ETATS GENERAUX
état d’âme
état d’arrestation
état de choc
état de choses
état de droit
état d’ébriété
état d’esprit
état de fait
état de grâce
état des lieux
état de marche
état de nature
état de santé
état de siège
état d’urgence
état de veille
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mercredi 29 avril 2026
mardi 28 avril 2026
suites
Après le récit de ma laborieuse quête des fichues Pensées de Cavanna, je me sens tout penaud maintenant qu’un gentilhomme de mes lecteurs, monsieur D F, se vante d’avoir « trouvé en cinq secondes sur le Net » un fac-similé numérique de l’ouvrage ! Je profite de l’occasion pour le mettre au défi d’en faire autant avec les Pensées échevelées de Jerzy Lec. Ça va moins rigoler, là.
Par ailleurs, en réponse aux deux millions de lecteurs, pardon, faute de frappe, je voulais dire En réponse aux deux lecteurs qui m’ont demandé ce qu’était cette note étymologique, je révèle qu’elle a paru dans Charlie Hebdo n° 472, du 28 novembre 1979, page 15. Je l’ai conservée. Je ne la reproduirai pas, car mon ton juvénile d’alors, salutant et tutoyant, ne me plait pas, mais je peux en indiquer la teneur. En réponse à une livraison précédente de sa chronique Virgules et circonflexes (dans Charlie n° 469) entre temps rebaptisée Virgules et machin-chouettes, où Cavanna s’étonnait que le verbe Décimer, devenu synonyme de massacrer, avait d’abord voulu dire supprimer un dixième, je lui signalais d'autres correspondances mathématiques entre destruction et division : Trancher venant du latin trinicare (couper en trois), Ecarteler d’exquartare (couper en quatre) et Esquinter d’exquintare (couper en cinq)…
Par ailleurs, en réponse aux deux millions de lecteurs, pardon, faute de frappe, je voulais dire En réponse aux deux lecteurs qui m’ont demandé ce qu’était cette note étymologique, je révèle qu’elle a paru dans Charlie Hebdo n° 472, du 28 novembre 1979, page 15. Je l’ai conservée. Je ne la reproduirai pas, car mon ton juvénile d’alors, salutant et tutoyant, ne me plait pas, mais je peux en indiquer la teneur. En réponse à une livraison précédente de sa chronique Virgules et circonflexes (dans Charlie n° 469) entre temps rebaptisée Virgules et machin-chouettes, où Cavanna s’étonnait que le verbe Décimer, devenu synonyme de massacrer, avait d’abord voulu dire supprimer un dixième, je lui signalais d'autres correspondances mathématiques entre destruction et division : Trancher venant du latin trinicare (couper en trois), Ecarteler d’exquartare (couper en quatre) et Esquinter d’exquintare (couper en cinq)…
lundi 27 avril 2026
pensées
Hélas ! Le recueil des Pensées de Cavanna, que je me suis donné tant de mal à trouver, ne me plait pas beaucoup, je le trouve médiocre. L’auteur confie lui-même en introduction qu’il ne tenait pas à ce livre, dont l’existence serait due à l’insistance de l’éditeur. Une partie des pensées sont extraites de textes déjà publiés, mais on ne sait lesquelles, certaines seulement ont été composées exprès pour ce volume. J’y retrouve p 153 celle qui est sans doute la plus connue et dont j’avais souvenir : « La publicité nous prend pour des cons. La publicité nous rend cons. » Ce n’est pas faux, et cela sonne bien, mais ce n’est pas très profond non plus. Et l’on voit là une des pauvretés de l’auteur, qui parait incapable, en tout cas dans ce livre, d’écrire plus de deux phrases sans utiliser le mot « con », comme adjectif ou substantif. Souvent je ne suis pas en désaccord avec lui sur le fond, et je sauverais par exemple la belle diatribe des pages 143-144 sur les ignobles graffitis dits tags. Mais dans l’ensemble je trouve ces pensées pas terribles, elles ne vont que de la potacherie à la sornette, de la platitude au militantisme, cela manque de finesse. Un peu à l’image du portrait de l’auteur en couverture : grosse tignasse, grosse moustache, et grosses idées. De gauche, bien entendu. Tâtez-moi cette perle de la p 55 : « La gauche, c’est ce qui essaie de comprendre. La droite, c’est ce qui se refuse même d’envisager qu’il y ait quelque chose à comprendre. Quand la gauche se comporte de la façon numéro deux, c’est simplement qu’elle n’est pas la gauche. » Ben voyons. On retrouve là concentré tout le penchant fanatique de la gaucherie ordinaire : étant donné que la gauche, c’est le Bien, et la droite le Mal, comment peut-on ne pas être de gauche ? Je vous le demande. Ce qui est certain, c’est que celui qui écrit une telle phrase ne cherche aucunement à comprendre comment on peut penser autrement que lui…
