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lundi 6 avril 2026

St-Félix

    D’ordinaire je ne pratique ce sport qu’en plein été, mais là je viens de participer au vide-grenier précoce qui se tenait hier à Saint-Félix. J’y étais encouragé par la proximité du lieu, à moins de dix kilomètres, le bon prix des emplacements, cinq euros pour quatre mètres, et les encouragements d’un copain. Pourtant j’y suis allé en faisant le gros dos, incertain de m’y trouver bien, redoutant la pluie possible, sachant que la clientèle estivale ne serait pas encore là, et fatigué d’avance d’un type d’épreuve dont je me demande jusqu’à quand j’aurai l’énergie de l’affronter. Mais enfin tout s’est bien passé, on a eu beau temps ni chaud ni froid, j’étais on ne peut mieux placé juste à l’entrée de la place de l’église, laquelle est quasi en vue des champs, et j’ai franchi la barre des 100 euros de gain, succès notable pour qui ne vend que des marchandises à un euro, un demi, ou un doublon, quelquefois mais rarement plus. Pour une opération qui m’a mobilisé dix heures trajet compris, de sept à dix-sept, cela ne représente qu’un salaire minime, mais toujours appréciable au vu de ce que sont mes rentes ordinaires. A quoi s’est ajouté en fin de journée le troc étrange avec un charcutier installé non loin, qui s’intéressait à un mien trépied, mais ne se décidait pas à l’acheter, et en fin de compte me l’a échangé contre deux beaux saucissons d’Auvergne !

samedi 29 mars 2025

croissant

    La boulangerie de Loulay, dans la rue en pente, produit un remarquable croissant aux amandes, d’aspect informe mais d’une saveur sans égale, qui le place d’emblée dans la catégorie Tuerie. Pour ne pas en abuser, je n’y vais que rarement, comme ce fut le cas hier matin, devant traverser ce village pour aller dans un autre. Je me suis adressé à la petite boulangère par cet alexandrin : Vendez-moi s’il vous plait le gâteau qui déchire...

dimanche 22 septembre 2024

Tuc

J’apprends dans Wiki que le nom de la marque Tuc serait à l’origine un acronyme, formé des initiales de Trade Union Congress, pour des raisons qui demeurent obscures. Je ne déteste pas ces biscuits salés «de forme octogonale, à l’aspect de rectangle aux coins coupés, de couleur jaune doré, et dont la face est piquetée de quarante-et-un trous». Mais je n’achète presque jamais les bons biscuits Tuc Original, parce qu’avec mes faibles rentes il est plus prudent de me contenter de crackers Eco+ ou Top Budget. Et parce que les jours de fête, tant qu’à faire, je prends des Tuc Saveur Bacon, c’est tout de suite autre chose...

 

dimanche 21 juillet 2024

assistance

    Après avoir bénéficié pendant plus de deux ans, depuis le printemps 2022, de l’assistance de la Banque alimentaire de Loulay, j’ai maintenant décidé d’y renoncer. En fin de compte la petite économie qu’elle me permettait de réaliser sur mes frais de subsistance ne me paraît plus valoir le coup en regard des diverses contraintes que cela implique, et dont je ne donnerai pas ici le détail. Mais je me sens extrêmement reconnaissant envers cette compagnie pour l’aide que j’en ai reçue, et j’admire l’exemple des bénévoles qui s’y dévouent, dont pas moins de quatre maires des communes du canton, deux hommes et deux dames, qui participent en personne au service. Je reste cassoce, au vu de mes rentes, mais un cassoce moins aidé, donc plus libre.

mardi 14 mai 2024

Wasa

Plus jamais ça, me dis-je chaque fois que je m’égare à prendre du Wasa Fibres ou ce genre à la place de pain, mais l’âme humaine est ainsi faite et en tout cas la mienne, que malgré l’expérience j’y reviens périodiquement...

