Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
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vendredi 1 mai 2026
Baselitz
J’ai toujours trouvé les peintures de Georg Baselitz, notamment ses peintures la tête en bas, non seulement laides, mais ridicules.
jeudi 11 décembre 2025
Cézanne
Afin de vérifier si vraiment ce peintre me plaisait si peu que ça, j’ai emprunté à Loulay un bel album Cézanne, publié par Gilles Plazy au Chêne en 1996. Je n’en parlerai pas aussi méchamment que Dali, jugeant que Cézanne était «le peintre le plus mauvais de France … le plus maladroit, le plus catastrophique», mais enfin ce livre ne m’a pas convaincu du contraire. On a mis en couverture un assez joli portrait du fils de l’artiste, et j’aime bien aussi celui de son père lisant le journal. Mais à part ça je trouve ses portraits mornes, à commencer par ceux de sa femme Hortense à la mine lugubre. Ses natures mortes sont bien aimables, avec ou sans pommes, mais quand on a vu celles qui se faisaient à la grande époque des Flamands, comment dire… Et ses paysages sont fades, Montagne Sainte-Victoire ou pas. Quant aux scènes de genre, je n’en tire pas plus de joie : ses Joueurs de carte respirent l’ennui, et ses Baigneurs et Baigneuses nus sont d’une laideur consternante. Ah, tant pis.
dimanche 14 juillet 2024
Balande
Feuilleté le Catalogue raisonné des œuvres de Gaston Balande (1880-1971) peintre charentais que je ne connaissais pas (ouvrage du Croit vif, 2012, emprunté à Loulay). Bon peintre, et pas du tout avant-gardiste : paysages, dont beaucoup de ports, scènes de genre, portraits, quelques natures mortes. Mes préférées images sont peut-être son autoportrait au beau visage grave de circa 1920 placé en frontispice, et son ex-libris imprimé, page 121. J’ai aussi parcouru sa biographie en début de volume. Encore un destin anti-marxiste, celui d’un non-héritier parti de très bas mais qui a réussi à mener une belle carrière, bien méritée. Il était de Saujon, il a aussi vécu à Senneville dans l’Eure, à Paris, et plus durablement à Lauzières, petit village côtier dépendant de Nieul sur Mer, au-dessus de La Rochelle. Quelques aléas de son parcours : il était né bizarrement à Madrid, sa mère ayant fugué en Espagne après être tombée enceinte d’un homme marié. C’est seulement onze ans plus tard qu’elle épousa le mécanicien Fernand Balande, qui lui donna son patronyme. Lui-même eut un seul fils, André, né en 1904, qui fut lui aussi artiste peintre, sous le pseudonyme d’André Delauzières, mais mourut prématurément en 1941, des suites d’une blessure de guerre. A la fin de sa vie, étant devenu veuf à 89 ans, il épousa en secondes noces, semble-t-il pour des commodités testamentaires, sa belle-sœur, qui déjà cohabitait avec le couple, et il mourut peu après.
jeudi 27 juin 2024
Klimt
Il est assez naturel qu’une petite bibli de village comme celle de Loulay ne possède pas beaucoup d’albums de peinture, il est plus étonnant qu’il y en ait parmi ceux-ci deux consacrés au seul Gustav Klimt, les deux ornant leur couverture du même portrait de Judith I. L’un d’eux s’intitule Rêves dorés de Gustav Klimt, texte d’Angela Wenzel, dont le nom bizarrement ne figure qu’à la dernière page en lettres d’un millimètre (Editions Palette, 2005), l’autre Gustav Klimt 1862-1918 Le monde comme une forme féminine, de Gilles Néret (Taschen, 2013). J’ai emprunté les deux ensemble, non pour les lire, je n’en ai guère le temps ni le besoin, juste pour regarder les images. Les belles images des peintures de Klimt, que l’on a tous plus ou moins déjà vues et sur lesquelles je n’ai rien de spécial à dire. Remarqué quelques dessins émouvants de belles endormies, offrant à la vue leurs jambes écartées. Appris qu’outre les portraits, l’artiste avait aussi peint des paysages, arbres et maisons. Il y a quelques photos où l’on voit sa bonne tête barbue et où il porte une grande robe à l’orientale, qui ne lui va pas mal. Son nom de famille manque un peu de voyelles, je m’amuse à le renommer Gustav Klimat.
