Journal documentaire
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
vendredi 6 février 2026
herméneutique
La bonne littérature, c’est quand on écrit des trucs intéressants, en faisant zéro faute.
jeudi 5 février 2026
château
Cette nuit j’ai rêvé que je rencontrais Renaud Camus, peut-être chez lui, dans un vaste couloir encombré de gens. Je l’abordai car je voulais lui raconter une anecdote, qui pensais-je l’intéresserait, à propos d’une certaine ville. Mais au moment de parler je balbutiai, incapable soudain de me souvenir du fait, ou seulement du nom de la ville. Puis le maître s’éloigna, me laissant seul parmi les inconnus qui continuaient d’aller et venir. Je me disais qu’une fois de plus je n’avais guère brillé par mon talent relationnel. Je relie ce rêve maussade au fait qu’hier soir, feuilletant la toile avant de m’endormir, je m’étais attardé à lire des commentaires au sujet d’une énième polémique touchant cet écrivain, après la parution d’une biographie à charge. Parmi les propos tendus, un anglophone se contentait de lâcher cette courte phrase : He has a cool château. Ce cool château m’avait ravi, c’était un brin de sérénité au milieu de l’orage…
mardi 3 février 2026
datation 2
Comment dater un livre sans date ? 2/2 : Une étude de cas. Considérons par exemple la Notícia do Brasil, belle description du pays rédigée vers 1587 par un savant colon, Gabriel Soares de Sousa. Le texte est resté inédit jusqu’au dix-neuvième siècle et a connu depuis lors quelques éditions. L’une d’elles, sans date, a été publiée en deux volumes à São Paulo par la Livraria Martins. Le Sudoc (catalogue collectif des bibliothèques universitaires françaises) se contente de noter que ce livre est sans date [s. d.]. Dans leurs catalogues, la Bibliothèque nationale de France le date de circa 1938, la Biblioteca Nacional brésilienne de [1945?], la Library of Congress américaine de [1945]. Il est absent de la British Library (No records found) et de la Deutsche National Bibliothek (Ihre Suchanfrage ergab leider keine Treffer). En examinant de plus près le premier volume, contenant la première partie de l’ouvrage et le début de la seconde, plus longue, je constate qu’il n’y a en effet nulle part aucune date d’édition. Je remarque cependant qu’en frontispice de chacune des deux parties, on a fait figurer un grand dessin pleine page, comportant en bas à droite une discrète signature située et datée : pages 57 (José Heitgen, Rio 1939) et 243 (J Heitgen, Rio 1940). Ces deux millésimes impliquent que le livre n’a pu paraître avant 1940, invalidant ainsi la datation de la BnF. On peut observer par ailleurs que les deux volumes comportent sur la couverture arrière un catalogue de la collection, la Biblioteca histórica brasileira, dans laquelle a paru le livre, dont il est le numéro 12. Ce catalogue n’indique que les titres et les auteurs des livres, sans date, mais en consultant le Sudoc on constate que les onze premiers numéros ont paru à des dates avérées ou supposées s’étalant progressivement de 1940 à 1945, ce qui fait de cette dernière la probable année de cette édition.
lundi 2 février 2026
datation 1
Comment dater un livre sans date ? 1/2 : Principes généraux.
Dans le meilleur des cas l’année de publication d’un livre figure sur la page de titre, avec les autres informations de base : titre de l’ouvrage, nom de l’auteur, maison d’édition. La date peut aussi être indiquée sur une autre des pages liminaires, précédant ou suivant la page de titre. Au lieu de la date d’édition, on trouve parfois mentionnée l’année du copyright, qui peut différer : cela peut être la date où l’ouvrage a été déclaré auprès de quelque autorité, avant d’être réellement publié, cela peut aussi être l'année de la première édition et ne plus correspondre aux rééditions, aux adaptations ou aux traductions. On trouve aussi parfois, généralement en dernière page, un «achevé d’imprimer» indiquant l’année d’impression. Certains ouvrages contiennent le millésime des trois dates (d’édition, de copyright, et d’impression), certains seulement deux, certains un seul. Ces trois dates sont censées coïncider mais il arrive qu’elles diffèrent, comme on a vu pour la date de copyright. Il peut aussi y avoir discordance entre la date d’édition affichée et la date d’impression, dans ces deux cas : quand un livre est imprimé en toute fin d’année et que l’éditeur veut lui donner un air plus neuf en le déclarant de l’année suivante, au début de laquelle il sera en effet mis en vente ; quand un livre est déclaré de l’année où il a en effet été conçu, mais les choses trainant, il finit par n’être imprimé qu’en début d’année suivante. Dans ces cas la date d’impression, étant la date du début de l’existence réelle du livre, doit