mercredi 30 septembre 2026

socialisme

    Le faisceau et le soviet : le gang national-socialiste et le gang international-socialiste.

lundi 28 septembre 2026

circonstance

    Contrairement à un préjugé humaniste bien connu, je ne crois pas que le racisme anti-blanc soit une invention, je crois même que c’est un penchant assez répandu. Le fait que le racisme anti-blanc ait été retenu dernièrement par les juges d’instruction comme un mobile des meurtriers du jeune Thomas de Crépol, confirme qu’il ne s’agit pas d’une légende. Cela dit, je ne vois pas en quoi il devrait constituer une circonstance aggravante. D'une façon générale, je ne vois pas en quoi un éventuel mobile raciste, antisémite, homophobe, ou tout ce que l'on voudra, rend le crime plus grave que s'il est motivé par la simple malveillance, l'envie crapuleuse, ou l'imbécillité pure. Est-ce que sans cela l'agression est moins injuste, est-ce que les coups font moins mal, est-ce que la mort est moins mortelle ?

samedi 26 septembre 2026

vendredi 25 septembre 2026

tarot

    Aimable trouvaille de boite à livres, que cette réédition du Tarot de Marseille co-produite par le cartier marseillais Philippe Camoin et l’artiste judéo-chilien Alejandro Jodorowsky. Je ne suis pas joueur mais je ne déteste pas manipuler ou contempler des cartes, j’en conserve trois ou quatre jeux dans un tiroir. Celui-ci m’enchante par la grâce des figures et la petitesse du format oblong, environ 4 x 7,5 centimètres. Il me plait d’autant plus que je l’ai d’abord cru incomplet, ce qui n'est pas le cas. Le boitier est bilingue franco-espagnol (Le Tarot de Marseille / El Tarot de Marsella) mais les cartes légendées ne le sont qu’en français. Il n’y a pas de millésime (d’après Wiki l’édition daterait des années 90). Le jeu se compose de quatre enseignes (Bâtons, Coupes, Deniers, Epées) de chacune quatorze cartes (dix numérotées de I à X, plus quatre personnages : Valet, Cavalier, Reine et Roi). A ces 56 cartes s’ajoute une série de 22 atouts (dont 21 numérotés de I à XXI, plus le Mat non numéroté). Outre ces 78 cartes il y en a encore deux comportant chacune un petit pavé explicatif en trois langues (français-espagnol-anglais et italien-portugais-allemand). Je n’en ferai pas grand chose mais c’est un joli jouet, assurément.

jeudi 24 septembre 2026

AVC

    Terrible trouvaille de boite à livres, que celui d’un certain Jean-Dominique Bauby, Le scaphandre et le papillon (R Laffont, 1997). Ce Parisien menait une brillante carrière de journaliste, ayant été rédacteur en chef du Matin de Paris puis du magazine féminin Elle, quand en décembre 1995, à l’âge de quarante-trois ans, il est soudain foudroyé par une crise cérébrale qui le laisse complètement paralysé. Il ne peut plus dès lors communiquer que par des battements de paupière de son oeil gauche. C’est ainsi qu’il parvient à dicter lettre par lettre ce bref ouvrage, dans lequel il évoque des souvenirs de sa vie passée et des scènes de sa survie à l’hôpital de Berck-Plage. Il mourra trois jours après la parution du livre. Le texte est bien écrit, le rythme vif, le ton étonnamment enjoué, par défi se dit-on. On lit cela les yeux écarquillés, en retenant son souffle et en songeant que l’on hésitera désormais à se plaindre de quoi que ce soit.

mercredi 23 septembre 2026

odonymie

(réédition)

TRESOR DES VIEILLES RUES DE BORDEAUX

Rue des Remparts, Rue des Menuts, Rue des Etuves,
Rue des Lauriers, Rue des Bouviers, Rue des Palanques,
Rue des Pontets, Rue des Faussets, Rue des Etables,
Rue du Mulet, Rue du Muguet, Rue Causserouge,
Rue du Portail, Rue du Mirail, Rue de la Vache,
Rue du Hamel, Rue du Soleil, Rue de la Halle,
Rue de la Sau, Rue du Palais de l’Ombrière,
Rue Porte Basse.
Rue des Argentiers, Rue des Bahutiers,
Rue des Capérans, Rue des Augustins,
Rue des Trois Conils, Rue de la Devise,
Rue Tombe l’Oly, Rue de la Coquille,
Rue de la Merci, Rue de la Rousselle,
Rue du Cancéra, Rue du Cerf-Volant.
Rue des Allamandiers, Rue du Port, Rue des Vignes,
Rue Sanche de Pomiers, Rue du Loup, Rue du Cloître,
Rue de la Tour du Pin, Rue de la Vieille Tour,
Rue de la Fusterie, Rue de la Plateforme,
Rue du Chai des Farines, Rue du Pont de la Mousque.

