dimanche 16 août 2026

haïku


    Dans un moment d’optimisme, j’ai participé à un concours de haïkus francophone, que l’on m’avait signalé. Le thème en était la Bonté. J’ai eu l’idée de proposer pour l’occasion un tercet que j’avais composé il y a une dizaine d’années : 
        Je garde les miettes
        pour les oiseaux, les poissons,
        à chacun sa part. 
    Voilà quelques jours, il fut annoncé que je faisais partie des quatre finalistes et que le classement définitif serait dévoilé le 15 août, c’est à dire hier. Je pensais bien mériter la première place mais hélas, je n’ai obtenu que la Mention d’excellence 3. Je suis le dernier des premiers, le moins bon des quatre meilleurs. Mais c’est tout de même une distinction…

samedi 15 août 2026

en tout

en avance

en biais

en catimini

en double

en effet

en fanfare

en garde

en haut

en interne

en jachère

en kiosque

en ligne

en marche

en nage

en outre

en principe

en question

en retard

en suspens

en trombe

en urgence

en vitesse


vendredi 14 août 2026

Saer

    Un ami palois, qui croit que j’ai le temps de lire, m’avait suggéré de m’intéresser à L’ancêtre (El entenado, 1983) du romancier argentin Juan José Saer («ça devrait te plaire, il y a plein d'Indiens qui boulottent des marins et s’entre-sodomisent»). Je viens d’en lire les soixante-dix premières pages en traduction française. Cela se présente comme le récit par un vieil homme de la Renaissance, d’un voyage aventureux fait dans sa jeunesse. Parti outre Atlantique comme mousse à bord d’un navire, il se fait enfiler en cours de route par tous les marins sans que cela le gêne outre mesure (il est d'un naturel compréhensif). Puis les voyageurs arrivent dans un pays forestier, où les invraisemblances commencent aussitôt. A peine débarqué sur une plage, tout l’équipage se fait massacrer à coups de flèches par les indigènes, sauf le narrateur, qui s’en étonne à peine et demeure incroyablement serein. Les sauvages l’emmènent dans leur village en le portant par les coudes pendant des heures, sans se fatiguer. Mieux : ils transportent aussi tous les cadavres, en trottinant sans peine pendant des heures. Arrivés sur place, ils organisent avec les corps un banquet cannibale, dont la cuisson et la consommation nous valent des descriptions interminables. Le repas est suivi d’une beuverie, puis d’une orgie homo-, hétéro- et auto-sexuelle. A ce point le récit, passé de l’ethnographie à la pornographie, entre dans la fantaisie pure. Halte là, il me faut une préparation psychologique avant d’aller plus loin, si j’y vais. Un trait d’humour qui m’a amusé : chaque fois qu’ils examinent le jeune homme blanc, les sauvages répètent le mot par lequel ils le désignent : def-ghi, def-ghi. Je me demandais à quel lexique l’auteur avait piqué ce vocable, avant de réaliser que c’est tout simplement une suite de lettres, dans l’ordre alphabétique.

jeudi 13 août 2026

Biarritz

    Un publiciste de Biarritz, monsieur FS, m’a semble-t-il «bloqué» après que j’eus déposé sur sa page Facebook le 9 août un commentaire qui ne lui a pas plu. Il est vrai que je n’avais pas cherché à plaire. Dans ce commentaire je ne disais rien du passage de sa dépêche, où ce monsieur se plaçait modestement dans la lignée de Marc-Aurèle («un de mes lointains ancêtres», on voit le genre). Je me référais à un autre développement, où il se déclarait «ennemi des Français qui se disent de souche», en ajoutant cette explication : «ce sont pour moi des étrangers». Je me suis borné à lui demander si vraiment, pour lui, un étranger est en soi un ennemi. Et visiblement c'était trop demander. Récemment cet internaute avait confié à son public être d’origine gitane. De là peut-être son ressentiment vis-à-vis de la population dite de souche. S’il en est ainsi, cet incident ne fera qu’aggraver mon pessimisme quant à la possibilité de rapports harmonieux entre «communautés». Pour ma part je ne renie pas les métaphores de Français de souche, et Français de branche, je reconnais leur commodité expressive sans attribuer de valeur morale aux situations démographiques ainsi désignées. Je considère qu’il n’y a ni gloire ni honte à être de souche ou pas, et je ne juge pas les individus en fonction de leur origine ethnique. Je ne saurai pas plus précisément ce qu’en pensait l’humaniste gitano-basque susceptible, qui a préféré rendre la communication impossible entre nous. Mais après tout ce n’est pas bien grave, comme il ne s’annonçait pas que nous eussions grand chose à nous dire. 


mercredi 12 août 2026

verbier

    Mes néomots de ces derniers temps : défête, emmentalité, plébitude,

mardi 11 août 2026

Brême

    Dans le conte des frères Grimm, Les musiciens de Brême, j’aime surtout le début, la rencontre successive des quatre vieux animaux qui s’unissent pour aller chanter à la ville. La découverte de la maison des brigands, que les bêtes font fuir, me plait moins, par son côté grand guignol.

lundi 10 août 2026

Vlady

    Dans Du coeur au ventre (Fayard, 1996) Marina Vlady a eu la bonne idée de réunir une cinquantaine de «récits» où elle raconte en deux trois pages des moments de sa vie, des incidents, des rencontres avec des proches, des inconnus et des célébrités. Dans ces souvenirs il est toujours question d’une boisson ou d’un plat, qui donne son nom à chaque texte. (Je pense que les crêpes fourrées grecques qu’elle mange à New York sont des souvlakis et non des slouvakis). On apprend qu’elle a connu dans leurs derniers jours des gens aussi différents qu’Andreï Tarkovski (qu’elle hébergeait (Bitotchki)), Simone Signoret (Caviar) ou Jean-Marc Reiser (Thé fumé). Au moins deux des récits (Caipirinha et Boeuf grillé) évoquent la propriété rurale de son fils Vladimir dans le chaco sud-américain. Je n’ai pas lu tout le livre mais j’ai bien aimé ce que j’en ai lu.