jeudi 15 juin 2023

chocolat

 J’ai acheté un succédané vegan de chocolat au lait, qui était bradé chez Noz. A ma grande surprise, c’est aussi bon que du vrai, je n’aurais pas fait la différence.

lundi 13 juin 2022

alimentation

 Les sociétés caritatives me donnaient trop à manger, en tout cas plus que je ne consomme, aussi ai-je décidé de renoncer au service hebdomadaire des Restos du Cœur de Saint-Jean et vais-je me contenter du service bimensuel de la Banque alimentaire de Loulay, plus près de chez moi. Abondance de biens ne nuit pas, mais point trop n'en faut.

vendredi 8 avril 2022

Strasbourg

Je remporte quand même quelques succès, j’ai été admis par deux compagnies d’aide aux cassos, les Restos du Cœur de Saint-Jean (à 16 km, service hebdo, déjà testé deux fois) et la Banque alimentaire de Loulay (à 5 km, service bimensuel, pas encore testé). Je précise les distances parce que ma voiture automobile, qui déjà menaçait ruine, vient de rendre l’âme, pour que la fête soit complète, de sorte que je vais être réduit aux joies du vélo pendant quelque temps.
    Malgré quoi je voyage, à contretemps. Avec mon coach nous avions réservé il y a plus de deux ans, juste avant la pandémie, un vol pour Madrid qui fut bientôt annulé pour cause de covid, puis reprogrammé, puis encore annulé pour la même raison, après quoi il s’avéra que la compagnie n’assurait plus cette liaison et refusait de nous rembourser, mais nous laissait le choix de nous réorienter. Parmi les destinations possibles au départ de Bordeaux, nous nous rangeâmes à ma suggestion d’opter pour Strasbourg, où nous venons enfin de passer les cinq premiers jours d’avril.
    Nous étions logés modestement mais très correctement à l’hôtel Ibis de la rue du Faubourg-National, que l’on aurait pu requalifier d’international au vu de la faune diversifiée qui hantait la rue. L’hôtel lui-même était peuplé principalement par une colonie de réfugiés ukrainiens. L’établissement était fort bien situé, à mi-chemin de la gare et de la vieille ville. A Strasbourg le centre-ville est une île entre les bras de l’Ill, affluent du Rhin tout proche. Cette île est reliée aux quartiers environnants, plus récents, par une vingtaine de ponts, et se divise au sud-ouest en un archipel de langues de terre dominées par les Ponts Couverts, dans le quartier dit de la Petite France, que j’appelais la Francette, sans doute l’endroit le plus charmant de la ville, plein de vieilles maisons à colombages et à encorbellements. Par chance, habitant tout près, nous étions amenés à passer par là chaque jour.
    La météo annonçait du mauvais temps mais nous en fûmes quittes pour un peu de vent et de pluie, quelques flocons de neige. Je me sentais plus d’humeur à flâner qu’à m’enfermer. Aux moments les plus rudes nous nous réfugiâmes dans trois musées, non pour y étudier mais juste pour le plaisir de contempler quelques beaux objets. D’abord le Musée d’Art moderne et contemporain, grande bâtisse lugubre mais bien fournie, où l’œuvre la plus frappante à mes yeux était une immense toile de Gustave Doré, Le Christ quittant le prétoire, qui mesure dans les six mètres de haut sur neuf de large. Ensuite le Musée alsacien, curieux labyrinthe présentant du mobilier domestique. Enfin le Musée de l’Œuvre Notre-Dame, conservant surtout des sculptures médiévales et des peintures de la Renaissance. Aux moments plus cléments nous arpentions la Grand-Rue, dite aussi Langstross, les alentours de la belle cathédrale, les quais. Beaucoup de bâtiments sont en grès rouge des Vosges, qui donne sa couleur à la ville (comme Metz est jaune et Nancy blanche, m'a signalé mon