(Ma vie palpiteuse, suite.)
Mercredi dernier mon aide de camp est venue me rendre visite depuis sa Gironde, par hasard juste avant que ne s’y déclarent les énormes incendies de forêt qui depuis font la une. Un des motifs du déplacement était de me conduire le lendemain jeudi après-midi à une consultation d’ophtalmologie à Lagord, une banlieue au nord de La Rochelle. Nous nous y rendîmes en partant le matin assez tôt pour avoir le temps de passer d’abord quelques heures dans la commune voisine de L’Houmeau, en bord de mer. Nous visitâmes l’église Sainte-Anne (quatre vitraux de Charles Champigneulle, 1902), nous déjeunâmes sur l’herbe à l’ombre des arbres, au port du Plomb, et nous passâmes un moment sur une plage de galets où, la marée étant haute et la mer étale, j’eus le plaisir de me baigner. L’ophtalmo devait ensuite m’annoncer que depuis ma dernière visite il y a neuf mois, l’évolution de la cataracte avait fait passer mon acuité visuelle de six degrés à quatre pour les deux yeux, et que je devrais envisager une opération en décembre. Je me résigne à cette perspective qui ne me réjouit pas, mais que je préfère quand même à celle de devenir tout à fait aveugle. Dans les jours qui suivirent nous apprîmes comme tout le monde que des feux avaient éclaté en Gironde à Saumos et dans les Landes voisines à Biscarosse, l'incendie girondin s’étendant ensuite vers la presqu’ile du Cap-Ferret puis vers la rive Nord du Bassin d’Arcachon, où réside ma camarade. Elle envisagea d’abord de rentrer promptement chez elle, je l’incitais plutôt à s’abstenir de ce retour, qui bientôt s’avéra impossible car sa commune était évacuée. Elle reste donc pour l’instant dans mon hacienda. Sa maison n’est pas menacée par les flammes, le danger principal est celui des fumées, nous songeons maintenant à l’action de possibles pillards sur les habitations abandonnées. Nous nous tenons quotidiennement informés de la situation, par les réseaux sociaux et par les télévisions BFM et CNews. Pour nous c’est une impression curieuse, que d’entendre répéter sans cesse des toponymes qui d’ordinaire font rarement les grands titres mais nous sont familiers, comme ceux des communes riveraines du Bassin (d’Ouest en Est Lège, Arès, Andernos, Lanton, Audenge) mais aussi ceux de hameaux plus lointains (Blagon, Lubec, Pointe-Emile, Marcheprime, Croix-d’Hins). Et je trouve dans les Google News des titres comme celui-ci de la BBC : Wildfire now nine miles from French city of Bordeaux. Je m’amuse à noter les poncifs dans la rhétorique des journalistes. Il y a bien sûr les Soldats du feu (il faudrait créer un prix spécial pour récompenser les journalistes capables de prononcer quatre phrases au sujet des pompiers sans recourir à cette périphrase). Il y a aussi l’Elan de solidarité. Je charrie ma réfugiée en lui faisant remarquer l’élan de solidarité qui m’incite à lui permettre de prolonger son séjour sous mon toit…
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
Affichage des articles dont le libellé est Gironde. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gironde. Afficher tous les articles
mercredi 29 juillet 2026
vendredi 27 décembre 2024
houx
Dans la banlieue de Bordeaux, au sud de la commune de Canéjan, au bord de la route de Bayonne, se trouve un bien nommé Lac Vert, créé il y a une trentaine d’années dans une carrière désaffectée. On peut y pratiquer la pêche, mais l’activité principale des visiteurs consiste à faire le tour du lac en marchant ou en courant, ce qui représente un circuit d’environ un kilomètre. On peut aussi emprunter un sentier forestier rectiligne partant du nord du lac en direction du nord-ouest. Au bout de deux ou trois cents mètres, ce sentier débouche sur une petite route bitumée, dite chemin de Camparian, menant à droite vers le bourg de Canéjan, à gauche vers Cestas. Lorsqu’on parcourt ce sentier forestier, on peut constater que les arbres poussant de part et d’autre sont principalement des houx. On traverse là une houssaie, un holly wood. Quand on va du lac vers