(PS. Un copain s'est demandé si l'outil décrit n'était pas tout simplement une herminette. Puis une amie a trouvé la référence d'une petite houe japonaise, qui semble en effet correspondre à l'usage.)
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
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vendredi 23 janvier 2026
outil
Lors d’une des deux plantations de haie auxquelles j’ai participé le mois dernier, j’ai côtoyé un homme peu causant, qui s’est avéré être un citoyen allemand. S’appelait-il Thomas ? Il se servait d’un outil comme je n’en avais jamais vu, qui se maniait d’une seule main. Le manche était long d’une quarantaine de centimètres. Le fer avait d’un côté une forme de binette carrée, mais un peu plus longue, moins large et plus épaisse qu’une binette normale. En frappant le sol il s’y enfonçait facilement, et en le retirant vers soi il évacuait la terre, de sorte qu’un trou de plantation propre était plus vite réalisé qu’avec nos petites pelles métalliques. De l’autre côté, le fer aplati et carré servait comme un marteau, commode pour enfoncer les tuteurs. A un moment, j’ai demandé à ce compagnon si son bon instrument était français ou allemand. Ni l’un ni l’autre, m’apprit-il, c’était un outil japonais…
jeudi 18 décembre 2025
haie
Vendredi dernier j’ai participé à la plantation d’une haie le long du chemin du Bois Plan, qui sépare les communes de La Croix-Comtesse et Vergné à l’ouest de la grand route. La haie s’étend sur plus de cinq cents mètres, sur le côté du chemin situé à La Croix, avec deux brèches pour le passage des engins agricoles. Pour différentes raisons j’avais hésité à y aller, puis je m’étais décidé au dernier moment. Le rendez-vous était à huit heures et demie du matin. J’étais sur place avec dix minutes d’avance, il n’y avait encore personne et je me demandais si j’étais bien au bon endroit. Puis les autres sont arrivés, une vingtaine de bénévoles, presque tous inconnus de moi. La plupart des habituels volontaires du village, que je m’attendais à trouver, n’étaient pas là. Il y avait surtout des hommes assez âgés, cultivateurs et/ou chasseurs, et simples résidents du coin. Parmi les quelques d’âge moyen, le propriétaire et les experts, qui avaient apporté les plants, des outils et du matériel. Une seule femme, très jeune, dont j’ai su que c’était une élève de troisième se destinant aux métiers de l’environnement, qui accomplissait là un stage. Sa présence étonnait parmi les rudes gaillards mais je n’ai entendu personne lui manquer de respect, et l’ambiance générale était bon enfant. Le terrain avait été labouré au préalable sur toute la longueur et sur plus de deux mètres de large, de sorte que la terre était ameublie et qu’il n’y avait pas besoin de grands outils pour faire les trous de plantation, les mini-pelles de jardin suffisaient. Elles étaient fournies mais j’avais apporté la mienne. J’ai appris l’expression « la terre est amoureuse », à propos du sol argileux si collant, que nous avions d’énormes mottes accrochées aux semelles de nos bottes dès les premiers pas. Je n’ai pas su le détail des espèces plantées, semble-t-il un assortiment assez varié, comme il convient. La plantation, plus facile et plus rapide que je n’aurais cru, fut suivie par la délicate installation des filets de protection. J’avais déjà participé à une création de haie à Doeuil il y a deux ans. Cette nouvelle expérience était un peu différente dans son organisation mais tout aussi intéressante, pour la satisfaction de l’oeuvre utile, qu’on espère durable, et l’agrément des conversations informelles, à propos d’arbres et de tout autres sujets. En fin de matinée l’essentiel du travail était fait, un tracteur soufflait de la paille sur la plantation, je me suis esquivé juste avant midi.
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