mardi 31 mars 2026

oeufs

    Mes trois cailles m'épatent. Non seulement elles ont passé l'hiver sans broncher, mais elles se remettent à pondre quasiment à la même date que l'an dernier : elles m'avaient donné un premier oeuf le 29 mars, cette année j'ai trouvé les deux premiers hier le 30.

lundi 30 mars 2026

Monocle

    Parmi les pépites que charrie le flux du net, j’ai pêché cette belle répartie extraite d’un film des sixties, Le Monocle, où un Paul Meurisse plus sentencieux que jamais déclame : Jusqu’à présent j’ai fait ce qu’il convenait que je fisse, maintenant je ferai ce qu’il est nécessaire que je fasse. Le propos m’a fait sourire, je me suis promis d’essayer de le retenir. Et j’ai voulu savoir à qui l’on devait cette bonne phrase, mais je n’ai pu en avoir le coeur net. D’après la fiche technique de Wiki, Le Monocle n’est pas un seul film mais une série de trois, et je ne sais déjà pas duquel il s’agit là, peut-être le troisième, Le Monocle rit jaune, pour l’ambiance asiatique. Quant aux dialoguistes, ils ont varié selon les films, le dernier en ayant eu pas moins de trois à lui tout seul, dont le réalisateur Georges Lautner…
    Voir cet extrait ici.

dimanche 29 mars 2026

actualités

    Pendant que Trump et Israël continuent de se faire aimer au Proche Orient, les Européens font le gros dos en lorgnant le prix de l’essence et en songeant à la nouvelle avalanche de réfugiés qui va encore leur tomber sur la gueule prochainement. Nous changeons d’heure cette nuit, mais hélas pas de monde.

samedi 28 mars 2026

dix

DIX CHOSES QUE JE N’AIME PAS

Je n'aime pas les voitures à deux portes
Je n’aime pas la tronche de Mick Jagger
Je n’aime pas le brame du cerf
Je n’aime pas la lecture aux toilettes
Je n’aime pas bronzer au soleil
Je n’aime pas les pages d’accueil à carrousel
Je n’aime pas les parapluies télescopiques
Je n’aime pas le papier hygiénique historié
Je n’aime pas les chapeaux bicornes
Je n’aime pas les spéculoos

vendredi 27 mars 2026

amis

    Un correspondant taquin, s’amusant de mon impopularité, et des brouilleries que me vaut régulièrement l’expression de mes sentiments et de mes opinions, m’avait plaisamment suggéré d’étudier le best-seller increvable de Dale Carnegie, Comment se faire des amis. Il est vrai que l’expérience de la vie m’a plus souvent appris comment se faire des ennemis. Or voilà que l’autre jour je trouve dans une boite à livres une édition de poche de cet évangile du développement personnel. Naturellement je l’ai emportée, puis j’ai pris un moment pour la feuilleter. Comme on pouvait s’y attendre, il n’y a là qu’un étalage de platitudes, révélant que l’eau mouille, que le feu brûle, et que pour se faire aimer il convient d’être aimable (attentif, compréhensif, conciliant et autres banalités). Tout cela est bien évident, mais quand la seule façon d’être aimable consiste à s’auto-censurer, c’est à dire à fermer sa gueule, le silence est parfois au-dessus de mes forces…

jeudi 26 mars 2026

luxe

    Je repense régulièrement à l’avis d’un connaisseur, Robert Colonna d’Istria, estimant que le luxe n’est pas ce qu’il y a de plus cher, mais ce qu’il y a de plus beau. J’y repense en l’occurrence parce que ma pension vient d’être augmentée, passant de 717 à 724 euros par mois. Cela n’est pas mirobolant, mais en revanche j’échappe à la promiscuité des habitations collectives, je vis dans une maison austère mais spacieuse, avec un jardin, des animaux, des bois charmants, dans un environnement relativement paisible. N’y a-t-il pas là des traits de luxe, en comparaison de la vie de beaucoup de mes concitoyens ?