dimanche 26 avril 2026
Cavanna
Lorsque j’ai su, il y a bien six mois, qu’il existait un recueil de Pensées de François Cavanna (Le Cherche Midi, 1994) j’ai voulu le lire. Non que j’en attendisse grand chose mais ce genre me plait, et malgré tout ce qui peut me séparer de Cavanna, je conserve envers lui une dette de sympathie, parce qu’il fut le premier à accueillir une de mes rares publications dans la presse nationale (une note étymologique dans Charlie, jadis). L’auteur ayant acquis de son vivant la célébrité avec ses best-sellers autobiographiques sur Les Ritals et Les Russkoffs (que je n’ai pas lus), je pensais trouver facilement le moyen d’emprunter ce recueil de pensées. Il n’en était rien. L’ouvrage ne se trouvait bien sûr pas dans les biblis publiques des deux bleds voisins, Villeneuve et Loulay, mais pas non plus dans le catalogue en ligne des villes de la contrée : ni à Saint-Jean (20 km), ni à Surgères (autant), ni à Saintes (45 km), ni même à La Rochelle (60 km). Pas la peine donc d’y aller. Il n’était pas non plus dans les collections de la Médiathèque départementale de la Charente-Maritime, ni dans celles de la bibliothèque universitaire de Bordeaux-Pessac, en Gironde où je me rends une fois par mois. Je consultai aussi le Sudoc, c’est à dire le richissime catalogue collectif des bibliothèques universitaires françaises, qui permet de faire venir par le prêt entre bibliothèques les livres qu’on ne trouve pas sur place. Las ! Le seul exemplaire se trouvait à la b-u de Nouméa, d’où je ne pouvais décemment demander qu’on me l’envoie. Il fallait se rendre à l’évidence : ce fichu livre était une rareté. Je finis par en repérer un exemplaire dans le catalogue en ligne du réseau des biblis de Niort et des environs, dans le département voisin, les Deux-Sèvres : il se trouvait à Chauray, une banlieue située à dix kilomètres au nord-est de Niort, Niort étant elle-même à trente km au nord de chez moi. Mais valait-il le coup d’investir dans une inscription pour emprunter ce seul ouvrage, ou d’effectuer le trajet (30 + 10 = 40, aller-retour = 80 km) pour prendre connaissance d’un livre que je ne pouvais espérer lire sur place en une seule fois ? Il y avait la solution de l’acheter d’occasion en ligne, où on le trouvait en vente pour une demi-douzaine d’euros. Mais il fallait en ajouter autant pour le port, et là encore : valait-il la peine, vu mes rentes, d’engager une telle somme pour un livre que je n’étais pas sûr de vouloir conserver, et que je revendrais au mieux un euro dans un vide-grenier ? Je tentai de le faire acheter d’occasion par l’université, après tout pourquoi pas, s’il était absent de toutes les b-u de métropole, mais cela fut refusé, pour la bonne raison que les crédits avaient été drastiquement réduits. Je pouvais aussi renoncer à connaitre ce livre, dont je n’avais pas vraiment besoin, mais bêtement la difficulté m’entêtait à y parvenir. Le problème a fini par se résoudre naguère, quand j’ai appris que l’inscription au réseau des biblis de Niort était gratuite, ce qui changeait la donne. La semaine dernière, donc, devant me rendre dans cette ville pour y acheter des planches, j’en profitai pour avancer jusqu’à Chauray, m’y inscrire et emprunter le recueil. Ce fut laborieux car je me perdis en route à l’aller, et de même au retour, mais enfin j’ai obtenu ce que je voulais.
