Dommage, il n’y a déjà plus de mirabelles, mes prunes préférées. Elles sont vraiment exquises. Je sais qu’il existe une autre explication, mais je me plais à croire qu’elles tiennent leur nom des mirabilia latines, les merveilles.
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
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vendredi 4 septembre 2026
mardi 4 août 2026
beefsteak
Le nom anglais de la tranche de boeuf, the beefsteak, présente en son centre une accumulation de consonnes (FST) propre à décourager le locuteur étranger. Les Français ont adapté le mot en en supprimant le S (le bifteck), les Espagnols le F (el bistec). Les uns et les autres ont naturellement simplifié les doubles voyelles, faisant de EE un I et de EA un E. Pourquoi les Français ont-ils compliqué la terminaison en ajoutant au K un C, on se le demande.
mardi 28 avril 2026
suites
Après le récit de ma laborieuse quête des fichues Pensées de Cavanna, je me sens tout penaud maintenant qu’un gentilhomme de mes lecteurs, monsieur D F, se vante d’avoir « trouvé en cinq secondes sur le Net » un fac-similé numérique de l’ouvrage ! Je profite de l’occasion pour le mettre au défi d’en faire autant avec les Pensées échevelées de Jerzy Lec. Ça va moins rigoler, là.
Par ailleurs, en réponse aux deux millions de lecteurs, pardon, faute de frappe, je voulais dire En réponse aux deux lecteurs qui m’ont demandé ce qu’était cette note étymologique, je révèle qu’elle a paru dans Charlie Hebdo n° 472, du 28 novembre 1979, page 15. Je l’ai conservée. Je ne la reproduirai pas, car mon ton juvénile d’alors, salutant et tutoyant, ne me plait pas, mais je peux en indiquer la teneur. En réponse à une livraison précédente de sa chronique Virgules et circonflexes (dans Charlie n° 469) entre temps rebaptisée Virgules et machin-chouettes, où Cavanna s’étonnait que le verbe Décimer, devenu synonyme de massacrer, avait d’abord voulu dire supprimer un dixième, je lui signalais d'autres correspondances mathématiques entre destruction et division : Trancher venant du latin trinicare (couper en trois), Ecarteler d’exquartare (couper en quatre) et Esquinter d’exquintare (couper en cinq)…
Par ailleurs, en réponse aux deux millions de lecteurs, pardon, faute de frappe, je voulais dire En réponse aux deux lecteurs qui m’ont demandé ce qu’était cette note étymologique, je révèle qu’elle a paru dans Charlie Hebdo n° 472, du 28 novembre 1979, page 15. Je l’ai conservée. Je ne la reproduirai pas, car mon ton juvénile d’alors, salutant et tutoyant, ne me plait pas, mais je peux en indiquer la teneur. En réponse à une livraison précédente de sa chronique Virgules et circonflexes (dans Charlie n° 469) entre temps rebaptisée Virgules et machin-chouettes, où Cavanna s’étonnait que le verbe Décimer, devenu synonyme de massacrer, avait d’abord voulu dire supprimer un dixième, je lui signalais d'autres correspondances mathématiques entre destruction et division : Trancher venant du latin trinicare (couper en trois), Ecarteler d’exquartare (couper en quatre) et Esquinter d’exquintare (couper en cinq)…
mercredi 5 novembre 2025
Tandil
Un autre nom de marque à l’étymologie improbable est celui des magasins Aldi. Je croyais la chaine italienne, à cause de la ressemblance avec le prénom Aldo, diminutif de Rinaldo (Renaud). Il parait qu’Aldo est aussi un prénom allemand, provenant de l’adjectif ald ou alt, signifiant ancien, noble. J’ai appris qu’Aldi est justement une chaine allemande, créée par la famille Albrecht, et que le nom de la marque est en fait un acronyme formé sur les premières syllabes d’Albrecht-Diskont. Je ne déteste pas faire des courses de temps en temps chez ce bon Aldi, où l’on trouve de la marchandise exotique. En Gironde il y en avait un à ma portée quand j’habitais Gradignan, je connais aussi celui qui se situe à la sortie d’Audenge. En Charente vers chez moi le magasin de Saint-Jean a fermé, mais il reste celui de Surgères. On vend chez Aldi de la lessive Tandil et je ne lave plus mon linge qu’avec elle, depuis que j’en ai découvert l’existence, car son nom m’entraine dans la rêverie documentaire. J’ignore si c’est par coïncidence ou pour quelque autre raison, qu’elle porte le même nom que la ville d’Argentine où se croisèrent peut-être Robert Le Vigan et Witold Gombrowicz, l’un en exil et l’autre en villégiature, dans les époques…
(Voir ce journal au 24 avril 2012 : Le comédien Robert Le Vigan (1900-1972), de son vrai nom Coquillaud et surnommé La Vigue par son copain Céline, avec qui il s'enfuit à pied à travers l'Allemagne en 1944-1945, eut ses biens confisqués et fut condamné en 1946 à l'indignité nationale et aux travaux forcés, pour faits de collaboration. Libéré en 1948, il s'exila d'abord en Espagne puis en Argentine, où il se fixa et demeura jusqu'à sa mort à 72 ans dans la ville de Tandil, qui comptait dans les 50.000 habitants au milieu du vingtième siècle et se situe au pied des montagnes à 350 kilomètres au sud de Buenos Aires. De son côté l'écrivain polonais Witold Gombrowicz (1904-1969), surpris par l'éclatement de la guerre en 1939 alors qu'il était à Buenos Aires en croisière, demeura dans le pays et ne retourna en Europe qu'en 1963. Pendant son exil sud-américain il vécut principalement dans la capitale argentine, mais séjourna aussi dans quelques autres villes, dont Tandil où il se rendit cinq fois entre 1957 et 1960, y passant en tout quelque onze mois. En méditant ces données, je me suis demandé si les deux exilés s'étaient rencontrés, comme il est possible, ou s'ils avaient au moins entendu parler l'un de l'autre. J'ai cherché quelque temps à éclaircir ce point, en vain et j'y ai bientôt renoncé. A la vérité, même s'ils ont pu se croiser dans cet espace et cette période, je n'assurerais pas que l'acteur popu et l'auteur aristo auraient eu grand chose à se dire.)
