Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
dimanche 17 mai 2026
Bergerac
Rêve que j’étais à Bergerac, et qu'à la nuit tombée j’allais à pied au centre-ville, que je trouvai totalement désert. Aucune voiture en vue, même garée, ni aucun piéton sur toute la place devant l’église, ni à côté sur la place Gambetta. J’en étais bien étonné. Et dans cette solitude extrême, il n’y avait personne à qui demander comment il se faisait qu’il n’y avait personne.
samedi 16 mai 2026
expo
Demain dimanche 17 mai je présenterai une vingtaine de mes collages à la Salle des fêtes de La Jarrie-Audouin (17330).
Comme chaque année, à l’occasion du vide-grenier qui se tient dans le pré à côté, ladite Salle accueille une expo des peintres locaux, auxquels on a bien voulu que je me joigne.
Entrée libre toute la journée dès le matin.
Entrée libre toute la journée dès le matin.
vendredi 15 mai 2026
moufette
Lettre documentaire 539
LA MOUFETTE BRESILIENNE, par Gabriel Soares de Sousa
En français le nom de moufette (ou mouffette, ou mofette, de l’italien moffetta) peut servir à désigner sinon tous, du moins la plupart des mammifères carnivores de la famille des méphitidés, tous capables de se défendre en projetant depuis leurs glandes anales un liquide nauséabond propre à décourager l’assaillant. Ladite famille compte une douzaine d’espèces, dont deux asiatiques, les télagons ou blaireaux-puants de Java et des Philippines, du genre Mydaus. Les autres espèces, toutes américaines, se répartissent entre les genres Mephitis, Spilogale et Conepatus. L’espèce type est la moufette rayée (Mephitis mephitis) d’Amérique du Nord, parfois désignée par le synonyme skunk, mot algonquin. Les trois espèces sud-américaines sont toutes du genre Conepatus. On trouve au Brésil la moufette des Andes (Conepatus chinga) mais la plus répandue est la moufette d’Amazonie (C semistriatus). Cet animal a été décrit par Gabriel Soares de Sousa en 1587 dans sa Notícia do Brasil, au chapitre II-99, Qui traite de la nature et de l’étrangeté du jagurecaca. Aujourd’hui l’animal est désigné en portugais brésilien par les noms tupis cangambá et jaritataca, celui-ci ayant diverses variantes rappelant plus ou moins le terme employé par Sousa (jaritacaca, jaguaritaca, etc). On lui applique aussi la périphrase de doninha-fedorenta, soit belette puante. Voici ce qu’en dit Sousa (ici traduit par Ph Billé) :
Le jagurecaca est un animal de la taille d’un grand chat, de couleur brunâtre. Il a le poil long, des pieds et des mains comme ceux des singes, une face de chien, et une longue queue. Il se nourrit de fruits des bois. Il se déplace toujours à terre et ne met bas qu’un seul petit. C’est un animal étrange et nauséabond, car partout où il passe, il laisse une telle puanteur jusqu’à un jet de pierre de part et d’autre, que nul ne peut la supporter. Et pendant plus de deux mois nul ne peut passer par là, car tout est empesté d’une mauvaise odeur intenable. Les chiens prennent de ces animaux à la chasse, mais aussitôt après ils se jettent à l’eau et se roulent par terre pour se débarrasser de cette puanteur, et continuent ainsi en vain pendant des jours. Quant au chasseur, il a beau se laver, la terrible odeur lui reste et perdure trois ou quatre mois. Quand cet animal se voit cerné par les chiens, il lâche une ventosité si pestilentielle, qu’elle embaume tous ceux qui se trouvent à proximité. C’est par cette arme qu’il se défend contre les onces et les autres animaux, quand il est poursuivi. Cette artillerie est si puissante, que l’once ou les autres ennemis font demi-tour et l’abandonnent. Et ils vont aussitôt se laver et se rouler par terre, pour se libérer de la terrible odeur. Il est arrivé à un Portugais que son chasseur lui ayant rapporté de la forêt un de ces animaux mort, pour lui servir de remède, il en fut si empuanti que, ne pouvant plus se supporter, il en devint tout jaune et rentra chez lui malade de l’odeur qui lui collait, et qui lui resta des jours et des jours. La chair de cet animal est bonne pour soigner la dysenterie, mais la maison où il y en a empeste à tout jamais. C’est pourquoi les Indiennes la font rôtir toute enveloppée de feuilles, après l’avoir bien fait sécher près du feu, et elles la fument pour qu’elle se conserve, mais cela n’empêche qu’on la sente jusque dans la rue, tant qu’il y en a dans la maison.
(Note du traducteur, pour nuancer ce qu’en dit Sousa : l’animal a certes un pelage noirâtre mais aussi en partie blanc, il n’a pas des mains ni des pieds de singe, ni une gueule de chien, la femelle n’a pas qu’un petit mais en général une portée de quatre ou cinq, le régime omnivore comporte aussi de petits animaux, et la puanteur résulte d’un jet de liquide et non de gaz.)
LA MOUFETTE BRESILIENNE, par Gabriel Soares de Sousa
En français le nom de moufette (ou mouffette, ou mofette, de l’italien moffetta) peut servir à désigner sinon tous, du moins la plupart des mammifères carnivores de la famille des méphitidés, tous capables de se défendre en projetant depuis leurs glandes anales un liquide nauséabond propre à décourager l’assaillant. Ladite famille compte une douzaine d’espèces, dont deux asiatiques, les télagons ou blaireaux-puants de Java et des Philippines, du genre Mydaus. Les autres espèces, toutes américaines, se répartissent entre les genres Mephitis, Spilogale et Conepatus. L’espèce type est la moufette rayée (Mephitis mephitis) d’Amérique du Nord, parfois désignée par le synonyme skunk, mot algonquin. Les trois espèces sud-américaines sont toutes du genre Conepatus. On trouve au Brésil la moufette des Andes (Conepatus chinga) mais la plus répandue est la moufette d’Amazonie (C semistriatus). Cet animal a été décrit par Gabriel Soares de Sousa en 1587 dans sa Notícia do Brasil, au chapitre II-99, Qui traite de la nature et de l’étrangeté du jagurecaca. Aujourd’hui l’animal est désigné en portugais brésilien par les noms tupis cangambá et jaritataca, celui-ci ayant diverses variantes rappelant plus ou moins le terme employé par Sousa (jaritacaca, jaguaritaca, etc). On lui applique aussi la périphrase de doninha-fedorenta, soit belette puante. Voici ce qu’en dit Sousa (ici traduit par Ph Billé) :
Le jagurecaca est un animal de la taille d’un grand chat, de couleur brunâtre. Il a le poil long, des pieds et des mains comme ceux des singes, une face de chien, et une longue queue. Il se nourrit de fruits des bois. Il se déplace toujours à terre et ne met bas qu’un seul petit. C’est un animal étrange et nauséabond, car partout où il passe, il laisse une telle puanteur jusqu’à un jet de pierre de part et d’autre, que nul ne peut la supporter. Et pendant plus de deux mois nul ne peut passer par là, car tout est empesté d’une mauvaise odeur intenable. Les chiens prennent de ces animaux à la chasse, mais aussitôt après ils se jettent à l’eau et se roulent par terre pour se débarrasser de cette puanteur, et continuent ainsi en vain pendant des jours. Quant au chasseur, il a beau se laver, la terrible odeur lui reste et perdure trois ou quatre mois. Quand cet animal se voit cerné par les chiens, il lâche une ventosité si pestilentielle, qu’elle embaume tous ceux qui se trouvent à proximité. C’est par cette arme qu’il se défend contre les onces et les autres animaux, quand il est poursuivi. Cette artillerie est si puissante, que l’once ou les autres ennemis font demi-tour et l’abandonnent. Et ils vont aussitôt se laver et se rouler par terre, pour se libérer de la terrible odeur. Il est arrivé à un Portugais que son chasseur lui ayant rapporté de la forêt un de ces animaux mort, pour lui servir de remède, il en fut si empuanti que, ne pouvant plus se supporter, il en devint tout jaune et rentra chez lui malade de l’odeur qui lui collait, et qui lui resta des jours et des jours. La chair de cet animal est bonne pour soigner la dysenterie, mais la maison où il y en a empeste à tout jamais. C’est pourquoi les Indiennes la font rôtir toute enveloppée de feuilles, après l’avoir bien fait sécher près du feu, et elles la fument pour qu’elle se conserve, mais cela n’empêche qu’on la sente jusque dans la rue, tant qu’il y en a dans la maison.
(Note du traducteur, pour nuancer ce qu’en dit Sousa : l’animal a certes un pelage noirâtre mais aussi en partie blanc, il n’a pas des mains ni des pieds de singe, ni une gueule de chien, la femelle n’a pas qu’un petit mais en général une portée de quatre ou cinq, le régime omnivore comporte aussi de petits animaux, et la puanteur résulte d’un jet de liquide et non de gaz.)
jeudi 14 mai 2026
Volume
Connaissant déjà le talent soigneux de Siméon Lerouge, j’ai aimé son nouveau livre Volume horaire (paru aux Editions de la Renouée) avant même de l’avoir lu. C’était imprudent mais j’avais raison, l’ouvrage est superbe. Un recueil de deux cents quatrains sans rime, étrangement rythmés, tous écrits en exactement vingt-quatre mots, chaque vers en comptant six. Par exemple : Quand on regarde sous le maïs / c’est une forêt de bambous / très sombre, sans végétation, plantée serrée / pour qu’on s’y perde. Ils sont écrits au fil des jours pendant un an et répartis en douze chapitres mensuels, allant de mai à avril. Ce sont des vues instantanées prises la plupart dans les jardins, les maisons et les rues. Cette forme brève, pour ainsi dire carrée, est un choix ingénieux mais la recette ne suffit pas, il faut aussi l’inspiration qui transparait dans les détails retenus, les rapprochements, les comparaisons. Chaque quatrain est précédé d’une mention de la date et du lieu, avec par endroits de petites cartes joliment tracées. On comprend que ce poète jardinier, donc terrien, que l’on pourrait croire sédentaire, au contraire a la bougeotte. Il réside en la Sarthe mais gravite sans cesse dans un assez vaste périmètre, entre Paris et Brest. Je recommande son bon livre (les détails ici). Un autre extrait pour la route : En poussant le portail, mon frère / aperçoit dans le gravier, qui brille / d’humidité tant il a plu, / une grenouille. Il part. Elle aussi.
mardi 12 mai 2026
Hazlitt
Pendant quelques années j’ai possédé une jolie petite édition reliée en daim, d’un essai de William Hazlitt rédigé vers 1820, Why distant objects please. Je ne l’ai plus, j’ai sans doute revendu le charmant opuscule acheté jadis à Saint-Pierre chez un bouquiniste extrême, qui bradait ses trésors à un prix abordable. Depuis lors je me suis procuré en ligne une version numérique du texte et je tente régulièrement de le lire, sans jamais y parvenir en entier, j’avoue, car autant le sujet, Pourquoi les objets lointains nous plaisent, me semble attirant, autant les ratiocinations qu’en tire ce bon William me sont vite soporifiques. J’en retiens au moins la conjecture ingénieuse, que l’éloignement favorise la rêverie. Ainsi par exemple, lorsque nous contemplons un paysage, notre esprit aime vagabonder dans le sfumato des lointains, où il se plait à imaginer et à embellir ce qu’en réalité il ne voit. Mes observations du sentiment de la Nature me permettent d’ajouter à cela l’idée que le paysage, admiré de loin, nous épargne la vue de ce qu’on découvre quand on y regarde de plus près, les rudesses de la biodiversité, le carnage incessant…
lundi 11 mai 2026
nichoirs
Ces vidéos que l’on fait maintenant en allant filmer les oiseaux jusqu’à l’intérieur de leurs nichoirs, je trouve ça indiscret. Et pas très utile, d’ailleurs, si c’est pour apprendre que les oeufs éclosent et qu’ensuite les parents donnent la becquée aux petits, quelle révélation…
dimanche 10 mai 2026
vingt
En feuilletant un album de mes recherches graphiques, je retrouve cette découverte curieuse, quoique sans importance : le nom de Louis-Ferdinand Céline et le titre Voyage au bout de la nuit comportent tous deux exactement vingt caractères.
vendredi 8 mai 2026
conventions
Au fil des ans j’ai renoncé à certaines conventions graphiques. D’abord les points d’abréviation, dont je me passe car je les juge inutiles. J’écris V Hugo au lieu de V. Hugo, qui cela gêne-t-il ? Je pense que le point ne devrait servir qu’à marquer la fin de la phrase, ou à séparer les centaines des milliers dans les grands nombres (14.000). Ensuite les traits d’union, souvent inutiles eux aussi. Je trouve qu’il y en a trop. Je ne les bannis pas mais j’en suis avare, et quand je ne sais si la règle en veut ou pas, je fais à ma guise sans consulter le dictionnaire. J’écris Saint-Jean Pied de Port pour Saint-Jean-Pied-de-Port, c’est à dire pour c’est-à-dire. Enfin l’italique et les guillemets pour les mots étrangers et les citations. C’est pareil, on en met trop. S’il n’y a pas d’ambiguïté, je m’en passe. Parfois une simple majuscule suffit à les remplacer. Je donne ces précisions s’il en est besoin, afin que mes lecteurs ne prennent pas mes options graphiques pour des négligences, sait-on jamais.
jeudi 7 mai 2026
turtur
Parce que j’y vais tous les jours, je sais qu’en ce moment les bois résonnent d’un mot latin : c’est la Tourterelle des bois qui répète inlassablement le nom qu’on lui a donné dans l’Antiquité, Turtur. Je viens de m’aviser que, des deux espèces de tourterelles visibles en France, la plus commune, la plus proche de l’homme, celle que l’on voit maintenant partout dans les villes et villages, soit la Tourterelle turque, immigrée de fraiche date n’ayant colonisé l’Europe qu’au vingtième siècle, était inconnue des Romains et ce n’est donc pas elle, qu’ils ont baptisée par cette onomatopée imitant le cri : tur-tur, tur-tur. Ce nom conviendrait aussi mais imparfaitement à la Tourterelle turque, laquelle scande plutôt toutou-tou, toutou-tou en trois syllabes bien nettes et d’une voix plus sonore. En vérité le nom latin de la tourterelle, turtur, est bien celui de l’espèce primitive et discrète, au cri plus roucoulant et volontiers bisyllabique, qu’on entend dans les bois plus souvent qu'au village.