samedi 25 avril 2026
formule
Un jour une rurale, avec qui je discutais de la vie, qui présente l’inconvénient d’aboutir à la mort, a résumé son point de vue dans cette formule abrupte : De toute façon, on va tous y passer. Je le savais déjà. Mais dès lors, je l’ai su encore mieux.
vendredi 24 avril 2026
incitation
La façon la plus sûre, la plus efficace, d’inciter à la haine, c’est d’accuser n’importe quel propos critique d’être une incitation à la haine. Mais attention : l’accusateur a souvent l’air plus haineux que l’accusé…
jeudi 23 avril 2026
Petchanatz
Reçu du camarade Christophe Petchanatz ses Fragments de Journal, parus, quelle chance, sous la forme d’un charmant petit volume de la collection Club Samizdat (Editions Deleatur, dans les Alpes, 2026). L’on s’y tient à la règle de «ne pas écrire trop long» et en effet ces fragments sont brefs, tantôt un paragraphe, parfois juste une ou deux lignes. Ce sont des notations, des esquisses de portraits, des lambeaux de rêves, des aphorismes, des souvenirs, ou de simples jeux de mots, dont l’auteur est friand, genre «En tricycle, Jean Moulin» ou «Par l’étang qui court»…
mardi 21 avril 2026
caatinga
Chaque année le retour du printemps repose à l’horticulteur, à l’agriculteur et même au sylviculteur le problème de la prolifération végétale. Dans les trois parcelles de bois que j’ai sur les hauteurs, le phénomène reste modéré, soit parce que le sol y est moins fertile, soit parce qu’il s’agit de futaies ombreuses, qui buissonnent surtout en lisière, pour celles qui par endroit bordent les champs. Il en va tout autrement au bois de la Rigeasse, petite parcelle triangulaire de mille mètres carrés isolée au milieu de la plaine. Par devers moi pour plaisanter je l’appelle ma caatinga. La caatinga est une formation végétale du nord-est brésilien, une brousse clairsemée, épineuse et lumineuse, tenant son nom du tupi caa, forêt, et tinga, blanche. Ce n’est pas tout à fait la même chose à la Rigeasse, bien sûr, mais ce bosquet entouré de champs, et peuplé principalement d’épineux de faible hauteur (aubépines et prunelliers) et d’ormeaux ne produisant qu’une ombre claire, ce bosquet donc est inondé de lumière propice à l’explosion végétale. L’autre jour pour me faire plaisir j’ai embauché un ouvrier à passer sa débroussailleuse pendant une heure dans ce fouillis. Quelle clarté, soudain, quel apaisement, je respire enfin. Pour quelque temps.
dimanche 19 avril 2026
Camacho
Lettre documentaire 537
SIX POEMES BREFS
SIX POEMES BREFS
de Carmen CAMACHO
extraits de son recueil Deslengua
(Libros de la Herida, Sevilla, 2020)
extraits de son recueil Deslengua
(Libros de la Herida, Sevilla, 2020)
et ici traduits par Philippe Billé
X
Je vais du bruit au silence,
tu vas du silence au bruit.
Que pourrons-nous bien nous dire
lorsque nous nous croiserons !
XV
Le Demain
n’est aucun jour
de la semaine.
XXXVII
En hiver à la maison.
Ton petit linge et le mien
sur la chaise.
LVIII
Double sens :
apprends à t’en aller
par où tu es venu.
LXXIII
X
Je vais du bruit au silence,
tu vas du silence au bruit.
