jeudi 14 mai 2026

Volume

Connaissant déjà le talent soigneux de Siméon Lerouge, j’ai aimé son nouveau livre Volume horaire (paru aux Editions de la Renouée) avant même de l’avoir lu. C’était imprudent mais j’avais raison, l’ouvrage est superbe. Un recueil de deux cents quatrains sans rime, étrangement rythmés, tous écrits en exactement vingt-quatre mots, chaque vers en comptant six. Par exemple : Quand on regarde sous le maïs / c’est une forêt de bambous / très sombre, sans végétation, plantée serrée / pour qu’on s’y perde. Ils sont écrits au fil des jours pendant un an et répartis en douze chapitres mensuels, allant de mai à avril. Ce sont des vues instantanées prises la plupart dans les jardins, les maisons et les rues. Cette forme brève, pour ainsi dire carrée, est un choix ingénieux mais la recette ne suffit pas, il faut aussi l’inspiration qui transparait dans les détails retenus, les rapprochements, les comparaisons. Chaque quatrain est précédé d’une mention de la date et du lieu, avec par endroits de petites cartes joliment tracées. On comprend que ce poète jardinier, donc terrien, que l’on pourrait croire sédentaire, au contraire a la bougeotte. Il réside en la Sarthe mais gravite sans cesse dans un assez vaste périmètre, entre Paris et Brest. Je recommande son bon livre (les détails ici). Un autre extrait pour la route : En poussant le portail, mon frère / aperçoit dans le gravier, qui brille / d’humidité tant il a plu, / une grenouille. Il part. Elle aussi.

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