mercredi 25 mars 2026

localisation

    Si j’en juge aux Actualités locales qui me sont proposées ces derniers jours, Google semble maintenant persuadé que je réside à La Rochelle ou à l’ile d’Oléron. C’est toujours mieux que quand ils me croyaient installé au fin fond du Limousin, mais enfin…

mardi 24 mars 2026

théâtre

    Disparition de Lionel Jospin. Le râteau décisif qu’il s’était pris en 2002 ne m’avait pas fait pleurer. Mais je retiens de lui cette honnête analyse, semble-t-il dans Répliques, sur France Culture, le 29 septembre 2007 : « Pendant toutes les années du mitterrandisme nous n'avons jamais été face à une menace fasciste, et donc tout anti-fascisme n'était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon, mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste. »

lundi 23 mars 2026

conférence

    Un de mes films préférés est peut-être la Conférence de presse du 27 novembre 1967, par le général de Gaulle (durée 1 h 31). Elle mériterait des oscars (meilleur film, acteur, scénario, dialogues, décor, costume…).

samedi 21 mars 2026

La Rochelle

    Charité impeccable de ma coach, venue exprès me soutenir et me conduire à la Rochelle, où je me perds toujours et où j’avais encore rendez-vous avec la médecine, hier après-midi. Elle nous offrit ensuite une demi-heure de parking pour décompresser sur la plage de la Concurrence, que je ne connaissais pas. Du monde, mais civilisé, beau temps, sable fin, ce qu’il fallait…

mercredi 18 mars 2026

hélas

    Lamentations sur la médiocre publicité de mes oeuvres.
    Mes collages, d’abord.
    Un premier sujet de déploration est l’expérience décevante que j’ai faite à trois reprises ces derniers mois, avec trois personnes différentes. Je discute avec quelqu’un(e) qui souhaite mieux connaitre mes créations d’images. Je signale que je dispose dans le réseau Facebook de deux albums de photos, qui sont deux galeries virtuelles où l’on peut voir un assortiment de mes collages et lettrages. Sur ce, la personne sort son téléphone, ouvre Facebook et tape mon nom dans la fenêtre de recherche. Apparaissent alors une dizaine d’homonymes exacts, parmi lesquels je ne figure pas, puis quelques homonymes approximatifs, parmi lesquels je figure encore moins. Je suis l'homme invisible. L’on finit par me découvrir dans un coin mais par la bande, laborieusement et comme accidentellement. Comment expliquer ce résultat décourageant, je l’ignore. Mais sachant qu’il existe des procédés de shadow banning, c’est à dire de semi-censure, consistant à ne pas exclure carrément l’individu mais simplement à diminuer sa visibilité, j’en viens à me demander si je ne suis pas victime de ce genre de machination.

    Bah, parlons d'autre chose.

mardi 17 mars 2026

cagettes

Dans une vieille maison de campagne à tendance humide comme la mienne, l’allumage du feu n’est pas toujours facile. J’ai repéré qu’un des meilleurs combustibles de départ est le bois fin des cageots. Toutes les quelques semaines j’en désosse un en arrachant une à une toutes les agrafes avec un tournevis et des tenailles, pour séparer les planchettes. Cela peut occuper une soirée. Au fil du temps j’ai acquis une certaine maitrise dans cette industrie. Si bien que maintenant, au lieu d’être une corvée que je m’impose, c’est plutôt un divertissement occasionnel.

