Au jardin cet été. Pour l’instant il n’y a guère de prunes et mes framboisiers sont carbonisés. J’ai planté cinq pieds de tomates, dont trois restent chétifs, deux placés contre des murs sont grands comme un homme, et un seul de ces deux donne des tomates-cerises en abondance. J’ai deux pieds de courgettes, dont un de longues vertes classiques et un de rondes jaunes, qui produisent raisonnablement : peu de courgettes mais de belles. Ma treille a de grosses grappes, et sentant que les oiseaux comme d’habitude s’apprêtaient à les dévorer avant l’heure, j’en ai coupé pour moi deux énormes, dont les raisins sont à peine mûrs mais déjà délicieux. C’est toujours ça de gagné sur la volaille.
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mardi 28 juillet 2026
vendredi 26 décembre 2025
pêcher
vendredi 28 novembre 2025
jardin
lundi 2 juin 2025
désherbage
Désherbage
Mauvaise herbe idéale, qui s’arrache facilement et proprement.
Mauvaise herbe qui s'arrache mieux quand la terre est mouillée.
Mauvaise herbe très envahissante mais qui s’arrache assez facilement.
Mauvaise herbe qu’il faut arracher attentivement pour que les racines viennent bien avec la tige.
Mauvaise herbe qui se casse au ras du sol quand on l’arrache et qui repoussera peut-être depuis la racine.
Mauvaises herbes qu'on arrache d'une main et qu'on entasse dans l'autre.
Mauvaise herbe qu'on laisse pousser quelque temps pour mieux la saisir quand on l'arrachera.
Mauvaise herbe que l’on a laissé trainer après l’avoir arrachée, et qui survit simplement parce que la racine touche le sol.
Mauvaise herbe dont les racines emportent une petite motte de terre à l’arrachage, que l’on fait tomber d’une pichenette.
Mauvaise herbe que l’on n’a pas vu venir et qui soudain pullule, minuscule et innombrable.
Mauvaise herbe dont la racine plus longue que la tige nous étonne.
Mauvaise herbe dont on se demande si elle ne plairait pas aux tortues.
Mauvaise herbe à qui l’on ferait trop d’honneur en la nommant simplement adventice.
Mauvaise herbe qu’on laisse pousser pour sa bonne mine, mais que l’on finit par arracher quand elle devient encombrante.
Mauvaise herbe pas si mauvaise, après tout (il y en a).
vendredi 30 août 2024
club
On ne peut dire que je n’ai jamais les honneurs de la presse, puisque je me retrouve en photo cette semaine page 9 de l’hebdo local L’Angérien libre, dans un article consacré aux Martins-Bêcheurs, un club de jardiniers auquel je participe, à Doeuil sur le Mignon. C’est un honneur.
lundi 26 août 2024
jardin
Mes trois cailles, qui ont bien passé l’hiver, ne se portent pas mal. Deux d’entre elles deviennent familières, s’approchent quand j’entre dans la volière, elles ont compris que je ne viens pas pour les étrangler mais pour les nourrir. La troisième reste farouche, pour ne pas dire complètement parano. Elles étaient censées ne pas pondre, d’après la vendeuse de Gamm Vert, mais elles pondent régulièrement depuis le printemps. En juin-juillet-août, d’après mes calculs, elles ont donné en moyenne 1,5 œuf par jour, soit trois en deux jours (un chacune ?) et donc une douzaine en huit jours. Je soupçonne la craintive d’être la meilleure pondeuse, elle est la seule que j’aie surprise à couver. Je fais durcir les œufs dès que j’en ai dix ou douze, pour les manger. Je nourris ces volailles surtout de grain, déposé à même le sol. Le meilleur est celui que je trouve chez Auchan à Biganos, quand je descends en Gironde. Je leur donne aussi des granulés protéinés de la ferme Dubourg, à Pessac. De temps en temps je râpe sur les graines un peu d’os de seiche rapporté de la plage, qu’elles mangent volontiers. Je me suis aperçu qu’elles aiment bien picorer une tranche de courgette, jaune plutôt que verte, ou une de concombre, en quelques minutes il ne reste que le tour.
De mes trois poissons rouges le plus jeune, en fait jaune, et qui était mon préféré, a subitement disparu du bassin un beau jour de juin. Cela m’a peiné. Je soupçonne un chat de ce mauvais coup. Par consolation quelques jours plus tard la providence a placé sur ma route une très petite tortue égarée. De loin je croyais voir un caillou sur la chaussée, je n’ai reconnu la silhouette qu’en arrivant dessus, le temps d’arrêter la voiture je l’avais passée, heureusement sans l’écraser. Elle cohabite maintenant dans l’enclos avec la tortue de Hermann un peu plus grande, que j’avais déjà. La petite nouvelle est une tortue grecque, me semble-t-il. On distingue les espèces au dessin de l’arrière de la carapace. Elles s’ignorent le plus souvent mais se côtoient par moments, vont dormir ensemble dans leur cabanon. Je les nourris principalement de feuilles d’endive, avec selon les jours des fleurs d’althéa ou de liseron, des fragments de concombre, de poire, de tomate, de prune. Elles aiment beaucoup les minuscules crabes que l’on trouve dans les moules, je les leur garde.
