Fidèle à mon destin d’aimant à livres, je m’en étais fait offrir trois en trois jours. Il était temps de quitter Paris, si je ne voulais en repartir avec une bibliothèque. Nous reprîmes le train ce jeudi à midi.
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
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lundi 12 janvier 2026
Paris 3
Le mercredi 8 : il neigeait de plus belle et nous nous promenâmes. A onze heures nous devions visiter la Sainte-Chapelle, beau bâtiment à l’intérieur saturé de bleu, de rouge et de doré. La partie basse est une étonnante grotte obscure. La partie haute est plus aérienne, plus élancée. J’ai aimé les plafonds peints, avec des étoiles. Il y a là une débauche de vitraux, représentant dit-on plus de mille scènes, la plupart de l’Ancien Testament. Je me suis dit que bizarrement les plus haut placés sont en quelque sorte hors de la vue, impossibles à contempler. Sur le trottoir d’en face j’ai reconnu la silhouette d’une fontaine W. Ayant repassé de l’île de la Cité sur la rive droite, nous déjeunâmes à la brasserie le Sarah B, place du Châtelet, de généreuses parts de quiche. Avec du bon vin chaud, car nous étions transis. De là nous avançâmes jusqu’à l’esplanade du Trocadéro, d’où l’on avait une belle vue sur la Tour E, le Champ de M, et Paris couvert de neige. Je ne sais plus qui j’ai entendu dire que la neige embellissait la ville, ne serait-ce qu’en masquant la saleté des rues. Nous avions ensuite rendez-vous à l’Ecole des Arts Joailliers, boulevard Montmartre, pour y voir de 14 h 30 à 15 heures l’exposition de quelques pierres de la collection de Roger Caillois. Les cailloux à Caillois, de toute beauté. Nous flânâmes ensuite sur le boulevard et dans les passages qui s’y ouvrent, Jouffroy, Verdeau, et des Panoramas. Il y a là de beaux objets mais à des prix abusifs : livres, oeuvres d’art, même un magasin de jolies cannes. J’ai remarqué le nom de l’hôtel Ronceray et me suis demandé s’il avait inspiré celui de Marc Ronceraille, auteur fictif supposément né à St-Jean d’Angély. Le soir, notre hôtesse nous régala d’une copieuse raclette à domicile. Nous avions invité mon correspondant Xavier-Gilles N, qui m’offrit son étude Graphzine graphzone. La conversation fut riche en confidences sur nos histoires, nos idées, nos familles.
dimanche 11 janvier 2026
Paris 2
Le mardi 6 au matin nous descendîmes d’abord, par des escaliers situés au bout de la rue, jusqu’à l’église Saint-Germain de Charonne. Elle est décorée d’un bel ensemble de vitraux dont un seul, celui représentant le saint patron, porte la signature de l’artiste, P(auline) Peugniez, et la date de 1950. Puis nous prîmes le métro à la Porte de B pour nous rendre au Kremlin-B où je devais, raison du voyage, participer à l’enregistrement d’une émission télévisée d’une heure, consacrée au penseur colombien Nicolás Gómez Dávila. Auparavant nous déjeunâmes, pour ma part d’une planche de charcuterie et de fromage, à la brasserie la Comète, avenue de Fontainebleau, en compagnie de Michaël R, auteur d’une thèse sur l’écrivain et invité principal de l’émission, Pierre-Marie S, son éditeur, et Olivier P, bibliophile davilien. Olivier nous confia que d'après ses investigations, le jeune Dávila, vivant alors avec ses parents à Paris, aurait résidé au 9 rue du Boccador, dans le huitième arrondissement, en 1926, et au 2 rue Greuze, dans le seizième, en 1931. En début d’après-midi nous rejoignîmes au studio l’animateur, Rémi S. Un troisième invité de l’émission, Juan A, n’ayant pu venir, fut remplacé au pied levé par Pierre-Marie S. L’enregistrement, réalisé dans les conditions du direct, se déroula sans incident, mais l’émission ne sera diffusée que dans quelques mois. Ne pouvant guère en juger, je me demande un peu de quoi nous avions l’air, mais il me parait certain que le plus à l’aise d’entre nous était le fringant animateur. Cette mission remplie, je regagnai Paris avec ma camarade. Nous nous rendîmes au sud-est du Père-L pour rencontrer mon correspondant Stéphane G, auteur de trois Lettres documentaires, et son épouse Nellie, qui nous régalèrent eux aussi d’une galette. Il y avait dans la pièce quantité de livres, parmi lesquels je repérai un gisement de Marc-Edouard N et un de Renaud C. Le soir nous rejoignîmes dans un bar du boulevard de Ménilmontant l’ami Carnif L, avec qui nous allâmes dîner dans la crêperie Brocéliande, rue de la Roquette. Carnif m’offrit un recueil d’Ecrits sur la nature, de Ramuz. Le restaurateur, un Bengali basané, n’avait certes pas le type breton mais sa cuisine était potable. Pour moi une crêpe au jambon, une à l’oeuf et une boule de glace au chocolat. Dans les rues la neige commençait à fondre.
samedi 10 janvier 2026
Paris 1
Court séjour dans la capitale.
