Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
lundi 6 octobre 2025
huhu
Les métaphores en usage pour désigner les organes génitaux masculins, genre le Service trois-pièces, ne sont pas bien à mon goût et je leur cherche des alternatives. Pendant un temps j’avais adopté le Sub-continent indien, j’incline maintenant pour le Pack Office.
dimanche 5 octobre 2025
fortune
Ces trois notes retrouvées, à propos de philanthropes, prises çà et là. Dans Au temps du boeuf sur le toit, de Maurice Sachs, en date du 20 mars 1920, «Gaby Deslys est morte : elle a légué toute sa fortune aux pauvres de la ville de Marseille». Dans Wikipédia, des renseignements sur le duc de Loubat (1831-1927) qui a distribué sa fortune au bénéfice de plusieurs institutions culturelles et scientifiques, en Europe et aux USA. Dans le Dictionnaire du Bassin d’Arcachon, d’Olivier de Marliave, la notice sur Sophie Wallerstein (1853-1947) riche héritière à Arès, qui mena ses affaires, fonda une Maison de santé pour les pauvres, un centre aéré pour les enfants, et une bibliothèque populaire de plusieurs milliers de volumes, qui devint la bibli municipale. Au contraire des journalistes et des socialistes, pour qui les riches n’ont que des torts, j’admire ces exemples.
vendredi 3 octobre 2025
America
Destin différent de deux noms d’états américains d’origine espagnole. Dans Montana, le ñ espagnol, qui devrait se prononcer comme le gn français, est réduit à un simple n, mais l’accent tonique reste placé sur la deuxième syllabe. Au contraire dans Florida, pas de modification morphologique ou orthographique, mais l’accent tonique a migré de la deuxième syllabe à la première.
jeudi 2 octobre 2025
Connoué
Il y a quelques jours, j’ai créé dans Wikipédia ma vingt-sixième notice, celle-ci au sujet du grand spécialiste de l’art roman charentais, Charles Connoué (1886-1969). Il était natif de Saint-Julien de l’Escap, un faubourg de Saint-Jean d’Angély, mais passa la plus grande part de sa vie et mourut à Saintes. Un de ses titres de gloire est d’avoir été l’un des dix co-fondateurs de l’Académie de Saintonge en 1957. J’ai voulu lui consacrer une notice pour trois raisons principales : d’abord parce qu’il était l’un des rares membres historiques de cette Académie à ne pas disposer de notice personnelle dans l’encyclopédie. Ensuite parce qu’il est surtout, à mes yeux, l’auteur d’une somme admirable sur Les églises de Saintonge, inventaire exhaustif d’environ 750 églises, avec commentaire archéologique et architectural, et dessin au crayon ou à la sanguine, publié sur dix ans (1952-1961) en cinq volumes (dont je possède seulement le troisième, portant sur Saint-Jean d’Angély et sa région). Enfin parce qu’ayant commis l’erreur d’être collabo pendant la guerre, il fait partie des pestiférés que l’on s’abstient de célébrer, quels que soient par ailleurs leurs mérites (aucune rue ne portera probablement jamais son nom). A cet égard son destin anti-marxiste me parait intéressant : voilà tout de même un banquier (argh) et entrepreneur (aargh), qui plus est catho (aaargh) et collabo (aaaargh!) qui a su consacrer du temps et des efforts à produire quelque chose de beau et d’intelligent. Des échos personnels qui me sont parvenus, comme quoi il aurait fini sa vie en vieux fou infréquentable et très seul, enseveli dans sa documentation, me l’ont aussi rendu sympathique. Cette notice succincte, et qui n’a guère besoin d’être plus longue, m’a pourtant donné du fil à retordre et j’ai bien mis trois semaines à la pondre. J’ai reçu pour cela une aide décisive d’une personne du musée de Saint-Jean. Une difficulté que j’ai eue a été de pouvoir mettre la main sur un exemplaire de L’alambic de Charentes, de François Julien-Labruyère, ouvrage dont le titre n’indique pas bien qu’il s’agit tout simplement d’une histoire culturelle de cette province, et dans lequel j’avais l’intuition que je trouverais quelques données. La consultation du catalogue en ligne faisait apparaitre qu’il y en avait deux exemplaires à la médiathèque de St-Jean et deux autres dans une bibliothèque annexe, celle de la Maison de Jeannette, institution vouée à la