lundi 16 mars 2026

Caillois

La visite à Paris début janvier, sur l’opportun conseil de l’ami Carnif, d’une exposition de pierres ayant appartenu à Roger Caillois, fut pour moi l’occasion de retrouver cet écrivain que je connais mal, n’ayant pas lu ses oeuvres principales. Il est à mes yeux d’abord le traducteur et l’éditeur des auteurs hispano-américains qu’il a révélés au public français après guerre, dans la collection La Croix du Sud créée par lui aux éditions Gallimard (collection où ont paru quelque cinquante livres en dix-neuf ans, de 1951 à 1970, avant d’être intégrée à la collection Du monde entier, voilà qui mériterait une notice dans Wiki). Je n’ai pas aimé un article bêtement méprisant que Caillois a écrit sur les journaux d’écrivains, mais je prise son pamphlet Description du marxisme et son recueil de textes sur les Pierres. Je me souviens aussi d’avoir publié en 1995, dans ma Lettre documentaire 141, des extraits d’une présentation qu’il avait écrite en 1973 pour le catalogue d’une exposition du paysagiste brésilien Roberto Burle Marx. Caillois y tenait des propos lumineux sur l’art des jardins. Je n’ai jamais su avec certitude si ce document était resté inédit depuis lors, ou avait été repris en volume. Pour essayer de m’en assurer, j’ai consulté naguère le pavé de ses Oeuvres en Quarto, mais il ne contient que ses oeuvres canoniques. J’en ai profité pour y lire la trentaine de pages où est retracée la chronologie de sa vie. On y mentionne une seule fois, en 1965, que Son éthylisme s’accentue (un travers dont je n’ai été informé que naguère par un correspondant au téléphone). On rapporte qu’en 1968 Il n’éprouve aucune sympathie pour les événements. On signale les deux intéressantes heures d’entretiens qu’il a accordées en 1971 à Jean-José Marchand (Archives du XXe siècle, aujourd’hui visibles sur YouTube). On y suit ses relations épisodiques mais toujours chaleureuses avec la charmante mécène argentine Victoria Ocampo, qui cherchait le contact humain (et qui le trouvait, semble-t-il).

Ps. A tout hasard : quelqu'un de mes lecteurs posséderait-il ou aurait-il accès au livre de R Caillois, Images du labyrinthe, et pourrait-il m'envoyer une photo de la table des matières ?

dimanche 15 mars 2026

sauvetage

    Je sauve sans hésiter l’insecte qui se noie, je le tire de l’eau avec ce que je peux, feuille ou brindille. Le geste peut paraitre inutile ou dérisoire, mais au moins il me réjouit.

samedi 14 mars 2026

Tejero

    La lecture des mémoires de Juan Carlos m’a fait repenser au lieutenant-colonel Antonio Tejero, l’officier moustachu qui avait mené en 1981 une tentative de coup d’état, dont l’échec avait renforcé l’autorité incertaine du nouveau roi. Tejero était parait-il non seulement pour le retour au franquisme mais aussi pour l’abolition de la monarchie. Je me souviens qu’il y a quelques années, lorsque je travaillais encore à l’université, j’avais entendu dire que le brave homme, après avoir purgé une peine de prison, se consacrait à la peinture en amateur. J’avais alors caressé un temps l’idée de le faire inviter par la fac pour une petite exposition ou une causerie. Plus exactement, sachant qu’un tel projet n’avait aucune chance d’être accepté, je caressais l’idée d’en formuler quand même la proposition, à seule fin de me divertir en provoquant quelques évanouissements dans le corps enseignant. Mais j’y avais renoncé, pour ne pas aggraver ma triste réputation. J’apprends maintenant que ce rebelle vient de mourir à 93 ans, le 25 février, jour même où je publiais une note sur le destin parallèle des deux Galiciens, Franco et Castro…

vendredi 13 mars 2026

fleurs

    Je revois ma mère l’air songeur me dire ou se dire, comme si cela lui revenait soudain, qu’à un moment de l’année il y a ainsi partout des fleurs jaunes.

jeudi 12 mars 2026

élan

    Rêvé cette phrase : « Un voleur appartient à son élan. »