(poème-liste, 13 janvier 2009)

lundi 21 septembre 2026

dimanche 20 septembre 2026

progrès

    Les forces de progrès, qui déjà diffusent de la propagande de gauche à longueur de journée aux frais du contribuable sur les antennes du service public, viennent de remporter un nouveau succès en obtenant l’arrêt de l’émission de Charles Sapin sur France Inter. Le malheureux, journaliste à Valeurs actuelles, s’était vu octroyer naguère un éditorial au cours duquel il risquait d’exposer des idées de droite pendant deux minutes par semaine, le dimanche vers sept heures du matin. Pour s’opposer à ce grand danger, fort heureusement, trois cents personnalités humanistes, parmi lesquelles des éminences comme Josiane Balasko, Annie Ernaux et Yann Arthus-Bertrand, ont signé une courageuse pétition demandant la censure de l’émission, cependant que les syndicats lançaient un héroïque mouvement de grève du personnel. Grâce à ces actes de bravoure, l’émission vient finalement d’être supprimée. Nous l’avons échappé belle. La liberté d'opinion et le pluralisme, ça va un moment mais faut pas pousser.

samedi 19 septembre 2026

verbier

    Mes néomots de ces derniers temps : démentalité, patriarcalme, étélève.

jeudi 17 septembre 2026

hacienda

Des nouvelles de mon hacienda.
    Deux bizarreries dans la biologie de cette année. Depuis que le jardin reverdit, il est envahi de petites pousses qui me semblent être de l’épurge, la grande euphorbe (photo). Quant à la maison, elle a été infiltrée par une colonie de minuscules grillons. Ils sont bien gentils mais je leur indique la sortie chaque fois que j’en ai l’occasion.
    Je n’ai pas noté à quelle date les cailles cessaient de pondre les autres années, il me semble que ce n’était pas avant septembre, mais cette année elles se sont arrêtées dès la mi-août, peut-être du fait des grandes chaleurs. Depuis lors elles n’ont pondu qu’un seul oeuf raté bizarre, translucide et mou. Je l’ai donné aux tortues, qui l’ont mangé. Ces dernières dorment de plus en plus, mangent moins : la saison froide approche...

mercredi 16 septembre 2026

brocantes

    (Ma vie palpiteuse, suite). Cette année je n’ai rien dit de mes vide-greniers de l’été (Oh, tkt, on s’en passait). Je comptais me rendre à mes trois rendez-vous rituels dans les Deux-Sèvres voisines, mais après un résultat potable le dernier samedi de juillet à la Charrière (80 euros) puis un résultat minable le premier dimanche d’août à Villefollet (25 euros), j’ai renoncé à Availles le week-end suivant. Je me suis quand même laissé tenter dimanche dernier par la brocante de Villeneuve. J’y allais sans grande conviction, ayant perdu de mes meilleurs livres dans les inondations récentes, et de plus je fus mal placé dans une rue secondaire, mais le résultat fut moins désastreux que prévu, je parvins à arracher une cinquantaine d’euros dans ces circonstances incertaines, et c’était une journée divertissante. J’avais pour voisin un aimable Ecossais, qui m’a dit redouter le soleil car il y avait été trop exposé lorsqu’il était soldat jadis en Libye. Il s’intéressait à un recueil de lettres de Talleyrand mais ce fut le premier livre vendu. A un moment j’ai remarqué qu’une acheteuse parlait à son fils dans une langue que je n’arrivais pas à identifier et je lui ai demandé, à tout hasard en anglais, What language are you speaking ? C’était de l’ukrainien. Un de mes clients préférés fut un ado timide, qui acheta L’ami Fritz dans une jolie petite édition Nelson. Ce garçon sérieux, pensai-je, sait sans doute parler sans dire Du coup à tout bout de phrase.

mardi 15 septembre 2026

lundi 14 septembre 2026

jeunes

    Dans la rue je croise deux enfants, qui devisent en marchant. Parmi les quatre mots que je les entends prononcer, il y a Du coup…