dimanche 9 août 2026

oeufs

    Cette année je m’efforce de noter chaque jour sur le calendrier le nombre d’oeufs pondus par mes trois cailles. Elles ont commencé de pondre fin mars, 2 oeufs le 30, aucun le 31. Moyenne : 1 par jour.
    En avril, 46 oeufs en trente jours, soit en moyenne 1,5 par jour. Cela veut dire trois en deux jours, période sur laquelle elles pondent donc un oeuf chacune, si elles se partagent le travail.
    En mai un peu moins : 40, soit seulement 1,3 par jour.
    En juin, forte croissance : 56 oeufs, soit 1,86 par jour.
    En juillet, presque moitié moins : 34 oeufs, soit guère plus d’un par jour.
    Dernièrement nous venons de traverser une période de onze jours de stérilité, du 27 juillet au 6 août. Je ne peux en vouloir aux cailles, il fait chaud et sec, il n’y a plus un brin d’herbe verte dans la volière. Elles endurent stoïquement ces chaleurs, comme le froid et la pluie en hiver. Respect, comme on dit. Et la production a repris : un oeuf avant-hier, deux hier…

samedi 8 août 2026

Escarpit 3/3

    VII, p 104-120. Sur la religion et le temps. Où l’auteur, lui-même athée et anti-clérical, parle des Basques cathos et des Béarnais protestants (106), et de son pauvre père qui souffrit d’une maladie pendant ses vingt-cinq dernières années de vie (113-115).
    VIII, 121-136. Sur ses amours, ses études, et son épouse Denise. Il y a p 134 la très drôle transcription d’une conversation onomatopéique entre paysans landais.
    IX, p 137-160. A Arcachon, où il était prof d’anglais, et à Mexico, où on le bombarde secrétaire général de l’Institut français d’Amérique latine, alors qu’il est angliciste et ne parle pas un mot d’espagnol (148-149). Mais il est normalien et agrégé, alors tout est permis. Là encore, le révolutionnaire oublie de se demander s’il n’y aurait pas quelques privilèges à abolir chez certains enfants gâtés de la haute fonction publique…
    X, p 161-177. Sur l’âme, le corps, et les amis. Il affirme p 170 avoir «horreur de l’exclusion», ce qui ne colle pas bien avec son obsession de la «conscience de classe».
    XI, p 178-198. Sur la littérature. Où l’auteur déplore que ses livres ne bénéficient pas de plus gros tirages et ne soient pas des best sellers (181-182). Mais comment peut-on avouer cela et se prétendre égalitariste ? Sa réflexion que «je lis peu, je relis surtout quelques livres» (184) me rappelle celle de Dávila, selon qui, de mémoire, on ne lit que pour découvrir ce que l’on doit relire. Page 192 et suivantes, apparition de Roger Caillois (que je ne cesse de recroiser cette année), avec qui Robert prend une cuite au rhum et tombe en extase devant une belle Mexicaine.
    XII. p 199-214. Sur l’enseignement, dont Escarpit se réjouit qu’il soit de moins en moins élitiste. Le problème étant que l’anti-élitisme conduit à la situation présente, où le niveau d’instruction des étudiants à l’université se distingue de moins en moins de celui des bambins de l’école primaire. L’auteur évoque aussi p 205 sq ses nombreux voyages dans le monde entier et notamment dans les pays socialistes, qui ont sa «sympathie». Il ne précise pas quels voyages étaient à ses frais ou à ceux du contribuable. Il confie p 212 être de plus en plus à gauche à mesure qu’il vieillit, c’est à dire à mesure qu’il est de plus en plus embourgeoisé installé monumental. Quelle surprise.
    XIII, p 215-217. Quelques mots de conclusion. Pour la mienne, je reviendrai à une plaisanterie du début du livre (p 10), où l’auteur cinquantenaire déclare vouloir faire ainsi le bilan de ses souvenirs «tous les cinquante ans», de sorte que les deuxième et troisième volumes de ses mémoires paraitraient en 2018 et en 2068. Les deux dates semblaient alors lointaines, la première aujourd’hui est déjà passée. Quant à la seconde, je me demande s’il y aura encore quelqu’un qui nous lise, Escarpit et moi, à ce moment-là.