primer. Il arrive rarement mais il arrive, que l’éditeur n’ait daté son livre que sur la couverture, laquelle pour le bibliographe n’est qu’un emballage ne faisant pas vraiment partie du livre, mais enfin si la date ne se trouve que là, c’est là qu’il faut la prendre. Il arrive aussi qu’un livre ne soit pas du tout daté, ou du moins qu’aucune date n’apparaisse là où elle devrait, c’est à dire dans les premières pages, dans les dernières, ou en couverture. On peut alors chercher à travers l’ouvrage des indices chronologiques moins évidents, mais utiles. Il arrive par exemple qu’un millésime apparaisse en fin de texte ou en fin de préface, ou que figure quelque part une liste des autres ouvrages de l’auteur avec leur année de parution : on sait alors que l’édition date au plus tôt des années indiquées. On peut aussi lire le livre entier à la recherche d’indices, si on en a le temps, mais c’est sans garantie de succès : certains livres sont vraiment sans date. Leur aspect général ne peut donner qu’une idée de la décennie, de la période, du siècle où ils ont paru…
Dans le meilleur des cas l’année de publication d’un livre figure sur la page de titre, avec les autres informations de base : titre de l’ouvrage, nom de l’auteur, maison d’édition. La date peut aussi être indiquée sur une autre des pages liminaires, précédant ou suivant la page de titre. Au lieu de la date d’édition, on trouve parfois mentionnée l’année du copyright, qui peut différer : cela peut être la date où l’ouvrage a été déclaré auprès de quelque autorité, avant d’être réellement publié, cela peut aussi être l'année de la première édition et ne plus correspondre aux rééditions, aux adaptations ou aux traductions. On trouve aussi parfois, généralement en dernière page, un «achevé d’imprimer» indiquant l’année d’impression. Certains ouvrages contiennent le millésime des trois dates (d’édition, de copyright, et d’impression), certains seulement deux, certains un seul. Ces trois dates sont censées coïncider mais il arrive qu’elles diffèrent, comme on a vu pour la date de copyright. Il peut aussi y avoir discordance entre la date d’édition affichée et la date d’impression, dans ces deux cas : quand un livre est imprimé en toute fin d’année et que l’éditeur veut lui donner un air plus neuf en le déclarant de l’année suivante, au début de laquelle il sera en effet mis en vente ; quand un livre est déclaré de l’année où il a en effet été conçu, mais les choses trainant, il finit par n’être imprimé qu’en début d’année suivante. Dans ces cas la date d’impression, étant la date du début de l’existence réelle du livre, doit primer. Il arrive rarement mais il arrive, que l’éditeur n’ait daté son livre que sur la couverture, laquelle pour le bibliographe n’est qu’un emballage ne faisant pas vraiment partie du livre, mais enfin si la date ne se trouve que là, c’est là qu’il faut la prendre. Il arrive aussi qu’un livre ne soit pas du tout daté, ou du moins qu’aucune date n’apparaisse là où elle devrait, c’est à dire dans les premières pages, dans les dernières, ou en couverture. On peut alors chercher à travers l’ouvrage des indices chronologiques moins évidents, mais utiles. Il arrive par exemple qu’un millésime apparaisse en fin de texte ou en fin de préface, ou que figure quelque part une liste des autres ouvrages de l’auteur avec leur année de parution : on sait alors que l’édition date au plus tôt des années indiquées. On peut aussi lire le livre entier à la recherche d’indices, si on en a le temps, mais c’est sans garantie de succès : certains livres sont vraiment sans date. Leur aspect général ne peut donner qu’une idée de la décennie, de la période, du siècle où ils ont paru…
dimanche 1 février 2026
plantes
Lettre documentaire 534
MES LIVRES DE BOTANIQUE
poème-liste de leurs titres et dates
sans autres mentions
A la découverte des champignons, 1996.
L’ABC des plantes, guide pratique de phytothérapie, 1997.
Arbres, 1990.
Les Arbres, arbustes et arbrisseaux forestiers, 1913.
Arbres, Carnet de dessins, 2002.
Arbres et arbustes à feuilles persistantes, 2001.
Arbustes, arbrisseaux et lianes d’Europe occidentale, 1983.
Arbustes d’ornement, 1990.
Champignons d’Europe occidentale, 1992.
Fleurs et plantes des champs, 1994.
Fleurs sauvages, 1989.
La Flore d’Europe occidentale, 1991.
Forêts charentaises, 2001.
Fruits, 1990.
Guide de dendrologie, 1996.
Guide des graminées, carex, joncs et fougères, 1991.
Hablemos de árboles, 1961.
Légumes, 1990.
Madeira : plantas e flores, 1995.
Plantes à bulbes, 1997.
Plantes aromatiques et condimentaires, 1990.
Plantes d’intérieur, 1990.
Plantes de rocaille, 1984.
Plantes du bord de l’eau et des prairies, 1990.
Plantes grimpantes, 1990.
Plantes médicinales, 1983.
Plantes vivaces, 1998.