samedi 12 septembre 2026

ports

A BON PORT

Port Adelaïde

Port-Barcarès

Port-Cros 

Port-Daniel

Port Elizabeth

Port Fairy

Port-Gentil

Port-Haliguen

Port Isaac

Port-Joinville

Port Kenny

Port-Louis

Port Moresby

Port-Navalo

Port Orange

Port Phillip

Port Qasim

Port-Royal

Port-Saïd

Port Talbot

Port Union

Port-Vendres

Port William

vendredi 11 septembre 2026

Barbe-Bleue

Le conte de Perrault Barbe-Bleue (initiales BB !) découvert dans la charmante collection des Contes du Gai Pierrot (Editions Bias, 1962) m’a épouvanté par sa cruauté et intrigué par sa bizarrerie. Les trois points remarquables sont d’abord cette idée de la barbe bleue, censée enlaidir le personnage. Cela ne me parait pas évident, mais il est vrai que je vis à l’époque où certains ont banalisé la mode des cheveux bleus. Parmi les différentes illustrations vues en ligne, nulle ne m’a paru aussi suggestive que la gravure de Gustave Doré, où le regard terrible du mari parait plus effrayant que la barbe, dont on ne voit la couleur. Ensuite le placard fatal, ce prêt de la clef assorti de l’interdiction de s’en servir pour ouvrir la porte, et les questions que se pose le lecteur : pourquoi le mari prête-t-il la clé à sa femme s’il ne veut qu’elle s’en serve ? Le fait-il en sachant qu’elle ne résistera pas à la tentation et lui offrira ainsi un prétexte pour la tuer ? Pourquoi est-elle si curieuse et désobéissante ? Comment les corps des femmes mortes sont-ils conservés et non décomposés ? Enfin le suspense lancinant de la question répétée à la soeur Anne, ne vois-tu rien venir? Le genre du conte ne m’attire pas a priori mais j’arrive à en lire, celui-ci m’a captivé sans toutefois m’enchanter.

jeudi 10 septembre 2026

boomerang

    Une bribe de chanson entendue à la radio en voiture a retenu mon attention par sa mélodie tournoyante et parce que les vers semblaient tous compter sept syllabes : L’amour comme un boomerang. En me renseignant j’apprends que cette chanson inconnue de moi est déjà vieille, ayant été enregistrée par Dani et Daho il y a un quart de siècle et créée par Gainsbourg il y a un demi-siècle. J’ai pu la récouter en ligne et lire les paroles. Elle est un peu sinistre par certains aspects, mais elle a son petit charme.

mercredi 9 septembre 2026

Despentes

    Décidément les boites à livres auront beaucoup fait pour combler les lacunes de ma culture générale et je viens d’y découvrir le King Kong théorie de Virginie Despentes (2007, poche 2021). C’est un recueil de sept essais présentant sinon une théorie, du moins des réflexions sur la sexualité et les rapports entre hommes et femmes, avec en fin de volume une bibliographie. Le ton est non académique, plutôt militant et provocateur, au besoin racoleur (avec par exemple un chapitre intitulé Je t’encule ou tu m’encules ?). Les traits de gaucho-féminisme qui se dégageaient de l’ouvrage en le feuilletant m’ont d’abord mal disposé envers l’auteuse. Mais à vrai dire elle écrit bien et n’est pas sotte, quelles que soient mes réserves. J’ai quand même lu en entier trois des chapitres. Le premier, Bad lieutenantes, est un auto-portrait discutable mais intéressant, où VD s’avoue «non séduisante mais ambitieuse, attirée par l’argent que je gagne moi-même, attirée par le pouvoir de faire et de refuser». «Je ne viens pas me plaindre», déclare-t-elle, or en fait elle râle beaucoup, dans tout l’ouvrage, contre la vilaine société capitaliste patriarcale, laquelle ne l’a tout de même pas empêchée, partie de très bas (caissière, pute), de devenir une écrivaine reconnue, publiée, primée, jurée, adaptée et traduite. Le troisième chapitre, consacré au viol (intitulé Impossible de violer cette femme pleine de vices) ne m’a pas plu. Despentes y parle du viol qu’elle-même a subi quand elle était ado et tant qu’à faire, j’aurais préféré qu’elle dise concrètement ce qui lui était arrivé, au lieu de se contenter d’une évocation en termes vagues. En outre elle développe une vision des hommes comme étant tous (les mêmes) des tarés systématiquement hostiles dominateurs méprisants nocifs etc («Le viol, c’est le propre de l’homme»). Elle a roulé sa bosse mais semble n’avoir pas remarqué qu’il existait des hommes n’ayant ni l’habitude ni l’intention de violer qui que ce soit. Pense-t-elle de même vingt ans après avoir écrit cela ? Le quatrième chapitre (Coucher avec l’ennemi) m’a mieux convenu. Je n’ai ni le temps ni le courage d’entrer dans les détails, mais l’auteur expose là des vues sur la prostitution dont je partage certaines, comme l’idée qu’il serait vain d’interdire ou de réprimer cette activité, pratiquée par des femmes qui n’y sont pas forcément obligées. Il y a des superlatifs amusants («superbombasse», «chiennasse»). En somme, pour ce que j’en ai lu, un livre pas très convaincant mais pas sans intérêt.