vendredi 7 août 2026

Escarpit 2/3

    III, p 26-48. Sur la politique. C’est où le bât blesse. Escarpit est de gauche autant qu’on peut l’être, a eu comme maitres à penser Marx et Sartre (27), a été dès sa jeunesse militant socialiste, n’a jamais adhéré au parti communiste (45) mais se déclare marxiste «viscéral» (36). Il insiste sur l’importance d’avoir « la conscience de classe » (36-37). Il me semblerait plus valable d’avoir de la conscience tout court et je ne suis pas sûr de saisir ce qu’il entend quand il prétend « reconnaitre les siens » (le peuple évidemment de gauche) et s’opposer aux «ennemis de classe». Sans blague. Se croit-il vraiment si plébéien, si extérieur à la «bourgeoisie» ? Je me marre un peu. Il n’a visiblement jamais entendu parler des crimes du communisme et fera plus loin l’éloge de l’Albanie maoïste (206)…
    IV, p 49-64. Sur Saint-Macaire (sa ville natale), son père et son oncle Oswald, auquel il a voulu consacrer un article dans la série des personnages extraordinaires du Reader’s Digest, qui l'a refusé (63-64), ce qui semble avoir aggravé son anti-américanisme (c’est la série pour laquelle Giono avait préparé l’imposture de L’homme qui plantait des arbres, Cf le Jd au 02-XI-2009).
    V, p 65-87. Sur Langon et la gastronomie. Originaire des parages de Langon et Saint-Macaire, ayant résidé à Bordeaux, Libourne, Arcachon et Dieu sait où dans la région, Escarpit est un Sud-Ouestain de compétition et un grand connaisseur des produits du cru. Le risque sur ce sujet est de se laisser aller à un épicurisme bébête, mais l’auteur s’en sort très bien. Ses paragraphes sur la rivalité de l’armagnac et du cognac (73), sur le repas de restes (76) ou sur la sociologie et la technique de la grillade (77-79), sont des morceaux d’anthologie. Il m’a étonné qu’Escarpit n’ait pas l’air gêné de ce que les femmes de la famille, après le grand repas de Pâques, restent faire le ménage à la maison pendant que les hommes vont assister aux courses de chevaux (74-75), mais le féminisme n’était pas si répandu encore début 68. J’ai bien aimé la remarque sur le «masque de monotonie» que présente la forêt de pins vue de loin en passant, alors qu’en réalité elle est plus variée qu’il ne semble (80. J’avais fait une note à ce propos dans le Jd au 15-IX-2011).
    VI, p 88-103. Sur son enfance et la musique. Où l’on apprend que son morceau préféré est Les barricades mystérieuses, de François Couperin (100). J’aime bien cette phrase : «Connaitre un pays, pour moi, c’est humer l’air de sa rue, manger sa cuisine, parler sa langue et chanter ses chansons» (102-103).
    (Suite et fin demain)

jeudi 6 août 2026

Escarpit 1/3

    Escarpit m’épate. J’ai dû déjà lire ou au moins feuilleter jadis ses Paramémoires d’un Gaulois (Flammarion, 1968). Ayant retrouvé ce livre, j’y ai recherché une indication dont je me souvenais : à un moment de son enfance, son père instituteur étant nommé à l’école de la rue du Mulet, dans le quartier Saint-Pierre à Bordeaux, l’auteur y a vécu avec sa famille dans un appartement de fonction. Ce détail m’avait frappé parce que j’ai moi-même habité pendant un lustre, vers 90, dans un appartement de fonction, peut-être le même, en tout cas dans la même école. En fait il est question de ce logement à deux reprises, pages 93 et 114, mais sans plus de précision. Cependant comme le livre paraissait intéressant où que je l’ouvre, je l’ai lu ou relu en entier. Je l’ai trouvé agaçant par endroits, mais captivant le plus souvent. Robert Escarpit était un bon écrivain et un conteur hors pair. Né en 1918, moins connu pour avoir écrit quelques romans et nouvelles que pour avoir été billettiste au Monde, sociologue de la littérature, directeur de l’université de Bordeaux III et créateur d’un IUT de journalisme, il a livré ce volume de mémoires à l’âge de cinquante ans. Le livre est constitué de treize chapitres sans titre ni numéro, comme si le passage de chacun au suivant était une simple pause dans le flux désordonné des souvenirs. Ils ont cependant des thèmes plus ou moins discernables et je les évoquerai succinctement, en les numérotant.

    I, pages 7-14. Dans cette introduction l’auteur parle de sa manière d’écrire et explicite le mot Gaulois du titre, mais ne dit rien de la notion de Paramémoires. Je suppose qu’il a voulu ainsi se démarquer des mémoires classiques, d’habitude ordonnés selon la chronologie, alors que lui n’a de cesse de parcourir en tous sens l’espace et le temps. Il y a bizarrement p 12 une ligne imprimée à l’envers, signe que l’impression date d’avant la photocomposition ?

    II, p 15-25. Sur les ancêtres de l’auteur. Comme souvent les bourges de gauche, il met beaucoup de zèle à démontrer qu’il appartient au véritable peuple populaire, aux «gens», et non à la «croupissante bourgeoisie bordelaise» (16). En effet ses parents instits n’étaient pas d’un rang social très élevé (ni très bas) et l’on veut bien croire qu’il a connu des périodes de vache maigre, mais enfin il ne peut s’empêcher d’évoquer quelques aïeux pittoresques, parmi lesquels on compte un propriétaire de remorqueur (18), un trafiquant d’esclaves (19), un châtelain possédant écurie et vignes (20-23), si bien que ses quartiers de plébitude ne sont pas garantis.

    (à suivre demain)

mercredi 5 août 2026

rêve

    J’ai rêvé que je voyais par la fenêtre de la cuisine un autocar s’arrêter dans la rue près de la maison. Une femme en descendit et se dirigea droit vers la fenêtre en gambadant. Surprise : c’était ma mère, vivante, rajeunie, énergique et joviale. Elle me salua chaleureusement mais ne pouvait rester et repartit aussitôt, sans que j’aie eu le temps de dire un mot.

mardi 4 août 2026

beefsteak

    Le nom anglais de la tranche de boeuf, the beefsteak, présente en son centre une accumulation de consonnes (FST) propre à décourager le locuteur étranger. Les Français ont adapté le mot en en supprimant le S (le bifteck), les Espagnols le F (el bistec). Les uns et les autres ont naturellement simplifié les doubles voyelles, faisant de EE un I et de EA un E. Pourquoi les Français ont-ils compliqué la terminaison en ajoutant au K un C, on se le demande.

