VINGT-DEUX PHRASES de Jonás Sánchez Pedrero
extraites de son recueil Torrelodones
(Madrid : Dilema, 2025)
et ici traduites par Philippe Billé
Le rideau aussi était un mur.
Il faut progresser à l’ancienne.
Il applaudissait à coups de coude.
Il était humain à sa façon.
Il apprit à déboucher des mots.
Tous les dimanches ont un air de mars.
Il perdit ses dents comme des pointes de crayon.
La poésie ne va pas pas à l’Université.
Et ils transformèrent le temps en moments.
Toute science a sa fiction.
Il est tombé malade à cause de la quarantaine.
Cours de yoga urgent.
Les poissons pleurent à l’intérieur du cerveau.
Antiquités de saison.
L’automne avec sa beauté de rimmel qui coule.
Savoir oblige.
Bonne journée du kilo.
La tristesse a raison.
L’excentricité ne fait pas le talent.
Un jour tout cela sera avant.
Je hais de mieux en mieux.
Ne me dis surtout pas ça un jeudi.
(Textes originaux : También la cortina era muro. - Hay que progresar a la antigua. - Aplaudía a codazos. - Era humano a su manera. - Aprendió a destapar palabras. - Cualquier domingo parece marzo. - Perdió los dientes como puntas de lápiz. - La poesía no va a la Universidad. - Y convirtieron el tiempo en ratos. - Toda ciencia tiene ficción. - Enfermó de cuarentena. - Clases de yoga urgente. - Los peces lloran en el cerebro. - Antigüedades de temporada. - El otoño con su belleza de rimmel corrido. - Saber obliga. - Feliz día del kilo. - La tristeza tiene razón. - Excentricidad no hace talento. - Algún día todo esto será antes. - Cada vez odio mejor. - Eso no me lo dices un jueves.)
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