Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mercredi 31 décembre 2025
exil
Il fallait l’autre jour chercher à la loupe dans les Google News pour y voir signaler la mort de Brigitte Bardot mais aujourd’hui, sur la trentaine d’articles présentés en page d’accueil, pas moins de quatre, venant d’Associated Press, Variety, Fortune, et The Independant, sont consacrés à nous annoncer que George Clooney et ses lardons se sont exilés en France (ne riez pas), dont ils viennent d’obtenir la nationalité, et disent à Donald Trump : Go fuck yourself. Que voilà une belle leçon de courage et de maintien. Et une nouvelle captivante, judicieusement mise en valeur par Google News…
mardi 30 décembre 2025
autoroute
Départ pour la Gironde ce matin, un peu précipité parce que je me suis réveillé plus tard que prévu et parce que le site de Vinci Autoroutes annonçait des bouchons possibles dans les heures qui suivaient. En roulant j’écoutais de temps en temps leur radio sur 107.7, qui fait le point sur l’état de la circulation une fois tous les quarts d’heure. Entre temps ils passent des chansons plus ou moins supportables, des petits reportages et inévitablement des publicités. Dans l’une d’elles, particulièrement pénible, un couple discute de l’opportunité de s’arrêter dans une station-service. Le mari en extase affirme qu’il vont pouvoir y faire « le plein d’idées-cadeaux festives et authentiques ». Oh, Seigneur. (Monologue intérieur : Et ma main dans ta gueule, elle est festive ou authentique ?). Mais bon finalement tout s’est bien déroulé, trafic fluide. Une fois passée la rocade bordelaise, j’étais sauvé, je n’avais plus qu’à suivre tranquillement les panneaux Andernos les Bains / Lège Cap-Ferret. Et me brancher sur Radio-Classique, que je ne peux jamais écouter dans ma brousse habituelle. J’étais en vacances.
lundi 29 décembre 2025
re-Bardot
Quand les médias ne mentent pas franchement, ils mentent par disproportion, en accordant aux événements une importance bien moindre ou au contraire bien supérieure à ce qu’elle est en réalité. Depuis hier, par exemple, tout le monde ne parle que de la mort de Brigitte Bardot, naturellement, et les réseaux sociaux s’en font l’écho, mais on sent que beaucoup de journaux font grise mine, ne manquant pas de rappeler que la vieille dame était « d’extrême droite » et puait de la gueule. Le plus frappant est de parcourir comme je le fais chaque matin les nouvelles retransmises par Google News et Google Actualités. Non seulement ce décès n’est pas dans les grands titres, mais il faut chercher à la loupe les articles qui en parlent.
dimanche 28 décembre 2025
Bardot
(Réédition d'une note de lecture de juin 2003)
Brigitte Bardot. Un cri dans le silence (Editions du Rocher, 2003, 170 p). Je ne m’intéresse pas souvent aux vedettes ni à leurs livres, la réputation scandaleuse de celui-ci m’a rendu curieux et j’y ai trouvé à boire et à manger. Les trente chapitres sont numérotés alternativement en chiffres arabes et en romains (1, II, 3, IV…) formant ainsi deux séries en quelque sorte tressées. Les uns sont un autoportrait plutôt mélancolique de BB aujourd’hui, elle évoque, en parlant d’elle à la troisième personne, les moments successifs de ses journées, le souvenir de ses amis, sa vie avec les animaux qu’elle protège. On y apprend qu’elle entretenait une correspondance avec une autre écologiste, au tempérament différent, Marguerite Yourcenar. Dans les autres chapitres le ton est au pamphlet, madame Bardot critique divers aspects du monde moderne avec un incontestable tonus, à défaut de garder toujours son sang-froid. A mon goût sa syntaxe n’est pas assez stricte et elle cède trop souvent aux facilités de l’argot, mais son intention n’était pas de faire des entrechats littéraires. On trouve cependant des propos limpides, comme l’exposition de ce problème d’éthique : «Peut-être que si chaque personne devait tuer elle-même l’animal qui finira dans son assiette, le monde deviendrait végétarien.»
samedi 27 décembre 2025
pourcentage
J’entendais l’autre jour un gentilhomme déclarer qu’il y a dix pour cent de cons dans tous les milieux. C’était à propos des chasseurs, qui n’ont pas toujours bonne réputation. En méditant cette affirmation, je me suis dit que l’on voyait bien la part de vérité qu’elle contient, et tout aussi bien les arguments que l’on pourrait lui opposer. Un peu comme avec la plupart des aphorismes littéraires, en somme.