mardi 8 septembre 2026

pain

DÉPÔT DE PAINS

pain azyme

pain bagnat

pain bénit

pain bis 

pain blanc

pain brioché

pain complet

pain doré

pain dur

pain farci

pain grillé

pain noir

pain perdu

pain quotidien

pain rassis

pain sec

pain tranché

pain viennois

lundi 7 septembre 2026

peace

    Une organisation australienne, l’Institute for Economics and Peace, établit chaque année, en examinant divers paramètres, un Global Peace Index, soit un indicateur mondial de la paix. Actuellement les dix pays du monde les plus paisibles seraient l’Islande, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, la Slovénie, l’Irlande, l’Autriche, le Portugal, Singapour, la Finlande et le Japon. Cela n’est pas très surprenant. On ne s’étonnera pas non plus de ce que la France, où l’on accueille à bras ouverts les égorgeurs du monde entier, occupe dans ce classement la 99e place, entre la Tanzanie et le Gabon. Ainsi se vérifie le dicton ancestral selon lequel En important le Tiers-Monde, on devient le Tiers-Monde.

dimanche 6 septembre 2026

vélo

    Rêve agréable, que j’allais du Bassin à Bordeaux en vélo par une piste forestière magique, permettant d’arriver en peu de temps. Je roulais parmi les pins sur la piste bien lisse et déserte, puis j’arrivai dans une banlieue inconnue et déserte elle aussi. Je garai mon vélo et repartis à pied dans les rues, songeant en souriant à la tête que ferait la première personne à qui j’aurais l’occasion de demander où nous étions.

samedi 5 septembre 2026

Marsais

Il n’y avait pas foule à mon exposition. J’en suis d’autant plus reconnaissant à mes rares visiteurs. J’ai donc accepté la proposition d’exposer quelques unes de mes oeuvres plastiques et éditoriales pendant le mois de septembre au Troquet associatif de Marsais (17700), lequel n’ouvre que le vendredi soir de 18 à 23 heures. Ce n’est pas la semaine des quatre jeudis mais le mois des quatre vendredis. Le temps d’exposition est ainsi limité à 4 x 5 = 20 heures. Je me suis fixé le devoir d’y être présent chaque fois à l’ouverture et jusqu’à l’heure où j’ai plus envie d'aller voir ailleurs que de rester sur place (hier soir, 20:30). Ce genre d’activité dans ce genre d’endroit, c’est à dire au fond de la brousse, est un défi au rendement incertain, mais comme on dit, L’aventure, c’est l’aventure.

vendredi 4 septembre 2026

mirabelles

    Dommage, il n’y a déjà plus de mirabelles, mes prunes préférées. Elles sont vraiment exquises. Je sais qu’il existe une autre explication, mais je me plais à croire qu’elles tiennent leur nom des mirabilia latines, les merveilles.

jeudi 3 septembre 2026

idéal

    Il fut un temps où mon idéal de jardin était le cloitre. Maintenant, certains jours, ce serait plutôt le parking, bien goudronné d’un bout à l’autre.

mercredi 2 septembre 2026

campagne

    Le mieux pour avoir la paix c’est l’habitat isolé, la maison de pleine campagne, si possible au milieu des bois, sans voisinage proche. Par contre en cas de guerre civile, ou d’ambiance criminelle, c’est le total coupe-gorge, à la merci des brutes, le massacre assuré.

lundi 31 août 2026

Bouvard

    (Réédition)  A propos du regretté Philippe Bouvard, disparu la semaine dernière, voici deux notes de lecture parues dans le Journal documentaire :

    (Mars 2004). Le hasard a placé en même temps, sur les deux tables de nuit que je fréquente en alternance, deux ouvrages semblables, deux livres du même format de poche, deux journaux modérément intimes, écrits par deux Philippe, Bouvard et Sollers. Du premier, Journal drôle et impertinent (1992-1996, en J'ai Lu). Le titre est assez gonflé, alors que le ton est sans prétention, et le contenu moins gonflant que je n'aurais cru. Des anecdotes, des réflexions, des bons mots. J'ai aimé son portrait de Kersauzon (p 125), ses remerciements à ses chauffeurs (p 128), son évocation d'une ingrate (p 139), j'ai aimé "La postérité de l'homme sans talent, sans génie : des enfants, des maisons et des arbres, qui ne lui survivront que quelques décennies" (p 291). Il m'a surpris qu'une de ses fréquentations le plus souvent citées soit celle de Hallier. Il y a un paragraphe en double p 63 et 64. Le style de Bouvard est appliqué, assez soutenu, il ne se permet pas des "c'est vrai que" à la Sollers. De celui-ci, L'année du tigre : journal de l'année 1998 (Seuil, Points). Sollers a écrit en un an plus que Bouvard en cinq, mais il faut dire qu'il remplit sans se gêner : les trois quarts du texte sont constitués des nouvelles du jour et de citations de ses lectures (...).

