mercredi 18 mars 2026

hélas

    Lamentations sur la médiocre publicité de mes oeuvres.
    Mes collages, d’abord.
    Un premier sujet de déploration est l’expérience décevante que j’ai faite à trois reprises ces derniers mois, avec trois personnes différentes. Je discute avec quelqu’un(e) qui souhaite mieux connaitre mes créations d’images. Je signale que je dispose dans le réseau Facebook de deux albums de photos, qui sont deux galeries virtuelles où l’on peut voir un assortiment de mes collages et lettrages. Sur ce, la personne sort son téléphone, ouvre Facebook et tape mon nom dans la fenêtre de recherche. Apparaissent alors une dizaine d’homonymes exacts, parmi lesquels je ne figure pas, puis quelques homonymes approximatifs, parmi lesquels je figure encore moins. Je suis l'homme invisible. L’on finit par me découvrir dans un coin mais par la bande, laborieusement et comme accidentellement. Comment expliquer ce résultat décourageant, je l’ignore. Mais sachant qu’il existe des procédés de shadow banning, c’est à dire de semi-censure, consistant à ne pas exclure carrément l’individu mais simplement à diminuer sa visibilité, j’en viens à me demander si je ne suis pas victime de ce genre de machination.

mardi 17 mars 2026

cagettes

Dans une vieille maison de campagne à tendance humide comme la mienne, l’allumage du feu n’est pas toujours facile. J’ai repéré qu’un des meilleurs combustibles de départ est le bois fin des cageots. Toutes les quelques semaines j’en désosse un en arrachant une à une toutes les agrafes avec un tournevis et des tenailles, pour séparer les planchettes. Cela peut occuper une soirée. Au fil du temps j’ai acquis une certaine maitrise dans cette industrie. Si bien que maintenant, au lieu d’être une corvée que je m’impose, c’est plutôt un divertissement occasionnel.

lundi 16 mars 2026

Caillois

La visite à Paris début janvier, sur l’opportun conseil de l’ami Carnif, d’une exposition de pierres ayant appartenu à Roger Caillois, fut pour moi l’occasion de retrouver cet écrivain que je connais mal, n’ayant pas lu ses oeuvres principales. Il est à mes yeux d’abord le traducteur et l’éditeur des auteurs hispano-américains qu’il a révélés au public français après guerre, dans la collection La Croix du Sud créée par lui aux éditions Gallimard (collection où ont paru quelque cinquante livres en dix-neuf ans, de 1951 à 1970, avant d’être intégrée à la collection Du monde entier, voilà qui mériterait une notice dans Wiki). Je n’ai pas aimé un article bêtement méprisant que Caillois a écrit sur les journaux d’écrivains, mais je prise son pamphlet Description du marxisme et son recueil de textes sur les Pierres. Je me souviens aussi d’avoir publié en 1995, dans ma Lettre documentaire 141, des extraits d’une présentation qu’il avait écrite en 1973 pour le catalogue d’une exposition du paysagiste brésilien Roberto Burle Marx. Caillois y tenait des propos lumineux sur l’art des jardins. Je n’ai jamais su avec certitude si ce document était resté inédit depuis lors, ou avait été repris en volume. Pour essayer de m’en assurer, j’ai consulté naguère le pavé de ses Oeuvres en Quarto, mais il ne contient que ses oeuvres canoniques. J’en ai profité pour y lire la trentaine de pages où est retracée la chronologie de sa vie. On y mentionne une seule fois, en 1965, que Son éthylisme s’accentue (un travers dont je n’ai été informé que naguère par un correspondant au téléphone). On rapporte qu’en 1968 Il n’éprouve aucune sympathie pour les événements. On signale les deux intéressantes heures d’entretiens qu’il a accordées en 1971 à Jean-José Marchand (Archives du XXe siècle, aujourd’hui visibles sur YouTube). On y suit ses relations épisodiques mais toujours chaleureuses avec la charmante mécène argentine Victoria Ocampo, qui cherchait le contact humain (et qui le trouvait, semble-t-il).

Ps. A tout hasard : quelqu'un de mes lecteurs posséderait-il ou aurait-il accès au livre de R Caillois, Images du labyrinthe, et pourrait-il m'envoyer une photo de la table des matières ?

dimanche 15 mars 2026

sauvetage

    Je sauve sans hésiter l’insecte qui se noie, je le tire de l’eau avec ce que je peux, feuille ou brindille. Le geste peut paraitre inutile ou dérisoire, mais au moins il me réjouit.

samedi 14 mars 2026

Tejero

    La lecture des mémoires de Juan Carlos m’a fait repenser au lieutenant-colonel Antonio Tejero, l’officier moustachu qui avait mené en 1981 une tentative de coup d’état, dont l’échec avait renforcé l’autorité incertaine du nouveau roi. Tejero était parait-il non seulement pour le retour au franquisme mais aussi pour l’abolition de la monarchie. Je me souviens qu’il y a quelques années, lorsque je travaillais encore à l’université, j’avais entendu dire que le brave homme, après avoir purgé une peine de prison, se consacrait à la peinture en amateur. J’avais alors caressé un temps l’idée de le faire inviter par la fac pour une petite exposition ou une causerie. Plus exactement, sachant qu’un tel projet n’avait aucune chance d’être accepté, je caressais l’idée d’en formuler quand même la proposition, à seule fin de me divertir en provoquant quelques évanouissements dans le corps enseignant. Mais j’y avais renoncé, pour ne pas aggraver ma triste réputation. J’apprends maintenant que ce rebelle vient de mourir à 93 ans, le 25 février, jour même où je publiais une note sur le destin parallèle des deux Galiciens, Franco et Castro…

vendredi 13 mars 2026

fleurs

    Je revois ma mère l’air songeur me dire ou se dire, comme si cela lui revenait soudain, qu’à un moment de l’année il y a ainsi partout des fleurs jaunes.

jeudi 12 mars 2026

élan

    Rêvé cette phrase : « Un voleur appartient à son élan. »