Deux reptiles, deux poissons, trois oiseaux, telle est ma ménagerie du moment.
lundi 29 avril 2024
pépinières
Dans une pile de Rustica, que l’on m’avait passée, je n’ai lu attentivement qu’un article du n° 2826 (23-29 février) portant sur les «Pépinières Desmartis, 150 ans de passion végétale». Cet article m’a intéressé pour les données qu’il m’apprenait et pour les souvenirs qu’il m’évoquait. A Bergerac, où j’ai passé la plus grande part de ma jeunesse (j’y ai habité à l’âge de 7 à 19 ans et y suis souvent revenu jusqu’au départ de ma mère en 2013) l’entreprise Desmartis était connue de tous, et j’ai eu pour condisciple au collège un fils de la famille, brillant garçon. Je n’étais pas fan de leur production-phare, les arbustes Lagerstroemia, mais j’aimais bien leur magasin de jardinerie au sud de la ville, sur la route d’Agen, revendu depuis à Jardiland. J’y allais volontiers faire un tour, souvent plus en promeneur qu’en acheteur, en compagnie de ma mère ou de mon fils petit, un peu comme on va flâner le dimanche chez Le Lann, à Gradignan. J’ai appris que non seulement les Desmartis avaient été une dynastie de pépiniéristes sur au moins trois générations, mais que le fondateur Eugène avait épousé en 1874 une jeune femme elle-même issue d’une longue lignée de pépiniéristes, les Perdoux. Et j’ai compris par la même occasion d’où tirait son nom le jardin public de la ville, dit le Jardin Perdoux. J’avais toujours trouvé ce nom un peu ridicule, pensant que c’était quelque chose comme une formule occitane pour Jardin Perdu. J’apprends maintenant que cette appellation était tout à fait justifiée, mais hélas j’apprends en même temps que le charmant jardin a été rebaptisé Parc municipal Jean-Jaurès. Quelle horreur. J’espère que les habitants se révolteront pour rétablir le nom perdu. J’ai aussi de bons souvenirs de ce lieu. Du collège Henri IV, un professeur nous y emmenait dessiner les arbres, il suffisait de traverser la rue. Plus tard, devenu hippie chevelu, j’ai souvent zoné autour du joli bassin aux bordures en carrelage bleu. La lecture de cet article m’a inspiré l’idée de créer ma vingt-deuxième notice dans Wikipédia, celle-ci sur les Pépinières Desmartis. C’est chose faite depuis hier, mais les Perdoux en mériteraient aussi une, sans doute. En cherchant de la documentation en ligne, je suis tombé sur une étymologie étonnante, celle du nom des jardineries Gamm Vert : il paraît que Gamm est un acronyme pour Grande Armée Maillot Malakoff, ce qui est assez inattendu...
lundi 11 mars 2024
cyprès
Un de mes travaux intermittents ces jours-ci consiste à mettre en pièces un arbre que j’ai dû abattre dans mon jardin. C’était mon seul cyprès, planté près du portail il y a une quinzaine d’années. Il était alors moins haut que moi. Une fois, quelques années plus tard, quand il mesurait déjà trois quatre mètres, un coup de vent l’a poussé, il s’est affalé en biais contre le toit du hangar, à deux mètres de là. Je l’ai redressé et tuteuré ou haubané quelque temps, en me disant que si cette mésaventure se reproduisait, je le supprimerais. Il a tenu bon, bien droit pendant des années. Dernièrement il s’élevait jusqu’à plus de huit mètres et formait un beau duo de gardiens méridionaux avec le laurier, qui pousse de l’autre côté du portail. Cet automne il a souffert d’une tempête, qui l’a très légèrement mais visiblement penché. Et voilà que le mois dernier, en rentrant de Gironde alors qu’il y avait encore eu tempête pendant la nuit, je l’ai retrouvé très incliné, à l’aplomb au-dessus du coin du hangar. Les vents dominants ici soufflent de l’ouest ou du sud-ouest, mais vu l’orientation de l’arbre, le coup fatal est venu du nord-ouest. Impossible de redresser un spécimen de cette dimension, et si c’était possible cela serait vain, il resterait promis à de nouveaux assauts. Restait à le couper. J’ai laissé passer quelques jours pour songer à la question, hésitant à chercher l’aide d’un bûcheron, puis j’ai décidé d’opérer moi-même. Après avoir dénudé le tronc sur un mètre de haut pour y voir plus clair, j’ai appliqué ma scie au niveau le plus pratique, à quatre-vingt centimètres du sol. Le tronc était large d’une quinzaine de centimètres à cette hauteur et je l’ai assez facilement scié jusqu’aux deux tiers, quand il s’est affaissé sur le toit du hangar un peu plus brutalement que je n’aurais pensé, mais en n’y cassant que deux tuiles. A ce moment par coïncidence sont passés dans la rue mon voisin Maurice, qui m’a prêté une