samedi 8 août 2026

Escarpit 3/3

    VII, p 104-120. Sur la religion et le temps. Où l’auteur, lui-même athée et anti-clérical, parle des Basques cathos et des Béarnais protestants (106), et de son pauvre père qui souffrit d’une maladie pendant ses vingt-cinq dernières années de vie (113-115).
    VIII, 121-136. Sur ses amours, ses études, et son épouse Denise. Il y a p 134 la très drôle transcription d’une conversation onomatopéique entre paysans landais.
    IX, p 137-160. A Arcachon, où il était prof d’anglais, et à Mexico, où on le bombarde secrétaire général de l’Institut français d’Amérique latine, alors qu’il est angliciste et ne parle pas un mot d’espagnol (148-149). Mais il est normalien et agrégé, alors tout est permis. Là encore, le révolutionnaire oublie de se demander s’il n’y aurait pas quelques privilèges à abolir chez certains enfants gâtés de la haute fonction publique…
    X, p 161-177. Sur l’âme, le corps, et les amis. Il affirme p 170 avoir «horreur de l’exclusion», ce qui ne colle pas bien avec son obsession de la «conscience de classe».
    XI, p 178-198. Sur la littérature. Où l’auteur déplore que ses livres ne bénéficient pas de plus gros tirages et ne soient pas des best sellers (181-182). Mais comment peut-on avouer cela et se prétendre égalitariste ? Sa réflexion que «je lis peu, je relis surtout quelques livres» (184) me rappelle celle de Dávila, selon qui, de mémoire, on ne lit que pour découvrir ce que l’on doit relire. Page 192 et suivantes, apparition de Roger Caillois (que je ne cesse de recroiser cette année), avec qui Robert prend une cuite au rhum et tombe en extase devant une belle Mexicaine.
    XII. p 199-214. Sur l’enseignement, dont Escarpit se réjouit qu’il soit de moins en moins élitiste. Le problème étant que l’anti-élitisme conduit à la situation présente, où le niveau d’instruction des étudiants à l’université se distingue de moins en moins de celui des bambins de l’école primaire. L’auteur évoque aussi p 205 sq ses nombreux voyages dans le monde entier et notamment dans les pays socialistes, qui ont sa «sympathie». Il ne précise pas quels voyages étaient à ses frais ou à ceux du contribuable. Il confie p 212 être de plus en plus à gauche à mesure qu’il vieillit, c’est à dire à mesure qu’il est de plus en plus embourgeoisé installé monumental. Quelle surprise.
    XIII, p 215-217. Quelques mots de conclusion. Pour la mienne, je reviendrai à une plaisanterie du début du livre (p 10), où l’auteur cinquantenaire déclare vouloir faire ainsi le bilan de ses souvenirs «tous les cinquante ans», de sorte que les deuxième et troisième volumes de ses mémoires paraitraient en 2018 et en 2068. Les deux dates semblaient alors lointaines, la première aujourd’hui est déjà passée. Quant à la seconde, je me demande s’il y aura encore quelqu’un qui nous lise, Escarpit et moi, à ce moment-là.

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