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samedi 23 mai 2026

arbres

    En Gironde, où j’étais de passage cette semaine, il m’a semblé remarquer comme la dernière fois, qu’une maladie ravage tous les palmiers visibles au bord des routes et dans les rues. Cela semble affecter aussi bien les palmiers à chanvre et les phoenix, leurs feuilles pâlissent, ternissent et sèchent.
    Ici ce sont des animaux, c'est peut-être simplement un lièvre, qui a attaqué trois arbrisseaux que j’avais plantés dernièrement dans la haie du fond à la Rigeasse (la Caatinga). Une espèce de thuya low cost acheté dans un supermarché, un faux-cyprès que j’étais tout content d’avoir récupéré intact dans la benne de cimetière où il avait été jeté, et une pousse de troène que j’avais en pot. Les deux premiers ont eu l’écorce rongée, surtout le thuya, le troisième a eu ses feuilles mangées presque entièrement. Je les ai protégés avec du grillage. Le faux-cyprès est mort quand même. Le thuya était si abimé que j’ai dû couper le petit tronc très bas, ne laissant pratiquement que les deux premières branches, horizontales. J’en ai redressé une et l’ai tuteurée en position verticale contre le moignon de tronc, en espérant qu’elle forme un tronc de remplacement, mais ce n’est pas gagné. Le troène refait des feuilles à profusion, il a bien repris.

dimanche 1 février 2026

plantes

Lettre documentaire 534

MES LIVRES DE BOTANIQUE

poème-liste de leurs titres et dates
sans autres mentions

A la découverte des champignons, 1996.
L’ABC des plantes, guide pratique de phytothérapie, 1997.
Arbres, 1990.
Les Arbres, arbustes et arbrisseaux forestiers, 1913.
Arbres, Carnet de dessins, 2002.
Arbres et arbustes à feuilles persistantes, 2001.
Arbustes, arbrisseaux et lianes d’Europe occidentale, 1983.
Arbustes d’ornement, 1990.
Champignons d’Europe occidentale, 1992.
Fleurs et plantes des champs, 1994.
Fleurs sauvages, 1989.
La Flore d’Europe occidentale, 1991.
Forêts charentaises, 2001.
Fruits, 1990.
Guide de dendrologie, 1996.
Guide des graminées, carex, joncs et fougères, 1991.
Hablemos de árboles, 1961.
Légumes, 1990.
Madeira : plantas e flores, 1995.
Plantes à bulbes, 1997.
Plantes aromatiques et condimentaires, 1990.
Plantes d’intérieur, 1990.
Plantes de rocaille, 1984.
Plantes du bord de l’eau et des prairies, 1990.
Plantes grimpantes, 1990.
Plantes médicinales, 1983.
Plantes vivaces, 1998.
SOS Plantes : Jardin d’ornement, 1990.
Trees : an illustrated identifier and encyclopedia, 2003.
The Trees of Britain and Northern Europe, 1991.
Wild flowers, 1996.

jeudi 18 décembre 2025

haie

Vendredi dernier j’ai participé à la plantation d’une haie le long du chemin du Bois Plan, qui sépare les communes de La Croix-Comtesse et Vergné à l’ouest de la grand route. La haie s’étend sur plus de cinq cents mètres, sur le côté du chemin situé à La Croix, avec deux brèches pour le passage des engins agricoles. Pour différentes raisons j’avais hésité à y aller, puis je m’étais décidé au dernier moment. Le rendez-vous était à huit heures et demie du matin. J’étais sur place avec dix minutes d’avance, il n’y avait encore personne et je me demandais si j’étais bien au bon endroit. Puis les autres sont arrivés, une vingtaine de bénévoles, presque tous inconnus de moi. La plupart des habituels volontaires du village, que je m’attendais à trouver, n’étaient pas là. Il y avait surtout des hommes assez âgés, cultivateurs et/ou chasseurs, et simples résidents du coin. Parmi les quelques d’âge moyen, le propriétaire et les experts, qui avaient apporté les plants, des outils et du matériel. Une seule femme, très jeune, dont j’ai su que c’était une élève de troisième se destinant aux métiers de l’environnement, qui accomplissait là un stage. Sa présence étonnait parmi les rudes gaillards mais je n’ai entendu personne lui manquer de respect, et l’ambiance générale était bon enfant. Le terrain avait été labouré au préalable sur toute la longueur et sur plus de deux mètres de large, de sorte que la terre était ameublie et qu’il n’y avait pas besoin de grands outils pour faire les trous de plantation, les mini-pelles de jardin suffisaient. Elles étaient fournies mais j’avais apporté la mienne. J’ai appris l’expression « la terre est amoureuse », à propos du sol argileux si collant, que nous avions d’énormes mottes accrochées aux semelles de nos bottes dès les premiers pas. Je n’ai pas su le détail des espèces plantées, semble-t-il un assortiment assez varié, comme il convient. La plantation, plus facile et plus rapide que je n’aurais cru, fut suivie par la délicate installation des filets de protection. J’avais déjà participé à une création de haie à Doeuil il y a deux ans. Cette nouvelle expérience était un peu différente dans son organisation mais tout aussi intéressante, pour la satisfaction de l’oeuvre utile, qu’on espère durable, et l’agrément des conversations informelles, à propos d’arbres et de tout autres sujets. En fin de matinée l’essentiel du travail était fait, un tracteur soufflait de la paille sur la plantation, je me suis esquivé juste avant midi.