(On peut écouter sur le site Oiseaux-net de petits enregistrements de la Tourterelle des bois et de la Tourterelle turque.)
(Rappel d'une note descriptive sur les deux Tourterelles)
mercredi 6 mai 2026
coucou
Parmi les cris d’extase s’élevant de toutes parts pour célébrer les perfections de la Nature, il est très étonnant de tomber, dans L’Angérien libre de cette semaine (paru jeudi dernier le 30 avril) sur la chronique hebdomadaire On passe au vert avec Gianni, portant cette fois-ci sur le «Coucou gris, le chanteur imposteur». Rare cas d’un ornithologue, qui plus est médiatique, se permettant d’exprimer un avis négatif sur un comportement animal, et sans mâcher ses mots : le coucou est «l’une des plus admirables sales bêtes de nos contrées … le plus sournois des oiseaux de la campagne … de ceux qui profitent sans vergogne du dévouement des autres … cette immense fraude de l’avifaune … la grosse vilaine bête … (d’une) nature profondément discutable.» Et il détaille en effet le parasitisme impitoyable de cette espèce. Ces considérations critiques sont comme un peu d’air frais parmi la bondieuserie biodiversitaire.
mardi 5 mai 2026
Nature
Chaque fois que je m’attarde à lire, sous ces innombrables photos d’animaux et de paysages, les innombrables commentaires consistant ou se résumant à dire que la Nature est belle, et bonne, et grande, et forte, et sage, bref, que c’est une Déesse en tous points adorable, je me demande quel besoin de se rassurer est ici à l’oeuvre, quel besoin de se mentir, de ne pas voir ce qui est réellement. Et quand il arrive qu’un maladroit, sans malice, montre un prédateur déchiquetant sa proie encore vive, si je m’amuse à faire remarquer que ce sont là les horreurs de la Biodiversité, on ne trouve rien à répondre qu’Ah oui, mais c’est la vie, hein…
lundi 4 mai 2026
demi
DEMI-MONDE
demi-cercle
demi-dieu
demi-douzaine
demi-finale
demi-franc
demi-cercle
demi-dieu
demi-douzaine
demi-finale
demi-franc
demi-frère
demi-gros
demi-heure
demi-jour
demi-litre
demi-lune
demi-mesure
demi-gros
demi-heure
demi-jour
demi-litre
demi-lune
demi-mesure
demi-mot
demi-pension
demi-portion
demi-sel
demi-siècle
demi-pension
demi-portion
demi-sel
demi-siècle
demi-soeur
demi-sommeil
demi-tarif
demi-teinte
demi-ton
demi-tour
demi-sommeil
demi-tarif
demi-teinte
demi-ton
demi-tour
samedi 2 mai 2026
troupeau
Lettre documentaire 538
ATTENTION TROUPEAU
Petite anthologie de citations contre l’esprit grégaire
(à compléter).
«C’est dans le troupeau, que l’homme est le plus bovin.» (Anonyme).
«… c’est en groupe, que nous pensons le moins.»
(André Blanchard, Impasse de la Défense : Carnets, juillet 1995).
ATTENTION TROUPEAU
Petite anthologie de citations contre l’esprit grégaire
(à compléter).
«C’est dans le troupeau, que l’homme est le plus bovin.» (Anonyme).
«… c’est en groupe, que nous pensons le moins.»
(André Blanchard, Impasse de la Défense : Carnets, juillet 1995).
«Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre, on est une bande de cons.»
(Georges Brassens, Le pluriel, 1966)
«… où plusieurs douzaines se réunissent, l’esprit déménage…»
(Albert Caraco, Semainier de l’agonie, 1963, p 127).
«J’aime les hommes un par un mais, en troupe et grouillant, je ne puis que les haïr.»
(Jacques-Marie Dupin, Opus incertum, 1982).
« Un par un, les hommes sont peut-être notre prochain, mais en troupeau, sûrement pas. »
(Nicolás Gómez Dávila, Escolios 2, 1977, p 66).
«L’âme est une quantité qui décroît à mesure que plus d’individus se regroupent.»
(Nicolás Gómez Dávila, Nuevos escolios 1, 1986, p 71).
« L’intelligence isole, la stupidité agrège. »
(Nicolás Gómez Dávila, Nuevos escolios 2, 1986, p 140).
«Solitude où je trouve une douceur secrète…»
(La Fontaine, Le songe d’un habitant du Mogol, 1678).
«Les hommes rassemblés valent moins qu’isolés.»
(Eugène Le Roy, Jacquou le Croquant, 1900).
«A plus de deux, les hommes sont des cons.»
(Marc-Edouard Nabe, Kamikaze : Journal intime, tome 4, 7 mai 1989).
«… où plusieurs douzaines se réunissent, l’esprit déménage…»
(Albert Caraco, Semainier de l’agonie, 1963, p 127).
«J’aime les hommes un par un mais, en troupe et grouillant, je ne puis que les haïr.»
(Jacques-Marie Dupin, Opus incertum, 1982).
« Un par un, les hommes sont peut-être notre prochain, mais en troupeau, sûrement pas. »
(Nicolás Gómez Dávila, Escolios 2, 1977, p 66).
«L’âme est une quantité qui décroît à mesure que plus d’individus se regroupent.»
(Nicolás Gómez Dávila, Nuevos escolios 1, 1986, p 71).
« L’intelligence isole, la stupidité agrège. »
(Nicolás Gómez Dávila, Nuevos escolios 2, 1986, p 140).
«Solitude où je trouve une douceur secrète…»
(La Fontaine, Le songe d’un habitant du Mogol, 1678).
«Les hommes rassemblés valent moins qu’isolés.»
(Eugène Le Roy, Jacquou le Croquant, 1900).
«A plus de deux, les hommes sont des cons.»
(Marc-Edouard Nabe, Kamikaze : Journal intime, tome 4, 7 mai 1989).
vendredi 1 mai 2026
Baselitz
J’ai toujours trouvé les peintures de Georg Baselitz, notamment ses peintures la tête en bas, non seulement laides, mais ridicules.
mercredi 29 avril 2026
états
ETATS GENERAUX
état d’âme
état d’arrestation
état de choc
état de choses
état de droit
état d’ébriété
état d’esprit
état de fait
état de grâce
état des lieux
état de marche
état de nature
état de santé
état de siège
état d’urgence
état de veille
état d’âme
état d’arrestation
état de choc
état de choses
état de droit
état d’ébriété
état d’esprit
état de fait
état de grâce
état des lieux
état de marche
état de nature
état de santé
état de siège
état d’urgence
état de veille
mardi 28 avril 2026
suites
Après le récit de ma laborieuse quête des fichues Pensées de Cavanna, je me sens tout penaud maintenant qu’un gentilhomme de mes lecteurs, monsieur D F, se vante d’avoir « trouvé en cinq secondes sur le Net » un fac-similé numérique de l’ouvrage ! Je profite de l’occasion pour le mettre au défi d’en faire autant avec les Pensées échevelées de Jerzy Lec. Ça va moins rigoler, là.
Par ailleurs, en réponse aux deux millions de lecteurs, pardon, faute de frappe, je voulais dire En réponse aux deux lecteurs qui m’ont demandé ce qu’était cette note étymologique, je révèle qu’elle a paru dans Charlie Hebdo n° 472, du 28 novembre 1979, page 15. Je l’ai conservée. Je ne la reproduirai pas, car mon ton juvénile d’alors, salutant et tutoyant, ne me plait pas, mais je peux en indiquer la teneur. En réponse à une livraison précédente de sa chronique Virgules et circonflexes (dans Charlie n° 469) entre temps rebaptisée Virgules et machin-chouettes, où Cavanna s’étonnait que le verbe Décimer, devenu synonyme de massacrer, avait d’abord voulu dire supprimer un dixième, je lui signalais d'autres correspondances mathématiques entre destruction et division : Trancher venant du latin trinicare (couper en trois), Ecarteler d’exquartare (couper en quatre) et Esquinter d’exquintare (couper en cinq)…
Par ailleurs, en réponse aux deux millions de lecteurs, pardon, faute de frappe, je voulais dire En réponse aux deux lecteurs qui m’ont demandé ce qu’était cette note étymologique, je révèle qu’elle a paru dans Charlie Hebdo n° 472, du 28 novembre 1979, page 15. Je l’ai conservée. Je ne la reproduirai pas, car mon ton juvénile d’alors, salutant et tutoyant, ne me plait pas, mais je peux en indiquer la teneur. En réponse à une livraison précédente de sa chronique Virgules et circonflexes (dans Charlie n° 469) entre temps rebaptisée Virgules et machin-chouettes, où Cavanna s’étonnait que le verbe Décimer, devenu synonyme de massacrer, avait d’abord voulu dire supprimer un dixième, je lui signalais d'autres correspondances mathématiques entre destruction et division : Trancher venant du latin trinicare (couper en trois), Ecarteler d’exquartare (couper en quatre) et Esquinter d’exquintare (couper en cinq)…
lundi 27 avril 2026
pensées
Hélas ! Le recueil des Pensées de Cavanna, que je me suis donné tant de mal à trouver, ne me plait pas beaucoup, je le trouve médiocre. L’auteur confie lui-même en introduction qu’il ne tenait pas à ce livre, dont l’existence serait due à l’insistance de l’éditeur. Une partie des pensées sont extraites de textes déjà publiés, mais on ne sait lesquelles, certaines seulement ont été composées exprès pour ce volume. J’y retrouve p 153 celle qui est sans doute la plus connue et dont j’avais souvenir : « La publicité nous prend pour des cons. La publicité nous rend cons. » Ce n’est pas faux, et cela sonne bien, mais ce n’est pas très profond non plus. Et l’on voit là une des pauvretés de l’auteur, qui parait incapable, en tout cas dans ce livre, d’écrire plus de deux phrases sans utiliser le mot « con », comme adjectif ou substantif. Souvent je ne suis pas en désaccord avec lui sur le fond, et je sauverais par exemple la belle diatribe des pages 143-144 sur les ignobles graffitis dits tags. Mais dans l’ensemble je trouve ces pensées pas terribles, elles ne vont que de la potacherie à la sornette, de la platitude au militantisme, cela manque de finesse. Un peu à l’image du portrait de l’auteur en couverture : grosse tignasse, grosse moustache, et grosses idées. De gauche, bien entendu. Tâtez-moi cette perle de la p 55 : « La gauche, c’est ce qui essaie de comprendre. La droite, c’est ce qui se refuse même d’envisager qu’il y ait quelque chose à comprendre. Quand la gauche se comporte de la façon numéro deux, c’est simplement qu’elle n’est pas la gauche. » Ben voyons. On retrouve là concentré tout le penchant fanatique de la gaucherie ordinaire : étant donné que la gauche, c’est le Bien, et la droite le Mal, comment peut-on ne pas être de gauche ? Je vous le demande. Ce qui est certain, c’est que celui qui écrit une telle phrase ne cherche aucunement à comprendre comment on peut penser autrement que lui…
dimanche 26 avril 2026
Cavanna
Lorsque j’ai su, il y a bien six mois, qu’il existait un recueil de Pensées de François Cavanna (Le Cherche Midi, 1994) j’ai voulu le lire. Non que j’en attendisse grand chose mais ce genre me plait, et malgré tout ce qui peut me séparer de Cavanna, je conserve envers lui une dette de sympathie, parce qu’il fut le premier à accueillir une de mes rares publications dans la presse nationale (une note étymologique dans Charlie, jadis). L’auteur ayant acquis de son vivant la célébrité avec ses best-sellers autobiographiques sur Les Ritals et Les Russkoffs (que je n’ai pas lus), je pensais trouver facilement le moyen d’emprunter ce recueil de pensées. Il n’en était rien. L’ouvrage ne se trouvait bien sûr pas dans les biblis publiques des deux bleds voisins, Villeneuve et Loulay, mais pas non plus dans le catalogue en ligne des villes de la contrée : ni à Saint-Jean (20 km), ni à Surgères (autant), ni à Saintes (45 km), ni même à La Rochelle (60 km). Pas la peine donc d’y aller. Il n’était pas non plus dans les collections de la Médiathèque départementale de la Charente-Maritime, ni dans celles de la bibliothèque universitaire de Bordeaux-Pessac, en Gironde où je me rends une fois par mois. Je consultai aussi le Sudoc, c’est à dire le richissime catalogue collectif des bibliothèques universitaires françaises, qui permet de faire venir par le prêt entre bibliothèques les livres qu’on ne trouve pas sur place. Las ! Le seul exemplaire se trouvait à la b-u de Nouméa, d’où je ne pouvais décemment demander qu’on me l’envoie. Il fallait se rendre à l’évidence : ce fichu livre était une rareté. Je finis par en repérer un exemplaire dans le catalogue en ligne du réseau des biblis de Niort et des environs, dans le département voisin, les Deux-Sèvres : il se trouvait à Chauray, une banlieue située à dix kilomètres au nord-est de Niort, Niort étant elle-même à trente km au nord de chez moi. Mais valait-il le coup d’investir dans une inscription pour emprunter ce seul ouvrage, ou d’effectuer le trajet (30 + 10 = 40, aller-retour = 80 km) pour prendre connaissance d’un livre que je ne pouvais espérer lire sur place en une seule fois ? Il y avait la solution de l’acheter d’occasion en ligne, où on le trouvait en vente pour une demi-douzaine d’euros. Mais il fallait en ajouter autant pour le port, et là encore : valait-il la peine, vu mes rentes, d’engager une telle somme pour un livre que je n’étais pas sûr de vouloir conserver, et que je revendrais au mieux un euro dans un vide-grenier ? Je tentai de le faire acheter d’occasion par l’université, après tout pourquoi pas, s’il était absent de toutes les b-u de métropole, mais cela fut refusé, pour la bonne raison que les crédits avaient été drastiquement réduits. Je pouvais aussi renoncer à connaitre ce livre, dont je n’avais pas vraiment besoin, mais bêtement la difficulté m’entêtait à y parvenir. Le problème a fini par se résoudre naguère, quand j’ai appris que l’inscription au réseau des biblis de Niort était gratuite, ce qui changeait la donne. La semaine dernière, donc, devant me rendre dans cette ville pour y acheter des planches, j’en profitai pour avancer jusqu’à Chauray, m’y inscrire et emprunter le recueil. Ce fut laborieux car je me perdis en route à l’aller, et de même au retour, mais enfin j’ai obtenu ce que je voulais.
