lundi 31 août 2026

Bouvard

    (Réédition)  A propos du regretté Philippe Bouvard, disparu la semaine dernière, voici deux notes de lecture parues dans le Journal documentaire :

    (Mars 2004). Le hasard a placé en même temps, sur les deux tables de nuit que je fréquente en alternance, deux ouvrages semblables, deux livres du même format de poche, deux journaux modérément intimes, écrits par deux Philippe, Bouvard et Sollers. Du premier, Journal drôle et impertinent (1992-1996, en J'ai Lu). Le titre est assez gonflé, alors que le ton est sans prétention, et le contenu moins gonflant que je n'aurais cru. Des anecdotes, des réflexions, des bons mots. J'ai aimé son portrait de Kersauzon (p 125), ses remerciements à ses chauffeurs (p 128), son évocation d'une ingrate (p 139), j'ai aimé "La postérité de l'homme sans talent, sans génie : des enfants, des maisons et des arbres, qui ne lui survivront que quelques décennies" (p 291). Il m'a surpris qu'une de ses fréquentations le plus souvent citées soit celle de Hallier. Il y a un paragraphe en double p 63 et 64. Le style de Bouvard est appliqué, assez soutenu, il ne se permet pas des "c'est vrai que" à la Sollers. De celui-ci, L'année du tigre : journal de l'année 1998 (Seuil, Points). Sollers a écrit en un an plus que Bouvard en cinq, mais il faut dire qu'il remplit sans se gêner : les trois quarts du texte sont constitués des nouvelles du jour et de citations de ses lectures (...).

    (Mercredi 2 septembre 2009). J’ai obtenu à la brocante et lu en diagonale un livre de Philippe Bouvard intitulé Du vinaigre sur les huiles (poche 1978 d’un original de 1976). Les huiles sont les célébrités que Bouvard a rencontrées, le vinaigre les portraits pas toujours flatteurs qu’il en tire. Fatalement certaines de ces personnalités sont aujourd’hui bien oubliées, d’autres non. Le ton général désabusé mais soigneux me plaît assez, ainsi que la forme de l’ouvrage conçu comme un dictionnaire, dans lequel les notices apparaissent dans l’ordre alphabétique des patronymes. Une des rencontres les plus improbables est sans doute celle de Pier Paolo Pasolini, que l’auteur se trouve être le dernier journaliste à avoir fait parler, deux jours avant qu'il ne soit lynché.

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