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jeudi 16 octobre 2025

ginkgo

J’ai déjà raconté dans ce journal (le 26 mars 2023) comment un pied de ginkgo haut d’un mètre, que l’on m’avait offert jadis, et que j’avais planté dans une clairière au bosquet de la Rigeasse, était bientôt mort, mais aussi comment, des années plus tard, j’avais soudain constaté que poussait, à quelques centimètres du petit tronc sec, une nouvelle tige, menue mais bien vivante et feuillue. Cette résurrection m’enchantait : j’entourai de soins le miraculé, je le bichonnais, le montrais volontiers aux rares visiteurs. Mais enfin maintenant force est de constater que le rené, s’il survit, végète et ne grandit guère. Il passait à peine les vingt centimètres quand je l’ai découvert, trois ans après il n’atteint toujours pas les quarante. Cela me déçoit un peu. Je me console en songeant qu’après tout l’arbrisseau extrême-oriental est doublement exotique : ce ginkgo est un bonsaï…

samedi 1 avril 2023

gingko

    Je serais pour qu’on réforme l’orthographe tordue de Ginkgo et qu’on écrive Gingko, qui correspondrait mieux à ce qu’on prononce. Je vois que le Wiktionnaire l’enregistre comme variante, mais fautive. On pourrait aussi écrire simplement Ginko, mais alors on perdrait le bel équilibre graphique du nom botanique Ginkgo biloba (six + six lettres).

dimanche 26 mars 2023

ginkgo

(Pour Dominique L, que cette histoire intéressait). Un beau jour quelqu’un offrit un plant de Ginkgo biloba, haut d’un mètre, à la jeune Laeti, laquelle, ne sachant qu’en faire, l’offrit à sa mère, laquelle, ne sachant qu’en faire non plus, et se trouvant être mon aide de camp, me l’offrit à son tour, puisqu’il est connu que j’aime les arbres et que j’ai des terres. Mais la chose ne va jamais de soi, quand les terres sont déjà peuplées. Tous les bois vous disent : Ici c’est complet. Il faut s’arranger. Tout bien considéré, je plantai le scion à la Rigeasse, un bosquet triangulaire au milieu des champs, non loin du village. On verrait bien. L’arbre mourut je crois dans l’année qui suivit. J’en fus désolé mais guère surpris. Outre que l’espace déjà boisé n’est pas accueillant aux intrus, il faut encore que ceux-ci survivent à la sécheresse, à la pourriture, à l’ombre, au soleil, au gel, à la dent des herbivores, à la chimie du sol, à la main des voleurs, bref à tous les dangers, si bien que mon taux de réussite en ce domaine est fort modeste. Les années passèrent. Il y en eut quelques unes où je ne mettais plus les pieds dans ce coin, que la broussaille regagnait, puis je le reconquis, je l’ai même bien éclairci, et chaque fois que je passais par là, j’hésitais à arracher la pauvre tige du ginkgo desséché. Or voilà qu’un beau jour de printemps, l’an dernier, que vois-je soudain, à quelques centimètres à côté du petit tronc mort depuis plus de dix ans : une nouvelle pousse de ginkgo, dressant son double décimètre orné de quelques feuilles pimpantes. J’étais enchanté de cette résurrection inattendue. Cela paraissait incroyable mais il fallait admettre que pendant toutes ces années, bien que la tige fût morte, quelque chose survivait dans la motte des racines avec assez d’énergie pour se remettre enfin à pousser. Aussitôt je pris quelques mesures de sécurité, j’entourai la plante d’un bout de grillage, je veillai à porter de l’eau. A l’automne, je trouvais mauvaise mine à mon protégé. Ses feuilles prenaient un vilain marron au lieu d’un beau jaune. Cet hiver plus d’une fois la petite pousse m’a paru tout à fait morte. Mais enfin je viens de voir qu’elle bourgeonne de nouveau. Tout n’est pas perdu.











Photo Josiane Suel, septembre 2022.