samedi 25 avril 2026
formule
Un jour une rurale, avec qui je discutais de la vie, qui présente l’inconvénient d’aboutir à la mort, a résumé son point de vue dans cette formule abrupte : De toute façon, on va tous y passer. Je le savais déjà. Mais dès lors, je l’ai su encore mieux.
vendredi 24 avril 2026
incitation
La façon la plus sûre, la plus efficace, d’inciter à la haine, c’est d’accuser n’importe quel propos critique d’être une incitation à la haine. Mais attention : l’accusateur a souvent l’air plus haineux que l’accusé…
jeudi 23 avril 2026
Petchanatz
Reçu du camarade Christophe Petchanatz ses Fragments de Journal, parus, quelle chance, sous la forme d’un charmant petit volume de la collection Club Samizdat (Editions Deleatur, dans les Alpes, 2026). L’on s’y tient à la règle de «ne pas écrire trop long» et en effet ces fragments sont brefs, tantôt un paragraphe, parfois juste une ou deux lignes. Ce sont des notations, des esquisses de portraits, des lambeaux de rêves, des aphorismes, des souvenirs, ou de simples jeux de mots, dont l’auteur est friand, genre «En tricycle, Jean Moulin» ou «Par l’étang qui court»…
mardi 21 avril 2026
caatinga
Chaque année le retour du printemps repose à l’horticulteur, à l’agriculteur et même au sylviculteur le problème de la prolifération végétale. Dans les trois parcelles de bois que j’ai sur les hauteurs, le phénomène reste modéré, soit parce que le sol y est moins fertile, soit parce qu’il s’agit de futaies ombreuses, qui buissonnent surtout en lisière, pour celles qui par endroit bordent les champs. Il en va tout autrement au bois de la Rigeasse, petite parcelle triangulaire de mille mètres carrés isolée au milieu de la plaine. Par devers moi pour plaisanter je l’appelle ma caatinga. La caatinga est une formation végétale du nord-est brésilien, une brousse clairsemée, épineuse et lumineuse, tenant son nom du tupi caa, forêt, et tinga, blanche. Ce n’est pas tout à fait la même chose à la Rigeasse, bien sûr, mais ce bosquet entouré de champs, et peuplé principalement d’épineux de faible hauteur (aubépines et prunelliers) et d’ormeaux ne produisant qu’une ombre claire, ce bosquet donc est inondé de lumière propice à l’explosion végétale. L’autre jour pour me faire plaisir j’ai embauché un ouvrier à passer sa débroussailleuse pendant une heure dans ce fouillis. Quelle clarté, soudain, quel apaisement, je respire enfin. Pour quelque temps.
dimanche 19 avril 2026
Camacho
Lettre documentaire 537
SIX POEMES BREFS
SIX POEMES BREFS
de Carmen CAMACHO
extraits de son recueil Deslengua
(Libros de la Herida, Sevilla, 2020)
extraits de son recueil Deslengua
(Libros de la Herida, Sevilla, 2020)
et ici traduits par Philippe Billé
X
Je vais du bruit au silence,
tu vas du silence au bruit.
Que pourrons-nous bien nous dire
lorsque nous nous croiserons !
XV
Le Demain
n’est aucun jour
de la semaine.
XXXVII
En hiver à la maison.
Ton petit linge et le mien
sur la chaise.
LVIII
Double sens :
apprends à t’en aller
par où tu es venu.
LXXIII
X
Je vais du bruit au silence,
tu vas du silence au bruit.
Que pourrons-nous bien nous dire
lorsque nous nous croiserons !
XV
Le Demain
n’est aucun jour
de la semaine.
XXXVII
En hiver à la maison.
Ton petit linge et le mien
sur la chaise.
LVIII
Double sens :
apprends à t’en aller
par où tu es venu.
LXXIII
Petite lanterne de rien,
au sein de ma nuit obscure,
était la lune.
LXXXIV
au sein de ma nuit obscure,
était la lune.
LXXXIV
Dans la gare
attendent le dernier train
deux petits vieux au soleil.
attendent le dernier train
deux petits vieux au soleil.
samedi 18 avril 2026
carassins
C’est étrange, cette façon qu’ont les carassins (les poissons plus ou moins rouges) de se tenir par moments immobiles en stationnant l’un à côté de l’autre dans une posture exactement parallèle, ou en tête-bêche, ou à quarante-cinq degrés, comme en suspens, prêts cependant à repartir en zigzaguant dans tous les sens à la moindre alerte.
vendredi 17 avril 2026
jeudi 16 avril 2026
bagues
Jusqu’il y a peu j’avais aux doigts quatre bagues, deux à chaque main. Ma directrice de conscience me raille là-dessus, jugeant que ces ornements me donnent un air efféminé. Or je viens d’en perdre deux coup sur coup en l’espace de quelques jours. Me voilà peut-être revirilisé, mais bien déçu. L’une des bagues était sans doute de la pacotille, elle s’est tout simplement cassée. L’autre, celle que je regrette le plus, avait la forme d’un très fin serpent argenté. C'était une bague non fermée, qui tendait à s’écarter quand quelque chose l’accrochait. Je me suis subitement aperçu que je ne l’avais plus, elle avait disparu. Ne l’ayant retrouvée nulle part dans la maison ni dans ma voiture, je crains de l’avoir perdue au jardin, ou pire dans les bois, où je travaille toujours sans gants. Dieu sait sous quel tapis de lierre cette petite merveille git maintenant, sans doute pour l’éternité.
mercredi 15 avril 2026
Scum
Il manquait à ma culture générale de connaitre ce chef d’oeuvre de la littérature engagée, le Scum Manifesto (1967) de la rebelle américaine Valerie Solanas (1936-1988), que je viens de découvrir dans la dernière édition française (Mille et une nuits, 2022). A vrai dire, ne me sentant pas d’attaque pour me cogner ces cent pages de sornettes délirantes, je ne les ai lues qu’en partie et en diagonale, ce qui suffisait à en apprécier la teneur. Scum est soit un mot d’argot pour ordure, salaud, soit l’acronyme de Society for cutting up men, Société pour taillader les hommes. Le texte appelle les femmes à supprimer les hommes, fondamentalement mauvais et responsables de tout ce qui va mal sur terre, le capitalisme etc. Pris au second degré, le pamphlet pourrait être considéré comme une oeuvre d’humour noir, outrancier mais pas très fin. La finesse ne semble d’ailleurs pas avoir été la vertu principale de cette marginale lesbienne mendiante prostituée, auteur par ailleurs d’une unique pièce de théâtre, Up your ass (Dans ton cul). Mais la postfacière militante estime que le propos est à prendre au sérieux, Solanas ayant d’ailleurs montré l’exemple en tentant d’assassiner à coups de feu Andy Warhol, malgré ses qualités d’artiste et d’inverti. Cette action criminelle fut un coup de publicité décisif pour le manifeste et sa rédactrice, laquelle devait pourtant mourir prématurément et dans la misère. Elle jouit en revanche d’une belle célébrité posthume, et des générations entières de biques et de biquettes marxistes-féministes continuent de lui vouer un culte.
dimanche 12 avril 2026
Simenon
Une trouvaille de boite m’a donné l’occasion de relire d’un trait, avec grand plaisir, l’excellente Lettre à ma mère, de Georges Simenon, déjà lue et aimée en août 2009, alors prêtée je crois par M Ohl. On me permettra de citer ce que j’avais dit, et que je pense encore de cet ouvrage dicté en 1974, à 70 ans, plus de trois ans après la mort de la dame : « Le texte d’une centaine de pages séduit par l'intelligence et la sincérité, il surprend par la trajectoire sociale peu commune et la psychologie peu aimante de la mère, par la compréhension malgré tout bienveillante du vieux fils. Une bonne lecture. Accessoirement on goûte là un récit en quelque sorte réaliste et anti-marxiste, plein de riches ruinés et de pauvres enrichis. » Dix-sept ans après je reste impressionné par la gravité et la densité de ce petit ouvrage. Sa brièveté, son découpage en courts paragraphes séparés par des blancs marqués, et bien sûr son sujet, font penser au Post mortem d’Albert Caraco, paru quelques années avant, le texte de Georges s’en distinguant peut-être par la plus grande simplicité de ton.
samedi 11 avril 2026
tendances
En réponse à un ami, demandant naguère sur un réseau Quelle est la différence entre «être de gauche» et «être de droite», je dirais qu’à mes yeux l’essence de l’opposition droite / gauche est l’opposition éternelle des Anciens et des Modernes, des classiques et des romantiques, des conservateurs et des réformistes, de la tradition et de l’innovation, du réalisme et de l’idéalisme. Les deux principes me paraissent justifiés, nécessaires, utiles. Il importe de préserver ce qui est bon, comme de rechercher ce qui peut être meilleur. Il faut un principe de changement, contrebalancé par un principe de précaution, lequel consiste à demander si l’on est sûr d’aller dans la bonne direction, si le remède n’est pas pire que le mal, et si en croyant bien faire on n’est pas en train de déconner à plein tube, comme il arrive souvent.
