Etant donné que Frédéric Roux m’a hébergé deux nuits à Pau la semaine dernière, et à cette occasion m’a offert son dernier opus, Desiree, récemment paru chez Allia, on risque de m’accuser de flatterie si j’en dis trop de bien. Aussi m’en garderai-je. Il faut pourtant constater que c’est bien écrit. Vous me direz ça peut, s’il est vrai que l’auteur, selon les dates indiquées, a écrit et récrit ces 90 pages pendant un quart de siècle, il a eu le temps de polir son style. L’ouvrage raconte ce que l’on peut savoir des circonstances dans lesquelles le champion de boxe Mike Tyson, ancien pauvre et nouveau riche, aurait violé une négrillone, Desiree Washington, candidate à un concours de beauté dans l’Indiana. On raconte aussi le procès qui s’en est suivi, aboutissant à la condamnation du rustaud, qui a dû faire trois ans de taule. C’est assez bref et enlevé, on n’a pas le temps de s’ennuyer. On sait gré au narrateur de n’avoir pas cédé à la rhétorique humaniste que l’on pouvait redouter sur un tel sujet, genre cet enfant du ghetto est noir, donc opprimé, donc innocent. Au contraire il reste factuel et réserve son jugement quant à la culpabilité de Tyson qui, si elle n’est ni avouée ni indubitable, reste largement probable, au vu des éléments accablants rapportés sans complaisance. Un point qui m’a laissé perplexe, le bizarre coup de théâtre des dernières lignes, que rien n’explique dans ce qu’on a lu avant. Mais c’est une belle sale histoire.
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