Rêve agréable, que j’allais du Bassin à Bordeaux en vélo par une piste forestière magique, permettant d’arriver en peu de temps. Je roulais parmi les pins sur la piste bien lisse et déserte, puis j’arrivai dans une banlieue inconnue et déserte elle aussi. Je garai mon vélo et repartis à pied dans les rues, songeant en souriant à la tête que ferait la première personne à qui j’aurais l’occasion de demander où nous étions.
Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
dimanche 6 septembre 2026
samedi 5 septembre 2026
Marsais
Il n’y avait pas foule à mon exposition. J’en suis d’autant plus reconnaissant à mes rares visiteurs. J’ai donc accepté la proposition d’exposer quelques unes de mes oeuvres plastiques et éditoriales pendant le mois de septembre au Troquet associatif de Marsais (17700), lequel n’ouvre que le vendredi soir de 18 à 23 heures. Ce n’est pas la semaine des quatre jeudis mais le mois des quatre vendredis. Le temps d’exposition est ainsi limité à 4 x 5 = 20 heures. Je me suis fixé le devoir d’y être présent chaque fois à l’ouverture et jusqu’à l’heure où j’ai plus envie d'aller voir ailleurs que de rester sur place (hier soir, 20:30). Ce genre d’activité dans ce genre d’endroit, c’est à dire au fond de la brousse, est un défi au rendement incertain, mais comme on dit, L’aventure, c’est l’aventure.
vendredi 4 septembre 2026
mirabelles
Dommage, il n’y a déjà plus de mirabelles, mes prunes préférées. Elles sont vraiment exquises. Je sais qu’il existe une autre explication, mais je me plais à croire qu’elles tiennent leur nom des mirabilia latines, les merveilles.
jeudi 3 septembre 2026
idéal
Il fut un temps où mon idéal de jardin était le cloitre. Maintenant, certains jours, ce serait plutôt le parking, bien goudronné d’un bout à l’autre.
mercredi 2 septembre 2026
campagne
Le mieux pour avoir la paix c’est l’habitat isolé, la maison de pleine campagne, si possible au milieu des bois, sans voisinage proche. Par contre en cas de guerre civile, ou d’ambiance criminelle, c’est le total coupe-gorge, à la merci des brutes, le massacre assuré.
mardi 1 septembre 2026
lundi 31 août 2026
Bouvard
(Réédition) A propos du regretté Philippe Bouvard, disparu la semaine dernière, voici deux notes de lecture parues dans le Journal documentaire :
(Mars 2004). Le hasard a placé en même temps, sur les deux tables de nuit que je fréquente en alternance, deux ouvrages semblables, deux livres du même format de poche, deux journaux modérément intimes, écrits par deux Philippe, Bouvard et Sollers. Du premier, Journal drôle et impertinent (1992-1996, en J'ai Lu). Le titre est assez gonflé, alors que le ton est sans prétention, et le contenu moins gonflant que je n'aurais cru. Des anecdotes, des réflexions, des bons mots. J'ai aimé son portrait de Kersauzon (p 125), ses remerciements à ses chauffeurs (p 128), son évocation d'une ingrate (p 139), j'ai aimé "La postérité de l'homme sans talent, sans génie : des enfants, des maisons et des arbres, qui ne lui survivront que quelques décennies" (p 291). Il m'a surpris qu'une de ses fréquentations le plus souvent citées soit celle de Hallier. Il y a un paragraphe en double p 63 et 64. Le style de Bouvard est appliqué, assez soutenu, il ne se permet pas des "c'est vrai que" à la Sollers. De celui-ci, L'année du tigre : journal de l'année 1998 (Seuil, Points). Sollers a écrit en un an plus que Bouvard en cinq, mais il faut dire qu'il remplit sans se gêner : les trois quarts du texte sont constitués des nouvelles du jour et de citations de ses lectures (...).
(Mercredi 2 septembre 2009). J’ai obtenu à la brocante et lu en diagonale un livre de Philippe Bouvard intitulé Du vinaigre sur les huiles (poche 1978 d’un original de 1976). Les huiles sont les célébrités que Bouvard a rencontrées, le vinaigre les portraits pas toujours flatteurs qu’il en tire. Fatalement certaines de ces personnalités sont aujourd’hui bien oubliées, d’autres non. Le ton général désabusé mais soigneux me plaît assez, ainsi que la forme de l’ouvrage conçu comme un dictionnaire, dans lequel les notices apparaissent dans l’ordre alphabétique des patronymes. Une des rencontres les plus improbables est sans doute celle de Pier Paolo Pasolini, que l’auteur se trouve être le dernier journaliste à avoir fait parler, deux jours avant qu'il ne soit lynché.