    (Mercredi 2 septembre 2009). J’ai obtenu à la brocante et lu en diagonale un livre de Philippe Bouvard intitulé Du vinaigre sur les huiles (poche 1978 d’un original de 1976). Les huiles sont les célébrités que Bouvard a rencontrées, le vinaigre les portraits pas toujours flatteurs qu’il en tire. Fatalement certaines de ces personnalités sont aujourd’hui bien oubliées, d’autres non. Le ton général désabusé mais soigneux me plaît assez, ainsi que la forme de l’ouvrage conçu comme un dictionnaire, dans lequel les notices apparaissent dans l’ordre alphabétique des patronymes. Une des rencontres les plus improbables est sans doute celle de Pier Paolo Pasolini, que l’auteur se trouve être le dernier journaliste à avoir fait parler, deux jours avant qu'il ne soit lynché.

dimanche 30 août 2026

septante

 


Bruno Richard, Août 2026.
Lettrage, environ 9 x 9 cm.
Offert pour son anniversaire.

samedi 29 août 2026

prunes

    Les consolations du jardin : par exemple ces temps-ci mes deux pruniers à mirabelles pondent leurs bons fruits. Ils produisent chichement mais comme je ne suis pas nombreux, cela va. Et cette année mon vieux prunier à quetsches donne plus de prunes mangeables que d’ordinaire. Il en tombe dans l’enclos des tortues, qui les dédaignent. Elles n’ont même pas voulu des mirabelles exquises que je leur ai proposées. Ces reptiles sont bien difficiles. Mais ils ne tordent pas le nez devant les bonnes fraises, que j’achète au prix fort à Beauvoir.

vendredi 28 août 2026

déluge 2

    Le pire dégât des pluies diluviennes de lundi, chez moi, je ne l’ai constaté que mardi matin, dans les deux pièces annexes situées à l’arrière de la maison, qui servent de remises. Il y a d’abord celle que tout le monde et moi compris appelle le chai, bien qu’il s’agisse probablement d’une ancienne écurie, au sol en terre battue. Sa grande porte mal jointe donne sur une impasse en légère pente, où s’engouffre toute l’eau qui ruisselle dans les rues du village quand il pleut, et il arrive, dans les pires cas, qu’un peu d’eau coule à l’intérieur. Mais cette fois-ci, fait sans précédent depuis que je suis maitre des lieux, le chai a été complètement inondé. Quand j’y suis allé l’eau avait été absorbée mais le sol était encore détrempé et on voyait sur le bas des murs et des quelques meubles, que l’eau avait monté jusqu’à une vingtaine de centimètres. Une palette avait flotté et changé de place. J’aurais voulu voir de mes yeux ce spectacle d’horreur. La salle voisine, dite la grande pièce, au sol cimenté surélevé de quinze centimètres par rapport à celui du chai, avait elle aussi été inondée, sur une hauteur de cinq centimètres. Dans cette pièce, la plupart des objets sont placés sur des étagères et des tables, mais quelques caisses de livres étaient posées à même le sol. Celles en plastique n’ont pas souffert, celles en carton ont été trempées. Cela aurait pu être pire, je n’y ai perdu que deux douzaines de livres, littéraires et documentaires, et la moitié de la quarantaine d’exemplaires invendus du Voyage de Mocquet en Andalousie. Et quelques vinyles, souvenirs de jeunesse : adieu Robert Fripp et De Fabriek, adieu Enya et Fad Gadget… Bah, bon débarras, après tout. Perdre un peu de lest ne nuit pas. Mais il faudra que je m’occupe de cette fichue porte. En tout cas les concitoyens que j’ai croisés ce jour-là étaient tous d’avis que les abats d’eau de la veille étaient hors norme, et que la plupart des maisons ont été peu ou prou inondées, par le haut ou par le bas.

jeudi 27 août 2026

déluge

    (Ma vie palpiteuse, suite). Lundi en début d’après-midi, comme je descendais me ravitailler à Saint-Jean, il s’est mis à pleuvoir si fort que l’on n’y voyait quasiment plus rien et j’ai hésité à faire halte. Mais le temps d’arriver, le ciel s’était éclairci et il faisait encore beau quand je suis rentré dans l’heure qui suivait. Vers quatre heures et demie il s’est remis à tomber une averse accompagnée de grêle, violente et assez longue, telle que j’en avais rarement vu. J’entendais les grêlons crépiter contre les fenêtres, que je n’osais ouvrir pour fermer les volets. On aurait dit que le ciel envoyait soudain toute l’eau dont il nous avait privés depuis des semaines. Dans les cas de forte pluie ma porte d’entrée laisse passer un peu d’eau je ne sais comment, cette fois-ci il y en avait jusqu’au milieu du couloir. J’ai fait un tour au jardin après le déluge. Le sol était jonché de feuilles, dont beaucoup déchiquetées menu. Le bassin était de nouveau rempli à ras bord. Un petit pêcher, qui n’en finit pas d’être jeune et ne fiche pas grand chose, brandissait depuis le printemps deux menues pêches, qui ne seraient sans doute jamais arrivées à maturité, et gisaient maintenant dans l’herbe. Le seul pied de tomates qui me reste, un grand pied chargé de tomates-cerises, maintenant plus haut que moi et que j’ai laissé ramifier, s’était aussi fait plumer d’une cinquantaine de petites tomates vertes.