mercredi 11 mars 2026

Re-Ferré

Après j’arrête, promis. Mais le passage en revue de cette compilation de Ferré a eu ceci de frustrant que beaucoup de chansons n’étaient pas à mon goût, et qu’il y manquait plusieurs de mes préférées. Aussi je voudrais ajouter quelques mots à propos de l’homme et de ses oeuvres.
    Son gauchisme haineux ne me gênait pas trop quand j’étais jeunot, je le trouve imbuvable maintenant que je suis plus malin. En d’autres temps il aurait peut-être applaudi les guillotineurs, les fusilleurs, les goulagueurs et les tchékistes, les assassins et tortionnaires que la haine de classe rend sûrs de leur bon droit. Cela étonne, si l’on considère que lui-même n’était précisément pas d’origine plébéienne et a mené une belle carrière d'artiste riche, ou enrichi, propriétaire successivement d’un château en Bretagne (l’ilot du fort du Guesclin) puis d’un autre dans le Lot (le Perdrigal) et je suppose que sa piaule finale en Toscane n’était pas misérable. Sans doute a-t-il fait partie de ces bourges de gauche gênés d’être nantis et en rajoutant dans le gauchisme afin de se donner bonne mine. A part ça il fut un bon parolier, poète inspiré dans ses meilleurs moments, avec souvent des visions de type surréaliste, même s’il a aussi écrit des âneries balourdes. Il fut un bon musicien, son premier métier, je lis dans Wiki qu’il a même composé des oeuvres religieuses à ses débuts. On s’étonne en songeant qu’il a failli se contenter d’une carrière d’auteur-compositeur et non interprète, alors qu’il était doté d’une voix superbe. Des disques de lui que j’ai possédés, au temps du vinyle, mes deux préférés étaient le deuxième volume d’Amour Anarchie et la compilation Avec le temps / Les chansons d’amour de Léo Ferré. Je l’ai beaucoup écouté dans mon jeune âge, il a été mon chanteur favori avec Brassens.
    J’aime les traits plaisants que l’on trouve dans des chansons popu comme Le guinche (Souliers pointus, robe à carreaux, Coeurs vermoulus, incognito…) ou dans la Chanson mécanisée (Mozart pour faire ses trilles, N’avait ni stylo à bille, Ni plume sergent-major : Quand il voulait une plume, Il plumait dans le costume, D’une oie qui passait dehors).
    Je suis embarrassé par des chansons comme Petite (la pédophilie ne gênait pas les révolutionnaires d’alors) ou Le crachat, bien tournée mais dégoûtante.
    Il a écrit de belles chansons d’amour, parfois lourdettes comme Ton style (c’est ton cul !), parfois d’une légèreté délicieuse, comme On s’aimera, Ça t’va, L’amour fou, (et A toi, Si tu t’en vas…).
    Malgré la teneur idéologique je continue d’apprécier l’énergie de chansons comme Ecoute-moi ou Sur la scène, et la majesté de compositions plus lentes comme le Psaume 151, Tu ne dis jamais rien ou Night and day.
    J’aime bien certains traits dans des chansons qui par ailleurs ne me plaisent pas trop (Je te vois comme un cygne noir sur la chaussée, à la marée du soir gare Saint-Lazare, quand ça descend vers le Tiers Monde…).
    J’aime le Léo d’au-delà de l’idéologie dans Richard (Les gens, il conviendrait de ne les connaitre que disponibles, à certaines heures pâles de la nuit, … avec des problèmes d’homme, simplement, des problèmes de mélancolie…).

mardi 10 mars 2026

Ferré 4

Le chien. Long délire libertaire grandiloquent, en partie en charabia incompréhensible, et plein d’apostrophes haineuses, au vu desquelles le disque Amour Anarchie devrait plutôt s’intituler Haine Anarchie. Il y a tromperie sur la marchandise !

C’est extra. Grand slow kitsch boursouflé mou .

L’oppression. Longue tirade molle de gauchisme sirupeux ridicule.

La The Nana. Assez kitsch, dès le titre, mais plein de trouvailles expressives.

La solitude. Slow philosophique sibyllin emphatique longuet. Mon vers préféré est le dernier, quand il dit La lucidité se tient dans mon froc, avec sa grosse voix en colère et le roulement de tambour. Jamais pigé ce qu’il voulait dire, mais je trouvais que ça sonnait bien.

Avec le temps. Terriblement triste mais très belle, doit être sa plus connue, en tout cas la première à sortir quand on demande Ferré sur YouTube, probablement celle qui restera s’il n’en reste qu’une.