vendredi 26 décembre 2025
pêcher
J’ai lu dans Mon jardin & ma maison l’article d’un certain Léo Dancriet à propos de « Tailler votre pêcher en hiver ». Je n’y ai pas appris grand chose, mais je me suis arrêté un moment pour considérer la phrase étonnante, où l’on affirme qu’il faut procéder à cette taille hivernale selon « la règle des trois D, qui consiste à supprimer les branches mortes, malades ou abîmées ». Je ne voyais pas bien en quoi la lettre D pouvait constituer un truc de mémoire pour songer auxdites branches mal en point. J’en suis venu à supposer que le texte est maladroitement pompé à une source anglophone, où les branches sont en fait dead, diseased ou damaged. Le pompeur aurait au moins pu relire ce que l’intelligence artificielle lui avait fourni…
jeudi 25 décembre 2025
mardi 23 décembre 2025
après-midi
A la bibli de Saint-Jean, cet après-midi, j’ai passé une cool demi-heure à lire deux petits recueils de haïkus datant des années trente, dont j’avais repéré l’existence grâce à Noël Santon. Ce sont deux menues livrettes, de 24 et 48 pages : les Clairs de Vénus, de Robert Pelletan-Chamboulan (Lyon, sans date mais avec une dédicace de 1932) et les Coquillages de nacre, de Madeleine Champion (Editions Corymbe, St-Jean, 1939). Du premier, j’ai recopié cette miniature :
Jet d’eau
palmier
impalpable.
Après quoi j’ai avancé jusqu’à Bricomarché, ça faisait longtemps, acheter cent-dix litres de gravier gris, pour remplumer le sol à l’entrée de mon ranch. C’est la contenance que je peux transporter dans ma voiture automobile : huit seaux dans le coffre, trois sur la banquette arrière. Il faut ce qu’il faut.
dimanche 21 décembre 2025
dénominations
Destin inégal des personnalités qui se sont choisi un pseudonyme avant l’époque des moteurs de recherche en ligne, type Google. Une chance pour Crad Kilodney, qui n’a pas d’homonyme, de sorte que toutes les réponses le concernent en effet. Au contraire pas de chance pour Noël Santon, même en précisant Ecrivaine, la plupart des réponses portent sur les santons de la crèche. A cet égard, le titre de mon Journal documentaire n’est pas non plus la plus efficace trouvaille…
samedi 20 décembre 2025
bisous
Quand la bise fut venue, elle remplaça le baiser démodé. Pour désigner ce «contact effectué avec les lèvres en signe d’amour ou d’affection», généralement sur la joue, la bise est à son tour concurrencée par le bisou. Ainsi la dialectique familière est-elle passée des Bons baisers aux Grosses bises, puis aux Gros bisous. Ce bisou est formé en prolongeant la bise d’un suffixe, qui a bien l’air diminutif. Or si ledit bisou est une petite bise, la formule Gros bisous désigne étrangement de grosses petites bises. Les grincheux se moqueront du paradoxe sémantique, j’y vois au contraire un aimable signe de ferveur. Etant quant à moi d’un naturel réservé, rétif aux effusions, je n’adresse jamais de Gros bisous à qui que ce soit, mais dans le fond je ne déteste pas en recevoir. La vie est ainsi faite…
vendredi 19 décembre 2025
argumentaire
Cet alexandrin argumentaire, noté en lisant une discussion sur internet : Je ne suis pas certain que ce soit aussi simple.