dimanche 2 août 2026

croisade

    Je n’ai lu que jusque vers la moitié la Chronique anonyme de la première croisade (traduction nouvelle, du latin, Arléa, 1998) ouvrage attirant mais un peu décevant parce qu’on n’y comprend pas grand chose, peut-être du fait que l’auteur, comme fait remarquer la préfacière, s’adresse au lecteur ainsi qu’on le ferait à des convives qui connaissent déjà les faits. Il ne se soucie pas de faire oeuvre d’historien, il indique que telle action se déroule à tel moment de l’année mais sans préciser quelle année, et situe trop vaguement les lieux pour que l’on puisse bien se figurer ce qui se passe dans les innombrables batailles, sièges et embuscades. On peut tout de même humer l’air du temps, savourer les vieux noms (Robert le Normand, Robert de Sourde-Vallée, Hugues le Grand, Hermann de Cannes…). L’Anonyme trouve justifiée la croisade, à laquelle il a pris part, mais ne cache pas les exactions inutiles, ni l’hécatombe qu’elle fut pour les Européens, chevaliers comme piétons…

samedi 1 août 2026

Royan

    Bizarrement Open AI me situe vers la grande ville du département la plus éloignée de chez moi : Approximate location : Royan, FR (au lieu de Saintes, La Rochelle ou Rochefort).

vendredi 31 juillet 2026

Vaneigem

    Réédition : quelques notes du Journal documentaire à propos de Raoul Vaneigem (1934-2026).
    Février 1996. Avertissement aux écoliers et lycéens, par Raoul Vaneigem (Mille et une nuits, 1995). Brochure d’octante pages, bon marché, 10 francs, mais cette médiocre marchandise ne vaut même pas ce qu’elle coûte. Il s’en vend paraît-il des dizaines de milliers d’exemplaires. Ce succès tient plus, je pense, à la célébrité de l’auteur, héros situationniste, qu’à l’intérêt de sa pensée pédagogique. Sur une question aussi difficile que celle de l’enseignement, il est toujours décevant de lire de telles balourdises. C’est encore un numéro de capitalisme-qui-explique-tout et d’anarchisme-qui-résout-tout. «Il est temps d’en finir avec les billevesées du passé», dit justement RV, qui devrait d’abord faire le ménage chez lui-même.
    Septembre 2003. Le supplément littéraire du Monde, comme du reste le quotidien lui-même, est imbibé d’un humanisme épais, qui le porte à faire cas d'accablantes sottises. J’en prends de plus en plus rarement connaissance, mais je suis tombé l’autre jour sur la page entière où l’on recueillait, pour saluer la parution d’un nouveau chef d’œuvre, les propos de Raoul Vaneigem, farouche révolutionnaire qui n’a «jamais cessé de vouloir détruire cette société de profit qu’(il) exècre», vous voyez le genre. Il serait vain, et trop long, de rapporter ici la cataracte d’âneries, qu’il débite à une cadence étourdissante. Le sommet me semble atteint dans l’affirmation que « la maladie, la mort sont l’effet d’une vie absente, non d’une malédiction ontologique ». Je lis aussi ces balivernes selon lesquelles ce serait l’architecture des banlieues qui y susciterait la délinquance. Je pense, après en avoir eu longtemps l’expérience, qu’il n’en est rien. Ce n’est pas leur laideur qui rend ces immeubles invivables mais le comportement nuisible de certains habitants. Que l’on transporte les crétins où l’on voudra, ils mettront partout le souk.
    23 mai 2015. ... critique mordante de Pierre-Henri Simon (cité par Christophe Bourseiller) en 1968, à propos de Debord et Vaneigem : «… les deux auteurs … ont passé largement la trentaine, ce qui les autorise sans doute à donner des conseils aux jeunes gens, mais pas tout à fait à parler en leur nom … il est difficile de vanter la fête d’une façon plus ennuyeuse que ne font nos situationnistes…» Simon juge aussi que Vaneigem «patauge dans des sottises dont il est juste de dire que Debord se garde beaucoup mieux».
    10 janvier 2024. Un des rares points sur lesquels, tout compte fait, je reste d’accord avec Guy Debord, est son opinion sur Raoul Vaneigem, dont il disait que «tout ce qu’il écrit est nul». Vaneigem me fait la même impression chaque fois que j’entrouvre un de ses livres. Dernièrement en tombant sur ce récent chef d’œuvre, dans une boite à livres : Appel à la vie, contre la tyrannie étatique et marchande (Libertalia, 2019). A ce que j’en ai aperçu, c’est encore un long chapelet de jérémiades et de billevesées marxistoïdes. Raoul s’y connaît un peu en préhistoire : il nous explique que jadis l’humanité a vécu dans un état paradisiaque mais presque, avant que des salauds n’inventent le vilain capitalisme patriarcal, qu’est très méchant. Un pic de jobardise semble atteint à la page 66, où l’on propose d’«instaurer, au-delà du virilisme et du féminisme, la prééminence acratique de la femme». C’est que les hommes et les femmes ont beau être égaux, ces dames sont en quelque sorte d’une égalité un brin supérieure, si vous voyez...

jeudi 30 juillet 2026

pompières

     Cela m'a peut-être échappé, mais j'ai l'impression qu'on n'entend pas beaucoup les féministes réclamer la parité hommes-femmes chez les « soldats du feu ».

