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jeudi 4 décembre 2025

Iacovleff

    A Saint-Jean d’Angély, j'ai visité l’exposition que le Musée des Cordeliers consacre au centenaire de la Croisière noire (une traversée de l’Afrique, de l’Algérie à Madagascar, financée par André Citroën et co-dirigée par l’explorateur angérien Louis Audouin-Dubreuil). On peut voir là toute une collection d’objets, dont un bel oeuf d’autruche serti de cuir, mais pour moi la grande révélation a été de découvrir les dessins de l’artiste de l’expédition, Alexandre Iacovleff, superbes portraits des voyageurs et des indigènes.
    
(L'expo dure jusqu'en avril)

lundi 18 juillet 2022

Faye

 Parce qu’on me l’avait conseillé, j’ai essayé de lire le roman Petit pays, du chanteur Gaël Faye (Grasset, 2016). J’ai bien aimé la première page, où l’on explique assez clairement la différence entre les Hutus, qui sont «petits avec de gros nez», et les Tutsis, «grands et maigres avec des nez fins». Après j’ai commencé à m’ennuyer, et malgré mes efforts je n’ai pu tenir jusqu’au bout. J’aurais dû me méfier, sachant que l’œuvre avait été distinguée par le prix Goncourt des Lycéens et celui des étudiants France-Culture-Télérama, ce sont quand même des signes qui ne trompent pas.

vendredi 17 juin 2022

Monod

Ces derniers temps j’ai parcouru, lu des passages des Méharées de Théodore Monod. J’avais trouvé dans une boite à livres une édition de poche récente (Actes Sud, collection Babel, 2018) de cet ouvrage paru en 1937 et maintes fois réédité depuis. Monod y évoque ses voyages à travers le Sahara et le Sahel dans les années 20 et 30. Peu d’hommes auront mérité autant que lui la qualification de savant, étant à la fois zoologue, botaniste, géologue, topographe, archéologue, préhistorien, théologien… excusez du peu. Mais ses notes ne sont pas toutes scientifiques, loin de là, son livre est d’abord une oeuvre littéraire où il raconte aussi sa vie matérielle, dresse des portraits, fait des réflexions, décrit des paysages. J’ai remarqué son goût pour les notations colorées. Ignorant la plupart des noms de lieux cités, j’ai assez vite renoncé à suivre en détail ses itinéraires mais là n’est pas l’essentiel. On sent chez Monod un tempérament de sportif à la Sylvain Tesson, qui se plait à affronter les rigueurs d’un climat extrême. J’ai déploré qu’une paire de fois il se livre à des blagues idiotes, telle au chapitre IX la crotte de bique glissée dans le verre de thé d’un de ses compagnons. Autrement il donne plutôt l’impression d’un homme pondéré. J’ai noté cette phrase du chapitre VII où il se définit comme «étant par principe opposé à toute destruction inutile, donc à la chasse». Ce livre est un vaste capharnaüm, tout lecteur doit pouvoir y glaner quelque chose à son goût.