jeudi 18 décembre 2025
haie
Vendredi dernier j’ai participé à la plantation d’une haie le long du chemin du Bois Plan, qui sépare les communes de La Croix-Comtesse et Vergné à l’ouest de la grand route. La haie s’étend sur plus de cinq cents mètres, sur le côté du chemin situé à La Croix, avec deux brèches pour le passage des engins agricoles. Pour différentes raisons j’avais hésité à y aller, puis je m’étais décidé au dernier moment. Le rendez-vous était à huit heures et demie du matin. J’étais sur place avec dix minutes d’avance, il n’y avait encore personne et je me demandais si j’étais bien au bon endroit. Puis les autres sont arrivés, une vingtaine de bénévoles, presque tous inconnus de moi. La plupart des habituels volontaires du village, que je m’attendais à trouver, n’étaient pas là. Il y avait surtout des hommes assez âgés, cultivateurs et/ou chasseurs, et simples résidents du coin. Parmi les quelques d’âge moyen, le propriétaire et les experts, qui avaient apporté les plants, des outils et du matériel. Une seule femme, très jeune, dont j’ai su que c’était une élève de troisième se destinant aux métiers de l’environnement, qui accomplissait là un stage. Sa présence étonnait parmi les rudes gaillards mais je n’ai entendu personne lui manquer de respect, et l’ambiance générale était bon enfant. Le terrain avait été labouré au préalable sur toute la longueur et sur plus de deux mètres de large, de sorte que la terre était ameublie et qu’il n’y avait pas besoin de grands outils pour faire les trous de plantation, les mini-pelles de jardin suffisaient. Elles étaient fournies mais j’avais apporté la mienne. J’ai appris l’expression « la terre est amoureuse », à propos du sol argileux si collant, que nous avions d’énormes mottes accrochées aux semelles de nos bottes dès les premiers pas. Je n’ai pas su le détail des espèces plantées, semble-t-il un assortiment assez varié, comme il convient. La plantation, plus facile et plus rapide que je n’aurais cru, fut suivie par la délicate installation des filets de protection. J’avais déjà participé à une création de haie à Doeuil il y a deux ans. Cette nouvelle expérience était un peu différente dans son organisation mais tout aussi intéressante, pour la satisfaction de l’oeuvre utile, qu’on espère durable, et l’agrément des conversations informelles, à propos d’arbres et de tout autres sujets. En fin de matinée l’essentiel du travail était fait, un tracteur soufflait de la paille sur la plantation, je me suis esquivé juste avant midi.
mercredi 17 décembre 2025
mardi 16 décembre 2025
plaids
J’ai rêvé que j’étais dans un studio radiophonique avec une vieille dame et Alain Finkielkraut. Nous constations avec amusement que nous avions tous les trois des plaids semblables, à carreaux noirs et gris, comme celui que j’utilise chaque jour.
dimanche 14 décembre 2025
Lisbonne
Regardé le film d’Alain Tanner, Dans la ville blanche (1983) disponible sur Youtube. Un marin (suisse !) faisant escale à Lisbonne, s’y installe et prend pour maitresse la serveuse du bar-hôtel, tout en continuant à envoyer des lettres d’amour et de petits films super-8 à sa bien-aimée helvétique. Je ne comprends à peu près rien aux scènes en allemand, quand le marin et sa belle lisent leurs lettres à voix haute, et guère plus aux quelques dialogues en portugais, mais la plupart du temps les personnages se parlent en français. Bruno Ganz était encore fringant, les deux filles ont du charme, et il y a quelques belles vues des gros bateaux qui passent lentement dans l’estuaire du Tage. Ce film cosmopolite et esthétisant aurait pu me plaire à l’époque, aujourd’hui il me parait plutôt ennuyeux dans l’ensemble, crispant par moments (les pires sont ceux où le protagoniste joue de l’harmonica). D
