mardi 21 avril 2026

caatinga

    Chaque année le retour du printemps repose à l’horticulteur, à l’agriculteur et même au sylviculteur le problème de la prolifération végétale. Dans les trois parcelles de bois que j’ai sur les hauteurs, le phénomène reste modéré, soit parce que le sol y est moins fertile, soit parce qu’il s’agit de futaies ombreuses, qui buissonnent surtout en lisière, pour celles qui par endroit bordent les champs. Il en va tout autrement au bois de la Rigeasse, petite parcelle triangulaire de mille mètres carrés isolée au milieu de la plaine. Par devers moi pour plaisanter je l’appelle ma caatinga. La caatinga est une formation végétale du nord-est brésilien, une brousse clairsemée, épineuse et lumineuse, tenant son nom du tupi caa, forêt, et tinga, blanche. Ce n’est pas tout à fait la même chose à la Rigeasse, bien sûr, mais ce bosquet entouré de champs, et peuplé principalement d’épineux de faible hauteur (aubépines et prunelliers) et d’ormeaux ne produisant qu’une ombre claire, ce bosquet donc est inondé de lumière propice à l’explosion végétale. L’autre jour pour me faire plaisir j’ai embauché un ouvrier à passer sa débroussailleuse pendant une heure dans ce fouillis. Quelle clarté, soudain, quel apaisement, je respire enfin. Pour quelque temps.

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