mercredi 26 août 2026

par

DE PAR EN PAR

par ailleurs

par bonheur

par conséquent

par défaut

par exemple

par faveur

par goût

par hasard

par ici

par jour

par k.o.

par là

par mégarde

par nature

par omission

par procuration

par quoi

par ricochet

par suite

par terre

par uppercut

par vaux

mardi 25 août 2026

infanticides

    Il y a vingt ans, en été 2006, éclatait une bizarre affaire, lorsqu’on découvrit les corps de deux bébés dans le congélateur des époux Courjault, Véronique et Jean-Louis, demeurant alors à Séoul en Corée du Sud. La femme avait parait-il réussi à masquer deux grossesses à son mari, puis s’était débarrassée des nouveaux-nés en les congelant. L’enquête devait ensuite révéler qu’elle avait aussi occis un premier bébé auparavant, lorsque le couple habitait en France. La presse ne parle guère de ce triste anniversaire, le souvenir étant peut-être gênant pour l’image de la Féminité inoffensive opprimée impeccable. Il est toutefois signalé cette semaine dans l’hebdo local, L’Angérien libre, parce que le premier bébé avait été tué à Villeneuve la Comtesse. Par coïncidence un fait divers du même ordre défraie la chronique ces jours-ci aux Etats-Unis, où se déroule le procès d’une certaine Lindsay Clancy. Un beau jour de janvier 2023, en l’absence de son mari, elle a étranglé leurs trois enfants, âgés de cinq ans, trois ans et huit mois, puis a tenté de se suicider en se défenestrant, mais n’a fait que s’estropier et vit maintenant en fauteuil roulant. Certaines femmes souffrent parait-il d’une dépression post-partum mais on ne voit pas que cela suffise à expliquer des actes aussi monstrueux. Malgré quoi la mère infanticide reçoit un vaste soutien féministe et semble-t-il pas seulement de gauche, sous la forme de déclarations en ligne, de manifestations de rue, et d’une belle cagnotte qui a déjà rapporté près d’un million de dollars. Il est ainsi des cas où le crime paye !