mercredi 3 décembre 2025

forêt

    En feuilletant le livre de Philippe Domont et Nikola Zaric, La forêt en 301 questions / réponses, sous-titré Guide des curieux en forêt (Delachaux et Niestlé, 2007) j’ai eu connaissance ou confirmation de quelques données. Cet ouvrage plein de bon sens, patronné par l’Association suisse des forestiers, n’est pas produit par des idéologues mais par des hommes de terrain sachant gérer intelligemment la forêt. Oui, élever des arbres consiste à soigner quelques privilégiés au détriment de leurs milliers de concurrents, tant pis pour l’égalitarisme. Et oui, maintenant qu’on ne se chauffe plus au bois, les forêts délaissées sont pleines de «bois abandonné», de «bois qui traine» : «Le bois mort des arbres secs encore sur pied, les troncs cassés ou les branches jonchant le sol…» (p 33 & 36). En effet beaucoup de bois ne sont plus entretenus. J’entretiens les miens, parmi d’autres actions, en récupérant ce que je peux en tirer de bûches et de fagot, et en laissant pourrir sur place les fragments inutiles, que j’entasse ici et là pour que le sol n’en soit pas encombré et qu’ils n’entravent pas la marche. Le livre aborde la question de ces tas de branches délaissées (question 289) que le forestier est amené à former, et qui servent aussi de refuge à la menue faune. Il suggère de les placer au pied des grands arbres. D’autres endroits peuvent convenir. On ne médite jamais trop quant à l’emplacement de ses tas de branches.

jeudi 16 octobre 2025

ginkgo

J’ai déjà raconté dans ce journal (le 26 mars 2023) comment un pied de ginkgo haut d’un mètre, que l’on m’avait offert jadis, et que j’avais planté dans une clairière au bosquet de la Rigeasse, était bientôt mort, mais aussi comment, des années plus tard, j’avais soudain constaté que poussait, à quelques centimètres du petit tronc sec, une nouvelle tige, menue mais bien vivante et feuillue. Cette résurrection m’enchantait : j’entourai de soins le miraculé, je le bichonnais, le montrais volontiers aux rares visiteurs. Mais enfin maintenant force est de constater que le rené, s’il survit, végète et ne grandit guère. Il passait à peine les vingt centimètres quand je l’ai découvert, trois ans après il n’atteint toujours pas les quarante. Cela me déçoit un peu. Je me console en songeant qu’après tout l’arbrisseau extrême-oriental est doublement exotique : ce ginkgo est un bonsaï…