vendredi 10 avril 2026
Lefebvre
Dans une boite à livres, je tombe sur Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ? (Carrère, 1984), autobiographie de l’acteur Jean Lefebvre, qui se rendit célèbre dans les années 60-70 par ses rôles de Français médiocre aux yeux mi-clos. Sa personnalité ne m’attire pas particulièrement mais j’emprunte le livre afin d’enrichir ma collection de phrases en Je suis né. Bonne pioche, il n'y en a pas une mais quatre, au deuxième chapitre, dont la première dit simplement « Je suis né le 3 octobre 1922 dans le Nord. » Les ayant notées, je consulte par curiosité la notice de Wiki sur ce personnage. Je suis étonné d’y lire qu’il était né certes le 3 octobre mais en 1919. L’information répétée une fois et référencée (Universalis, acte de naissance) parait véridique. Est-ce par coquetterie, que l’acteur s’est rajeuni de trois ans dans son livre ? En parcourant Wiki, je lui découvre une vie plus agitée que je n’aurais imaginé : marié cinq fois, dont deux fois à la même femme, constamment endetté parce qu’il claquait tout son pèse au casino…
jeudi 9 avril 2026
adventices
Les deux mauvaises herbes que je déteste le plus, surtout dans les bois, sont les ga-ga, le gaillet et la garance, mini-lianes collantes envahissantes (Gallium aparine et Rubia tinctorum, je crois). Quelle poisse, celles-là. Les deux mauvaises herbes que je préfère et dont je préserve quelques pieds ici et là au jardin sont les deux espèces de géranium sauvage les plus communes : le géranium herbe à Robert aux feuilles très découpées (Geranium robertianum) et le géranium dit mou, aux feuilles arrondies (Geranium molle).
mardi 7 avril 2026
lisières
lundi 6 avril 2026
St-Félix
D’ordinaire je ne pratique ce sport qu’en plein été, mais là je viens de participer au vide-grenier précoce qui se tenait hier à Saint-Félix. J’y étais encouragé par la proximité du lieu, à moins de dix kilomètres, le bon prix des emplacements, cinq euros pour quatre mètres, et les encouragements d’un copain. Pourtant j’y suis allé en faisant le gros dos, incertain de m’y trouver bien, redoutant la pluie possible, sachant que la clientèle estivale ne serait pas encore là, et fatigué d’avance d’un type d’épreuve dont je me demande jusqu’à quand j’aurai l’énergie de l’affronter. Mais enfin tout s’est bien passé, on a eu beau temps ni chaud ni froid, j’étais on ne peut mieux placé juste à l’entrée de la place de l’église, laquelle est quasi en vue des champs, et j’ai franchi la barre des 100 euros de gain, succès notable pour qui ne vend que des marchandises à un euro, un demi, ou un doublon, quelquefois mais rarement plus. Pour une opération qui m’a mobilisé dix heures trajet compris, de sept à dix-sept, cela ne représente qu’un salaire minime, mais toujours appréciable au vu de ce que sont mes rentes ordinaires. A quoi s’est ajouté en fin de journée le troc étrange avec un charcutier installé non loin, qui s’intéressait à un mien trépied, mais ne se décidait pas à l’acheter, et en fin de compte me l’a échangé contre deux beaux saucissons d’Auvergne !
samedi 4 avril 2026
loulous
A ce qu’il semble certains internautes ne connaissent que le mot loulou pour désigner les chiens, en particulier les chiens perdus ou errants, parfois aussi les enfants. Je me suis aperçu que cet usage m’insupporte. Ce doit être une allergie de printemps.
vendredi 3 avril 2026
reste
Un jour de bonne humeur, il y a quelques années, j’avais accepté de jouer à un jeu assez idiot, consistant à prendre sans choisir le premier livre que l’on avait à portée de main, à l’ouvrir à la page 56, à y rechercher la cinquième phrase et à la diffuser en ligne, sans dire de quel ouvrage elle provenait. Je n’étais pas mal tombé, avec ceci : « Ah ! me dit-elle soudain en tombant dans mes bras, reste. » Le propos avait assez plu à un copain pour qu’il passe outre à la consigne et me demande d’où je le tirais. Je lui avais répondu discrètement que c’était d’un exemplaire en ruine du premier volume du Journal de Paul Léautaud, se trouvant sur mon bureau parce qu’un collègue venait de me l’offrir. Je ne sais plus si j’ai lu ce livre mais je ne l’ai pas conservé, et ne peux maintenant vérifier la citation. Mais cela reste une jolie phrase, d’où qu’elle vienne.
(PS. Un lecteur me signale que cela provient bien du Journal de Léautaud, à la date du 10 janvier 1903).
jeudi 2 avril 2026
doigts
Un petit mystère de la communication non verbale. Comme j’en vois souvent parler en ligne, il m’a semblé remarquer que les Américains, lorsqu’ils joignent le geste à la parole pour énumérer des éléments, se servent de l’index d’une main pour compter sur les doigts de l’autre en commençant par le petit, alors que nous le faisons en commençant plutôt par le pouce. S’il en est bien ainsi, je me demande à quoi tient cette différence d’usage. J’observe que lorsqu’on tient sa main ouverte devant soi, les doigts écartés et la paume tournée vers soi, le petit doigt est dans la position la plus basse, et que compter à partir de lui fait aller de bas en haut, en sens inverse de l’écriture, laquelle va de haut en bas. Cela devrait rendre plus naturel le geste d’énumérer en partant du pouce. Mais il est vrai que si l’on tient l’avant-bras en position verticale, ou même incliné à quarante-cinq degrés, les doigts se trouvent disposés de telle façon que le petit est le plus proche de l’autre main…
mercredi 1 avril 2026
communiqué
Juste un petit mot pour rassurer si besoin mon vaste lectorat, quelques personnes s’étant inquiétées de ma santé après ma note de l’autre jour : rien de bien grave, j’allais voir un stomatologue, ce qui suffit à m’épouvanter, et comme l’idée de devoir m’orienter dans La Rochelle suffit elle aussi à m’épouvanter, je n’en menais pas large…
mardi 31 mars 2026
lundi 30 mars 2026
Monocle
Parmi les pépites que charrie le flux du net, j’ai pêché cette belle répartie extraite d’un film des sixties, Le Monocle, où un Paul Meurisse plus sentencieux que jamais déclame : Jusqu’à présent j’ai fait ce qu’il convenait que je fisse, maintenant je ferai ce qu’il est nécessaire que je fasse. Le propos m’a fait sourire, je me suis promis d’essayer de le retenir. Et j’ai voulu savoir à qui l’on devait cette bonne phrase, mais je n’ai pu en avoir le coeur net. D’après la fiche technique de Wiki, Le Monocle n’est pas un seul film mais une série de trois, et je ne sais déjà pas duquel il s’agit là, peut-être le troisième, Le Monocle rit jaune, pour l’ambiance asiatique. Quant aux dialoguistes, ils ont varié selon les films, le dernier en ayant eu pas moins de trois à lui tout seul, dont le réalisateur Georges Lautner…
Voir cet extrait ici.
dimanche 29 mars 2026
actualités
Pendant que Trump et Israël continuent de se faire aimer au Proche Orient, les Européens font le gros dos en lorgnant le prix de l’essence et en songeant à la nouvelle avalanche de réfugiés qui va encore leur tomber sur la gueule prochainement. Nous changeons d’heure cette nuit, mais hélas pas de monde.
samedi 28 mars 2026
dix
DIX CHOSES QUE JE N’AIME PAS
Je n'aime pas les voitures à deux portes
Je n’aime pas la tronche de Mick Jagger
Je n’aime pas le brame du cerf
Je n’aime pas la lecture aux toilettes
Je n’aime pas bronzer au soleil
Je n’aime pas les pages d’accueil à carrousel
Je n’aime pas les parapluies télescopiques
Je n’aime pas le papier hygiénique historié
Je n’aime pas les chapeaux bicornes
Je n’aime pas les spéculoos
Je n'aime pas les voitures à deux portes
Je n’aime pas la tronche de Mick Jagger
Je n’aime pas le brame du cerf
Je n’aime pas la lecture aux toilettes
Je n’aime pas bronzer au soleil
Je n’aime pas les pages d’accueil à carrousel
Je n’aime pas les parapluies télescopiques
Je n’aime pas le papier hygiénique historié
Je n’aime pas les chapeaux bicornes
Je n’aime pas les spéculoos
vendredi 27 mars 2026
amis
Un correspondant taquin, s’amusant de mon impopularité, et des brouilleries que me vaut régulièrement l’expression de mes sentiments et de mes opinions, m’avait plaisamment suggéré d’étudier le best-seller increvable de Dale Carnegie, Comment se faire des amis. Il est vrai que l’expérience de la vie m’a plus souvent appris comment se faire des ennemis. Or voilà que l’autre jour je trouve dans une boite à livres une édition de poche de cet évangile du développement personnel. Naturellement je l’ai emportée, puis j’ai pris un moment pour la feuilleter. Comme on pouvait s’y attendre, il n’y a là qu’un étalage de platitudes, révélant que l’eau mouille, que le feu brûle, et que pour se faire aimer il convient d’être aimable (attentif, compréhensif, conciliant et autres banalités). Tout cela est bien évident, mais quand la seule façon d’être aimable consiste à s’auto-censurer, c’est à dire à fermer sa gueule, le silence est parfois au-dessus de mes forces…
jeudi 26 mars 2026
luxe
Je repense régulièrement à l’avis d’un connaisseur, Robert Colonna d’Istria, estimant que le luxe n’est pas ce qu’il y a de plus cher, mais ce qu’il y a de plus beau. J’y repense en l’occurrence parce que ma pension vient d’être augmentée, passant de 717 à 724 euros par mois. Cela n’est pas mirobolant, mais en revanche j’échappe à la promiscuité des habitations collectives, je vis dans une maison austère mais spacieuse, avec un jardin, des animaux, des bois charmants, dans un environnement relativement paisible. N’y a-t-il pas là des traits de luxe, en comparaison de la vie de beaucoup de mes concitoyens ?
mercredi 25 mars 2026
localisation
Si j’en juge aux Actualités locales qui me sont proposées ces derniers jours, Google semble maintenant persuadé que je réside à La Rochelle ou à l’ile d’Oléron. C’est toujours mieux que quand ils me croyaient installé au fin fond du Limousin, mais enfin…
mardi 24 mars 2026
théâtre
Disparition de Lionel Jospin. Le râteau décisif qu’il s’était pris en 2002 ne m’avait pas fait pleurer. Mais je retiens de lui cette honnête analyse, semble-t-il dans Répliques, sur France Culture, le 29 septembre 2007 : « Pendant toutes les années du mitterrandisme nous n'avons jamais été face à une menace fasciste, et donc tout anti-fascisme n'était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon, mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste. »
lundi 23 mars 2026
conférence
Un de mes films préférés est peut-être la Conférence de presse du 27 novembre 1967, par le général de Gaulle (durée 1 h 31). Elle mériterait des oscars (meilleur film, acteur, scénario, dialogues, décor, costume…).
samedi 21 mars 2026
La Rochelle
Charité impeccable de ma coach, venue exprès me soutenir et me conduire à la Rochelle, où je me perds toujours et où j’avais encore rendez-vous avec la médecine, hier après-midi. Elle nous offrit ensuite une demi-heure de parking pour décompresser sur la plage de la Concurrence, que je ne connaissais pas. Du monde, mais civilisé, beau temps, sable fin, ce qu’il fallait…
mercredi 18 mars 2026
hélas
Lamentations sur la médiocre publicité de mes oeuvres.
Mes collages, d’abord.
Un premier sujet de déploration est l’expérience décevante que j’ai faite à trois reprises ces derniers mois, avec trois personnes différentes. Je discute avec quelqu’un(e) qui souhaite mieux connaitre mes créations d’images. Je signale que je dispose dans le réseau Facebook de deux albums de photos, qui sont deux galeries virtuelles où l’on peut voir un assortiment de mes collages et lettrages. Sur ce, la personne sort son téléphone, ouvre Facebook et tape mon nom dans la fenêtre de recherche. Apparaissent alors une dizaine d’homonymes exacts, parmi lesquels je ne figure pas, puis quelques homonymes approximatifs, parmi lesquels je figure encore moins. Je suis l'homme invisible. L’on finit par me découvrir dans un coin mais par la bande, laborieusement et comme accidentellement. Comment expliquer ce résultat décourageant, je l’ignore. Mais sachant qu’il existe des procédés de shadow banning, c’est à dire de semi-censure, consistant à ne pas exclure carrément l’individu mais simplement à diminuer sa visibilité, j’en viens à me demander si je ne suis pas victime de ce genre de machination.
Mes collages, d’abord.