Que pourrons-nous bien nous dire
lorsque nous nous croiserons !
XV
Le Demain
n’est aucun jour
de la semaine.
XXXVII
En hiver à la maison.
Ton petit linge et le mien
sur la chaise.
LVIII
Double sens :
apprends à t’en aller
par où tu es venu.
LXXIII
Petite lanterne de rien,
au sein de ma nuit obscure,
était la lune.
LXXXIV
au sein de ma nuit obscure,
était la lune.
LXXXIV
Dans la gare
attendent le dernier train
deux petits vieux au soleil.
attendent le dernier train
deux petits vieux au soleil.
samedi 18 avril 2026
carassins
C’est étrange, cette façon qu’ont les carassins (les poissons plus ou moins rouges) de se tenir par moments immobiles en stationnant l’un à côté de l’autre dans une posture exactement parallèle, ou en tête-bêche, ou à quarante-cinq degrés, comme en suspens, prêts cependant à repartir en zigzaguant dans tous les sens à la moindre alerte.
vendredi 17 avril 2026
jeudi 16 avril 2026
bagues
Jusqu’il y a peu j’avais aux doigts quatre bagues, deux à chaque main. Ma directrice de conscience me raille là-dessus, jugeant que ces ornements me donnent un air efféminé. Or je viens d’en perdre deux coup sur coup en l’espace de quelques jours. Me voilà peut-être revirilisé, mais bien déçu. L’une des bagues était sans doute de la pacotille, elle s’est tout simplement cassée. L’autre, celle que je regrette le plus, avait la forme d’un très fin serpent argenté. C'était une bague non fermée, qui tendait à s’écarter quand quelque chose l’accrochait. Je me suis subitement aperçu que je ne l’avais plus, elle avait disparu. Ne l’ayant retrouvée nulle part dans la maison ni dans ma voiture, je crains de l’avoir perdue au jardin, ou pire dans les bois, où je travaille toujours sans gants. Dieu sait sous quel tapis de lierre cette petite merveille git maintenant, sans doute pour l’éternité.
mercredi 15 avril 2026
Scum
Il manquait à ma culture générale de connaitre ce chef d’oeuvre de la littérature engagée, le Scum Manifesto (1967) de la rebelle américaine Valerie Solanas (1936-1988), que je viens de découvrir dans la dernière édition française (Mille et une nuits, 2022). A vrai dire, ne me sentant pas d’attaque pour me cogner ces cent pages de sornettes délirantes, je ne les ai lues qu’en partie et en diagonale, ce qui suffisait à en apprécier la teneur. Scum est soit un mot d’argot pour ordure, salaud, soit l’acronyme de Society for cutting up men, Société pour taillader les hommes. Le texte appelle les femmes à supprimer les hommes, fondamentalement mauvais et responsables de tout ce qui va mal sur terre, le capitalisme etc. Pris au second degré, le pamphlet pourrait être considéré comme une oeuvre d’humour noir, outrancier mais pas très fin. La finesse ne semble d’ailleurs pas avoir été la vertu principale de cette marginale lesbienne mendiante prostituée, auteur par ailleurs d’une unique pièce de théâtre, Up your ass (Dans ton cul). Mais la postfacière militante estime que le propos est à prendre au sérieux, Solanas ayant d’ailleurs montré l’exemple en tentant d’assassiner à coups de feu Andy Warhol, malgré ses qualités d’artiste et d’inverti. Cette action criminelle fut un coup de publicité décisif pour le manifeste et sa rédactrice, laquelle devait pourtant mourir prématurément et dans la misère. Elle jouit en revanche d’une belle célébrité posthume, et des générations entières de biques et de biquettes marxistes-féministes continuent de lui vouer un culte.