samedi 13 décembre 2025
Saint-Jean
Après avoir consulté les livres que Noël Santon à consacrés à l’histoire de Saint-Jean d’Angély sous l’Occupation, je viens de prendre connaissance de sa remarquable étude sur Les écrivains de Saint-Jean : inventaire littéraire et biographique, ornée de bois gravés par l’auteur, et parue chez les Brisson en 1954. Santon explique dans sa préface et reparle plus loin du fait qu’elle avait d’abord composé une copieuse anthologie des écrivains de Charente-maritime, et avait prêté le précieux manuscrit à quelqu’un qui ne le lui a jamais rendu. Découragée de recommencer, elle s’est ensuite contentée d’enquêter sur les écrivains de la ville où elle a passé sa vie. Ce bon petit livre de 140 pages est divisé en cinq chapitres portant sur les XVe et XVIe siècles, les XVIIe et XVIIIe, la première moitié du XIXe, puis la seconde, enfin le XXe siècle. La vie et l’oeuvre d’une bonne soixantaine d’hommes et de femmes de lettres locaux sont esquissées, chacun sur une ou deux pages, rarement plus, parfois seulement quelques lignes, avec ici et là des morceaux choisis. Une option discutable est que les écrivains sont strictement distribués par siècle en fonction de leur date de naissance, de sorte par exemple que ceux qui sont nés dans les dernières années du XIXe siècle y sont rattachés, alors qu’ils n’étaient pas encore majeurs au début du XXe. Mais on ne peut manquer de souligner la richesse documentaire de cet ouvrage, sa rigueur intellectuelle, l’élégance et la clarté du style. Dans les dernières pages sont également signalées des évocations de Saint-Jean par des auteurs non angériens, ainsi ces quelques vers légers composés en 1923 par un certain Armand de Tréveret : Sur les bords de la Boutonne / Près de Saint-Jean d’Angély / Au printemps comme en automne / Il est plus d’un coin joli… Il manque à ce livre une table ou un index, qui permette de se reporter commodément aux notices. J’ai dressé cette Table des matières, à mon usage et à celui d’autres lecteurs éventuels. J’ai aussi décidé d’en faire ma Lettre documentaire n° 532. Je sais bien qu’elle sera de peu d’utilité, car peu de gens étudient cet ouvrage ou y ont seulement accès, mais c’est la façon que j’ai trouvée de rendre un hommage à l’auteur, j’y tenais, et puis cette belle liste de gens de lettres provinciaux méconnus reste un objet de contemplation, ou de méditation.
(Ps : Je vois que le livre est numérisé sur Gallica !)
écrivains
Lettre documentaire 532
TABLE DES MATIERES manquant au livre de Noël Santon
Les écrivains de Saint-Jean, inventaire littéraire et biographique
(Brisson Editeurs, Saint-Jean d’Angély, 1954)
I : XVe et XVIe siècles, page 13
Mathurin Alamande, 13
Jecques Ballonfeau, 15
Jéhan Pallet, 17
Agrippa d’Aubigné à Saint-Jean, 18
Jean-Jacques Desvignes, 19
Jacques Primerose, 20
II : XVIIe et XVIIIe siècles, 21
Armand Maichin et l’imprimerie, 21
Benjamin Priolo, 23
Jean-Baptiste Lemaître du Pouzat, 25
Thomas Durouzeau, 26
Louis-Antoine Valentin, 27
Paul Paroche-Dufresne, 28
Une histoire perdue, 29
Les Guillonnet de Merville, 31
Louis Tourneur-Jacquemin, 33
Guillaume Normand du Fief, 33
Hippolyte d’Aussy, 34
V Polycarpe, 36
Régnaud de Saint-Jean d’Angély, 37
III : Première moitié du XIXe siècle, 41
Louis-Jacques Brillouin, 41
L’Hermite de la Boutonne, 43
Léon Duret, 45
Gustave Robert, 47
Jacques du Bois de Saint-Mandé, 47
Benjamin Bessède, 48
André Lemoyne, 49
Un salon littéraire, 51
Claude Saudau, 53
Hippolyte Bellet, 55
Les de Lacombe (Ferdinand), 57
Eugène Lemarié, 58
Ernest Hérisson, 60
Denys d’Aussy, 61
Joseph Lair, 63
Affiches et Echo, 65
Camille Cotard, 68
V Fouchier, 70
Poésie intérieure des tours, 71
IV : Seconde moitié du XIXe siècle, 73
Gabriel Godet, 73
Eugène Réveillaud, 75
Victor Billaud, 77
