Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mercredi 15 avril 2026
Scum
Il manquait à ma culture générale de connaitre ce chef d’oeuvre de la littérature engagée, le Scum Manifesto (1967) de la rebelle américaine Valerie Solanas (1936-1988), que je viens de découvrir dans la dernière édition française (Mille et une nuits, 2022). A vrai dire, ne me sentant pas d’attaque pour me cogner ces cent pages de sornettes délirantes, je ne les ai lues qu’en partie et en diagonale, ce qui suffisait à en apprécier la teneur. Scum est soit un mot d’argot pour ordure, salaud, soit l’acronyme de Society for cutting up men, Société pour taillader les hommes. Le texte appelle les femmes à supprimer les hommes, fondamentalement mauvais et responsables de tout ce qui va mal sur terre, le capitalisme etc. Pris au second degré, le pamphlet pourrait être considéré comme une oeuvre d’humour noir, outrancier mais pas très fin. La finesse ne semble d’ailleurs pas avoir été la vertu principale de cette marginale lesbienne mendiante prostituée, auteur par ailleurs d’une unique pièce de théâtre, Up your ass (Dans ton cul). Mais la postfacière militante estime que le propos est à prendre au sérieux, Solanas ayant d’ailleurs montré l’exemple en tentant d’assassiner à coups de feu Andy Warhol, malgré ses qualités d’artiste et d’inverti. Cette action criminelle fut un coup de publicité décisif pour le manifeste et sa rédactrice, laquelle devait pourtant mourir prématurément et dans la misère. Elle jouit en revanche d’une belle célébrité posthume, et des générations entières de biques et de biquettes marxistes-féministes continuent de lui vouer un culte.
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