scie électrique, et l’ami Cyril, qui m’a aidé à finir de scier l’arbre et à le faire tomber au sol, où il git depuis une dizaine de jours. Il interdirait l’entrée de véhicules par le portail, si le portail n’était de toute façon maintenu fermé depuis le début de l’année, les pluies ayant rendu le jardin trop boueux pour que j'y gare ma voiture automobile. Il y a là peut-être une leçon : les cyprès sont faits pour pousser en terrain méditerranéen sec et pierreux, non dans de l’argile molle et gorgée d’eau. Je n’essaierai pas d’en planter un autre. Celui-ci faisait de temps en temps des petits, qui poussaient dans les interstices du dallage à proximité. Des quelques pousses que j’ai essayé de récupérer, toutes ont périclité sauf une, qui a donné une belle tige de quarante centimètres. Je l’ai plantée l’an dernier en lisière d’une parcelle dans les collines, on verra bien ce qu’elle donne. En attendant, aux moments où il ne pleut pas et où je n’ai rien de plus urgent, je coupe toutes les branches du cyprès tombé, les plus fines au sécateur, les plus grosses à la scie. Puis je les recoupe en morceaux assez petits pour les entasser dans mes bacs en plastique et les emporter à la déchette. Je n’ai pas de remorque et n’en voudrais pas, mais je peux placer trois bacs sur la banquette arrière et un quatrième dans le coffre. J’ai déjà fait cinq ou six voyages, le prochain devrait être le dernier, j’arrive au bout. Débiter un cyprès est pour moi un travail inhabituel. Je suis étonné par la densité de ce tronc solide, que je conserverai à toute fin, et par la lourdeur du feuillage très dense. L’arbre est garni de cônes sphériques innombrables, assurément plus de mille, les uns neufs et compacts, les autres secs et craquelés, j’en ai gardé un petit tas. Quand je manipule les branches, elles dégagent un pollen jaune qui s’envole en poussière. Ici et là je trouve un nid en ruine, fait de branchettes ou de mousse. Je me souviendrai de ce long chantier.
jeudi 27 juillet 2023
jardin
Cette année dans mon jardin, un pied d’artichaut planté l’an dernier a si bien profité qu’il est devenu énorme, lançant des tiges de ma hauteur. Il a donné vingt-six artichauts, j’en ai mangé plus que jamais, j’en ai distribué. Aussi une petite pousse de mauve procurée par Cyril et qui au printemps avait failli disparaître, réduite à presque rien et assaillie par les limaces, s’est si bien reprise qu’elle s’étale maintenant sur deux mètres de diamètre. A part ça j’ai acheté trois plants de courgettes qui ont été aussitôt dévorés par les mollusques, et un de courge dont les fruits pourrissaient à peine formés, et lassé de l’arroser en vain j’ai fini par l’arracher. J’ai deux pieds de tomates-cerises, un de jaunes et un de rouges, qui donnent abondamment, et un pied de tomates normales qui glande laborieusement. On m’a aussi offert naguère deux petits plants de tomates, qui ne produisent pas encore. Dans un moment d’euphorie j’ai acheté une pousse d’angélique, qui ne va me servir à rien, et trois petits choux rouges soldés, qui n’ont pas l’air de vouloir se développer. J’ai eu quelques framboises, peu de groseilles, il n’y en a plus. J’ai goûté quelques baies de sureau, mais c'est insipide. Mon noyer perd ses noix par dizaines avant l’heure, il en est tombé plus de cent et je me demande s’il en restera le moment venu. Et il y a peu de prunes cette année. Mais j’ai découvert le pourpier, qui m’enchante. Il s’est mis à en pousser dans ma réserve de terre et plutôt que de me risquer à le transplanter, je le laisse prospérer sur place, il a l’air de se trouver bien. J’en coupe une tige pour chaque repas, j’aime beaucoup ces petites feuilles.
dimanche 3 janvier 2021
flacon le diable
Dans la terre du jardin j'ai trouvé un petit flacon en verre incolore d'environ 5 centimètres de haut sur deux de large. Il parait ancien mais je ne saurais le dater : milieu, peut-être début du XXe siècle. Il porte une seule inscription, impressionnante, LE DIABLE, gravée en relief de bas en haut en lettres capitales. Google ne m'aide guère à l'identifier. J'apprends que Le Diable est le nom d'un remède coricide, et que ce genre de produit acide fut en vogue surtout dans les années 1880-1930, ce qui pourrait correspondre à l'âge du flacon. Cette trouvaille me rappelle un rare mais très précieux enseignement de mon père, qui m'avait montré qu'on peut faire disparaître une verrue en mettant dessus de la sève d'euphorbe, pendant quelques jours.
(Photo DB, merci).