mercredi 29 juillet 2026

incendies

(Ma vie palpiteuse, suite.)
    Mercredi dernier mon aide de camp est venue me rendre visite depuis sa Gironde, par hasard juste avant que ne s’y déclarent les énormes incendies de forêt qui depuis font la une. Un des motifs du déplacement était de me conduire le lendemain jeudi après-midi à une consultation d’ophtalmologie à Lagord, une banlieue au nord de La Rochelle. Nous nous y rendîmes en partant le matin assez tôt pour avoir le temps de passer d’abord quelques heures dans la commune voisine de L’Houmeau, en bord de mer. Nous visitâmes l’église Sainte-Anne (quatre vitraux de Charles Champigneulle, 1902), nous déjeunâmes sur l’herbe à l’ombre des arbres, au port du Plomb, et nous passâmes un moment sur une plage de galets où, la marée étant haute et la mer étale, j’eus le plaisir de me baigner. L’ophtalmo devait ensuite m’annoncer que depuis ma dernière visite il y a neuf mois, l’évolution de la cataracte avait fait passer mon acuité visuelle de six degrés à quatre pour les deux yeux, et que je devrais envisager une opération en décembre. Je me résigne à cette perspective qui ne me réjouit pas, mais que je préfère quand même à celle de devenir tout à fait aveugle. Dans les jours qui suivirent nous apprîmes comme tout le monde que des feux avaient éclaté en Gironde à Saumos et dans les Landes voisines à Biscarosse, l'incendie girondin s’étendant ensuite vers la presqu’ile du Cap-Ferret puis vers la rive Nord du Bassin d’Arcachon, où réside ma camarade. Elle envisagea d’abord de rentrer promptement chez elle, je l’incitais plutôt à s’abstenir de ce retour, qui bientôt s’avéra impossible car sa commune était évacuée. Elle reste donc pour l’instant dans mon hacienda. Sa maison n’est pas menacée par les flammes, le danger principal est celui des fumées, nous songeons maintenant à l’action de possibles pillards sur les habitations abandonnées. Nous nous tenons quotidiennement informés de la situation, par les réseaux sociaux et par les télévisions BFM et CNews. Pour nous c’est une impression curieuse, que d’entendre répéter sans cesse des toponymes qui d’ordinaire font rarement les grands titres mais nous sont familiers, comme ceux des communes riveraines du Bassin (d’Ouest en Est Lège, Arès, Andernos, Lanton, Audenge) mais aussi ceux de hameaux plus lointains (Blagon, Lubec, Pointe-Emile, Marcheprime, Croix-d’Hins). Et je trouve dans les Google News des titres comme celui-ci de la BBC : 
Wildfire now nine miles from French city of Bordeaux. Je m’amuse à noter les poncifs dans la rhétorique des journalistes. Il y a bien sûr les Soldats du feu (il faudrait créer un prix spécial pour récompenser les journalistes capables de prononcer quatre phrases au sujet des pompiers sans recourir à cette périphrase). Il y a aussi l’Elan de solidarité. Je charrie ma réfugiée en lui faisant remarquer l’élan de solidarité qui m’incite à lui permettre de prolonger son séjour sous mon toit…

mardi 28 juillet 2026

jardin

Au jardin cet été. Pour l’instant il n’y a guère de prunes et mes framboisiers sont carbonisés. J’ai planté cinq pieds de tomates, dont trois restent chétifs, deux placés contre des murs sont grands comme un homme, et un seul de ces deux donne des tomates-cerises en abondance. J’ai deux pieds de courgettes, dont un de longues vertes classiques et un de rondes jaunes, qui produisent raisonnablement : peu de courgettes mais de belles. Ma treille a de grosses grappes, et sentant que les oiseaux comme d’habitude s’apprêtaient à les dévorer avant l’heure, j’en ai coupé pour moi deux énormes, dont les raisins sont à peine mûrs mais déjà délicieux. C’est toujours ça de gagné sur la volaille.

lundi 27 juillet 2026

pentasyllabes

AGGLOMERATIONS
pentasyllabiques

Addis-Abeba
Belo Horizonte
Civitavecchia
Donaueschingen
Evry-Courcouronnes
Francfort-sur-le-Main
Guadalajara
Hoedekenskerke
Indianapolis
João Pessoa
Kuala Lumpur
Lourenço Marques
Minneapolis
Nouvelle-Orléans
Oberammergau
Paramaribo
Quemigny-sur-Seine
Rueil-Malmaison
Saint-Jean d’Angély
Tegucigalpa
Uithuizermeeden
Vilar Formoso
Wargnies-le-Petit
Xanton-Chassenon
Yvetot-Bocage
Zell im Wiesental

samedi 25 juillet 2026

Arnaud

    Noël Arnaud (1919-2003) fut un écrivain surréaliste, un éditeur de revues, le biographe des Vies parallèles de Boris Vian, un pataphysicien, un président de l’Oulipo, et pendant quelques années un aimable abonné des Lettres documentaires. En rangeant des papiers j’ai retrouvé quelques lettres qu’il m’avait écrites. Ce petit ensemble lacunaire n’est pas de nature à bouleverser l’Histoire de la Littérature, mais j’ai choisi de le publier parmi les documents en accès libre dans mon blog, en pensant qu’il pourrait intéresser quelques lecteurs.
    (A lire sous ce lien, que l'on pourra retrouver dans ce blog sous l'onglet A lire).

vendredi 24 juillet 2026

graphzines

Lettre documentaire 544

INDEX de GRAPHZINE GRAPHZONE

Index relevé par Philippe Billé

des personnes citées dans le texte du livre 

de Xavier-Gilles Néret, Graphzine graphzone

(Le Dernier Cri / Editions du Sandre, 2019)

avec en gras les pages des principales illustrations.


Agnès B. 77, 132.

Albert Foolmoon. 151.

Albert Pepermans. 117.

Alexandre Devaux. 19, 151.

Alexandrine Lodé. 53, 150.

Alexis Lemoine. 106.

Alin Avila. 14, 68, 102, 147, 150.

Aline Kominsky. 35.

Amélie Fontaine. 150.

André Breton. 32, 58.

André Igwal. 5, 122, 147.

Andrea Juno. 148.

Andrew Roth. 34, 150.