lundi 24 août 2026

à

A HUE ET A DIA

à abattre

à bout

à cause

à demain

à emporter

à fond

à gauche

à hauteur

à intervalle

à jour

à kidnapper

à louer

à mesure

à nouveau

à outrance

à propos

à quai

à rebours

à suivre

à travers

à l’usure

à vendre

dimanche 23 août 2026

Barrett

Au début de l’année dernière (le 11 janvier) rendant compte d’une anthologie d’aphorismes hispano-américains, j’en ai traduit mes préférés, dont un d’un certain Rafael Barrett («C’est bizarre : je ne connaissais pas certaines des personnes que je saluais, mais maintenant que je les connais, je ne les salue plus»). Je n’avais jamais entendu parler de ce journaliste né espagnol de père anglais en 1876 à Torrelavega, près de Santander, ayant ensuite passé ses années de maturité en Amérique du Sud, principalement au Paraguay. La notice succincte signalait sans explication qu’il était mort en 1910 à Arcachon. Ce dernier détail inexpliqué m'intriguait. En me renseignant sur le personnage j’ai trouvé dans Wikipédia une notice fort longue, mais peu bavarde sur la biographie. L’on y mentionne aussi sans commentaire son lieu de mort et l’on apprend au moins qu’il était issu d’une famille fortunée, qu’il fut un jeune homme bagarreur, fréquentant les casinos, mais qu'il fut quand même très à gauche (quelle surprise), tous traits qui ne m’attirent pas beaucoup. Il se disait anarchiste mais n’était pas anti-chrétien (dans une lettre à sa soeur Angelina, il se réclamera même de la verdadera caridad, du verdadero cristianismo (Cartas íntimas, p 109)). J’ai consulté quelques livres de lui dans une collection publique. Je partage sa compassion pour les humbles mais en général sa prose lugubre m’assomme. Il écrivait principalement des reportages et des chroniques à caractère social, qui furent ensuite réunis en recueils, dont un seul a paru de son vivant, les autres sont posthumes. Dans un fort volume de ses Obras completas (paru aux Ediciones Tantín, Santander, 2010) il y a quelques pages (p 117-121) de Reflexiones, parmi lesquelles celle-ci m’a amusé, je traduis : «L’amour est une obscénité délicieuse. Nous le cachons, comme les trésors et les crimes» (El amor es una obscenidad deliciosa. Lo ocultamos como les tesoros y los crímenes). Dans un recueil de textes, publié en 1978 sous le titre général de El dolor paraguayo par la célèbre Biblioteca Ayacucho, signe d’une certaine notoriété, se trouve une Cronología assez précise. On y apprend que Barrett était à Montevideo début 1909 quand on lui diagnostiqua un début de tuberculose, et qu’il partit l’année suivante se soigner en France. L’on y donne aussi quelques détails sur cette dernière année de vie, laquelle est exposée plus précisément dans le volume de ses Cartas íntimas, publiées et annotées par sa veuve Francisca López Maíz de Barrett à Montevideo en 1967 (soit cinquante-sept ans après sa mort!). 
    Je me suis intéressé à ces Lettres intimes, principalement adressées à la jeune épouse. Elle était restée en Amérique avec leur garçonnet Alex, car par manque de moyens financiers Rafael ne les emmène pas avec lui en Europe (110). Il quitte Asunción en bateau fin août 1910, descendant le fleuve Paraguay jusqu’à Corrientes (02-IX) puis le Paraná jusqu’à Buenos Aires (05-IX), passant aussitôt à Montevideo (06-IX) d’où il embarque le soir même à bord d’un navire italien qu’il appelle d’abord le Victoria, en fait le Re Vittorio, bateau rapide pouvant gagner l’Europe en deux semaines (p 96-98). Après une unique escale à l’ile São Vicente du Cap-Vert (11-IX), il débarque à Barcelone (22-IX) puis se rend à Paris, en train j’imagine, où il arrive le 24 septembre. Il y consulte aussitôt le docteur Quinton, avec qui il a correspondu depuis le Paraguay, et qui lui semble plus fiable qu’un autre médecin spécialiste de la tuberculose, le docteur Doyen, plus célèbre mais réputé cupide. Il a donné comme adresse postale la Sucursal de La Prensa, 4 boulevard de la Madeleine (97 & 100) mais loge d’abord au luxueux Palais d’Orsay (à la gare du même nom) puis au moins coûteux Grand Hôtel, sur un boulevard (104). Les lettres mettent alors un mois pour aller d'Asunción à Paris (110). Dès le premier jour le docteur Quinton lui conseille d'aller séjourner à Arcachon, plutôt qu’à Nice ou en Suisse (102). Il répétera qu’on lui a expliqué qu’il doit éviter la chaleur et préférer le climat tempéré du Sud-Ouest de la France (Arcachon, Pau ou Saint-Jean de Luz) et il envisage de s’installer à Montevideo à son retour (113, 115). En attendant il n’est pas pressé de quitter Paris, ville «sublime, incomparable» (105) et «si commode» (107), où il peut prendre une voiture pour aller se promener au Bois (104). Sa chère Panchita a dû lui faire une crise de jalousie, car il se sentira obligé de préciser qu’il n’était pas allé à Paris pour sortir tous les soirs avec Boceta (?) dans les pornocinematógrafos (115). Enfin il s’arrache à la capitale et arrive à Arcachon le 12 octobre, pressé par la menace d’une grève des employés du chemin de fer (déjà!). Bizarrement le préfacier du livre à trois reprises (p XIII & XXVI) et Barrett lui-même une fois (p 104) considèrent Arcachon comme une ville cantábrica, soit située sur la côte de la Mer cantabrique, donnant à ce toponyme espagnol un sens large correspondant à ce que nous appellerions le golfe de Gascogne. A Arcachon, Barrett s’en remet au docteur Lalesque, un disciple de Quinton. Il se fait d’abord envoyer le courrier à la Poste restante et loge à une première adresse inconnue, où il dispose d’une chambre avec vue sur la mer, qui lui fait s’exclamer Qué hermosura y qué sosiego (quelle beauté et quel calme! p 112). Deux jours après, Lalesque le fait installer à l’hôtel Régina Forêt, d’où il ne voit plus la mer mais occupe une chambre à l’angle du bâtiment, avec vue sur une pinède (114. C’est peut-être l’actuelle résidence Villa Régina, construite en 1881 dans le quartier de la Ville d’Hiver, allée Corrigan). Dans une lettre du 20 octobre Barrett se réjouit d’être ainsi à huit heures de Paris et à trois de l’Espagne, dans un cadre agréable (una delicia, una belleza) avec les commodités de la vie moderne (beaux bâtiments, bains, automobiles, etc, 115). Mais les nouvelles sont mauvaises, sa santé ne s’arrange pas (113). A partir de novembre il est alité en permanence (121). Le courrier et la presse du Paraguay ne lui parviennent pas, ou trop lentement, et il se sent «enterré à Arcachon» (121). Le 14 décembre, en désespoir de cause, Lalesque doit monter à Paris se procurer les remèdes du docteur Doyen, qu’il compte administrer au malade à partir du 19 (123). Trop tard : Rafael rend l’âme le 17 dans sa chambre de l’hôtel Regina (124), assisté par sa tante Susana Barrett, venue de Saint-Sébastien (122). Il n’avait que 34 ans.

