Une question que je me pose, en nettoyant les arbres à piquants : ces branches, ces branchettes d’aubépine (épine blanche) et de prunellier (épine noire), ces tiges de ronce ou d’églantier, une fois coupées, si je les laisse trainer au sol ici et là, sont-elles pas autant de chausse-trapes où les bêtes se blesseront ? Les bêtes ou moi-même, les plus pointues épines m’ont percé des semelles. Ces rameaux et fragments je les entasse pour les rendre plus visibles, et j’installe ces tas de préférence hors du passage, par exemple dans l’espace entre des troncs rapprochés. Quant aux branches non épineuses, les plus nombreuses, en général je scie en bûches et en bûchettes leurs parties les plus épaisses, tout ce qui est trop gros pour être coupé au sécateur. Le fagot j’en rapporte parfois un peu chez moi, celui de meilleure qualité, le reste je le laisse à pourrir sur place, en tas également, pour ne pas avoir des branches dispersées qui encombrent l'espace et gênent la marche. Les parties les plus fines, les extrémités, quand j’ai le temps je les débite au sécateur, en petits tronçons pas plus longs qu’un doigt. Ils s’éparpillent sur le sol et en font partie dès qu’ils le touchent. Le ménage de la maison m’ennuie autant que celui des bois me délasse, je ne saurais dire à quoi cela tient mais c’est ainsi.
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
dimanche 1 décembre 2024
mardi 17 septembre 2024
housekeeping
Le genre de sortilège que j’ai connu cent fois, ou pas loin : un ouvrier, un artisan, un technicien, un copain bricoleur intervient pour réparer, remplacer, modifier, fabriquer quelque chose dans la maison. L’ouvrage achevé, il vous confie à voix basse que vous avez tout intérêt à conserver ce reste de produit, ce reste de matériau, ce reste de fournitures, ce reste de fourbi qu’il vous laisse, car vous en aurez besoin tôt ou tard. Vous acquiescez avec reconnaissance, en faisant des yeux ronds. Vingt ans après, le matos fossilisé n’a toujours servi à rien et encombre toujours les tiroirs ou les étagères. Et un beau jour, un jour de grâce, vous vous dites que le moment est venu de prendre une décision.