Un premier sujet de déploration est l’expérience décevante que j’ai faite à trois reprises ces derniers mois, avec trois personnes différentes. Je discute avec quelqu’un(e) qui souhaite mieux connaitre mes créations d’images. Je signale que je dispose dans le réseau Facebook de deux albums de photos, qui sont deux galeries virtuelles où l’on peut voir un assortiment de mes collages et lettrages. Sur ce, la personne sort son téléphone, ouvre Facebook et tape mon nom dans la fenêtre de recherche. Apparaissent alors une dizaine d’homonymes exacts, parmi lesquels je ne figure pas, puis quelques homonymes approximatifs, parmi lesquels je figure encore moins. Je suis l'homme invisible. L’on finit par me découvrir dans un coin mais par la bande, laborieusement et comme accidentellement. Comment expliquer ce résultat décourageant, je l’ignore. Mais sachant qu’il existe des procédés de shadow banning, c’est à dire de semi-censure, consistant à ne pas exclure carrément l’individu mais simplement à diminuer sa visibilité, j’en viens à me demander si je ne suis pas victime de ce genre de machination.
Bah, parlons d'autre chose.
mardi 17 mars 2026
cagettes
Dans une vieille maison de campagne à tendance humide comme la mienne, l’allumage du feu n’est pas toujours facile. J’ai repéré qu’un des meilleurs combustibles de départ est le bois fin des cageots. Toutes les quelques semaines j’en désosse un en arrachant une à une toutes les agrafes avec un tournevis et des tenailles, pour séparer les planchettes. Cela peut occuper une soirée. Au fil du temps j’ai acquis une certaine maitrise dans cette industrie. Si bien que maintenant, au lieu d’être une corvée que je m’impose, c’est plutôt un divertissement occasionnel.
lundi 16 mars 2026
Caillois
La visite à Paris début janvier, sur l’opportun conseil de l’ami Carnif, d’une exposition de pierres ayant appartenu à Roger Caillois, fut pour moi l’occasion de retrouver cet écrivain que je connais mal, n’ayant pas lu ses oeuvres principales. Il est à mes yeux d’abord le traducteur et l’éditeur des auteurs hispano-américains qu’il a révélés au public français après guerre, dans la collection La Croix du Sud créée par lui aux éditions Gallimard (collection où ont paru quelque cinquante livres en dix-neuf ans, de 1951 à 1970, avant d’être intégrée à la collection Du monde entier, voilà qui mériterait une notice dans Wiki). Je n’ai pas aimé un article bêtement méprisant que Caillois a écrit sur les journaux d’écrivains, mais je prise son pamphlet Description du marxisme et son recueil de textes sur les Pierres. Je me souviens aussi d’avoir publié en 1995, dans ma Lettre documentaire 141, des extraits d’une présentation qu’il avait écrite en 1973 pour le catalogue d’une exposition du paysagiste brésilien Roberto Burle Marx. Caillois y tenait des propos lumineux sur l’art des jardins. Je n’ai jamais su avec certitude si ce document était resté inédit depuis lors, ou avait été repris en volume. Pour essayer de m’en assurer, j’ai consulté naguère le pavé de ses Oeuvres en Quarto, mais il ne contient que ses oeuvres canoniques. J’en ai profité pour y lire la trentaine de pages où est retracée la chronologie de sa vie. On y mentionne une seule fois, en 1965, que Son éthylisme s’accentue (un travers dont je n’ai été informé que naguère par un correspondant au téléphone). On rapporte qu’en 1968 Il n’éprouve aucune sympathie pour les événements. On signale les deux intéressantes heures d’entretiens qu’il a accordées en 1971 à Jean-José Marchand (Archives du XXe siècle, aujourd’hui visibles sur YouTube). On y suit ses relations épisodiques mais toujours chaleureuses avec la charmante mécène argentine Victoria Ocampo, qui cherchait le contact humain (et qui le trouvait, semble-t-il).
Ps. A tout hasard : quelqu'un de mes lecteurs posséderait-il ou aurait-il accès au livre de R Caillois, Images du labyrinthe, et pourrait-il m'envoyer une photo de la table des matières ?
dimanche 15 mars 2026
sauvetage
Je sauve sans hésiter l’insecte qui se noie, je le tire de l’eau avec ce que je peux, feuille ou brindille. Le geste peut paraitre inutile ou dérisoire, mais au moins il me réjouit.
samedi 14 mars 2026
Tejero
La lecture des mémoires de Juan Carlos m’a fait repenser au lieutenant-colonel Antonio Tejero, l’officier moustachu qui avait mené en 1981 une tentative de coup d’état, dont l’échec avait renforcé l’autorité incertaine du nouveau roi. Tejero était parait-il non seulement pour le retour au franquisme mais aussi pour l’abolition de la monarchie. Je me souviens qu’il y a quelques années, lorsque je travaillais encore à l’université, j’avais entendu dire que le brave homme, après avoir purgé une peine de prison, se consacrait à la peinture en amateur. J’avais alors caressé un temps l’idée de le faire inviter par la fac pour une petite exposition ou une causerie. Plus exactement, sachant qu’un tel projet n’avait aucune chance d’être accepté, je caressais l’idée d’en formuler quand même la proposition, à seule fin de me divertir en provoquant quelques évanouissements dans le corps enseignant. Mais j’y avais renoncé, pour ne pas aggraver ma triste réputation. J’apprends maintenant que ce rebelle vient de mourir à 93 ans, le 25 février, jour même où je publiais une note sur le destin parallèle des deux Galiciens, Franco et Castro…
vendredi 13 mars 2026
fleurs
Je revois ma mère l’air songeur me dire ou se dire, comme si cela lui revenait soudain, qu’à un moment de l’année il y a ainsi partout des fleurs jaunes.
jeudi 12 mars 2026
mercredi 11 mars 2026
Re-Ferré
Après j’arrête, promis. Mais le passage en revue de cette compilation de Ferré a eu ceci de frustrant que beaucoup de chansons n’étaient pas à mon goût, et qu’il y manquait plusieurs de mes préférées. Aussi je voudrais ajouter quelques mots à propos de l’homme et de ses oeuvres.
Son gauchisme haineux ne me gênait pas trop quand j’étais jeunot, je le trouve imbuvable maintenant que je suis plus malin. En d’autres temps il aurait peut-être applaudi les guillotineurs, les fusilleurs, les goulagueurs et les tchékistes, les assassins et tortionnaires que la haine de classe rend sûrs de leur bon droit. Cela étonne, si l’on considère que lui-même n’était précisément pas d’origine plébéienne et a mené une belle carrière d'artiste riche, ou enrichi, propriétaire successivement d’un château en Bretagne (l’ilot du fort du Guesclin) puis d’un autre dans le Lot (le Perdrigal) et je suppose que sa piaule finale en Toscane n’était pas misérable. Sans doute a-t-il fait partie de ces bourges de gauche gênés d’être nantis et en rajoutant dans le gauchisme afin de se donner bonne mine. A part ça il fut un bon parolier, poète inspiré dans ses meilleurs moments, avec souvent des visions de type surréaliste, même s’il a aussi écrit des âneries balourdes. Il fut un bon musicien, son premier métier, je lis dans Wiki qu’il a même composé des oeuvres religieuses à ses débuts. On s’étonne en songeant qu’il a failli se contenter d’une carrière d’auteur-compositeur et non interprète, alors qu’il était doté d’une voix superbe. Des disques de lui que j’ai possédés, au temps du vinyle, mes deux préférés étaient le deuxième volume d’Amour Anarchie et la compilation Avec le temps / Les chansons d’amour de Léo Ferré. Je l’ai beaucoup écouté dans mon jeune âge, il a été mon chanteur favori avec Brassens.
J’aime les traits plaisants que l’on trouve dans des chansons popu comme Le guinche (Souliers pointus, robe à carreaux, Coeurs vermoulus, incognito…) ou dans la Chanson mécanisée (Mozart pour faire ses trilles, N’avait ni stylo à bille, Ni plume sergent-major : Quand il voulait une plume, Il plumait dans le costume, D’une oie qui passait dehors).
Je suis embarrassé par des chansons comme Petite (la pédophilie ne gênait pas les révolutionnaires d’alors) ou Le crachat, bien tournée mais dégoûtante.
Il a écrit de belles chansons d’amour, parfois lourdettes comme Ton style (c’est ton cul !), parfois d’une légèreté délicieuse, comme On s’aimera, Ça t’va, L’amour fou, (et A toi, Si tu t’en vas…).
Malgré la teneur idéologique je continue d’apprécier l’énergie de chansons comme Ecoute-moi ou Sur la scène, et la majesté de compositions plus lentes comme le Psaume 151, Tu ne dis jamais rien ou Night and day.
J’aime bien certains traits dans des chansons qui par ailleurs ne me plaisent pas trop (Je te vois comme un cygne noir sur la chaussée, à la marée du soir gare Saint-Lazare, quand ça descend vers le Tiers Monde…).
J’aime le Léo d’au-delà de l’idéologie dans Richard (Les gens, il conviendrait de ne les connaitre que disponibles, à certaines heures pâles de la nuit, … avec des problèmes d’homme, simplement, des problèmes de mélancolie…).
Son gauchisme haineux ne me gênait pas trop quand j’étais jeunot, je le trouve imbuvable maintenant que je suis plus malin. En d’autres temps il aurait peut-être applaudi les guillotineurs, les fusilleurs, les goulagueurs et les tchékistes, les assassins et tortionnaires que la haine de classe rend sûrs de leur bon droit. Cela étonne, si l’on considère que lui-même n’était précisément pas d’origine plébéienne et a mené une belle carrière d'artiste riche, ou enrichi, propriétaire successivement d’un château en Bretagne (l’ilot du fort du Guesclin) puis d’un autre dans le Lot (le Perdrigal) et je suppose que sa piaule finale en Toscane n’était pas misérable. Sans doute a-t-il fait partie de ces bourges de gauche gênés d’être nantis et en rajoutant dans le gauchisme afin de se donner bonne mine. A part ça il fut un bon parolier, poète inspiré dans ses meilleurs moments, avec souvent des visions de type surréaliste, même s’il a aussi écrit des âneries balourdes. Il fut un bon musicien, son premier métier, je lis dans Wiki qu’il a même composé des oeuvres religieuses à ses débuts. On s’étonne en songeant qu’il a failli se contenter d’une carrière d’auteur-compositeur et non interprète, alors qu’il était doté d’une voix superbe. Des disques de lui que j’ai possédés, au temps du vinyle, mes deux préférés étaient le deuxième volume d’Amour Anarchie et la compilation Avec le temps / Les chansons d’amour de Léo Ferré. Je l’ai beaucoup écouté dans mon jeune âge, il a été mon chanteur favori avec Brassens.
J’aime les traits plaisants que l’on trouve dans des chansons popu comme Le guinche (Souliers pointus, robe à carreaux, Coeurs vermoulus, incognito…) ou dans la Chanson mécanisée (Mozart pour faire ses trilles, N’avait ni stylo à bille, Ni plume sergent-major : Quand il voulait une plume, Il plumait dans le costume, D’une oie qui passait dehors).
Je suis embarrassé par des chansons comme Petite (la pédophilie ne gênait pas les révolutionnaires d’alors) ou Le crachat, bien tournée mais dégoûtante.
Il a écrit de belles chansons d’amour, parfois lourdettes comme Ton style (c’est ton cul !), parfois d’une légèreté délicieuse, comme On s’aimera, Ça t’va, L’amour fou, (et A toi, Si tu t’en vas…).
Malgré la teneur idéologique je continue d’apprécier l’énergie de chansons comme Ecoute-moi ou Sur la scène, et la majesté de compositions plus lentes comme le Psaume 151, Tu ne dis jamais rien ou Night and day.
J’aime bien certains traits dans des chansons qui par ailleurs ne me plaisent pas trop (Je te vois comme un cygne noir sur la chaussée, à la marée du soir gare Saint-Lazare, quand ça descend vers le Tiers Monde…).
J’aime le Léo d’au-delà de l’idéologie dans Richard (Les gens, il conviendrait de ne les connaitre que disponibles, à certaines heures pâles de la nuit, … avec des problèmes d’homme, simplement, des problèmes de mélancolie…).
mardi 10 mars 2026
Ferré 4
Le chien. Long délire libertaire grandiloquent, en partie en charabia incompréhensible, et plein d’apostrophes haineuses, au vu desquelles le disque Amour Anarchie devrait plutôt s’intituler Haine Anarchie. Il y a tromperie sur la marchandise !
C’est extra. Grand slow kitsch boursouflé mou .
L’oppression. Longue tirade molle de gauchisme sirupeux ridicule.
La The Nana. Assez kitsch, dès le titre, mais plein de trouvailles expressives.
La solitude. Slow philosophique sibyllin emphatique longuet. Mon vers préféré est le dernier, quand il dit La lucidité se tient dans mon froc, avec sa grosse voix en colère et le roulement de tambour. Jamais pigé ce qu’il voulait dire, mais je trouvais que ça sonnait bien.