L’espoir. Interminable litanie ibéro-anarchiste menaçante, prétentieuse et gonflante.

Ni Dieu ni maître. Hymne anar grandiloquent pénible.

lundi 9 mars 2026

Ferré 3

    (Je me demande si j’ai bien fait de m’engager là-dedans. La plupart des chansons me déçoivent, et je ne suis pas sûr que mon avis à ce sujet intéresse mes lecteurs. Mais enfin quand le vin est tiré… Poursuivons.) 

Comme à Ostende. De belles images (les paroles sont de Caussimon) mais je trouve le refrain lourdaud.

Les romantiques. Connaissais pas. Pas mal mais manque un peu de tonus.

La Marseillaise. Connaissais pas. Pas à mon goût mais pas mal tournée.

Pépée. Bel hommage à son singe, malgré un petit éclat de haine de gauche (le Jésus Machin, pas nécessaire) et la fin inutilement grandiloquente.

Poète, vos papiers! Récouté avec joie cette longue chanson vociférante mais qui a de la gueule, avec coups de griffe inattendus au dadaïsme, à la «poétique libérée» et à Jean Genet.

Les anarchistes. Même quand j’étais jeune et de gauche je n’aimais pas cet hymne martial tonitruant. La plupart espagnols, chante l’anarchiste monégasque, sans se poser trop de questions sur ce que furent leurs exploits en Espagne.

Les étrangers. Cette chanson me reste étrangère.

La mémoire et la mer. Longue et très belle chanson, véritable feu d’artifice d'images, parfois peu claires, mais enfin voilà de la poésie poétique et sans politique, un pur plaisir.

dimanche 8 mars 2026

Ferré 2

Quartier latin. Connaissais pas. Nostalgie mêlée de pleurnicherie estudiantine (Aux amphis tu pointes comme à l’usine… sans blague!).

T’es rock, coco! Connaissais pas. Jeu de mots pas terrible (rococo), vocifération pompeuse.

Jolie môme. Cela est maintenant bien démodé, par endroits peu clair à mes yeux, avec cependant quelques éclats de fraicheur printanière (T’es toute nue sous ton pull…).

C’est le printemps. Connaissais pas. Ne raffole pas.

La mélancolie. Connaissais pas. Oeuvre plombante.

Beau saxo. Connaissais pas. Pas terrible.

La complainte de la télé. Connaissais pas. Aussi ennuyeux que la télé.

L’Age d’or. Connaissais pas. Pas intéressé.

samedi 7 mars 2026

Ferré 1

    Un lecteur de Paris, Monsieur Bruno R, me confie écouter lui aussi ce chanteur. «Léo Ferré est super émouvant et touchant tout seul à gueuler sa poésie.» Bon, c’est de notre âge. Il m’envoie la photo d’une compile. C’est un double cd, 19 + 13 chansons, total 32. Cela me donne l’idée de les chercher sur YouTube pour les écouter. Mettons huit par jour.

La vie d’artiste. Une de celles que j’aimais mieux avant, mais elle n’est vraiment pas mal. Assez cafardeuse, cependant.

Paname. Le rythme sautillant est un peu kitsch, mais c’est une très belle chanson de sa période crooner, j’aime beaucoup.

Les poètes. Mélancolique et cucul.

La maffia. Je ne connaissais pas. Je n’aime pas.

Merde à Vauban. Je n’aime pas beaucoup cette pleurnicherie humaniste, avec bagnard forcément innocent (Tout ça pour rien, ils m'ont serré) et gros mots annonçant sa période de gauche, mais bien tournée, certes. Mon couplet préféré est le dernier, C’est un ptit corbillard tout noir etc, je le fredonne volontiers quand je passe à Saint-Martin.

Vingt ans. Triste mais très belle, une de mes préférées. Je l’ai écoutée parfois les larmes aux yeux. (Je ne retrouve pas le meilleur enregistrement).

La langue française. Mouais, bof. Connaissais pas, mais je m’en passais très bien.