Charles Baude de Maurcelay, 80
Gabriel Sarrazin, 81
Amédée Mesnard, 84
Valentine Germain, 85
Jeanne d’Angély, 87
Alfred Brun, 88
L’Académie des Muses Santones, 89
Docteur Jean Texier, 94
Croquis 1884, 95
Germain Gaborit, 97
Camille Dutour, 99
Louis Audouin-Dubreuil, 99
Paul d’Hérama, 103
Marcel Cousinery, 106
Raymond Peyrègne, 108
Madeleine Chéneau, 109
Docteur Jacques-Emile Emerit, 110
Claude Langel et Albert Salvan, 114
TABLE DES MATIERES manquant au livre de Noël Santon
Les écrivains de Saint-Jean, inventaire littéraire et biographique
(Brisson Editeurs, Saint-Jean d’Angély, 1954)
I : XVe et XVIe siècles, page 13
Mathurin Alamande, 13
Jecques Ballonfeau, 15
Jéhan Pallet, 17
Agrippa d’Aubigné à Saint-Jean, 18
Jean-Jacques Desvignes, 19
Jacques Primerose, 20
II : XVIIe et XVIIIe siècles, 21
Armand Maichin et l’imprimerie, 21
Benjamin Priolo, 23
Jean-Baptiste Lemaître du Pouzat, 25
Thomas Durouzeau, 26
Louis-Antoine Valentin, 27
Paul Paroche-Dufresne, 28
Une histoire perdue, 29
Les Guillonnet de Merville, 31
Louis Tourneur-Jacquemin, 33
Guillaume Normand du Fief, 33
Hippolyte d’Aussy, 34
V Polycarpe, 36
Régnaud de Saint-Jean d’Angély, 37
III : Première moitié du XIXe siècle, 41
Louis-Jacques Brillouin, 41
L’Hermite de la Boutonne, 43
Léon Duret, 45
Gustave Robert, 47
Jacques du Bois de Saint-Mandé, 47
Benjamin Bessède, 48
André Lemoyne, 49
Un salon littéraire, 51
Claude Saudau, 53
Hippolyte Bellet, 55
Les de Lacombe (Ferdinand), 57
Eugène Lemarié, 58
Ernest Hérisson, 60
Denys d’Aussy, 61
Joseph Lair, 63
Affiches et Echo, 65
Camille Cotard, 68
V Fouchier, 70
Poésie intérieure des tours, 71
IV : Seconde moitié du XIXe siècle, 73
Gabriel Godet, 73
Eugène Réveillaud, 75
Victor Billaud, 77
Charles Baude de Maurcelay, 80
Gabriel Sarrazin, 81
Amédée Mesnard, 84
Valentine Germain, 85
Jeanne d’Angély, 87
Alfred Brun, 88
L’Académie des Muses Santones, 89
Docteur Jean Texier, 94
Croquis 1884, 95
Germain Gaborit, 97
Camille Dutour, 99
Louis Audouin-Dubreuil, 99
Paul d’Hérama, 103
Marcel Cousinery, 106
Raymond Peyrègne, 108
Madeleine Chéneau, 109
Docteur Jacques-Emile Emerit, 110
Claude Langel et Albert Salvan, 114
Henry Trentt, 116
Jean-Abel Marchand, 117
V : Ebauche du XXe siècle, 121
Le Subiet, 121
Robert Jean-Boulan, 126
Yvan Audry, 127
Corymbe, 128
La Gazette Angérienne, 132
Sur les bords de la Boutonne, 135
Evocations et avenir, 138
Jean-Abel Marchand, 117
V : Ebauche du XXe siècle, 121
Le Subiet, 121
Robert Jean-Boulan, 126
Yvan Audry, 127
Corymbe, 128
La Gazette Angérienne, 132
Sur les bords de la Boutonne, 135
Evocations et avenir, 138
vendredi 12 décembre 2025
jeudi 11 décembre 2025
Cézanne
Afin de vérifier si vraiment ce peintre me plaisait si peu que ça, j’ai emprunté à Loulay un bel album Cézanne, publié par Gilles Plazy au Chêne en 1996. Je n’en parlerai pas aussi méchamment que Dali, jugeant que Cézanne était «le peintre le plus mauvais de France … le plus maladroit, le plus catastrophique», mais enfin ce livre ne m’a pas convaincu du contraire. On a mis en couverture un assez joli portrait du fils de l’artiste, et j’aime bien aussi celui de son père lisant le journal. Mais à part ça je trouve ses portraits mornes, à commencer par ceux de sa femme Hortense à la mine lugubre. Ses natures mortes sont bien aimables, avec ou sans pommes, mais quand on a vu celles qui se faisaient à la grande époque des Flamands, comment dire… Et ses paysages sont fades, Montagne Sainte-Victoire ou pas. Quant aux scènes de genre, je n’en tire pas plus de joie : ses Joueurs de carte respirent l’ennui, et ses Baigneurs et Baigneuses nus sont d’une laideur consternante. Ah, tant pis.
mercredi 10 décembre 2025
nonobstant
L’un des deux offre divers aspects vraiment terribles, nonobstant différentes incertitudes.
