J’ai rêvé que je voyais par la fenêtre de la cuisine un autocar s’arrêter dans la rue près de la maison. Une femme en descendit et se dirigea droit vers la fenêtre en gambadant. Surprise : c’était ma mère, vivante, rajeunie, énergique et joviale. Elle me salua chaleureusement mais ne pouvait rester et repartit aussitôt, sans que j’aie eu le temps de dire un mot.
Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mercredi 5 août 2026
mardi 4 août 2026
beefsteak
Le nom anglais de la tranche de boeuf, the beefsteak, présente en son centre une accumulation de consonnes (FST) propre à décourager le locuteur étranger. Les Français ont adapté le mot en en supprimant le S (le bifteck), les Espagnols le F (el bistec). Les uns et les autres ont naturellement simplifié les doubles voyelles, faisant de EE un I et de EA un E. Pourquoi les Français ont-ils compliqué la terminaison en ajoutant au K un C, on se le demande.
dimanche 2 août 2026
croisade
Je n’ai lu que jusque vers la moitié la Chronique anonyme de la première croisade (traduction nouvelle, du latin, Arléa, 1998) ouvrage attirant mais un peu décevant parce qu’on n’y comprend pas grand chose, peut-être du fait que l’auteur, comme fait remarquer la préfacière, s’adresse au lecteur ainsi qu’on le ferait à des convives qui connaissent déjà les faits. Il ne se soucie pas de faire oeuvre d’historien, il indique que telle action se déroule à tel moment de l’année mais sans préciser quelle année, et situe trop vaguement les lieux pour que l’on puisse bien se figurer ce qui se passe dans les innombrables batailles, sièges et embuscades. On peut tout de même humer l’air du temps, savourer les vieux noms (Robert le Normand, Robert de Sourde-Vallée, Hugues le Grand, Hermann de Cannes…). L’Anonyme trouve justifiée la croisade, à laquelle il a pris part, mais ne cache pas les exactions inutiles, ni l’hécatombe qu’elle fut pour les Européens, chevaliers comme piétons…
samedi 1 août 2026
Royan
Bizarrement Open AI me situe vers la grande ville du département la plus éloignée de chez moi : Approximate location : Royan, FR (au lieu de Saintes, La Rochelle ou Rochefort).
vendredi 31 juillet 2026
Vaneigem
jeudi 30 juillet 2026
pompières
Cela m'a peut-être échappé, mais j'ai l'impression qu'on n'entend pas beaucoup les féministes réclamer la parité hommes-femmes chez les « soldats du feu ».
mercredi 29 juillet 2026
incendies
Mercredi dernier mon aide de camp est venue me rendre visite depuis sa Gironde, par hasard juste avant que ne s’y déclarent les énormes incendies de forêt qui depuis font la une. Un des motifs du déplacement était de me conduire le lendemain jeudi après-midi à une consultation d’ophtalmologie à Lagord, une banlieue au nord de La Rochelle. Nous nous y rendîmes en partant le matin assez tôt pour avoir le temps de passer d’abord quelques heures dans la commune voisine de L’Houmeau, en bord de mer. Nous visitâmes l’église Sainte-Anne (quatre vitraux de Charles Champigneulle, 1902), nous déjeunâmes sur l’herbe à l’ombre des arbres, au port du Plomb, et nous passâmes un moment sur une plage de galets où, la marée étant haute et la mer étale, j’eus le plaisir de me baigner. L’ophtalmo devait ensuite m’annoncer que depuis ma dernière visite il y a neuf mois, l’évolution de la cataracte avait fait passer mon acuité visuelle de six degrés à quatre pour les deux yeux, et que je devrais envisager une opération en décembre. Je me résigne à cette perspective qui ne me réjouit pas, mais que je préfère quand même à celle de devenir tout à fait aveugle. Dans les jours qui suivirent nous apprîmes comme tout le monde que des feux avaient éclaté en Gironde à Saumos et dans les Landes voisines à Biscarosse, l'incendie girondin s’étendant ensuite vers la presqu’ile du Cap-Ferret puis vers la rive Nord du Bassin d’Arcachon, où réside ma camarade. Elle envisagea d’abord de rentrer promptement chez elle, je l’incitais plutôt à s’abstenir de ce retour, qui bientôt s’avéra impossible car sa commune était évacuée. Elle reste donc pour l’instant dans mon hacienda. Sa maison n’est pas menacée par les flammes, le danger principal est celui des fumées, nous songeons maintenant à l’action de possibles pillards sur les habitations abandonnées. Nous nous tenons quotidiennement informés de la situation, par les réseaux sociaux et par les télévisions BFM et CNews. Pour nous c’est une impression curieuse, que d’entendre répéter sans cesse des toponymes qui d’ordinaire font rarement les grands titres mais nous sont familiers, comme ceux des communes riveraines du Bassin (d’Ouest en Est Lège, Arès, Andernos, Lanton, Audenge) mais aussi ceux de hameaux plus lointains (Blagon, Lubec, Pointe-Emile, Marcheprime, Croix-d’Hins). Et je trouve dans les Google News des titres comme celui-ci de la BBC : Wildfire now nine miles from French city of Bordeaux. Je m’amuse à noter les poncifs dans la rhétorique des journalistes. Il y a bien sûr les Soldats du feu (il faudrait créer un prix spécial pour récompenser les journalistes capables de prononcer quatre phrases au sujet des pompiers sans recourir à cette périphrase). Il y a aussi l’Elan de solidarité. Je charrie ma réfugiée en lui faisant remarquer l’élan de solidarité qui m’incite à lui permettre de prolonger son séjour sous mon toit…