culture locale. Or les quatre exemplaires étaient indisponibles, les deux premiers appartenant à des fonds de réserve en cours de déménagement, et la maison abritant les deux autres étant à la dérive suite au décès de la responsable). Cela était d’autant plus fâcheux que j’ai moi-même possédé jadis ce livre, dont je ne sais plus si je l’ai revendu, donné ou perdu. Mais enfin, après maints échanges par mail et par téléphone, la médiathèque m’a permis de le consulter. Je signalerai pour conclure une petite énigme, apparue au cours de mes recherches. Les notices concernant Charles Connoué dans le site de l’Académie de Saintonge et dans le Dictionnaire biographique des Charentais, presque identiques, affirment toutes deux que son père aurait créé la banque Dalmont, Connoué et Cie en 1881. Or Charles naquit en 1886 et dans son acte de naissance, que l’on m’a procuré, il est signalé que son père était alors âgé de 24 ans. Cela voudrait dire qu’il avait créé une banque à l’âge de 19 ans, chose improbable. S’agit-il en fait de l’année 1891, ou d’une autre ? Je n’en saurai sans doute jamais rien…
mercredi 1 octobre 2025
apéritif
Il y a une quinzaine, avec mon coach, nous fûmes passer une journée rituelle à l’île de Ré. Déjeuner sur le port de La Flotte, au Bar Ré, petite heure de glandage sur l’étroite plage située non loin à l’ouest des quais, pèlerinage à Saint-Martin. Avant de rentrer j’espérais que nous trouvions un accès au rivage de la côte sud, et nous tombâmes par hasard, divine surprise, sur la plage des Anneries, à La Couarde. Grande plage quasi déserte, grand beau temps. Suivant mon habitude, tout en marchant, je collectai sur le sable divers matériaux : cailloux et coquilles pour compléter mes empierrements, éclats de verre pour en préserver mes concitoyens, quelques déchets, bouts de plastique, pour en débarrasser la place, os de seiche pour donner à mes cailles, etc. Je ramassai entre autres un petit tesson blanc de je ne sais quoi (je suis dans une période tesson) d'environ 2 cm x 3, où apparait en noir le mot Apéritif. Cet objet m’amusait mais je ne sais qu’en faire. S’il intéresse quelqu’un, je le donne. J’offre l’apéritif, en quelque sorte.
mardi 30 septembre 2025
écossais
Dimanche avant-dernier le 21 septembre, je suis allé au château du village voisin, Villeneuve la Comtesse, où l’on célébrait, pour les Journées du patrimoine, le 600ème anniversaire de la construction du bâtiment (1425), date aussi de la création de la Garde écossaise du roi Charles VII, future garde républicaine. Si j’ai bien compris, les premiers maîtres du château furent aussi les premiers chefs de ladite garde, un dénommé Christy Chamber puis son fils Nicole. Ces deux événements se produisaient dans le cadre de l’Auld Alliance, la Vieille Alliance scellée entre la France et l’Ecosse en 1295, alliance consistant principalement en une entraide militaire contre l’ennemi commun, l’Angleterre. Dans la matinée j’ai assisté à une conférence donnée par l’historien Patrick Gilles, bon orateur et très chic, habillé en kilt, sur le thème de L’armée d’Ecosse au secours du royaume de France. Toujours en quête de renseignements sur la dignité humaine, j’ai noté l’indication qu’à la bataille d’Azincourt, défaite française lamentable (1415) la plus grande part des pertes françaises ne serait pas les hommes morts au combat, mais les 1200 prisonniers que les Anglais ont égorgés pour s’assurer de n'être pas pris à revers s’ils les relâchaient. Le conférencier a estimé que c’est lors d’une autre bataille, celle de Verneuil (1424), qu’aurait été tiré le plus grand nombre de flèches, selon lui plus d’un million. Il a dit qu’un bon archer pouvait en décocher cinq à la minute. Ces beaux chiffres sont parmi mes souvenirs les plus mémorables de cette journée.
dimanche 28 septembre 2025
âge
J’ai rêvé qu’une femme, ne voulant pas révéler franchement qu’elle avait 35 ans, disait avoir 34 ans et douze douzièmes. Dans le rêve cette coquetterie ne me paraissait pas ridicule. En réalité, je ne me rappelle pas avoir déjà entendu quiconque user d’une telle formule.
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