Andrew Zuckerman. 83.

Andy Bolus. 83, 88-89, 106, 144-145, 150.

Andy Warhol. 117.

Angelika Mundorff. 151.

Anna Hellsgard. 106, 110.

Anne Moeglin-Delcroix. 136.

Anne Van der Linden. 106, 133, 137, 149.

Annie Le Brun. 98, 99, 141.

Antoine Marquis. 133.

Apolline Schöser. 107, 151.

Ara Peterson. 34.

Art Green. 34.

Art Spiegelman. 30, 35, 46, 61, 83, 117, 122, 147, 148, 150.

Asger Jorn. 141.

Aurélien Estager. 46.

Ayumi Nakayama. 43, 150.

Bernard Vidal. 12, 13, 14, 106.

Beth. 122.

Bill Griffith. 35, 83.

Blex Bolex (Bernard Granger). 7, 29, 46, 92, 106, 128, 130, 133, 140, 149, 151.

Bob Callahan. 149.

Bob Zoell. 35.

Brian Chippendale. 34, 83.

Brigitte Lefèvre. 13.

Brion Gysin. 29.

Bruno Bocahut. 25, 106.

Bruno Charpentier. 25, 106.

Bruno Richard. 8, 13, 19, 20, 22, 24, 25, 27, 34, 35, 43, 58, 59, 61, 62, 63, 68, 75, 83, 99, 100-101, 102, 103, 106, 113, 114, 117, 122, 126, 129, 132, 133, 136, 140, 147, 148, 149, 150.

Camille Philibert. 8, 111, 114.

Captain Cavern (Didier Duriez). 106, 114, 141, 149.

Carl Andre. 129.

Caroline Bouige. 151.

Caroline Sury. 92, 106, 133, 149.

Cary Loren. 34.

Catherine Dard (Croc). 106, 117, 122, 141.

Cathy Millet. 8, 117.

Charles Baudelaire. 70, 132.

Charles Burns. 13, 31, 103, 148, 150.

Charles Fourier. 32.

Charles Pennequin. 107, 151.

Christophe Bier. 151.

Christophe Colomb. 32.

Christopher Forgues. 83.

Claire Lehmann. 34, 150.

Clément Goutelle. 151.

Corinne Barbant. 151.

Corinne Bonnet. 133.

Daisuke Ichiba. 43, 46, 47, 51, 53, 76, 77, 106, 150, 151.

Damien Hirst. 108.

Dan Nadel. 34, 35, 150, 151.

Daniel Mallerin. 147.

Daniela Stöppel. 150.

David Sandlin. 103.

Dee Pee > Dieter Herrmann.

Delfeil de Ton (Henri Roussel). 32.

Didier Lecointre. 150.

Didier Moulinier. 25, 106, 148.

Dieter Herrmann (DeePee, INFRArot). 103, 106, 111, 112-113, 115, 117, 118-119, 122, 148.

Dom Garcia > Dom Tom.

Dom Tom. 70, 106, 149, 158-159.

Dominick Fernow. 83.

Dominique Drouet. 150.

Dominique Fourcade. 46.

Dominique Leblanc. 7, 25, 28, 62, 106, 108, 140, 148.

Donato Di Nunno. 106.

Douglas Huebler. 129.

E Brunet. 148.

Edward M Gomez. 151.

El Rotringo > Jean-Jacques Tachdjian.

Elisabeth Arkhipoff. 149.

Emile Solo. 58, 133.

Emmanuel Pernoud. 53, 149, 150.

Emmanuel Tank > Philippe Billé.

Eric de Chassey. 19, 150.

Eric Seydoux. 13.

Erick Gilbert. 149.

Eugène Kerozen > Stéphane Prigent.

Eva Revox. 35.

Eva von Seckendorff. 151.

Fabien Hein. 76.

Francis Desvois. 25, 106.

Francis Masse. 20.

Francis Picabia. 58.

Francis Vadillo. 151.

Franck Garcia. 8, 64, 75, 148.

François Delastre. 70, 149.

François Ozenda. 149.

François Piron. 19, 151.

Françoise Mouly. 46, 147, 148.

Frank Gaard. 34, 70, 106, 149, 150, 151.

Frank Müller. 117, 122.

Franky Boy. 149.

Franq de Quengo. 54, 149.

Franz Kafka. 53.

Frédéric de Broutelles. 13, 58, 59, 92, 103, 106, 148, 149, 151.

Frédéric Joignot. 147.

Frédéric Poincelet. 59, 76, 90, 106, 133, 148, 149.

Frédéric Voisin. 8.

Frédérique Brillot. 148.

Fredox (Frédéric Langlais). 74, 90, 106, 109, 146, 149, 150.

Friedrich Nietzsche. 70.

Gabriel Delmas. 59.

Gary Beauvais. 83.

Gary Panter. 7, 13, 34, 35, 36-37, 38, 43, 47, 61, 68, 83, 103, 106, 117, 122, 133, 149, 150.

Gee Vaucher. 76.

Genesis P-Orridge. 68, 151.

Gérard Guégan. 147.

Gilbert Shelton. 13.

Gilles Tautin. 68.

Giorgio Agamben. 87.

Gladys Nilsson. 34.

Gonzales. 150.

Graham Harwood. 149.

Greil Marcus. 97, 106, 140.

Guillaume Désanges. 19, 151.

Guillaume Dumora. 54.

Guillaume Soulatges. 106.

Guy Debord. 97, 141.

Harald Falckenberg. 34.

Heath Moerland. 83.

Hendrik Hegray. 43, 54, 61, 82, 83, 86, 87, 90, 106, 132, 133, 149, 150.

Henri Matisse. 46.