vendredi 10 octobre 2025

arbres

Bizarre soirée d’hier à Saint-Jean d’Angély, où m’attirait une annonce de L’Angérien vue dans Facebook, selon laquelle le Rotary Club organisait à 20 heures une «conférence passionnante» d’un certain André Guyot sur les arbres remarquables. L’entrée était payante mais bon marché, 5 euros, et j’étais stimulé, outre le sujet, par le défi de sortir le soir en ville, qui plus est dans un club dont je ne suis pas familier. J’étais parti de chez moi assez tôt pour avoir le temps de faire d'abord quelques courses à Lidl, et j’arrivai fort heureusement avec un peu d’avance à l’amphithéâtre de la Fondation Robert, que j’eus du mal à localiser. Il n’y avait sur place qu’une petite quinzaine de personnes, organisateurs compris. Le cadre n’avait rien de luxueux : une banale salle de spectacle aux fauteuils rouges, sur scène un écran suspendu à un trépied, et devant elle un projecteur juché sur des meubles empilés. Après un quart d’heure charentais perdu à attendre en vain l’arrivée d’autres spectateurs, puis un autre quart d’heure pour permettre au conférencier de comprendre plus ou moins comment fonctionnait l’appareil, lequel menaçait de ne pas rester chargé jusqu’au bout, comme il advint en effet, la soirée commença donc avec une demi-heure de retard. En fait de conférence le programme consistait d’abord et principalement en la projection de deux films documentaires, entrecoupée par des pannes, et avec les lumières de la salle restant allumées en permanence, de sorte que les images étaient difficilement visibles, et les inscriptions à peu près illisibles. Les films n’ont pas été bien présentés, ni leurs auteurs cités, mais ayant tout de même réussi à noter leurs titres, La vie secrète des arbres et L’intelligence des arbres, j’ai pu me renseigner sur eux ensuite. Le second présente les idées mi-scientifiques mi-délirantes du garde forestier Peter Wohlleben, qui a fait fortune ces dernières années avec son best-seller du même titre. Selon lui les arbres communiquent par des ondes électriques et par les racines, et ils sont plus intelligents et plus bienveillants que nous, les vilains êtres humains. Après ces deux films le conférencier a projeté des photos de quelques arbres remarquables de la région, et dialogué quelques minutes avec le public. Un gentilhomme de l’assemblée a fait part d’une expérience de reboisement intelligent, combinant croissance spontanée et intervention humaine, dont il avait été témoin devers Arès, près du Bassin. Et dans les derniers moments il nous fut aimablement servi un verre de pineau, quelques Monaco, une meringue, et une languette de galette charentaise. Il y avait donc à boire et à manger.