Avec le temps. Terriblement triste mais très belle, doit être sa plus connue, en tout cas la première à sortir quand on demande Ferré sur YouTube, probablement celle qui restera s’il n’en reste qu’une.
L’espoir. Interminable litanie ibéro-anarchiste menaçante, prétentieuse et gonflante.
Ni Dieu ni maître. Hymne anar grandiloquent pénible.
C’est extra. Grand slow kitsch boursouflé mou .
L’oppression. Longue tirade molle de gauchisme sirupeux ridicule.
La The Nana. Assez kitsch, dès le titre, mais plein de trouvailles expressives.
La solitude. Slow philosophique sibyllin emphatique longuet. Mon vers préféré est le dernier, quand il dit La lucidité se tient dans mon froc, avec sa grosse voix en colère et le roulement de tambour. Jamais pigé ce qu’il voulait dire, mais je trouvais que ça sonnait bien.
Avec le temps. Terriblement triste mais très belle, doit être sa plus connue, en tout cas la première à sortir quand on demande Ferré sur YouTube, probablement celle qui restera s’il n’en reste qu’une.
L’espoir. Interminable litanie ibéro-anarchiste menaçante, prétentieuse et gonflante.
Ni Dieu ni maître. Hymne anar grandiloquent pénible.
lundi 9 mars 2026
Ferré 3
(Je me demande si j’ai bien fait de m’engager là-dedans. La plupart des chansons me déçoivent, et je ne suis pas sûr que mon avis à ce sujet intéresse mes lecteurs. Mais enfin quand le vin est tiré… Poursuivons.)
Comme à Ostende. De belles images (les paroles sont de Caussimon) mais je trouve le refrain lourdaud.
Les romantiques. Connaissais pas. Pas mal mais manque un peu de tonus.
La Marseillaise. Connaissais pas. Pas à mon goût mais pas mal tournée.
Pépée. Bel hommage à son singe, malgré un petit éclat de haine de gauche (le Jésus Machin, pas nécessaire) et la fin inutilement grandiloquente.
Poète, vos papiers! Récouté avec joie cette longue chanson vociférante mais qui a de la gueule, avec coups de griffe inattendus au dadaïsme, à la «poétique libérée» et à Jean Genet.
Les anarchistes. Même quand j’étais jeune et de gauche je n’aimais pas cet hymne martial tonitruant. La plupart espagnols, chante l’anarchiste monégasque, sans se poser trop de questions sur ce que furent leurs exploits en Espagne.
Les étrangers. Cette chanson me reste étrangère.
La mémoire et la mer. Longue et très belle chanson, véritable feu d’artifice d'images, parfois peu claires, mais enfin voilà de la poésie poétique et sans politique, un pur plaisir.
Comme à Ostende. De belles images (les paroles sont de Caussimon) mais je trouve le refrain lourdaud.
Les romantiques. Connaissais pas. Pas mal mais manque un peu de tonus.
La Marseillaise. Connaissais pas. Pas à mon goût mais pas mal tournée.
Pépée. Bel hommage à son singe, malgré un petit éclat de haine de gauche (le Jésus Machin, pas nécessaire) et la fin inutilement grandiloquente.
Poète, vos papiers! Récouté avec joie cette longue chanson vociférante mais qui a de la gueule, avec coups de griffe inattendus au dadaïsme, à la «poétique libérée» et à Jean Genet.
Les anarchistes. Même quand j’étais jeune et de gauche je n’aimais pas cet hymne martial tonitruant. La plupart espagnols, chante l’anarchiste monégasque, sans se poser trop de questions sur ce que furent leurs exploits en Espagne.
Les étrangers. Cette chanson me reste étrangère.
La mémoire et la mer. Longue et très belle chanson, véritable feu d’artifice d'images, parfois peu claires, mais enfin voilà de la poésie poétique et sans politique, un pur plaisir.
dimanche 8 mars 2026
Ferré 2
Quartier latin. Connaissais pas. Nostalgie mêlée de pleurnicherie estudiantine (Aux amphis tu pointes comme à l’usine… sans blague!).
T’es rock, coco! Connaissais pas. Jeu de mots pas terrible (rococo), vocifération pompeuse.
Jolie môme. Cela est maintenant bien démodé, par endroits peu clair à mes yeux, avec cependant quelques éclats de fraicheur printanière (T’es toute nue sous ton pull…).
C’est le printemps. Connaissais pas. Ne raffole pas.
La mélancolie. Connaissais pas. Oeuvre plombante.
Beau saxo. Connaissais pas. Pas terrible.
La complainte de la télé. Connaissais pas. Aussi ennuyeux que la télé.
L’Age d’or. Connaissais pas. Pas intéressé.
T’es rock, coco! Connaissais pas. Jeu de mots pas terrible (rococo), vocifération pompeuse.
Jolie môme. Cela est maintenant bien démodé, par endroits peu clair à mes yeux, avec cependant quelques éclats de fraicheur printanière (T’es toute nue sous ton pull…).
C’est le printemps. Connaissais pas. Ne raffole pas.
La mélancolie. Connaissais pas. Oeuvre plombante.
Beau saxo. Connaissais pas. Pas terrible.
La complainte de la télé. Connaissais pas. Aussi ennuyeux que la télé.
L’Age d’or. Connaissais pas. Pas intéressé.
samedi 7 mars 2026
Ferré 1
Un lecteur de Paris, Monsieur Bruno R, me confie écouter lui aussi ce chanteur. «Léo Ferré est super émouvant et touchant tout seul à gueuler sa poésie.» Bon, c’est de notre âge. Il m’envoie la photo d’une compile. C’est un double cd, 19 + 13 chansons, total 32. Cela me donne l’idée de les chercher sur YouTube pour les écouter. Mettons huit par jour.
La vie d’artiste. Une de celles que j’aimais mieux avant, mais elle n’est vraiment pas mal. Assez cafardeuse, cependant.
Paname. Le rythme sautillant est un peu kitsch, mais c’est une très belle chanson de sa période crooner, j’aime beaucoup.
Les poètes. Mélancolique et cucul.
La maffia. Je ne connaissais pas. Je n’aime pas.
Merde à Vauban. Je n’aime pas beaucoup cette pleurnicherie humaniste, avec bagnard forcément innocent (Tout ça pour rien, ils m'ont serré) et gros mots annonçant sa période de gauche, mais bien tournée, certes. Mon couplet préféré est le dernier, C’est un ptit corbillard tout noir etc, je le fredonne volontiers quand je passe à Saint-Martin.
Vingt ans. Triste mais très belle, une de mes préférées. Je l’ai écoutée parfois les larmes aux yeux. (Je ne retrouve pas le meilleur enregistrement).
La langue française. Mouais, bof. Connaissais pas, mais je m’en passais très bien.
Mister Giorgina. Pareil.
Paname. Le rythme sautillant est un peu kitsch, mais c’est une très belle chanson de sa période crooner, j’aime beaucoup.
Les poètes. Mélancolique et cucul.
La maffia. Je ne connaissais pas. Je n’aime pas.
Merde à Vauban. Je n’aime pas beaucoup cette pleurnicherie humaniste, avec bagnard forcément innocent (Tout ça pour rien, ils m'ont serré) et gros mots annonçant sa période de gauche, mais bien tournée, certes. Mon couplet préféré est le dernier, C’est un ptit corbillard tout noir etc, je le fredonne volontiers quand je passe à Saint-Martin.
Vingt ans. Triste mais très belle, une de mes préférées. Je l’ai écoutée parfois les larmes aux yeux. (Je ne retrouve pas le meilleur enregistrement).
La langue française. Mouais, bof. Connaissais pas, mais je m’en passais très bien.
Mister Giorgina. Pareil.
jeudi 5 mars 2026
bonheur
Le souvenir m’est revenu d’une chanson que j’aimais bien, quand j’étais jeune et de gauche (ce n’était pas hier). Je l’ai retrouvée sur YouTube : Le bonheur, de Léo Ferré. En la récoutant aujourd’hui, je lui trouve encore du charme : musiquette légère, belle voix grave, paroles bien tournées. Mais le contenu, par son éloge, pour le moins sa banalisation, sa non-condamnation de l’infidélité, me parait profondément répugnant.
mercredi 4 mars 2026
mille
A Paris, donc, début janvier, l’ami Bruno m’a offert le recueil de ses 1000 pages de merdes quotidiennes, publié par United Dead Artists en décembre 2023. C’est supposément le n° 100 de sa revue Elles sont de sortie, et assurément le plus gros. Un pavé imposant et de fière allure, avec sa couverture reliée de toile rouge et imprimée d’encre argentée. J’ai mis une heure, peut-être deux, à le feuilleter. Les huit dernières pages sont couvertes d’écriture manuscrite, répartie sur deux ou trois colonnes et reproduite en si petit que je n’arrive quasiment pas à la lire, surtout avec ma vue maintenant affaiblie, je le regrette. Mais mon impression est que ces pages sont destinées à donner une impression visuelle de texte, plus qu’à être lues réellement, comme j’en aurais la curiosité. A part ces huit, toutes les autres pages sont couvertes de dessins. Je suppose sans certitude que ce sont des inédits. Ils datent de différentes époques, si l’on en juge par les différences de style et par les millésimes qui apparaissent de-ci de-là, peut-être dans l’ordre chronologique, la date de 1992 figurant sur la première page. Il y a là beaucoup de l’imagerie dont Bruno sait que je ne suis pas fan : supplices et cochonneries que je ne trouve pas bandantes. Cela me fait penser au prospectus d’une société de missionnaires, que j'ai conservé des années en songeant à lui. On pouvait le leur renvoyer avec un don, après y avoir expliqué l’intention de prière. Je ne le ferai pas mais j’ai imaginé : Messieurs, veuillez prier pour l’âme de mon ami Bruno Richard, il fait que dessiner des femmes à poil en train de se faire arracher la gueule par des nazis, faites qu’il retrouve un peu de sérénité. Mais il n’y a pas que ça, entre autres aussi d'intéressants portraits, comme celui qui orne la couverture. Je ne sais nommer les différents styles et donner mes préférences en citant des pages, qui ne sont hélas pas numérotées. Vers la fin de l’ouvrage il y a une longue série de pages plus sombres, pleines d’énergie, souvent on a l’impression d’y voir du mouvement avant même de distinguer ce qui est en mouvement. Un peu partout dans le livre il y a des mots, des morceaux de phrase, qui font penser à ces bribes de conversation que l’on entend au passage lorsqu’on circule dans la foule. Et c’est une drôle de foule, que l’on croise dans ces mille pages…
mardi 3 mars 2026
actualités
Malgré toute ma sympathie pour le président Trump, j’avoue que son initiative d’attaquer l’Iran me laisse pour le moins perplexe. Cette assurance d’imposer la paix démocratique par les bombardements me fait penser à ces gauchistes qui « luttent contre la haine » en lynchant à grands coups de pied dans la gueule ceux qui ne pensent pas comme eux.
lundi 2 mars 2026
réconciliation
N’ayant pas le temps ni vraiment besoin de lire en entier l’énorme volume de mémoires publié l’an dernier par l’ex-roi d’Espagne Juan Carlos sous le titre Réconciliation, je me suis contenté d’y jeter quelques coups d’oeil. Plus d’une fois le récit m’a paru confus de par ses nombreux sauts en avant et en arrière dans le temps. Je me suis intéressé plus particulièrement à l’enfance du personnage, né à Rome en 1938, soit en pleine guerre civile espagnole. Il vécut son enfance en exil avec sa famille en Italie, puis en Suisse, puis au Portugal. Il semble avoir parlé d’abord le français mieux que l’espagnol, et il fallut que ses premiers précepteurs lui apprennent à rouler les R (p 100, 103). D’où peut-être le fait que cet ouvrage n’est pas traduit mais écrit directement en français, avec l’aide d’une rédactrice. Entre autres scènes étonnantes, on assiste à ses premières rencontres avec le général Franco, qui le fait venir en Espagne quand il a une dizaine d’années, pour lui procurer une éducation proprement espagnole et sous son contrôle. C’est l’époque très étrange dans l’histoire du pays, où le dictateur porté au pouvoir ne veut plus le lâcher, s’étant proclamé caudillo à vie, mais reste monarchiste et prépare le retour des Bourbons aux commandes. Il maintient à l’écart, c’est à dire en exil, l’héritier légitime d’Alphonse XIII, don Juan, comte de Barcelone, mais prend sous sa protection le fils de celui-ci, le jeune Juan Carlos, envers qui il se montre bienveillant, malgré sa froideur galicienne (lire notamment p 169, p 177). Il lui donne de bons conseils, comme quand il interdit au jeune homme de participer aux concours hippiques, dont il était friand : Si vous ne gagnez pas, on prétendra que vous êtes mauvais. Si vous gagnez, on prétendra qu’on vous a laissé gagner (123). Ou quand il l’engage à ne pas trop se dévoiler, lui donnant à méditer cet excellent aphorisme, digne de Gracián : On est propriétaire de ce que l’on tait, et esclave de ce que l’on dit. (116. J’aimerais savoir d’où vient cette sentence, et quelle en est la version originale). (PS. En googlant quelques mots, je trouve cette version espagnole : Uno es dueño de lo que calla y esclavo de lo que habla, la phrase étant attribuée à Freud. Mais on me fait remarquer que Freud aurait plutôt dû affirmer l'inverse, et que l'on trouve en ligne différentes formulations de cette citation, attribuée à Confucius, Churchill, Omar ibn al-Khattab, Lao-Tseu etc. Autant dire que c'est un proverbe anonyme, relayé sur internet avec des attributions hasardeuses et toujours sans référence précise).
dimanche 1 mars 2026
anniversaires
Lettre documentaire 536
LiSTE des vivants et des morts
LiSTE des vivants et des morts
dont je connais par cœur la date d’anniversaire,
quelle qu’en soit la raison.