Lundi 5, départ en train de Biganos, avec mon aide de camp. A Bordeaux Saint-J, médiocre service : longue attente debout dans la gare glaciale avant qu’enfin des sièges se libèrent dans les salles d’attente bondées, départ avec quarante minutes de retard. Les hauts-parleurs bredouillaient cet alexandrin lourdaud : Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. Nous arrivâmes à Paris avec la neige. Elle tombait à gros flocons dans la rue Saint-H, où nous rendîmes notre première visite à ma correspondante Marie-Claude K. Elle nous reçut en compagnie de son mari Jean-P, de l’ami Patrick C, venu tout exprès de Saint-G, et de Quentin V, le plus jeune d’entre nous. Après avoir partagé une galette de saison, nous remontâmes vers le nord, à petits pas prudents, la rue Saint-D enneigée, jusque chez l’ami Bruno R, qui avait préparé un apéritif. Il m’offrit le volumineux volume de mille pages de ses dessins, publié fin 23 par Stéphane B. En fin d’après-midi nous nous rendîmes chez Florence B, qui nous hébergeait devers la place Gambetta, au-delà du cimetière du Père-L. J’ai remarqué sur cette place le duo des deux grosses majuscules jaunes servant d’enseignes, le M du Métro et celui du Macdo. Dans mon esprit ils faisaient écho aux deux petits cahiers à couverture également jaune, que j’ai portés tout le temps sur moi : le Plan de Paris par arrondissement Gibert Jeune, que l’on m’avait prêté, et le carnet où j’avais noté nos déplacements prévus et les itinéraires en métro. Le soir, dîner dans un restaurant thaïlandais du quartier.
vendredi 30 mai 2025
Andalousie
Il y avait trois ans que je n’avais pas publié de livrette et cela ne pouvait durer. J’ai préparé cet hiver celle que je viens de faire imprimer en cent exemplaires, la réédition d’un petit récit de Voyage de Jean Mocquet en Andalousie (1614-1615). Grand voyageur, dont j’avais déjà republié en 2016 le périple en Guyane et aux Caraïbes, Mocquet raconte ici ce que fut son étrange sixième et dernier voyage. Il aurait voulu que ce soit le plus grand, faire le tour du monde, mais il ne réussit pas à aller plus loin qu’en Espagne, où il passe un an en allées et venues entre Sanlúcar, Séville, Cadix et d’autres localités de la contrée, sans parvenir à embarquer pour l’outre-mer. Voyage raté, ou avorté, mais aventure tout de même : rencontres inattendues, parfois malencontreuses, parfois providentielles, moments difficiles où l’on tire le diable par la queue et couche à la belle étoile… Le récit de ces tribulations fait souvent penser aux anti-héros des romans picaresques. Dans cette brochure de 28 pages au format A5 archétypique, je présente le texte en version légèrement modernisée (orthographe et syntaxe), juste ce qu’il faut pour en faciliter la lecture aujourd’hui. J’ai doté le document d’une introduction, de 72 notes explicatives en bas de pages, et de quelques annexes : index des noms de personnes, index des noms de lieux, chronologie-itinéraire et carte de la région. La couverture est en bristol jaune «Sevilla intense» ! Aux personnes qui souhaiteraient acquérir cet ouvrage (et m'aider ainsi à rembourser mes frais) je le vends pour le prix d’un doublon, soit deux euros. Pour la vente par correspondance, les dures lois du tarif postal m’obligent hélas à y ajouter 2,78 euros d’affranchissement… Paiement par chèque, liquide, timbres ou virement, à Philippe Billé, 20 rue de l'Amitié, 17330 La Croix-Comtesse.
samedi 10 février 2024
samedi 15 avril 2023
brochures
Il s’en passe à Braine-l’Alleud où L’Eléfantôme vient de rééditer, avec son soin coutumier de la typographie et de la mise en page, deux anciennes brochures belges, amusantes parodies de textes scientifiques : d’une part le Voyage pittoresque et industriel dans le Paraguay-Roux et la Palingénésie australe, par un gentilhomme breton, en fait Henri Delmotte (Mons, 1835), d’autre part, joint au précédent et dans un charmant très petit format, l’Aperçu iconoclastique sur les différents procédés employés dans la fabrication de l’huile de cailloux, du Docteur Cloetboom (Bruxelles, 1832). Les titres suffisent à donner une idée du ton de ces écrits pataphysiques avant l’heure, dont je citerai quand même ce fragment du second : «Une polémique ineffable et calcaire donna le jour à une foule de pamphlets sauriens, dont le seul remarquable est l’hippodrome de Ketbach, de l’université de Wavres. Ce profond controversiste, habile à saisir le côté périclitant des quadrinomes intermédiaires entre l’agrogate et la scammonée, fit pencher un instant en sa faveur l’opinion des Barosanèmes.»
Plus d’infos, si l’on en veut, à cette adresse : elefantome@hotmail.com
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