(Ma vie palpiteuse, suite). Cette année je n’ai rien dit de mes vide-greniers de l’été (Oh, tkt, on s’en passait). Je comptais me rendre à mes trois rendez-vous rituels dans les Deux-Sèvres voisines, mais après un résultat potable le dernier samedi de juillet à la Charrière (80 euros) puis un résultat minable le premier dimanche d’août à Villefollet (25 euros), j’ai renoncé à Availles le week-end suivant. Je me suis quand même laissé tenter dimanche dernier par la brocante de Villeneuve. J’y allais sans grande conviction, ayant perdu de mes meilleurs livres dans les inondations récentes, et de plus je fus mal placé dans une rue secondaire, mais le résultat fut moins désastreux que prévu, je parvins à arracher une cinquantaine d’euros dans ces circonstances incertaines, et c’était une journée divertissante. J’avais pour voisin un aimable Ecossais, qui m’a dit redouter le soleil car il y avait été trop exposé lorsqu’il était soldat jadis en Libye. Il s’intéressait à un recueil de lettres de Talleyrand mais ce fut le premier livre vendu. A un moment j’ai remarqué qu’une acheteuse parlait à son fils dans une langue que je n’arrivais pas à identifier et je lui ai demandé, à tout hasard en anglais, What language are you speaking ? C’était de l’ukrainien. Un de mes clients préférés fut un ado timide, qui acheta L’ami Fritz dans une jolie petite édition Nelson. Ce garçon sérieux, pensai-je, sait sans doute parler sans dire Du coup à tout bout de phrase.
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