Dans l’ordre chronologique au long de l’année :
14 février : Jennifer, ex-voisine et toujours amie, qui pourrait être ma mère. Je m’en souviens car elle nous a souvent rappelé que son anniversaire tombait à la Saint-Valentin. Elle-même nous a plusieurs fois fêté nos anniversaires à des dates complètement erronées, jamais à la bonne.
5 mai : Patrick, qui dans l’Antiquité classique fut mon fournisseur de shit et mon copain de bohème. Nous avions aussi ces deux affinités, que nos patronymes se ressemblaient, et que son 5-5 faisait écho à mon 6-6.
19 mai : Dany, mon aide de camp, coach méritoire et ma conseillère en relooking. Comment ne saurais-je son jour, depuis si longtemps qu’on se connait.
1 juin : Thierry, mon frère, cinq jours avant moi mais trois ans après.
6 juin : Moi-même.
6 juillet : Marie-France, ma soeur, un mois après moi mais dix ans avant.
16 juillet : Samuel, mon seul fils.
30 août : Bruno, à qui j’avais appris que Crumb était du même jour.
30 septembre : Sonia, la mère de mon fils.
Dans l’ordre chronologique au long de l’année :
14 février : Jennifer, ex-voisine et toujours amie, qui pourrait être ma mère. Je m’en souviens car elle nous a souvent rappelé que son anniversaire tombait à la Saint-Valentin. Elle-même nous a plusieurs fois fêté nos anniversaires à des dates complètement erronées, jamais à la bonne.
5 mai : Patrick, qui dans l’Antiquité classique fut mon fournisseur de shit et mon copain de bohème. Nous avions aussi ces deux affinités, que nos patronymes se ressemblaient, et que son 5-5 faisait écho à mon 6-6.
19 mai : Dany, mon aide de camp, coach méritoire et ma conseillère en relooking. Comment ne saurais-je son jour, depuis si longtemps qu’on se connait.
1 juin : Thierry, mon frère, cinq jours avant moi mais trois ans après.
6 juin : Moi-même.
6 juillet : Marie-France, ma soeur, un mois après moi mais dix ans avant.
16 juillet : Samuel, mon seul fils.
30 août : Bruno, à qui j’avais appris que Crumb était du même jour.
30 septembre : Sonia, la mère de mon fils.
2 octobre : Yvette-Lucienne, ma propre mère.
28 novembre : Pierre, mon père. Je me demande si ma mère et lui avaient remarqué la symétrie de leurs jours de naissance en ces deux mois consécutifs, elle peu après le début du premier, lui peu avant la fin du second.
5 décembre : Michel, l’ambassadeur des Landes. Il en déduisait avoir été conçu le 5 mars, date romantique.
28 novembre : Pierre, mon père. Je me demande si ma mère et lui avaient remarqué la symétrie de leurs jours de naissance en ces deux mois consécutifs, elle peu après le début du premier, lui peu avant la fin du second.
5 décembre : Michel, l’ambassadeur des Landes. Il en déduisait avoir été conçu le 5 mars, date romantique.
samedi 28 février 2026
respect
En français comme dans les langues de nos voisins, la plupart des dénominations respectueuses se répartissent entre deux champs sémantiques : on attribue à l’interlocuteur l’honorabilité due soit à la personne la plus âgée (senior, seigneur, monseigneur, sieur, monsieur, sire, messire, sir, señor, senhor, Herr, etc), soit à la personne la plus riche, la propriétaire de la maison de maître (dominus, domina, dom, don, dona, doña, dame, madame, etc). J’ai déjà fait remarquer (le 12 XII 07) qu’en français, si l’on considère les termes les plus communs (Monsieur, Madame), cette alternative ancienneté / propriété coïncide avec la distinction homme / femme. Il semble qu’en espagnol elle coïncide avec la distinction patronyme / prénom, puisque qu’on utilise plutôt Señor ou Señora devant le nom de famille, et Don ou Doña devant le prénom. Cherchant en ligne confirmation de cet usage, je tombe sur un forum anglophone où l’on donne des exemples bizarres, dans lesquels trois patronymes sur quatre ne sont pas typiquement castillans : "Señor is generally used with a last name : Señor Tepetl, Señor Medina. Don is generally used with the first name : Don Mazatzin, Don Genaro." Le plus drôle est que le rédacteur (ou la rédactrice) se nomme Sarasvati Ananda…
vendredi 27 février 2026
plage
Petite heure de balade hier après-midi sur la plage du Grand Crohot. Beau temps mais drôle d’ambiance, sans doute suite aux tempêtes récentes : beaucoup de déchets sur le sable (briquets, bouchons, cartouches, flacons, menus débris divers) et beaucoup d’oiseaux morts (des macareux, au bec reconnaissable). En revanche aussi beaucoup d’os de seiche, que je ramasse pour mes cailles. Ce n’était pas mal. La plage est un endroit idéal pour trouver des trucs, et le trouvage de trucs est une de mes activités préférées.
mercredi 25 février 2026
Galiciens
Un beau jour (28-03-14) je m’étais amusé à relever les nombreux points de ressemblance entre Francisco Franco et Fidel Castro, tous deux patriotes sincères, nationalistes en uniforme, rebelles providentiels, conquérants du pouvoir par le fusil, dictateurs à vie, ennemis du pluralisme, succédanés de rois, et austères Galiciens. J’apprends maintenant, en feuilletant Réconciliation, les mémoires de Juan Carlos 1er d’Espagne (Stock, 2025, p 346) que les deux hommes ne se détestaient pas : le leader maxime était si reconnaissant envers le généralissime, de ne pas s’être associé à l’embargo américain contre Cuba, qu’il décréta trois jours de deuil national dans l’île quand celui-ci mourut en 1975…
mardi 24 février 2026
crues
Jetant un coup d’oeil distrait sur les prévisions météo, un instant j’ai cru lire Vigilance extrême onction, pour Vigilance extrême inondations.
lundi 23 février 2026
dimanche 22 février 2026
L'Angérien
Ces derniers jours j’ai créé dans Wikipédia ma vingt-septième notice, celle-ci consacrée à l’hebdomadaire L'Angérien libre, paraissant depuis 1944 dans ma ville natale (angérien veut dire de Saint-Jean d’Angély).
Lien vers la notice : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ang%C3%A9rien_Libre
Lien vers ma fiche personnelle dans Wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Comtessin
samedi 21 février 2026
télévision
L’émission de télévision pour laquelle je me suis rendu à Paris, plus précisément au Kremlin-Bicêtre, début janvier, vient d’être mise en ligne sur la chaine YouTube de TV Libertés. C’est un numéro de la série Les idées à l’endroit, animée par le fringant Rémi Soulié. Ce numéro consacré au penseur colombien Nicolás Gómez Dávila avait pour invités Michaël Rabier, auteur d’une thèse sur cet écrivain, Pierre-Marie Sigaud, éditeur de ladite thèse, et moi-même.
Lien vers l'émission : https://www.youtube.com/watch?v=rO91pitsKfU
vendredi 20 février 2026
prénoms
En trainant sur le net, je m’amuse à collecter les prénoms scindés, qui me fascinent. J’en avais reproduit une dizaine, en avril dernier, en avouant que le procédé m’agaçait un peu. Un lecteur m’a éclairé : cela sert à s'inscrire sur les réseaux sociaux sans mettre son nom complet, mais juste son prénom (merci Vin Cent !). Cela peut se comprendre. Mais je suis persuadé que beaucoup le font simplement par imitation, parce que c’est trendy. Dans le fond ça m’amuse, surtout quand la césure ne correspond pas avec le découpage en syllabes. J’ai l’impression que c’est surtout une pratique féminine, en tout cas il n’y a que des filles dans la quinzaine des derniers notés : Alie Nor, Aman Dine, An Ne, Au Drey, Au Rore, Béné Dicte, Ca Mille, Chris Telle, Lae Ti, Laeti Tia, Louise Tte, Mel Anie, Per Rine, Sama Nta, So Phie…
mercredi 18 février 2026
Loti
Jeudi dernier, donc, j’ai eu l’occasion d’aller visiter avec un groupe d’amies la maison de Pierre Loti à Rochefort. Je connais mal cet écrivain, ne l'ayant je crois jamais lu, mais la grande réputation de sa triple maison, devenue musée et l’une des principales curiosités du département, attirait mon attention depuis longtemps. Les locaux ont été fermés plusieurs années pour rénovation et ont rouvert l’an dernier. La visite obligatoirement guidée n’est pas de tout repos, durant plus d’une heure et demie, avec l’obligation de rester debout presque tout le temps, mais on est récompensé de l’effort par le spectacle pittoresque. Toutes les salles ont une ambiance différente : galerie de portraits, pagode martiale, pièce arabe, mosquée, salon gothique, chambre napoléonienne, etc. Et chacune est saturée de meubles, de tapis, de tentures, de boiseries, de carrelages, d’oeuvres d’art, d’objets divers. Dans la plupart, peut-être toutes, même le plafond est entièrement décoré. L’une d’elles est un cabinet de curiosités montrant des collections naturalistes : coquillages, nids et oeufs, pierres, etc. Il y a quelque part une étagère sur laquelle on a aligné la cinquantaine de livres écrits par Loti. Le guide m’a étonné en m’avouant qu’ils n’étaient pas rangés dans l’ordre, comme je les mettrais si j’étais en charge. Parmi les objets que j’ai préférés, les deux oeufs d’autruche suspendus au plafond de la mosquée, et dans la même salle de charmants petits vitraux, mais placés trop haut pour être commodément contemplés. La visite se terminait par la traversée du jardinet sagement dallé. Excursion recommandée, mais je préviens les amateurs que les réservations doivent se faire plusieurs mois à l’avance !
(Photo Marie Toutous).
lundi 16 février 2026
dangers
Deux dangers évités de justesse sur la route. Le dernier jour du mois dernier, en début d’après-midi, sur la grand route nord-sud allant de Niort à Saintes, vers où nous descendions avec des amis, un chevreuil surgi du côté droit a soudain traversé la route juste devant la voiture, à peut-être un kilomètre après Loulay. Une seconde plus tôt, nous l’aurions percuté de plein fouet. Et jeudi dernier, sur une petite route entre Doeuil et Surgères, en chemin vers Rochefort où nous descendions avec des amies, le passage était coupé par un arbre mort tombé en travers de la chaussée. Une voiture était déjà arrêtée devant nous, et une autre en sens inverse. A quelques personnes dont notre conductrice, les deux autres conducteurs et moi-même, nous parvînmes à faire pivoter l’arbre et à le tirer au bord de la route. L’un des pilotes, qui était du coin, nous confia qu’il était déjà passé à ce même endroit un quart d’heure auparavant, et que l’arbre n’était pas encore tombé. La chute remontait donc à seulement quelques minutes avant notre passage.
dimanche 15 février 2026
chèques
Après avoir annoncé (le 7 novembre 2022) que je renonçais à un projet de longue date (publier une liste des chèques que j’avais émis pendant une période donnée) je viens finalement de réaliser cette idée, en limitant l’opération à la durée d’un an (l’année 2025), c'est bien assez. Dans cet autoportrait en banal consommateur, je donne une information minimale, tenant sur une ligne pour chaque chèque : la date, la somme en euros, le bénéficiaire, le lieu. La plupart des noms de ville sont abrégés : il s’agit d'Aulnay (de Saintonge), Beauvoir (sur Niort), Brioux (sur Boutonne), Mauzé (sur le Mignon), Saint-Jean (d’Angély), Villeneuve (la Comtesse). La plupart des achats sont de simples achats de survie, afin de remplir mon frigo et de faire le plein d’essence. Dans les rares autres cas, quand je m’en souvenais, j’ai donné une précision. Comme l’ensemble gardait une dimension raisonnable, j’en ai fait ma Lettre documentaire n° 535.