Mister Giorgina. Pareil.

jeudi 5 mars 2026

bonheur

    Le souvenir m’est revenu d’une chanson que j’aimais bien, quand j’étais jeune et de gauche (ce n’était pas hier). Je l’ai retrouvée sur YouTube : Le bonheur, de Léo Ferré. En la récoutant aujourd’hui, je lui trouve encore du charme : musiquette légère, belle voix grave, paroles bien tournées. Mais le contenu, par son éloge, pour le moins sa banalisation, sa non-condamnation de l’infidélité, me parait profondément répugnant.

mercredi 4 mars 2026

mille

A Paris, donc, début janvier, l’ami Bruno m’a offert le recueil de ses 1000 pages de merdes quotidiennes, publié par United Dead Artists en décembre 2023. C’est supposément le n° 100 de sa revue Elles sont de sortie, et assurément le plus gros. Un pavé imposant et de fière allure, avec sa couverture reliée de toile rouge et imprimée d’encre argentée. J’ai mis une heure, peut-être deux, à le feuilleter. Les huit dernières pages sont couvertes d’écriture manuscrite, répartie sur deux ou trois colonnes et reproduite en si petit que je n’arrive quasiment pas à la lire, surtout avec ma vue maintenant affaiblie, je le regrette. Mais mon impression est que ces pages sont destinées à donner une impression visuelle de texte, plus qu’à être lues réellement, comme j’en aurais la curiosité. A part ces huit, toutes les autres pages sont couvertes de dessins. Je suppose sans certitude que ce sont des inédits. Ils datent de différentes époques, si l’on en juge par les différences de style et par les millésimes qui apparaissent de-ci de-là, peut-être dans l’ordre chronologique, la date de 1992 figurant sur la première page. Il y a là beaucoup de l’imagerie dont Bruno sait que je ne suis pas fan : supplices et cochonneries que je ne trouve pas bandantes. Cela me fait penser au prospectus d’une société de missionnaires, que j'ai conservé des années en songeant à lui. On pouvait le leur renvoyer avec un don, après y avoir expliqué l’intention de prière. Je ne le ferai pas mais j’ai imaginé : Messieurs, veuillez prier pour l’âme de mon ami Bruno Richard, il fait que dessiner des femmes à poil en train de se faire arracher la gueule par des nazis, faites qu’il retrouve un peu de sérénité. Mais il n’y a pas que ça, entre autres aussi d'intéressants portraits, comme celui qui orne la couverture. Je ne sais nommer les différents styles et donner mes préférences en citant des pages, qui ne sont hélas pas numérotées. Vers la fin de l’ouvrage il y a une longue série de pages plus sombres, pleines d’énergie, souvent on a l’impression d’y voir du mouvement avant même de distinguer ce qui est en mouvement. Un peu partout dans le livre il y a des mots, des morceaux de phrase, qui font penser à ces bribes de conversation que l’on entend au passage lorsqu’on circule dans la foule. Et c’est une drôle de foule, que l’on croise dans ces mille pages…

mardi 3 mars 2026

actualités

    Malgré toute ma sympathie pour le président Trump, j’avoue que son initiative d’attaquer l’Iran me laisse pour le moins perplexe. Cette assurance d’imposer la paix démocratique par les bombardements me fait penser à ces gauchistes qui « luttent contre la haine » en lynchant à grands coups de pied dans la gueule ceux qui ne pensent pas comme eux.

