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lundi 29 décembre 2025

re-Bardot

    Quand les médias ne mentent pas franchement, ils mentent par disproportion, en accordant aux événements une importance bien moindre ou au contraire bien supérieure à ce qu’elle est en réalité. Depuis hier, par exemple, tout le monde ne parle que de la mort de Brigitte Bardot, naturellement, et les réseaux sociaux s’en font l’écho, mais on sent que beaucoup de journaux font grise mine, ne manquant pas de rappeler que la vieille dame était « d’extrême droite » et puait de la gueule. Le plus frappant est de parcourir comme je le fais chaque matin les nouvelles retransmises par Google News et Google Actualités. Non seulement ce décès n’est pas dans les grands titres, mais il faut chercher à la loupe les articles qui en parlent.

dimanche 28 décembre 2025

Bardot

(Réédition d'une note de lecture de juin 2003) 
     Brigitte Bardot. Un cri dans le silence (Editions du Rocher, 2003, 170 p). Je ne m’intéresse pas souvent aux vedettes ni à leurs livres, la réputation scandaleuse de celui-ci m’a rendu curieux et j’y ai trouvé à boire et à manger. Les trente chapitres sont numérotés alternativement en chiffres arabes et en romains (1, II, 3, IV…) formant ainsi deux séries en quelque sorte tressées. Les uns sont un autoportrait plutôt mélancolique de BB aujourd’hui, elle évoque, en parlant d’elle à la troisième personne, les moments successifs de ses journées, le souvenir de ses amis, sa vie avec les animaux qu’elle protège. On y apprend qu’elle entretenait une correspondance avec une autre écologiste, au tempérament différent, Marguerite Yourcenar. Dans les autres chapitres le ton est au pamphlet, madame Bardot critique divers aspects du monde moderne avec un incontestable tonus, à défaut de garder toujours son sang-froid. A mon goût sa syntaxe n’est pas assez stricte et elle cède trop souvent aux facilités de l’argot, mais son intention n’était pas de faire des entrechats littéraires. On trouve cependant des propos limpides, comme l’exposition de ce problème d’éthique : «Peut-être que si chaque personne devait tuer elle-même l’animal qui finira dans son assiette, le monde deviendrait végétarien.»