dimanche 12 avril 2026
Simenon
Une trouvaille de boite m’a donné l’occasion de relire d’un trait, avec grand plaisir, l’excellente Lettre à ma mère, de Georges Simenon, déjà lue et aimée en août 2009, alors prêtée je crois par M Ohl. On me permettra de citer ce que j’avais dit, et que je pense encore de cet ouvrage dicté en 1974, à 70 ans, plus de trois ans après la mort de la dame : « Le texte d’une centaine de pages séduit par l'intelligence et la sincérité, il surprend par la trajectoire sociale peu commune et la psychologie peu aimante de la mère, par la compréhension malgré tout bienveillante du vieux fils. Une bonne lecture. Accessoirement on goûte là un récit en quelque sorte réaliste et anti-marxiste, plein de riches ruinés et de pauvres enrichis. » Dix-sept ans après je reste impressionné par la gravité et la densité de ce petit ouvrage. Sa brièveté, son découpage en courts paragraphes séparés par des blancs marqués, et bien sûr son sujet, font penser au Post mortem d’Albert Caraco, paru quelques années avant, le texte de Georges s’en distinguant peut-être par la plus grande simplicité de ton.
samedi 11 avril 2026
tendances
En réponse à un ami, demandant naguère sur un réseau Quelle est la différence entre «être de gauche» et «être de droite», je dirais qu’à mes yeux l’essence de l’opposition droite / gauche est l’opposition éternelle des Anciens et des Modernes, des classiques et des romantiques, des conservateurs et des réformistes, de la tradition et de l’innovation, du réalisme et de l’idéalisme. Les deux principes me paraissent justifiés, nécessaires, utiles. Il importe de préserver ce qui est bon, comme de rechercher ce qui peut être meilleur. Il faut un principe de changement, contrebalancé par un principe de précaution, lequel consiste à demander si l’on est sûr d’aller dans la bonne direction, si le remède n’est pas pire que le mal, et si en croyant bien faire on n’est pas en train de déconner à plein tube, comme il arrive souvent.
vendredi 10 avril 2026
Lefebvre
Dans une boite à livres, je tombe sur Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ? (Carrère, 1984), autobiographie de l’acteur Jean Lefebvre, qui se rendit célèbre dans les années 60-70 par ses rôles de Français médiocre aux yeux mi-clos. Sa personnalité ne m’attire pas particulièrement mais j’emprunte le livre afin d’enrichir ma collection de phrases en Je suis né. Bonne pioche, il n'y en a pas une mais quatre, au deuxième chapitre, dont la première dit simplement « Je suis né le 3 octobre 1922 dans le Nord. » Les ayant notées, je consulte par curiosité la notice de Wiki sur ce personnage. Je suis étonné d’y lire qu’il était né certes le 3 octobre mais en 1919. L’information répétée une fois et référencée (Universalis, acte de naissance) parait véridique. Est-ce par coquetterie, que l’acteur s’est rajeuni de trois ans dans son livre ? En parcourant Wiki, je lui découvre une vie plus agitée que je n’aurais imaginé : marié cinq fois, dont deux fois à la même femme, constamment endetté parce qu’il claquait tout son pèse au casino…
jeudi 9 avril 2026
adventices
Les deux mauvaises herbes que je déteste le plus, surtout dans les bois, sont les ga-ga, le gaillet et la garance, mini-lianes collantes envahissantes (Gallium aparine et Rubia tinctorum, je crois). Quelle poisse, celles-là. Les deux mauvaises herbes que je préfère et dont je préserve quelques pieds ici et là au jardin sont les deux espèces de géranium sauvage les plus communes : le géranium herbe à Robert aux feuilles très découpées (Geranium robertianum) et le géranium dit mou, aux feuilles arrondies (Geranium molle).