lundi 2 mars 2026

réconciliation

N’ayant pas le temps ni vraiment besoin de lire en entier l’énorme volume de mémoires publié l’an dernier par l’ex-roi d’Espagne Juan Carlos sous le titre Réconciliation, je me suis contenté d’y jeter quelques coups d’oeil. Plus d’une fois le récit m’a paru confus de par ses nombreux sauts en avant et en arrière dans le temps. Je me suis intéressé plus particulièrement à l’enfance du personnage, né à Rome en 1938, soit en pleine guerre civile espagnole. Il vécut son enfance en exil avec sa famille en Italie, puis en Suisse, puis au Portugal. Il semble avoir parlé d’abord le français mieux que l’espagnol, et il fallut que ses premiers précepteurs lui apprennent à rouler les R (p 100, 103). D’où peut-être le fait que cet ouvrage n’est pas traduit mais écrit directement en français, avec l’aide d’une rédactrice. Entre autres scènes étonnantes, on assiste à ses premières rencontres avec le général Franco, qui le fait venir en Espagne quand il a une dizaine d’années, pour lui procurer une éducation proprement espagnole et sous son contrôle. C’est l’époque très étrange dans l’histoire du pays, où le dictateur porté au pouvoir ne veut plus le lâcher, s’étant proclamé caudillo à vie, mais reste monarchiste et prépare le retour des Bourbons aux commandes. Il maintient à l’écart, c’est à dire en exil, l’héritier légitime d’Alphonse XIII, don Juan, comte de Barcelone, mais prend sous sa protection le fils de celui-ci, le jeune Juan Carlos, envers qui il se montre bienveillant, malgré sa froideur galicienne (lire notamment p 169, p 177). Il lui donne de bons conseils, comme quand il interdit au jeune homme de participer aux concours hippiques, dont il était friand : Si vous ne gagnez pas, on prétendra que vous êtes mauvais. Si vous gagnez, on prétendra qu’on vous a laissé gagner (123). Ou quand il l’engage à ne pas trop se dévoiler, lui donnant à méditer cet excellent aphorisme, digne de Gracián : On est propriétaire de ce que l’on tait, et esclave de ce que l’on dit. (116. J’aimerais savoir d’où vient cette sentence, et quelle en est la version originale). (PS. En googlant quelques mots, je trouve cette version espagnole : Uno es dueño de lo que calla y esclavo de lo que habla, la phrase étant attribuée à Freud. Mais on me fait remarquer que Freud aurait plutôt dû affirmer l'inverse, et que l'on trouve en ligne différentes formulations de cette citation, attribuée à Confucius, Churchill, Omar ibn al-Khattab, Lao-Tseu etc. Autant dire que c'est un proverbe anonyme, relayé sur internet avec des attributions hasardeuses et toujours sans référence précise).

dimanche 1 mars 2026

anniversaires

Lettre documentaire 536

LiSTE des vivants et des morts 
dont je connais par cœur la date d’anniversaire, 
quelle qu’en soit la raison.

Dans l’ordre chronologique au long de l’année :
    14 février : Jennifer, ex-voisine et toujours amie, qui pourrait être ma mère. Je m’en souviens car elle nous a souvent rappelé que son anniversaire tombait à la Saint-Valentin. Elle-même nous a plusieurs fois fêté nos anniversaires à des dates complètement erronées, jamais à la bonne.
    5 mai : Patrick, qui dans l’Antiquité classique fut mon fournisseur de shit et mon copain de bohème. Nous avions aussi ces deux affinités, que nos patronymes se ressemblaient, et que son 5-5 faisait écho à mon 6-6.
    19 mai : Dany, mon aide de camp, coach méritoire et ma conseillère en relooking. Comment ne saurais-je son jour, depuis si longtemps qu’on se connait.
    1 juin : Thierry, mon frère, cinq jours avant moi mais trois ans après.
    6 juin : Moi-même.
    6 juillet : Marie-France, ma soeur, un mois après moi mais dix ans avant.
    16 juillet : Samuel, mon seul fils.
    30 août : Bruno, à qui j’avais appris que Crumb était du même jour.
    30 septembre : Sonia, la mère de mon fils. 
    2 octobre : Yvette-Lucienne, ma propre mère.
    28 novembre : Pierre, mon père. Je me demande si ma mère et lui avaient remarqué la symétrie de leurs jours de naissance en ces deux mois consécutifs, elle peu après le début du premier, lui peu avant la fin du second.
    5 décembre : Michel, l’ambassadeur des Landes. Il en déduisait avoir été conçu le 5 mars, date romantique.