mardi 26 septembre 2023
Otto Dix
Je n’ai pas lu le livre d’Eva Karcher sur Otto Dix, 1891-1969 (Taschen, 2010) mais je l’ai feuilleté pour regarder les images. Beaucoup d’œuvres de ce peintre allemand portent sur des sujets sinistres comme la guerre ou les bas-fonds, qui ne m’attirent pas, mais j’aime souvent ses portraits. J’ai l’impression que bizarrement, à toutes les époques, Dix a produit d’une part des tableaux brossés à grands coups de pinceau façon expressionniste, qui ne sont pas à mon goût, et d’autre part des œuvres plus fignolées, qui ont ma préférence. On trouve dans cette seconde catégorie le célèbre Portrait de la journaliste Sylvia von Harden (1926), laquelle avait l’air un peu snob. C’est le seul tableau que je connaissais déjà vaguement et que j’ai reconnu au fil des pages. Ma préférée peinture dans ce copieux album a été un paysage, Randegg sous la neige avec des corbeaux (1935), qui rappelle les scènes hivernales de Brueghel l’Ancien. Je crois que j’ai tendance à aimer facilement les paysages neigeux, quel que soit l’artiste.
dimanche 18 juin 2023
Yvonne
Récemment j’ai créé dans Wikipédia ma dix-neuvième notice, celle-ci consacrée à Yvonne, l’épouse de Georges Préveraud de Sonneville. Ils étaient tous deux peintres et ont vécu à Bordeaux, à Martillac et à Talence, mais c’est à Gradignan que se trouve le musée conservant leurs œuvres. Pour moi l’évocation de ce couple d’artistes est indissociable du souvenir de mes dernières années girondines, époque où j’habitais non loin de ce bon musée, qui exposait chaque mois un nouveau choix de peintures des Sonneville.
mardi 7 décembre 2021
girls
Je ne vais jamais voir les putes mais j’aime bien les regarder, à l’occasion. Elles n’en sont pas toutes, les filles que dessine Bill Térébenthine, on reconnait même parmi elles des vedettes (Deneuve, Bardot, Marylin…). Lui les appelle des girls. Il a réuni ces images dans trois volumes numériques de Some girls (sur le site éditorial de GFIV, le Groupe Fictif d’Intervention Virtuelle, 2018 et 2019) et plus récemment dans Many girls (2021). Ce sont des pdf en accès gratuit. Chaque page montre une belle fille, rarement plus, en tenue légère, tenue de plage par exemple, ou habillée mollement (décolleté lâche, ceinture défaite…). Il se dégage de l’ensemble une ambiance estivale et sensuelle, d’un érotisme léger, quelquefois plus ardent, telle cette donzelle à quatre pattes sur un fauteuil, l’abricot visible (page 26 de Many girls). Il y a au début du premier volume une Présentation de l’éditeur, qui ne m’aide pas bien à comprendre l’œuvre, mais peut-être ne s’agit-il que d’une parodie du baratin des critiques d’art. La technique est variable : dessin, peinture, mélange de dessin et peinture, couleur, noir et blanc, monochromie, mélange de couleur et de noir et blanc. Une des images les plus réussies à mes yeux est ce portrait de dame dessiné au trait noir, avec juste les lèvres teintées de rouge (Many girls p 22). J’aime bien l’air songeur qu’ont souvent les modèles. J’ai l’impression que tous ces dessins et peintures sont réalisés d’après des photos. Certains reproduisent même explicitement des couvertures de magazines de la seconde moitié du XXe siècle, genre Lui, Crime Detective, Hustler… (L’auteur s’emploie d’ailleurs, dans d’autres publications, à reproduire des couvertures de livres et de disques). Telle est en quelque sorte l’essence de Térébenthine, si j’ose dire : il ne représente pas simplement des femmes, il re-représente la façon dont elles ont été représentées sur des clichés d’il y a quelques décennies. C’est un méta-mateur. Il n’a pas le style léché d’un Aslan. Les premiers volumes ont souvent un genre brouillon et maniéré qui rappelle Bazooka. Le dernier présente une façon plus dépouillée, plus épurée, plus concentrée sur l’objectif de rendre simplement, à travers une imagerie datée, la grâce éternelle de la féminité. Profitons-en, pendant qu’elle existe encore.
Liens : Some girls 1, Some girls 2, Some girls 3, Many girls.
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