mardi 7 avril 2026
lisières
lundi 6 avril 2026
St-Félix
D’ordinaire je ne pratique ce sport qu’en plein été, mais là je viens de participer au vide-grenier précoce qui se tenait hier à Saint-Félix. J’y étais encouragé par la proximité du lieu, à moins de dix kilomètres, le bon prix des emplacements, cinq euros pour quatre mètres, et les encouragements d’un copain. Pourtant j’y suis allé en faisant le gros dos, incertain de m’y trouver bien, redoutant la pluie possible, sachant que la clientèle estivale ne serait pas encore là, et fatigué d’avance d’un type d’épreuve dont je me demande jusqu’à quand j’aurai l’énergie de l’affronter. Mais enfin tout s’est bien passé, on a eu beau temps ni chaud ni froid, j’étais on ne peut mieux placé juste à l’entrée de la place de l’église, laquelle est quasi en vue des champs, et j’ai franchi la barre des 100 euros de gain, succès notable pour qui ne vend que des marchandises à un euro, un demi, ou un doublon, quelquefois mais rarement plus. Pour une opération qui m’a mobilisé dix heures trajet compris, de sept à dix-sept, cela ne représente qu’un salaire minime, mais toujours appréciable au vu de ce que sont mes rentes ordinaires. A quoi s’est ajouté en fin de journée le troc étrange avec un charcutier installé non loin, qui s’intéressait à un mien trépied, mais ne se décidait pas à l’acheter, et en fin de compte me l’a échangé contre deux beaux saucissons d’Auvergne !
samedi 4 avril 2026
loulous
A ce qu’il semble certains internautes ne connaissent que le mot loulou pour désigner les chiens, en particulier les chiens perdus ou errants, parfois aussi les enfants. Je me suis aperçu que cet usage m’insupporte. Ce doit être une allergie de printemps.
vendredi 3 avril 2026
reste
Un jour de bonne humeur, il y a quelques années, j’avais accepté de jouer à un jeu assez idiot, consistant à prendre sans choisir le premier livre que l’on avait à portée de main, à l’ouvrir à la page 56, à y rechercher la cinquième phrase et à la diffuser en ligne, sans dire de quel ouvrage elle provenait. Je n’étais pas mal tombé, avec ceci : « Ah ! me dit-elle soudain en tombant dans mes bras, reste. » Le propos avait assez plu à un copain pour qu’il passe outre à la consigne et me demande d’où je le tirais. Je lui avais répondu discrètement que c’était d’un exemplaire en ruine du premier volume du Journal de Paul Léautaud, se trouvant sur mon bureau parce qu’un collègue venait de me l’offrir. Je ne sais plus si j’ai lu ce livre mais je ne l’ai pas conservé, et ne peux maintenant vérifier la citation. Mais cela reste une jolie phrase, d’où qu’elle vienne.
(PS. Un lecteur me signale que cela provient bien du Journal de Léautaud, à la date du 10 janvier 1903).
jeudi 2 avril 2026
doigts
Un petit mystère de la communication non verbale. Comme j’en vois souvent parler en ligne, il m’a semblé remarquer que les Américains, lorsqu’ils joignent le geste à la parole pour énumérer des éléments, se servent de l’index d’une main pour compter sur les doigts de l’autre en commençant par le petit, alors que nous le faisons en commençant plutôt par le pouce. S’il en est bien ainsi, je me demande à quoi tient cette différence d’usage. J’observe que lorsqu’on tient sa main ouverte devant soi, les doigts écartés et la paume tournée vers soi, le petit doigt est dans la position la plus basse, et que compter à partir de lui fait aller de bas en haut, en sens inverse de l’écriture, laquelle va de haut en bas. Cela devrait rendre plus naturel le geste d’énumérer en partant du pouce. Mais il est vrai que si l’on tient l’avant-bras en position verticale, ou même incliné à quarante-cinq degrés, les doigts se trouvent disposés de telle façon que le petit est le plus proche de l’autre main…
mercredi 1 avril 2026
communiqué
Juste un petit mot pour rassurer si besoin mon vaste lectorat, quelques personnes s’étant inquiétées de ma santé après ma note de l’autre jour : rien de bien grave, j’allais voir un stomatologue, ce qui suffit à m’épouvanter, et comme l’idée de devoir m’orienter dans La Rochelle suffit elle aussi à m’épouvanter, je n’en menais pas large…
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