Lettre documentaire 535
CHÈQUES DE 2025
Liste des 84 chèques postaux émis en l’an 2025
par Philippe Billé
07 janvier 2025 : 71,60 (Essence, St-Jean).
15 janvier 2025 : 44,51 (Leclerc, St-Jean).
22 janvier 2025 : 45,29 (Leclerc, St-Jean).
25 janvier 2025 : 24,06 (Leclerc, St-Jean).
25 janvier 2025 : 26,98 (Gamm Vert, St-Jean).
29 janvier 2025 : 27,58 (Intermarché, Beauvoir).
05 février 2025 : 48,02 (Intermarché, St-Jean).
10 février 2025 : 60,10 (Essence, St-Jean).
10 février 2025 : 33,45 (Leclerc, St-Jean).
14 février 2025 : 17,21 (Auchan, Biganos).
20 février 2025 : 41,31 (Intermarché, Beauvoir).
26 février 2025 : 37,03 (Intermarché, St-Jean).
26 février 2025 : 73,63 (Essence, St-Jean).
04 mars 2025 : 28,73 (Intermarché, St-Jean).
08 mars 2025 : 22,06 (Intermarché, Beauvoir).
12 mars 2025 : 24,00 (Intermarché, Beauvoir).
14 mars 2025 : 18,82 (Leclerc, St-Jean).
20 mars 2025 : 50,24 (Essence, St-Jean).
24 mars 2025 : 34,57 (Auchan, Biganos).
27 mars 2025 : 41,59 (Intermarché, Beauvoir).
29 mars 2025 : 57,01 (Essence, St-Jean).
03 avril 2025 : 23,46 (Bricomarché, St-Jean,
pour un verre de sous-verre et une bâche).
03 avril 2025 : 25,51 (Leclerc, St-Jean).
07 avril 2025 : 55,29 (Leclerc, St-Jean).
07 avril 2025 : 21,99 (Gamm Vert, St-Jean,
pour un sécateur Bahco, mes préférés).
16 avril 2025 : 28,68 (Intermarché, Beauvoir).
22 avril 2025 : 60,80 (Leclerc, St-Jean).
28 avril 2025 : 48,25 (Leclerc, St-Jean).
03 mai 2025 : 40,41 (Intermarché, St-Jean).
07 mai 2025 : 36,47 (Intermarché, Mauzé).
10 mai 2025 : 64,50 (Essence, St-Jean).
10 mai 2025 : 12,42 (Leclerc, St-Jean).
13 mai 2025 : 31,66 (Leclerc, St-Jean).
23 mai 2025 : 38,95 (Intermarché, St-Jean).
30 mai 2025 : 41,66 (Leclerc, St-Jean).
02 juin 2025 : 62,31 (Essence, St-Jean).
06 juin 2025 : 37,82 (Leclerc, St-Jean).
06 juin 2025 : 233,78 (Bâti Innov, St-Jean,
acompte pour une fenêtre à double vitrage).
11 juin 2025 : 39,51 (Intermarché, St-Jean).
28 juin 2025 : 56,36 (Essence, St-Jean).
28 juin 2025 : 32,39 (Leclerc, St-Jean).
04 juillet 2025 : 16,42 (Intermarché, St-Jean)
06 juillet 2025 : 22,00 (Intermarché, Beauvoir)
15 juillet 2025 : 59,37 (Essence, St-Jean).
15 juillet 2025 : 30,88 (Leclerc, St-Jean).
20 juillet 2025 : 28,80 (Intermarché, Beauvoir).
21 juillet 2025 : 27,58 (Bricomarché, St-Jean,
dalles de ciment pour border un carré de potager).
30 juillet 2025 : 59,34 (Essence, St-Jean).
30 juillet 2025 : 18,45 (Leclerc, St-Jean).
31 juillet 2025 : 545,47 (Bâti Innov, St-Jean,
solde du prix de ma fenêtre à double vitrage).
04 août 2025 : 44,73 (Intermarché, St-Jean).
18 août 2025 : 147,12 (Garage Roy, Villeneuve,
vidange annuelle de ma voiture automobile).
19 août 2025 : 46,32 (Leclerc, St-Jean).
22 août 2025 : 11,57 (Intermarché, Aulnay).
26 août 2025 : 16,41 (Intermarché, St-Jean).
26 août 2025 : 59,40 (Essence, St-Jean).
Lettre documentaire 535
CHÈQUES DE 2025
Liste des 84 chèques postaux émis en l’an 2025
par Philippe Billé
07 janvier 2025 : 71,60 (Essence, St-Jean).
15 janvier 2025 : 44,51 (Leclerc, St-Jean).
22 janvier 2025 : 45,29 (Leclerc, St-Jean).
25 janvier 2025 : 24,06 (Leclerc, St-Jean).
25 janvier 2025 : 26,98 (Gamm Vert, St-Jean).
29 janvier 2025 : 27,58 (Intermarché, Beauvoir).
05 février 2025 : 48,02 (Intermarché, St-Jean).
10 février 2025 : 60,10 (Essence, St-Jean).
10 février 2025 : 33,45 (Leclerc, St-Jean).
14 février 2025 : 17,21 (Auchan, Biganos).
20 février 2025 : 41,31 (Intermarché, Beauvoir).
26 février 2025 : 37,03 (Intermarché, St-Jean).
26 février 2025 : 73,63 (Essence, St-Jean).
04 mars 2025 : 28,73 (Intermarché, St-Jean).
08 mars 2025 : 22,06 (Intermarché, Beauvoir).
12 mars 2025 : 24,00 (Intermarché, Beauvoir).
14 mars 2025 : 18,82 (Leclerc, St-Jean).
20 mars 2025 : 50,24 (Essence, St-Jean).
24 mars 2025 : 34,57 (Auchan, Biganos).
27 mars 2025 : 41,59 (Intermarché, Beauvoir).
29 mars 2025 : 57,01 (Essence, St-Jean).
03 avril 2025 : 23,46 (Bricomarché, St-Jean,
pour un verre de sous-verre et une bâche).
03 avril 2025 : 25,51 (Leclerc, St-Jean).
07 avril 2025 : 55,29 (Leclerc, St-Jean).
07 avril 2025 : 21,99 (Gamm Vert, St-Jean,
pour un sécateur Bahco, mes préférés).
16 avril 2025 : 28,68 (Intermarché, Beauvoir).
22 avril 2025 : 60,80 (Leclerc, St-Jean).
28 avril 2025 : 48,25 (Leclerc, St-Jean).
03 mai 2025 : 40,41 (Intermarché, St-Jean).
07 mai 2025 : 36,47 (Intermarché, Mauzé).
10 mai 2025 : 64,50 (Essence, St-Jean).
10 mai 2025 : 12,42 (Leclerc, St-Jean).
13 mai 2025 : 31,66 (Leclerc, St-Jean).
23 mai 2025 : 38,95 (Intermarché, St-Jean).
30 mai 2025 : 41,66 (Leclerc, St-Jean).
02 juin 2025 : 62,31 (Essence, St-Jean).
06 juin 2025 : 37,82 (Leclerc, St-Jean).
06 juin 2025 : 233,78 (Bâti Innov, St-Jean,
acompte pour une fenêtre à double vitrage).
11 juin 2025 : 39,51 (Intermarché, St-Jean).
28 juin 2025 : 56,36 (Essence, St-Jean).
28 juin 2025 : 32,39 (Leclerc, St-Jean).
04 juillet 2025 : 16,42 (Intermarché, St-Jean)
06 juillet 2025 : 22,00 (Intermarché, Beauvoir)
15 juillet 2025 : 59,37 (Essence, St-Jean).
15 juillet 2025 : 30,88 (Leclerc, St-Jean).
20 juillet 2025 : 28,80 (Intermarché, Beauvoir).
21 juillet 2025 : 27,58 (Bricomarché, St-Jean,
dalles de ciment pour border un carré de potager).
30 juillet 2025 : 59,34 (Essence, St-Jean).
30 juillet 2025 : 18,45 (Leclerc, St-Jean).
31 juillet 2025 : 545,47 (Bâti Innov, St-Jean,
solde du prix de ma fenêtre à double vitrage).
04 août 2025 : 44,73 (Intermarché, St-Jean).
18 août 2025 : 147,12 (Garage Roy, Villeneuve,
vidange annuelle de ma voiture automobile).
19 août 2025 : 46,32 (Leclerc, St-Jean).
22 août 2025 : 11,57 (Intermarché, Aulnay).
26 août 2025 : 16,41 (Intermarché, St-Jean).
26 août 2025 : 59,40 (Essence, St-Jean).
05 septembre 2025 : 41,23 (Leclerc, St-Jean).
13 septembre 2025 : 66,60 (Essence, St-Jean).
13 septembre 2025 : 45,47 (Leclerc, St-Jean).
17 septembre 2025 : 37,48 (Intermarché, St-Jean).
23 septembre 2025 : 17,49 (Intermarché, Beauvoir).
28 septembre 2025 : 22,78 (Intermarché, Beauvoir).
01 octobre 2025 : 11,31 (Intermarché, St-Jean).
05 octobre 2025 : 16,35 (Intermarché, Beauvoir).
07 octobre 2025 : 74,00 (Dillerin, Croix-Comtesse,
pour le ramonage annuel de mon poêle à bois).
09 octobre 2025 : 29,37 (Intermarché, Brioux).
13 octobre 2025 : 27,86 (Simply Contact, Niort).
16 octobre 2025 : 66,97 (Essence, St-Jean).
21 octobre 2025 : 22,51 (Intermarché, Surgères).
28 octobre 2025 : 38,18 (Intermarché, Beauvoir).
13 septembre 2025 : 66,60 (Essence, St-Jean).
13 septembre 2025 : 45,47 (Leclerc, St-Jean).
17 septembre 2025 : 37,48 (Intermarché, St-Jean).
23 septembre 2025 : 17,49 (Intermarché, Beauvoir).
28 septembre 2025 : 22,78 (Intermarché, Beauvoir).
01 octobre 2025 : 11,31 (Intermarché, St-Jean).
05 octobre 2025 : 16,35 (Intermarché, Beauvoir).
07 octobre 2025 : 74,00 (Dillerin, Croix-Comtesse,
pour le ramonage annuel de mon poêle à bois).
09 octobre 2025 : 29,37 (Intermarché, Brioux).
13 octobre 2025 : 27,86 (Simply Contact, Niort).
16 octobre 2025 : 66,97 (Essence, St-Jean).
21 octobre 2025 : 22,51 (Intermarché, Surgères).
28 octobre 2025 : 38,18 (Intermarché, Beauvoir).
06 novembre 2025 : 46,44 (Leclerc, St-Jean).
08 novembre 2025 : 61,97 (Essence, St-Jean).
19 novembre 2025 : 42,60 (Aldi, Surgères).
24 novembre 2025 : 60,86 (Essence, St-Jean).
24 novembre 2025 : 47,06 (Leclerc, St-Jean).
29 novembre 2025 : 19,33 (Intermarché, St-Jean).
02 décembre 2025 : 17,58 (Leclerc, Surgères).
05 décembre 2025 : 13,71 (Intermarché, Beauvoir).
12 décembre 2025 : 28,00 (Leclerc, St-Jean).
19 décembre 2025 : 22,61 (Intermarché, St-Jean).
20 décembre 2025 : 22,00 (Librairie des Halles, Niort,
un livre pour offrir à mon aide de camp).
23 décembre 2025 : 71,19 (Essence, St-Jean).
23 décembre 2025 : 17,96 (Intermarché, St-Jean).
26 décembre 2025 : 21,06 (Leclerc, St-Jean).
08 novembre 2025 : 61,97 (Essence, St-Jean).
19 novembre 2025 : 42,60 (Aldi, Surgères).
24 novembre 2025 : 60,86 (Essence, St-Jean).
24 novembre 2025 : 47,06 (Leclerc, St-Jean).
29 novembre 2025 : 19,33 (Intermarché, St-Jean).
02 décembre 2025 : 17,58 (Leclerc, Surgères).
05 décembre 2025 : 13,71 (Intermarché, Beauvoir).
12 décembre 2025 : 28,00 (Leclerc, St-Jean).
19 décembre 2025 : 22,61 (Intermarché, St-Jean).
20 décembre 2025 : 22,00 (Librairie des Halles, Niort,
un livre pour offrir à mon aide de camp).
23 décembre 2025 : 71,19 (Essence, St-Jean).
23 décembre 2025 : 17,96 (Intermarché, St-Jean).
26 décembre 2025 : 21,06 (Leclerc, St-Jean).
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