le chemin de Camparian, on trouve à main droite, une vingtaine de mètres avant d’arriver à la route, un pied de houx d’une taille exceptionnelle. A vue d’œil il doit faire entre dix et quinze mètres de haut et l’on peut voir que la cime semble morte. Mais il étonne surtout par sa corpulence. J’ai mesuré le tronc à hauteur d’homme : la circonférence est de 2,20 mètres, ce qui donne un diamètre d’environ 70 centimètres, mensurations hors du commun pour cette espèce (Ilex aquifolium). J’indiquerai ici un autre itinéraire, si l’on veut rendre visite à cet arbre : partir de Canéjan vers Cestas par la petite route dite chemin de Camparian, se garer lorsqu’on trouve sur la droite la maison de repos l’Ajoncière, peu après s’ouvre sur la gauche le sentier forestier, où l’on trouvera à main gauche, à une vingtaine de mètres, ledit pied de houx. J’avais découvert ce géant il y a vingt ou vingt-cinq ans, lors d’une de mes premières promenades dans ces parages, où m’avait guidé mon coach. A l’époque j’ai voulu signaler ce spécimen à l’association ARBRES (acronyme d’Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde). Cette association créée dans les années 90 repère et recense des arbres de France remarquables par leur grand âge, leur grande taille ou quelque autre qualité notable. Avec l’accord du propriétaire, elle attribue à l’arbre un label sans valeur juridique, mais qui contribue à la protection du spécimen en lui assurant un minimum de notoriété. Il me semble qu’alors, c’était avant l’usage du courrier électronique, on m’a communiqué l’adresse d’un ou deux correspondants départementaux, à qui j’ai écrit mais dont je n’ai pas eu de réponse, et je n’ai pas insisté. Depuis, évoquant parfois le cas en discutant avec des amateurs d’arbres, j’ai régulièrement songé recontacter l’asso, et je m’y suis enfin décidé au mois d’avril de cette année. On a répondu laconiquement à mon mail en m’envoyant un formulaire à remplir. C’est à cette occasion que j’ai pris la peine de mesurer l’épaisseur du tronc. En mai, un responsable m’a téléphoné de Bretagne, très aimable, jugeant le cas digne de labellisation. Restait à savoir ce qu’en dirait le propriétaire, en l’occurrence la commune, l’arbre se trouvant dans l’espace public. Elle réagit très froidement. Après quelques mails et coups de fil, on me fit savoir en juin que les autorités locales avaient connaissance de l'arbre, avaient pris des dispositions pour le protéger, et ne souhaitaient pas traiter avec l’association, à laquelle je transmis ce piètre résultat. Mon correspondant de Bretagne avoua redouter que ce houx ne reste un «arbre remarquable caché». Peu après, un mail du siège national m’informait que l’on ne s’intéressait plus à ce candidat. Eh bien, j’aurai entrepris cette démarche en vain. L’essentiel est que cet arbre ne semble pas menacé. Et puis, cela m’a donné la matière pour une note de journal...
mardi 16 janvier 2024
climat
Pour se figurer les différences entre le climat de l’Amérique du Nord et celui de l’Europe, il faut songer par exemple que Montréal et son rude hiver se trouvent à la même latitude que Soulac, dans le Médoc (45° 30‘), ce qui tombe, dans l’arrière-pays, entre St-Genis de Saintonge et Pons.
lundi 11 juillet 2022
plage
Pendant la semaine dernière, passée en Gironde avec une incursion dans les Landes, j’ai visité entre autres : une animalerie à Biganos où j’ai acheté pour mes cailles quatre kilos de graines concassées, une église à Sanguinet, une belle plantation à Biscarosse, un laboratoire d’analyses médicales à Audenge, la déchetterie de Lanton, un resto sur le port de Cassy où j’ai mangé des palourdes et des seiches, çà et là des supermarchés et des boites à livres. J’étais comme en vacances. J’ai piqué à la plage quelques poignées de sable, de quoi remplir un sac, pour mes cailles aussi. J’entretiens au milieu de la volière une petite plage sèche où elles vont se rouler. Quand je peux j’y mêle de la cendre, mais en ce moment je ne fais guère de feu.
Inscription à :
Articles (Atom)