Henriette Valium (Patrick Henley). 91, 92, 103, 106.

Henry David Thoreau. 81, 82.

Hervé di Rosa. 13.

Hilare Moderne (Mickey l’Ange, Eric Heilmann). 106.

Hotu (Alexandre Jacquet). 106, 140.

Hubert Kretschmer. 117, 150.

INFRArot > Dieter Herrmann.

Isabelle Boinot. 150.

Isabelle Westeel. 151.

Isidore Ducasse. 29, 32, 58.

Ivan Mecl. 70, 151.

Ivang. 149.

J C Caire. 149.

Jack Pesant. 13.

Jack Trotski > Jean-Christophe Menu.

Jacques Noël. 1, 4, 53, 54, 58, 59, 77, 82, 106, 111, 126, 133, 134, 148, 149, 150, 151, 158-159.

Jacques Pyon. 13, 41, 106, 133, 141, 149.

Jacques-Elie Chabert. 8, 106, 111, 114, 117, 118-119, 122, 148.

James G Ballard. 29.

James Ferraro. 83.

Javier Mariscal. 43.

Jean Lacoste. 132.

Jean Rouzaud. 13, 19, 150.

Jean Seisser. 19, 32, 58, 59, 126, 132, 136, 147, 150.

Jean-Christophe Bailly. 102.

Jean-Christophe Menu. 63, 64, 141, 148, 149.

Jean-François Bizot. 5.

Jean-Jacques Tachdjian (El Rotringo). 25, 106, 110, 141, 151.

Jean-Luc Godard. 47.

Jean-Paul Rocher. 149.

Jean-Pierre Faur. 14, 53, 54, 59, 70, 77, 133, 151.

Jean-Pierre Turmel. 64, 68.

Jeff Koons. 98, 108.

Jessica Rispal. 141.

Jim Drain. 34.

Jim Falconer. 34.

Jim Nutt. 34, 43.

Jim Shaw. 34.

Jirô Ishikawa. 47, 52.

Jocelin (Richard). 4, 8, 25, 30, 63, 106, 116, 117, 133, 141, 148, 150.

Joe Clower. 35.

John Maizels. 149.

John Olson. 83.

John Waters. 69.

Joko. 106, 141, 149.

Jonas Delaborde. 43, 61, 82, 83, 85, 87, 90, 106, 129, 132, 133, 150, 151.

Jörg Wyrowski. 117, 122.

Joseph Ghosn. 83.

Joseph Kosuth. 129.

Ju Suk Reek Meate. 83.

Judex. 150.

Julien Carreyn. 133.

Jurictus (Julien Raboteau). 151.

Karl Marx. 29, 97.

Karl Wirsum. 34.

Keiichi Ohta. 43, 47, 50, 133, 149.

Keiichi Tanaami. 150.

Kerozen > Stéphane Prigent.

Kiki Picasso (Christian Chapiron). 12, 13, 19, 20, 32, 43, 81, 98, 106, 117, 122, 132, 141, 147, 148, 150, 151.

King Terry > Teruhiko Yumura.

Kosuke Kawamura. 155.

Kotobuki Shiriagari. 47.

Krabs (Frédéric Lévy Hadida). 25, 63, 106, 133.

Laetitia (Brochier). 106.

Laetitia Martinez. 151.

Laurence Bossé. 136, 147.

Laurent Cauwet. 99.

Laurent Fétis. 149.

Lawrence Weiner. 129.

Leif Goldberg. 34, 83.

Léo. 149.

Lionel Fernandez. 83.

Lionel Tran. 107, 151.

Lise Fauchereau. 5, 7, 149, 151.

Lombardi. 106.

Louis Bothorel. 13.

Loulou Pïcasso (Jean-Louis Dupré). 12, 13, 15, 18, 43, 64, 68, 106, 126, 132, 147, 150, 151.

Loux’. 148.

Ludovic Levasseur. 4, 106, 133, 160.

Lulu Larsen (Philippe Renault). 4, 8, 12, 13, 16-17, 106, 122, 148, 149.

M Guelman. 148.

MA.L. 122.

Mani Herzigkeit. 114.

Mannivite. 148.

Manuel Joseph. 103, 122, 148.

Marc Caro. 8, 13, 21, 35, 43, 58, 106, 122, 147.

Marc Dachy. 106, 107, 108.

Marc Zermati. 150.

Marcopoulos. 150.

Margaret Thatcher. 81, 97.

Marie Noël Döby. 106, 133, 135.

Marie-Claude Jeune. 136, 147.

Marie-Hélène Gatto. 5, 7, 149.

Mark Beyer. 13, 30, 35, 39, 43, 83, 103, 122, 133, 149.

Mat Brinkman. 34, 83, 96, 103, 106.

Matthew Bower. 87.

Matti Hagelberg. 103, 149.

Mattt Konture. 106, 149.

Maurice de Gandillac. 123.

Max Eisenberg. 83.

Meeloo (Christian Gfeller). 106, 110.

Mehdi Hercberg (Shoboshobo). 83, 106, 150.

Michel Bouvet. 13, 151.

Michel Gillet. 149.

Michel Wisniewski. 83.

Mike Diana. 68, 71, 107, 149.

Mike Kelley. 34, 150.

Mïrka (Lugosi). 13.

Molly Kiely. 149.

Monte Cazazza. 64.

Moolinex (Jean-Philippe Simonnet). 47, 106, 149, 150, 152.

Mr Inferno. 103.

Muzo (Jean-Philippe Masson). 8, 13, 20, 25, 61, 63, 64, 106, 117, 120, 141, 147, 149.

Nashi Yamazaki. 150.

Nate Young. 83.

Niagara. 34.

Nina Kuss. 147.