correspondant Dominique Leblanc). Nous visitâmes aussi le secteur des grandes institutions, Parlement européen et autres, qui m’a paru sinistre, et tout près de là le parc de l’Orangerie, très agréable et doté d’un petit zoo, le genre d’attraction qui suffit à ma joie. C’est principalement un zoo d’oiseaux, un oizoo, avec des cigognes en liberté, d’autres en volière, et parmi les curiosités des flamants roses du Chili et des grands-ducs. Nous n’avions pas vu de cigognes dans Strasbourg avant celles de l’Orangerie, bien qu’elles fussent omniprésentes dans l’imagerie, mais le dernier jour nous en avons aperçu deux volant au-dessus de la ville et encore une près de l’aéroport. Comme dans toutes les villes on voyait surtout des pigeons bisets, plus rarement un ramier. Sur les eaux des cygnes, des colverts, ça et là une foulque. J’ai vu un corbeau freux et des choucas, il y en avait toute une colonie dans les arbres près de chez D Leblanc, à qui nous avons rendu visite. Je veux bien croire que ce voisinage n’est pas de tout repos.
    Nous fûmes deux fois à Kehl, la plus proche ville d’Allemagne, en fait une banlieue de Strasbourg mais située de l’autre côté du Rhin, qui à cet endroit n’est pas plus large que la moitié de la Garonne à Bordeaux. Nous l’avons franchi trois fois en tram et une fois à pied, par la Passerelle des Deux Rives. Cette excursion était pour moi une expérience intéressante, d’abord pour le plaisir exotique de me retrouver parmi des gens qui «se jactent en étranger», comme disait Ferdine, et pour l’occasion ainsi offerte d’enfin mettre ne fût-ce que la pointe des pieds dans le seul pays frontalier où je n’étais encore jamais allé. La ville elle-même n’est guère éblouissante : un quartier pavillonnaire, une rue commerçante mais pas très animée, la Hauptstrasse, débouchant sur une mosquée proéminente. Nous sommes entrés dans quelques magasins, dont une solderie où j’ai acheté un petit Vorhängeschloss, un cadenas qui peut verrouiller mon sac de voyage et servira à boucler ma chaine de vélo. Nous avons vu à Kehl deux églises hélas dépourvues de vitraux historiés, la massive et blême Saint-Jean-Népomucène, et la petite église de la Paix, joli bâtiment rouge brique à l’extérieur, à l’intérieur d’un gris blanc austère, avec sur les marches du chœur le mot Peace inscrit en grosses lettres sur un étendard arc-en-ciel lgbt. Hum.
    Je n’ai pas non plus regardé beaucoup de vitraux à Strasbourg. Ceux de la cathédrale étaient trop nombreux, dont des anciens difficiles à déchiffrer. Il y avait quelques vitraux intéressants du milieu du vingtième siècle à l’église Saint-Jean, d’un certain Werlé, et d’autres des frères Ott à Saint-Pierre le Vieux. Des mêmes frères Ott j’ai vu ailleurs deux belles verrières profanes, une Allégorie du printemps au Musée d’Art moderne et une vue d’Ammerschwihr, cité viticole (1938) au Musée alsacien.
    Nous nous sommes assez bien gobergés pendant le séjour, d’abord grâce aux copieux petits déjeuners de l’hôtel, puis lors de nos sorties en ville. Nous avons tâté ici et là du bretzel et du kougelhopf, de la tarte flambée au munster à la brasserie La Schlosse (la serrure), d’excellentes choucroutes dont une au saumon qui était d’abord un plaisir pour l’œil chez l’ami Leblanc, et une dite royale, aux sept viandes, au Tire-Bouchon. Nous avons bu modérément mais appris que les vins d’Alsace ne se résument pas comme nous le pensions à la trilogie Sylvaner-Riesling-Gewurztraminer, il y a aussi un blanc plus basique, l’Edelzwicker, et du rouge, le Pinot noir.
    Et maintenant retour à la case départ. Si vous avez une voiture à vendre, parlons-en.