mardi 5 août 2025

rencontres

    A mon compte-rendu commercial d’hier, j’ajouterai cette note pour évoquer quelques rencontres. Il y eut par exemple ce couple âgé, elle cassée en deux, me racontant que lorsqu’ils arrivèrent là où ils vivent, il n’y avait qu’un arbre aux alentours de la maison, mais son mari en a si bien planté qu’il y en a maintenant peut-être mille. Il y eut ce gentilhomme avec qui j’ai négocié et finalement conclu ma meilleure vente. C’était manifestement un connaisseur et un esthète, au surplus un type vraiment charmant, genre Georges Clooney mais avec le regard intelligent. J’aurais dû essayer de le capturer au lieu de le laisser repartir. Il y eut surtout Roland, avec qui j’ai causé plus d’une heure. Je le revois depuis des années dans les vide-greniers, où il m’achète tous les livres sur les arbres, quand j’en ai, il doit en posséder une belle collection. C’est un bon connaisseur de la question et le seul avec qui j’ai de rares occasions d’en parler. La fois où on a fait connaissance, il m’a raconté qu’il avait fait pousser de graine des féviers d’Amérique, soit des Gleditsia triacanthos, ces sortes d’acacias aux épines longues comme le doigt, et qu’il en avait planté toute une haie. Ce curieux rural, plus ou moins de mon âge, vous parle en français normal, et l’on comprend au cours de la conversation qu’il connait non seulement le nom usuel mais aussi le nom latin des arbres et leur classement par familles, mais si l’un de ses voisins vient à le saluer en passant, il lui parle à leur façon : I charriais dau bois, c’est à dire Je transportais du bois, répond-il à quelqu’un disant l’avoir aperçu la veille. Ce dimanche je lui ai raconté entre autres ma mésaventure de l’année dernière, quand j’ai tenté en vain de signaler un houx de taille exceptionnelle à l’association s’occupant d’arbres remarquables (voir au 27 XII 24). A un moment un couple s’est arrêté et lui a demandé comment il allait. Mieux, répondit-il, et comme le propos intriguait, il expliqua qu’on lui avait diagnostiqué l’an dernier un cancer des os. Il entre dans les détails, ses douleurs au dos, les pompiers refusant de le transporter, lui-même payant un taxi pour l’emmener à Niort, son hospitalisation, l’identification et le traitement chimique de la maladie, les piqures dans le ventre, désagréables mais supportables, puis une si douloureuse qu’il s’est évanoui, après quoi, soupçonnant qu’il avait servi de cobaye pour un test, il avait décidé d’arrêter les soins et demandé à rentrer chez lui, où il vit seul. On suppose qu’il a reçu de l’aide à domicile, mais non, dit-il, il a tout refusé. Et voilà qu’il se met à pleurer au souvenir du très pénible hiver qu’il a passé, réapprenant seul peu à peu à marcher, peinant à soulever une simple casserole. Consternation de nous trois. Quelle histoire, en effet. Moi-même, la racontant à mon coach au téléphone le lendemain, j’en avais encore la gorge serrée. Mais enfin pour l’instant l’homme ne souffre plus et semble aller assez bien, s’il se promène sur les marchés. Une fois le couple reparti, je ramenai la conversation sur les arbres, pour détendre l’atmosphère. Roland m’a appris que l’érable dit de Montpellier aurait été ainsi nommé jadis abusivement par des botanistes de l’université de Montpellier, alors qu’il n’est pas particulièrement localisé autour de cette ville. Selon lui c’est dans notre région que cet arbre est le plus abondant. Cela ne me semble pas bien correspondre avec ce que je crois savoir des forêts locales, restes de l’antique sylve d’Argenson, séparant le Poitou de la Saintonge et marquant un seuil écologique, puisqu’elle serait à la limite méridionale de l’aire d’extension du hêtre et à la limite septentrionale de celle dudit érable de Montpellier. Cette situation marginale me parait mal s'accorder avec un peuplement plus dense, mais enfin c’est une question dont on pourra rediscuter. Une autre fois. Mon étalage se situait en bout de rangée, près du bord du stade, au-delà duquel se trouvait, à peu de distance, un petit bois de forme carrée, d’une trentaine de mètres de côté. Il était peuplé de tilleuls, d’érables et de frênes, vaguement plantés en rangs irréguliers, entre lesquels l’herbe était proprement coupée ras. Il régnait sous ce couvert une pénombre magique et bienfaisante. Dans les moments creux je désertais mon étal, pour aller m’y rafraichir. Aucun bois naturel n'aurait eu cet aspect. C'était pour moi encore une fois l'occasion de constater que ce vers quoi souvent me porte mon goût, ce que j'ai le plus de plaisir à contempler, n'est pas la nature elle-même mais la nature retouchée par l'homme.

mercredi 23 juillet 2025

Xénophon

    Parce que Tesson le recommande, j’ai consulté l’Economique, de Xénophon, qui ne m’a pas emballé. Bien déçu par son chapitre «De la plantation des arbres, notamment de la vigne, des figuiers et des oliviers» : il n’en dit presque rien, sa science consiste essentiellement à évaluer la profondeur du trou de plantation.

