Je n’ai lu que jusque vers la moitié la Chronique anonyme de la première croisade (traduction nouvelle, du latin, Arléa, 1998) ouvrage attirant mais un peu décevant parce qu’on n’y comprend pas grand chose, peut-être du fait que l’auteur, comme fait remarquer la préfacière, s’adresse au lecteur ainsi qu’on le ferait à des convives qui connaissent déjà les faits. Il ne se soucie pas de faire oeuvre d’historien, il indique que telle action se déroule à tel moment de l’année mais sans préciser quelle année, et situe trop vaguement les lieux pour que l’on puisse bien se figurer ce qui se passe dans les innombrables batailles, sièges et embuscades. On peut tout de même humer l’air du temps, savourer les vieux noms (Robert le Normand, Robert de Sourde-Vallée, Hugues le Grand, Hermann de Cannes…). L’Anonyme trouve justifiée la croisade, à laquelle il a pris part, mais ne cache pas les exactions inutiles, ni l’hécatombe qu’elle fut pour les Européens, chevaliers comme piétons…
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