samedi 22 août 2026

cauchemars

    De petits cauchemars plus ridicules qu’effrayants, en quelque sorte rassurants : on ne va pas si mal, après tout.

mardi 18 août 2026

re-Giono

    En déplacement hier en Gironde, passant par l’Université, j’ai emprunté l’édition en Folio du recueil Ecrits pacifistes, de Jean Giono, comprenant Refus d’obéissance, Précisions, et Recherche de la pureté. C’est dans ce dernier texte, que je retrouve les pages terribles (p 180-183) auxquelles je faisais allusion dans ma note d’hier : « C’est la grande bataille de Verdun (…) Dehors, c’est un déluge de fer (…) il tombe un obus de chaque calibre par minute et par mètre carré. Nous sommes neuf survivants dans un trou. (…) Il faut que nous fassions nos besoins. Le premier que ça a pris est sorti : depuis deux jours il est là, à trois mètres devant nous, mort déculotté. Nous faisons dans du papier et nous le jetons là devant. Nous avons fait dans de vieilles lettres que nous gardions. (…) Nous n’avons plus de papier ni les uns ni les autres. Nous faisons dans nos musettes et nous les jetons dehors. (…) nous avons de plus en plus ce terrible besoin qui ne cesse pas, qui nous déchire. Surtout depuis que nous avons essayé d’avaler de petites boulettes de terre pour calmer la faim (…) Nous faisons dans notre main. C’est une dysenterie qui coule entre nos doigts. (…) nous nous apercevons que nous faisons du sang. (…) Alors nous faisons carrément  sur place, là, sous nous. (…) » Hier aussi mon lecteur Philippe Martineau m’a envoyé une copie numérique de ce passage, avec une note indiquant que Giono sera le seul survivant de ces neuf hommes. Autant son anti-capitalisme simpliste ne me convainc pas, autant je comprends qu’après de telles expériences il ait été fermement pacifiste…

lundi 17 août 2026

Giono

    J’avais lu je ne sais plus où un texte saisissant de Jean Giono à propos de la Guerre, d’hommes réduits à se chier dans la main et à bazarder l’étron où ils pouvaient, ce genre d’extrémités. Cela provenait censément de Refus d’obéissance, dont je me suis procuré un exemplaire dans la collection des Folio à trois euros. J’ai été doublement déçu de n’y pas retrouver le texte en question, et de trouver peu d’attrait à ceux qui y sont réunis. Le premier, Je ne peux pas oublier, se termine sur une belle évocation de camarades tués (Je te reconnais, Untel…) mais consiste essentiellement en une démonstration d’anti-capitalisme primaire : «On ne peut tuer la guerre sans tuer l’état capitaliste … La guerre est le coeur de l’état capitaliste…» L’auteur n’a visiblement pas idée de ce que la guerre a existé longtemps avant le capitalisme, de tous temps à vrai dire. Pas idée non plus de ce que si la guerre bénéficie évidemment à certaines entreprises, elle en ruine aussi quantité d’autres. Mais passons. Les quatre autres textes sont présentés comme des chapitres inédits du Grand troupeau. Ils contiennent des passages intéressants (vues de morts et de blessés, animaux domestiques divaguant en liberté…) mais très souvent le texte est peu clair, comme s’il s’agissait de notes hâtives que seul l’auteur peut comprendre. J’ai remarqué que Giono, en bon rural, parle peu d’arbres en général, mais sait désigner plus précisément les frênes, ormes, hêtres, saules etc. Je vois indiqué sur la couverture que ce mince volume serait extrait d’Ecrits pacifistes, où j’aurais peut-être trouvé ce que je cherchais. On verra ça une autre fois.

dimanche 16 août 2026

haïku


    Dans un moment d’optimisme, j’ai participé à un concours de haïkus francophone, que l’on m’avait signalé. Le thème en était la Bonté. J’ai eu l’idée de proposer pour l’occasion un tercet que j’avais composé il y a une dizaine d’années : 
        Je garde les miettes
        pour les oiseaux, les poissons,
        à chacun sa part. 
    Voilà quelques jours, il fut annoncé que je faisais partie des quatre finalistes et que le classement définitif serait dévoilé le 15 août, c’est à dire hier. Je pensais bien mériter la première place mais hélas, je n’ai obtenu que la Mention d’excellence 3. Je suis le dernier des premiers, le moins bon des quatre meilleurs. Mais c’est tout de même une distinction…

samedi 15 août 2026

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