vendredi 27 décembre 2024

houx

Dans la banlieue de Bordeaux, au sud de la commune de Canéjan, au bord de la route de Bayonne, se trouve un bien nommé Lac Vert, créé il y a une trentaine d’années dans une carrière désaffectée. On peut y pratiquer la pêche, mais l’activité principale des visiteurs consiste à faire le tour du lac en marchant ou en courant, ce qui représente un circuit d’environ un kilomètre. On peut aussi emprunter un sentier forestier rectiligne partant du nord du lac en direction du nord-ouest. Au bout de deux ou trois cents mètres, ce sentier débouche sur une petite route bitumée, dite chemin de Camparian, menant à droite vers le bourg de Canéjan, à gauche vers Cestas. Lorsqu’on parcourt ce sentier forestier, on peut constater que les arbres poussant de part et d’autre sont principalement des houx. On traverse là une houssaie, un holly wood. Quand on va du lac vers le chemin de Camparian, on trouve à main droite, une vingtaine de mètres avant d’arriver à la route, un pied de houx d’une taille exceptionnelle. A vue d’œil il doit faire entre dix et quinze mètres de haut et l’on peut voir que la cime semble morte. Mais il étonne surtout par sa corpulence. J’ai mesuré le tronc à hauteur d’homme : la circonférence est de 2,20 mètres, ce qui donne un diamètre d’environ 70 centimètres, mensurations hors du commun pour cette espèce (Ilex aquifolium). J’indiquerai ici un autre itinéraire, si l’on veut rendre visite à cet arbre : partir de Canéjan vers Cestas par la petite route dite chemin de Camparian, se garer lorsqu’on trouve sur la droite la maison de repos l’Ajoncière, peu après s’ouvre sur la gauche le sentier forestier, où l’on trouvera à main gauche, à une vingtaine de mètres, ledit pied de houx. J’avais découvert ce géant il y a vingt ou vingt-cinq ans, lors d’une de mes premières promenades dans ces parages, où m’avait guidé mon coach. A l’époque j’ai voulu signaler ce spécimen à l’association ARBRES (acronyme d’Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde). Cette association créée dans les années 90 repère et recense des arbres de France remarquables par leur grand âge, leur grande taille ou quelque autre qualité notable. Avec l’accord du propriétaire, elle attribue à l’arbre un label sans valeur juridique, mais qui contribue à la protection du spécimen en lui assurant un minimum de notoriété. Il me semble qu’alors, c’était avant l’usage du courrier électronique, on m’a communiqué l’adresse d’un ou deux correspondants départementaux, à qui j’ai écrit mais dont je n’ai pas eu de réponse, et je n’ai pas insisté. Depuis, évoquant parfois le cas en discutant avec des amateurs d’arbres, j’ai régulièrement songé recontacter l’asso, et je m’y suis enfin décidé au mois d’avril de cette année. On a répondu laconiquement à mon mail en m’envoyant un formulaire à remplir. C’est à cette occasion que j’ai pris la peine de mesurer l’épaisseur du tronc. En mai, un responsable m’a téléphoné de Bretagne, très aimable, jugeant le cas digne de labellisation. Restait à savoir ce qu’en dirait le propriétaire, en l’occurrence la commune, l’arbre se trouvant dans l’espace public. Elle réagit très froidement. Après quelques mails et coups de fil, on me fit savoir en juin que les autorités locales avaient connaissance de l'arbre, avaient pris des dispositions pour le protéger, et ne souhaitaient pas traiter avec l’association, à laquelle je transmis ce piètre résultat. Mon correspondant de Bretagne avoua redouter que ce houx ne reste un «arbre remarquable caché». Peu après, un mail du siège national m’informait que l’on ne s’intéressait plus à ce candidat. Eh bien, j’aurai entrepris cette démarche en vain. L’essentiel est que cet arbre ne semble pas menacé. Et puis, cela m’a donné la matière pour une note de journal...


samedi 1 juin 2024

psychologie

    Existe-t-il un livre qui étudie la psychologie des arbres ? Qui explique par exemple pourquoi certaines espèces poussent si volontiers de traviole, prostrées ou même vautrées, comme le prunellier ou le fusain. On a souvent envie de leur dire Fais un effort, que diable, tiens-toi mieux que ça...

jeudi 14 mars 2024

ménage

Un autre de mes travaux intermittents ces jours-ci consiste à tirer avantage d’une dizaine de petits arbres morts, pour la plupart des aubépines, au bosquet de la Rigeasse. Certains sont tombés dernièrement, soufflés par le vent, d’autres ne tenaient plus debout que soutenus par les énormes cordes de lierre qui les enserraient. Je dégage ces matériaux, je trie. Je teste le bois mort en le tapant au sol. Ce qui se casse tout seul est trop pourri pour être conservé, je ne fais de bûches qu’avec les parties les plus dures. Je coupe aussi des buchettes dans les plus grosses tiges de lierre. Cela donne du bois médiocre, qui brûle vite, mais quand même utile et il est gratuit. La plupart de ces ruines végétales se trouvent à la lisière nord, où j’en profite pour faire du ménage. C’est dans cette bordure que se tiennent deux grands vieux ormes qui survivent mystérieusement, alors que tous les autres meurent jeunes. L’un des deux pourtant porte une vilaine blessure à deux mètres du sol, provoquée m'a-t-on dit par un coup de foudre il y a longtemps, mais qui n’affecte pas sa vigueur. Il y a aussi, à l’extrémité ouest de cette lisière, quelques beaux vieux pieds de Cornouiller mâle. J’ai passé un moment à les examiner. Ils ont ces temps-ci leurs petites fleurs jaunes, qui sortent avant les feuilles. C’est une espèce au bois durissime, plus dur encore que celui du Cornouiller sanguin, et qui lui vaut le surnom de bois de fer. Certains rameaux semblent assez minces pour être coupés au sécateur, mais requièrent la scie. Je nettoie ces arbres désordonnés, je leur ôte des branches cassées ou mal placées, je les aide à retrouver belle allure.

