleurs, je n’ai pas dû attendre longtemps. 

samedi 3 octobre 2026

Escher


    Une de mes images préférées du graveur hollandais Maurits Cornelis Escher n’appartient pas aux grandes séries qui ont fait sa célébrité, comme les figures imbriquées ou les géométries paradoxales, mais au thème plus discret des reflets. Il s’agit de sa Flaque d’eau (ou de boue, Modderplas, 1952) représentant le sol boueux d’un chemin forestier détrempé et creusé d’ornières, qui s’élargissent en une flaque où se reflètent le soleil et des arbres. Cette gravure sur bois est solidement charpentée entre les lignes verticales des troncs et les lignes obliques des ornières. Elle retient l’attention non seulement par la beauté plastique de la composition, mais parce qu’elle imbrique des notions distinctes, comme les quatre éléments (la terre du chemin, l’eau de la flaque, l’air du ciel et le feu du soleil), les trois états de la matière (le solide de la terre et des troncs, le liquide de l’eau, le gazeux du ciel) ou différents moyens de locomotion (les ornières créées par des roues de voiture ou de camion et de vélo, et des traces de pas). En outre la scène juxtapose des éléments contraires : la nature (ciel et forêt) et l’humanité (traces de roues et de semelles), l’horizontale du sol et la verticale des arbres, la mollesse de la boue et la dureté des troncs, la clarté du soleil pâle et la noirceur des troncs vus à contre-jour, le mouvement suggéré par les traces de passage et la fixité des arbres, la pureté du ciel et la saleté de la boue. Plus qu’un objet de contemplation, cette oeuvre est un sujet de rêverie.

vendredi 2 octobre 2026

poires

    Il me semble que les poires, quand elles sont bonnes, sont vraiment les meilleurs fruits qui soient.

jeudi 1 octobre 2026

zoologie

    D’ordinaire les ratateenagers attendent le printemps, mais certaines années ils sont en rut dès l’automne. A part ça leur rébellion rituelle est si conventionnelle, si creuse, si bovine, si attention troupeau, si n'importe quoi, si tous les prétextes, qu’elle ne présente aucun intérêt politique. C’est un phénomène essentiellement zoologique.

mercredi 30 septembre 2026

socialisme

    Le faisceau et le soviet : le gang national-socialiste et le gang international-socialiste.