SOS Plantes : Jardin d’ornement, 1990.
Trees : an illustrated identifier and encyclopedia, 2003.
The Trees of Britain and Northern Europe, 1991.
Wild flowers, 1996.
MES LIVRES DE BOTANIQUE
poème-liste de leurs titres et dates
sans autres mentions
A la découverte des champignons, 1996.
L’ABC des plantes, guide pratique de phytothérapie, 1997.
Arbres, 1990.
Les Arbres, arbustes et arbrisseaux forestiers, 1913.
Arbres, Carnet de dessins, 2002.
Arbres et arbustes à feuilles persistantes, 2001.
Arbustes, arbrisseaux et lianes d’Europe occidentale, 1983.
Arbustes d’ornement, 1990.
Champignons d’Europe occidentale, 1992.
Fleurs et plantes des champs, 1994.
Fleurs sauvages, 1989.
La Flore d’Europe occidentale, 1991.
Forêts charentaises, 2001.
Fruits, 1990.
Guide de dendrologie, 1996.
Guide des graminées, carex, joncs et fougères, 1991.
Hablemos de árboles, 1961.
Légumes, 1990.
Madeira : plantas e flores, 1995.
Plantes à bulbes, 1997.
Plantes aromatiques et condimentaires, 1990.
Plantes d’intérieur, 1990.
Plantes de rocaille, 1984.
Plantes du bord de l’eau et des prairies, 1990.
Plantes grimpantes, 1990.
Plantes médicinales, 1983.
Plantes vivaces, 1998.
SOS Plantes : Jardin d’ornement, 1990.
Trees : an illustrated identifier and encyclopedia, 2003.
The Trees of Britain and Northern Europe, 1991.
Wild flowers, 1996.
samedi 31 janvier 2026
précisions
Un lecteur mécontent m’accable de reproches et de sarcasmes, à propos de ma note du 24 janvier sur une vidéo d’activiste non binaire. J’apporterai ici quelques précisions sur le sujet, si cela peut intéresser. Tout d’abord j’admets que le choix de cette vidéo était discutable, car il en existe de bien plus virulentes. Dans celle-ci l’androgyne est plus ridicule que méchant, mais je l’ai choisie parce que ce qui m’importait surtout était la remontrance qu’une amie avait formulée en commentaire : Tu ne peux pas tout simplement fermer les yeux au lieu de nous infliger ça?! Cette déclaration m’importait à la fois en raison des rapports de tension personnelle qui existaient entre cette amie et moi, et qui ne regardent que nous, et en raison de la valeur idéologique de cette exhortation à fermer les yeux, typique d’un certain état d’esprit répandu aujourd’hui, à savoir la cécité volontaire, qui est la plus absolue : il importe de ne surtout pas voir ce qui pourtant crève les yeux, dans certains domaines. Je ferai remarquer d’ailleurs que mon interlocutrice semblait elle aussi trouver la vidéo ridicule, elle ne me reprochait pas de la désapprouver, elle me reprochait simplement mon impudeur à la montrer. Mon lecteur mécontent, et indélicat, m’accuse d’être « obsédé par ceux qui sont obsédés par les pronoms ». Je ne vois pas bien sur quoi il se base pour m’attribuer une telle obsession, alors que c’est un sujet que je n’aborde pratiquement jamais. Le reproche tombe d’autant plus mal qu’il arrive quelques semaines seulement après que j’eus publié dans ce même journal un vibrant éloge de Noël Santon, garçonne notoire, dont l’ambiguïté ne m’a pas empêché d’apprécier la qualité de ses écrits, que j’ai découverts et étudiés avec joie. Mon point de vue sur les androgynes est le même que sur les invertis : qu’on les laisse vivre et qu’on leur foute la paix, mais que de grâce eux aussi foutent la paix au reste du monde. Si un gorille bien velu veut se sentir ou se dire femme simplement parce qu’il a mis une jupe et des bas, ma foi, si ça l’amuse, grand bien lui fasse, mais qu’il ne me demande pas de le croire sur parole. C’est avec ce genre d’entourloupe que des fanatiques prétendent qu’il existe des hommes à vagin et des femmes à pénis. Le bât blesse au moment où ces militants réclament, voire obtiennent, sur simple déclaration de changement de sexe, le droit, s’ils doivent être incarcérés, de l’être dans une prison pour femmes, ou le droit de participer aux compétitions sportives féminines, qu’ils remportent systématiquement. Enfin mon lecteur mécontent élabore une théorie complotiste fumeuse, selon laquelle les vilains fascistes très très méchants qui dominent le monde font exprès de diffuser ces vidéos d’affolés aux cheveux mauves, afin que les demeurés comme moi les détestent, et que le monde soit en proie à la discorde. Bon, nous en resterons là pour aujourd’hui, il faut que j’aille prendre l’air.
vendredi 30 janvier 2026
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