Nuvish. 106, 127, 133, 149.

Nyak Nyak. 103.

Oblivia. 83.

Olive. 106.

Olivia Clavel. 8, 13, 28, 32, 33, 43, 58, 106, 117, 122, 141, 147, 149, 150.

Olivier Allemane (Patalo). 54, 106, 114, 133, 135, 140.

Olivier Pigassou. 90, 93, 106, 133.

Olivier Quintyn. 108.

Olivier Stupp. 150.

Oskar Pollak. 53.

Pablo Picasso. 68.

Pakito Bolino (Christophe Bonnet). 13, 25, 43, 53, 54, 70, 77, 80, 83, 90, 92, 99, 106, 107, 111, 133, 141, 144-145, 148, 149, 150, 151.

Pascal Doury. 4, 8, 13, 14, 20, 23, 24, 26, 33, 34, 35, 43, 58, 59, 61, 62, 63, 68, 75, 100-101, 106, 117, 122, 132, 133, 147, 148, 149, 150.

Pascal Blondeaux. 141.

Pat Maherr. 83.

Patalo > Olivier Allemane.

Patrice Lamare (Herr Sang). 32, 34.

Paul Klee. 13.

PES* > Philippe-Emmanuel Sorlin.

Peter Bürger. 108.

Peter Dako. 148.

Philip E Aarons. 34, 150.

Philippe Billé. 139, 148.

Philippe Gerbaud. 8, 13, 106, 117, 122, 148, 149.

Philippe Huger. 106, 133.

Philippe Lagautrière. 8, 13, 20, 63, 64, 65, 106, 117, 133, 140, 141, 147, 148, 149.

Philippe Lemaire. 19, 20, 147.

Philippe-Emmanuel Sorlin (PES*). 106, 139.

Pierre Fablet. 139, 148.

Pierre La Police. 13, 55, 58, 59, 106, 130, 133, 149.

Pierre Ponant. 8, 122, 148, 150.

Placid (Jean-François Duval). 8, 13, 20, 25, 61, 63, 103, 106, 112-113, 117, 121, 122, 141, 147, 148, 149, 151.

Pyon > Jacques Pyon.

Quentin Faucompré. 107, 151. 

Raoul Vaneigem. 82. 

Raymond Pettibon. 34, 150.

Reiner Rochlitz. 123.

Reinhard Scheibner. 107, 151.

Ricardo Mosner. 117.

Richard Corben. 14.

Riton La Mort. 151.

Robert Barry. 129.

Robert Beatty. 83.

Robert Crumb. 13, 35, 110.

Robert Morris. 129.

Romain Slocombe. 148.

Romaric Sobac. 83, 106, 150.

Roro Perrot. 106.

Rory Hayes. 43, 69.

Rüdiger Hoyer. 150, 151.

Ryo Fukuta. 150.

S (Steve) Clay Wilson. 35, 69, 83.

Saint-Just. 97.

Sarah Fisthole. 106.

Savage Pencil (Edwin Pouncey). 13, 35, 40, 43, 103, 148, 149.

Savine Faupin. 151.

Sébastien Morlighem. 25, 61, 106, 148, 151.

Sekitani. 150.

Serge July. 19.

Seth Siegelaub. 129, 136.

Shoboshobo > Mehdi Hercberg.

Snow. 150.

Sol LeWitt. 129.

Spencer Clark. 83.

Stéphane Blanquet. 54, 75, 106, 133, 141, 149.

Stéphane Mallarmé. 8.

Stéphane Prigent (Kerozen). 29, 83, 84, 87, 90, 106, 129, 133, 149, 150.

Stu Mead. 69, 70, 72-73, 106, 107, 133, 149, 151.

Suellen Rocca. 34.

Suzanne Pagé. 136, 147.

Sylvie Alix. 150.

Sylvie Philippon (Teenie Ph). 14, 19, 147, 148.

Takashi Nemoto. 43, 44-45, 46, 47, 149, 150.

Teal Triggs. 7.

Teenie Ph > Sylvie Philippon.

Terry Johnson > Teruhiko Yumura.

Teruhiko Yumura (King Terry, Terry Johnson). 42, 43, 46, 47, 77, 82, 83, 103, 106, 147, 148.

Thierry Guitard. 106, 149.

Thierry Raspail. 136, 147.

Ti5 Dur (Philippe Bailly). 8, 13, 25, 43, 59, 60, 75, 106, 117, 133, 147.

Toffe (Christophe Jacquet). 8, 9, 13, 28, 81, 98, 99, 102, 106, 117, 122, 148, 148.

Tomeu Cabot. 43, 103, 122, 149.

Tony Jeffrey. 83.

Tristan Tzara. 102.

Ulrich Loock. 34.

Veuve Clito (Sylvie Agostini). 106.

Vincent Ravalec. 150.

Vincent Tuset-Anrès. 8, 151.

Vincent Van Gogh. 68.

Vivian Vale. 29, 35, 97, 98, 148, 149.

Vladimir Velickovic. 13.

Walt Disney, 14.

Walter Benjamin. 25, 123, 129, 132, 139, 140.

Wataru Kasahara. 47, 48.

Willem (Bernhard Willem Holtrop). 13, 14, 19, 61, 117, 147, 151.

William Bouguereau. 46.

William S Burroughs. 29.

Xavier Laradji. 150.

Xavier-Gilles Néret. 117, 150, 151.

Y5/P5 (Frédéric Renault). 10, 13, 25, 38, 98, 106, 133, 138, 149.

Yoshikazu Ebisu. 47, 49.

Yosuke Kawamura. 43.

Yuso Yoshida. 117.

Yves Frémion. 32, 147.

Zörin. 13, 154.

Zven Balslev. 106, 144-145.