(Voir ce journal au 24 avril 2012 : Le comédien Robert Le Vigan (1900-1972), de son vrai nom Coquillaud et surnommé La Vigue par son copain Céline, avec qui il s'enfuit à pied à travers l'Allemagne en 1944-1945, eut ses biens confisqués et fut condamné en 1946 à l'indignité nationale et aux travaux forcés, pour faits de collaboration. Libéré en 1948, il s'exila d'abord en Espagne puis en Argentine, où il se fixa et demeura jusqu'à sa mort à 72 ans dans la ville de Tandil, qui comptait dans les 50.000 habitants au milieu du vingtième siècle et se situe au pied des montagnes à 350 kilomètres au sud de Buenos Aires. De son côté l'écrivain polonais Witold Gombrowicz (1904-1969), surpris par l'éclatement de la guerre en 1939 alors qu'il était à Buenos Aires en croisière, demeura dans le pays et ne retourna en Europe qu'en 1963. Pendant son exil sud-américain il vécut principalement dans la capitale argentine, mais séjourna aussi dans quelques autres villes, dont Tandil où il se rendit cinq fois entre 1957 et 1960, y passant en tout quelque onze mois. En méditant ces données, je me suis demandé si les deux exilés s'étaient rencontrés, comme il est possible, ou s'ils avaient au moins entendu parler l'un de l'autre. J'ai cherché quelque temps à éclaircir ce point, en vain et j'y ai bientôt renoncé. A la vérité, même s'ils ont pu se croiser dans cet espace et cette période, je n'assurerais pas que l'acteur popu et l'auteur aristo auraient eu grand chose à se dire.)
mercredi 22 octobre 2025
marques
Ayant su par hasard que l’entreprise Uhu a choisi pour nom celui du hibou grand-duc en allemand, que Tuc est l’acronyme de Trade Union Congress, et que Gamm (Vert) est celui de Grande Armée Maillot Malakoff, j’enrichis ma connaissance des étymologies inattendues de noms d’enseigne en apprenant que GiFi reprend les premières syllabes du nom et du prénom de son fondateur lot-et-garonnais Philippe Ginestet, et qu’Auchan est une adaptation du nom du quartier des Hauts-Champs, à Roubaix, où la marque avait ouvert son premier magasin.
samedi 8 octobre 2022
Dauzat
Dernièrement j’ai feuilleté le bon livre de Maurice Rat, Grammairiens et amateurs de beau langage (Albin Michel, 1963), dans lequel l’auteur, un rien précieux mais vraiment érudit, dresse les portraits d’une cinquantaine de gens de lettres, du dix-septième siècle au vingtième. J’en ai lu quelques chapitres, sur Buffon, Littré, les frères Goncourt, Renard, enfin celui sur Albert Dauzat (1877-1955). Dauzat est en quelque sorte le saint patron des étymologistes français, car on lui doit notamment un Dictionnaire étymologique de la langue française, un Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France, et un Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France. Maurice Rat ne tarit pas d’éloges à l’égard de ce brillant savant, qui fut licencié ès lettres à dix-huit ans, docteur en droit à vingt et un ans, docteur ès lettres à vingt-huit… Par curiosité, je suis allé consulter ensuite la notice sur Dauzat dans Wiki. Et là surprise : la partie sur la vie et l’œuvre est suivie d’une section bien plus longue portant sur la Réception critique, et entièrement consacrée à dézinguer les mérites du personnage. J’ai la flemme d’éplucher l’historique de l’article pour savoir qui est le dingo furieux à l’origine de cet attentat, mais il y a là un acharnement ridicule, qui demande justice.
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