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mercredi 21 juin 2023

re-Pascal

    Un lecteur, gêné peut-être par ma note abrupte d’avant-hier sur Pascal, m’a passé le lien vers une collection de citations en ligne. Il a bien fait. Cela ne m’a pas rendu fan du janséniste, mais ces petites citations bien nettes, détachées de leur gangue, me font meilleure impression que le vieux classique grisâtre. Je me demande combien de formules de Blaise ont ainsi eu le pouvoir de traverser les siècles : le nez de Cléopâtre, le roseau pensant, le cœur a ses raisons, l’homme ni ange ni bête... En feuilletant ces pages numériques, j’ai remarqué deux pensées bien à mon goût. Celle-ci, amusante : «D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite pas et un esprit boiteux nous irrite ? A cause qu'un boiteux reconnait que nous allons droit et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons.» Et celle-là, presque embarrassante de vérité : «Personne ne parle de nous en notre présence, comme il en parle en notre absence.»

lundi 19 juin 2023

Pascal

Il paraît que c’est aujourd’hui le quatrième centenaire de la naissance de Blaise Pascal. Or il se trouve, parmi les piles qui s’accumulent sur ma table de chevet, un mince volume des Classiques Hatier datant des années cinquante, consacré aux Pensées et opuscules. Je l’ai feuilleté plusieurs fois ces derniers mois en y cherchant la joie de lire et je dois dire que je ne l’ai pas beaucoup trouvée. On peut sans doute admirer le génie intellectuel du mathématicien et de l’inventeur, mais c'est autre chose. On déplore souvent que les Pensées ne soient que les matériaux épars d’une somme, que l’auteur n’a pas eu le temps de réaliser. Pour ma part les fragments ne me déplaisent pas, je les préfère souvent aux grandes constructions, qui m’assomment. Mais en l’occurrence je trouve Pascal peu convaincant dans le fond et assez barbant dans le style, dont le trait dominant n’est pas la clarté. J’ai quand même bien aimé quelques formules, hors Pensées la distinction entre l’esprit géométrique et l’esprit de finesse, et dans les Pensées les visions de l’homme pris entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, "Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout", mais cela tient sur deux pages...