lundi 13 juillet 2026

pouce

    Bien que je m’en serve moi-même à l’occasion, je n’aime pas beaucoup le geste du pouce levé, marquant l’approbation, je trouve qu'il manque d'allure. J’entendais l’autre jour quelqu’un affirmer que ce serait un symbole scroto-phallique, le pouce représentant le sexe en érection, auquel cas le geste me plairait encore moins.

dimanche 12 juillet 2026

bête et méchant

    C’est une bonne idée, en tout cas efficace, qu’avaient eue les fondateurs de Hara-kiri en le présentant, suivant les accusations d’un lecteur, comme un journal « bête et méchant ». En effet quoi de plus provocant, que de revendiquer ainsi les deux principaux défauts que l’on puisse reprocher à quelqu’un, manquer d’intelligence et de bonté. Ces défauts semblent distincts : on peut être méchant mais pas bête, ou bête mais pas méchant. Et pourtant, ne doit-on pas au contraire les associer, l’un n’allant pas souvent sans l’autre, et les deux se favorisant mutuellement ? C’est ce que semble indiquer le lien existant parait-il entre le taux de criminalité et la faiblesse du quotient intellectuel. Quelles autres preuves à ce sujet ?

samedi 11 juillet 2026

Matt

    Au fil du temps mes sujets de désaccord fondamental avec Matt Walsh s’accumulent. Non, je ne crois pas qu’un homme soit incomplet s’il ne porte la barbe. Non, je ne crois pas que la croissance démographique soit sans danger. Non, je ne crois pas qu’il faille priver de droits civiques les adultes qui vont voir des films de Shrek. Non, je ne crois pas qu’il importe d’accorder la couleur de notre ceinture et celle de nos chaussures, marron ou noires. Malgré quoi il reste un des commentateurs politiques que je regarde le plus régulièrement sur YouTube, pour la justesse de ses vues sur bien des sujets et pour les qualités d’orateur hors pair qui en ont fait une des voix les plus écoutées de son pays. Il est maintenant installé dans des studios bien équipés, mais je le suis depuis l’époque où il opérait modestement depuis l’habitacle de sa voiture. Si je devais proposer à mes lecteurs d’assister à un seul de ses discours, je suggérerais ce vieil enregistrement depuis sa voiture, où il prononce une diatribe magistrale et drôle contre ses concitoyens négligents qui laissent trainer les caddies sur les parkings des supermarchés.

vendredi 10 juillet 2026

tube

    Il y a quelques années je me suis laissé subjuguer par une musique «d’ambiance» longue d’une heure, qui est encore une de mes préférées, Cube 1 - Music for the working place, d’un certain James Johnson. En cherchant, ces derniers temps, j’ai vu qu’il n’était pas facile de se renseigner sur cet artiste. Il existe un site à son nom (james-johnson.net), qui ne montre qu’une photo de microphone installé dans la brousse. Le musicien dispose aussi d’une page sur le site bandcamp, où sont proposées dix-sept de ses oeuvres. On peut les acheter, ou les écouter gratis quelques fois seulement (mais certaines sont disponibles sur YouTube). J’ai les ai toutes écoutées. Parmi elles je me suis intéressé en particulier aux quatre morceaux de la série Cube, dont je ne connaissais que le premier. Les numéros 3 (San Francisco) et 4 (Voices) sont moins à mon goût, mais j’aime beaucoup le Cube 2 - Stillness, long d’1 h 14. Cette composition étrange et calme superpose différents matériaux (sons instrumentaux ou synthétiques, bruits enregistrés, voix de chanteuse peut-être asiatique). Je la récoute pour l’instant sans me lasser. C’est mon tube de l’été.

mardi 7 juillet 2026

Leiris

    Je ne lirai jamais en entier l’ouvrage pourtant fort bref mais extrêmement pâteux de Michel Leiris, Race et civilisation (Unesco, Paris, 1954). Son pouvoir soporifique est tel que j’ai renoncé avant d’arriver au bout. L’auteur y disserte laborieusement, à grands renforts de circonvolutions, pour nous convaincre que les cultures ne sont pas inégales, tout en reconnaissant que l’homme blanc a « des raisons de s’enorgueillir » de ses « grandes inventions et découvertes » (p 5) ou du « développement impressionnant pris chez lui par les techniques » (p 20). Il faudrait savoir. Je ne crois pas que la science ait confirmé l’affirmation que « des traits psychologiques ne peuvent pas se transmettre héréditairement » (p 18). J’ai remarqué au moins deux différences entre la rhétorique anti-raciste d’alors et celle d’aujourd’hui. L’une est que Leiris ne niait pas l’existence de grosso modo trois grandes races d’hommes (blancs, jaunes et noirs) tandis qu’aujourd’hui beaucoup d’humanistes jugent raciste de simplement admettre ce fait. Une autre est que la superstition anti-raciste, selon laquelle le mot nègre serait par essence méprisant, n’était alors pas en vigueur. Ainsi Leiris parle-t-il sans gêne du « cerveau des nègres » (p 17) ou fait-il l’éloge d’« Aimé Césaire, nègre de la Martinique » et de « Richard Wright, nègre du Mississipi » (p 36), de même que quelques années plus tôt Léopold Sédar Senghor avait publié une Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache (Presses Universitaires de France, 1948). Mais chaque époque a ses tabous.

dimanche 5 juillet 2026

bulletin


    
Le Bulletin célinien, mensuel bruxellois, nous a fait une bonne surprise et un grand honneur le mois dernier en composant sur sa couverture arrière une réjouissante publicité pour le Journal documentaire. Nous lui en sommes infiniment reconnaissant.

    (On peut se renseigner sur le Bc ici et ).

samedi 4 juillet 2026

bouts

BOUT A BOUT 

Bout de bras
Bout de chandelle
Bout de chou
Bout du compte
Bout des doigts
Bout de ficelle
Bout de gras
Bout de la langue
Bout des lèvres
Bout du monde
Bout du rouleau
Bout de table
Bout de temps
Bout du tunnel