mardi 18 octobre 2022

mercredi 21 avril 2021

sept arbres

Du temps que j’étais redevenu bordelais, il y a deux trois ans, j’avais consacré quelques promenades à rendre visite aux sept vieux arbres de la ville auxquels les experts ont accordé le titre de «remarquables». Le Cyprès chauve du parc Rivière. Le Pacanier et le Cyprès de marais du Mexique du Jardin public, pas faciles à trouver. Le Peuplier noir du parc Chantecrit, zone sinistre si je me souviens bien. Mes préférés ont été la Glycine des Archives municipales, rue du Loup, seule de ces vénérables que je connaissais déjà, et les deux Arbres de Judée de l’hôpital Charles Perrens, zone pas très gaie non plus. Ces deux-là doivent avoir en ce moment les belles fleurs pourpres de leur espèce. J’ajouterais bien à cette liste la treille centenaire de la place de la Victoire.

samedi 3 avril 2021

arboles

Peu de livres m'auront paru aussi aimables que ce Hablemos de árboles, publié par un certain Gerónimo Sosa en 1961 à Mendoza, en Argentine. Il y a d'abord l'aspect rassurant de l'objet : c'est un robuste gaillard de près de quatre cents pages, au papier lisse resté d'un blanc impeccable, avec une solide reliure en carton vert. Il y a ensuite la belle désinvolture de ce titre sans façons : «Parlons d'arbres». Il y a enfin la qualité riche et variée du contenu. Le livre comprend deux parties, dont la première est une présentation des arbres en général : leur histoire, leur biologie, leur utilité, leur agrément. Il n’y manque pas même une trentaine de pages consacrées à une anthologie de poèmes sur les arbres, par quelques auteurs espagnols et hispano-américains. Après cette «Parte general» vient la seconde, plus longue, la «Parte especial», dans laquelle sont passés en revue tous les arbres d’Argentine, aussi bien les espèces indigènes que les exotiques, importées d’Europe ou d’ailleurs. Elles sont présentées dans l’ordre alphabétique du nom commun, avec quelques entorses ingénieuses à cet ordre afin de rapprocher des essences cousines, que leur dénomination éloignerait (on rassemble ainsi, par exemple, toutes les espèces de pins, ou de palmiers, quels que soient leurs noms particuliers). Chaque espèce est documentée non seulement par du texte mais aussi tantôt par des photos, tantôt par de délicats dessins botaniques, lesquel(le)s sont également l’œuvre de l’auteur, qui n’a pas fait les choses à moitié. Je me régale à feuilleter ce livre admirable, qui entre dans la catégorie des chefs d’œuvre.

dimanche 14 mars 2021

arbres

J'apprends dans Arbres et forêts, de Léon et Maurice Pardé, père et fils (Armand Colin, 1938) que les botanistes, du moins les botanistes francophones, distinguent quatre catégories d'arbres selon leur taille : 
1) Les arbres à proprement parler, qui sont les plus grands. 
2) Les arbustes, formés comme les grands arbres d'un tronc et d'un houppier, mais ne dépassant pas ou rarement sept mètres. Ils en donnent pour exemple le noisetier, j'y ajouterais le sureau, le fusain, le prunellier, l'aubépine, l'arbousier, le houx... 
3) Les arbrisseaux, ramifiés dès la base, et formant ainsi un buisson haut tout au plus de trois ou quatre mètres, comme le genêt (ou le lilas, le seringat, le forsythia, etc). 
4) Enfin les sous-arbrisseaux ne dépassant guère un mètre, tels le thym, la lavande, le fragon. 
Wikipédia reprend cette typologie, tout en étant aussi avare en exemples. Les définitions de l'arbuste et de l'arbrisseau dans le Grand Robert et le Wiktionnaire me paraissent fumeuses. Pour ma part j'observe que dans le langage courant, c'est le mot arbuste qui s'applique à ce que les botanistes nomment arbrisseau, et ce dernier terme désigne les jeunes arbres. J'ai l'impression que les anglophones ne distinguent pas les deux premières catégories, il n'y a pas d'article correspondant à Arbuste dans le Wikipedia en anglais.