Au coeur des ténèbres
le soleil se lève à l’Est
phare antibrouillard
Petite pluie fine
le soleil se lève à l’Est
en catimini
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
Au coeur des ténèbres
le soleil se lève à l’Est
phare antibrouillard
Petite pluie fine
le soleil se lève à l’Est
en catimini
Comme il était assez mince et attirant, j’ai pris le temps de lire un petit recueil d’extraits des Nuits attiques d’Aulu-Gelle, choisis et traduits par un certain Fabrice Emont sous le titre Après que les poètes ont disparu (Arléa, 2011). Les écrits de ce dilettante romain érudit du deuxième siècle sont des notes de lecture et des souvenirs personnels, longs d’une à quelques pages, portant sur des questions très diverses touchant aussi bien les lettres, les sciences, ou la vie pratique, avec un goût marqué pour l’anecdote. L’éclectisme des Nuits attiques leur vaut d’être décrites par l’éditeur comme un blog antique. J’ai trouvé un certain agrément, sans plus, aux propos savants mais légers de ce mien collègue de jadis. Si je devais en retenir une page, ce serait celle du chapitre I, 9, sur les règles de fonctionnement de l’école de Pythagore. Les candidats n'étaient admis à y entrer qu'après avoir subi un examen physionomique, permettant de juger s’ils avaient assez bonne mine et belle allure. Il y aurait peut-être dans cette procédure peu bureaucratique une alternative judicieuse au système Parcoursup, actuellement contesté. Un autre point notable du règlement est que les étudiants devaient d’abord écouter l’enseignement en silence pendant deux ans avant d’avoir le droit de demander quoi que ce soit. Ainsi apprenaient-ils d’abord à « écouter et se taire, les deux choses les plus difficiles au monde ». Cela me fait penser au précepte de Gómez Dávila, pour qui L’université est l’endroit où les jeunes devraient apprendre à se taire (La universidad es el sitio donde los jóvenes debieran aprender a callar, in Nuevos escolios, I, 1986, p 68), Que de perspectives profitables, pour nos jeunes gens.
Récemment j’ai rêvé que je recevais par la poste un petit paquet contenant une pousse d’arbre de Judée. Et la même nuit j’ai rêvé de ce nom : le marquis de Paradas.
La saison avançant, les insectes se raréfient et je ne m’en plains surtout pas, mais hier en traversant le jardin j’ai encore trouvé une abeille en train de se noyer dans un seau d’eau où elle était tombée. Avec un brin d’herbe je la sors de là et la dépose sur le dallage au soleil où elle titube, hagarde mais sauvée. Je ne m’attends pas à ce qu’elle me soit reconnaissante, comprend-elle seulement ce qui lui arrive ? mais je suis content de cette issue. -- Eh, tu commences à nous bassiner avec tes histoires de sauvetage minuscule, de toute façon elle n’avait sans doute plus que quelques jours à vivre, peut-être seulement quelques heures, alors pourquoi ? -- Parce que. -- Mais… -- Y a pas de mais.
Il m’est échu un vieux cahors (St-Didier Parnac) de 1982, dont l’étiquette délabrée ne promettait rien. Il n’était pas gagné que le vin fût buvable. Or non seulement il l’était, mais il ne cessait de se bonifier, m’a-t-il semblé, à chaque trait furtif que j’en tirai, dans les jours qui suivirent. Comme quoi le pire n’est pas toujours certain.