(Phrase boule de neige).
mardi 9 décembre 2025
Saint-Félix
On m’a prêté le livre d’un certain Gérard Ipoustégui-Gaillard, Cent ans de galarne : La vie à Saint-Félix, village de Saintonge, de 1871 à nos jours. Galarne est la prononciation locale de galerne, nom d’un fort vent de nord-ouest, humide et froid. Dans cet ouvrage auto-édité en l’an 2000, l’auteur, maintenant disparu, brosse en un vaste tableau l’histoire de sa famille et celle de la commune de Saint-Félix, située à une petite dizaine de kilomètres à l’ouest de chez moi, sur la route de Surgères. J’avais déjà entendu, lors d’une séance publique, lire une page de ce livre (p 218-219) où le mémorialiste raconte comment, enfant, il prenait le train en famille à Paris et, après avoir je suppose changé à Niort, descendait dans la petite gare de Vergné, commune contiguë à la mienne. Toute la famille faisait alors à pied, valises en main, les sept kilomètres la séparant encore de Saint-Félix. J’aime bien ce genre de non-fiction autobiographique, truffée de souvenirs, d’anecdotes, d’histoires secondaires, et je l’ai parcourue avec plaisir, en m’arrêtant ici et là sur les pages qui m’accrochaient. L’auteur insère parfois dans son texte des témoignages d’autres personnes, comme p 67-71 le récit du prisonnier de guerre Ernest Cosset, qui fut trimballé loin dans l’est et le nord de l’Europe avant de rentrer chez lui en 1919. J’ai lu surtout des notes concernant la deuxième Guerre mondiale. Il y a ce malentendu amusant, p 102, quand en 1940 une habitante s’étonne que les Allemands soient déjà là, alors qu’elle avait cru entendre dire la veille qu’ils étaient à Marseille, mais c’était en fait à Marsais, village voisin. (L’histoire m’a amusé d’autant plus que le même quiproquo s’est produit naguère après une soirée de lectures au café de Doeuil, quand il fut dit que certaine jeune femme, repartie sans tarder, était venue de Marseille pour assister à la séance, et cela semblait bien loin, mais c’était en réalité Marsais). Je retrouve p 137 l’histoire du bombardier américain qui avait fait un atterrissage forcé dans les champs au nord de la Croix-Comtesse (voir ce journal au 2 juin 2024). Il y a p 150 sq d’intéressantes remarques sur l’anarchie régnant dans le pays au moment de la Libération, quand la distinction était parfois floue entre Résistance et pur brigandage. Il y a notamment p 154 l’allusion rapide à l’exécution d’un collabo, coupable d’avoir dénoncé des réfractaires au STO, à qui ses bourreaux, dans un élan de zèle antifasciste, ont crevé les yeux, avant de le flinguer (on aimerait connaitre les noms de ces justiciers). Il y a des anecdotes plus légères, comme p 176 celle du prisonnier revenant chez lui en compagnie de sa future épouse, une Polonaise qu’il a connue dans les camps. Et quelques allusions (p 187 et autres) à la formidable épicerie-capharnaüm anachronique, située à l’angle d’une rue et de la grand route, où je suis allé quelquefois jadis, maintenant disparue. Je citerai enfin la belle évocation (p 219) d’un de mes cris d’oiseau préférés, celui du hibou petit-duc, lequel «vers les 22 heures … commence, à l’abri des branches de l’immense tilleul, ses sifflets brefs et clairs, répétés indéfiniment…»
lundi 8 décembre 2025
graines
Les cailles ne sont pourtant pas les plus rares des oiseaux domestiques, mais je ne trouve pas souvent des sacs de graines qui leur soient destinées, comme il y en a pour les poules, pigeons et tourterelles, perruches, canaris, et autres. Aussi j’achète ce que je peux pour les trois miennes et je leur prépare des mélanges improvisés, sans être sûr de ce qui convient le mieux. Ma seule certitude est qu’elles préfèrent les graines de petit calibre, type millet, et ne mangent pas les plus grosses, tournesol ou maïs, qu’elles laissent trainer. L’autre jour, comme il ne me restait plus qu’un petit kilo de graines à la maison, j’ai refait des réserves, de passage à Surgères. Cette fois j’ai pris du Mélange pour poussin, un sac de quatre kilos de chez Gasco, maison gersoise. Pour faire bonne mesure, j’ai aussi pris dans un autre magasin deux sacs de graines Eco+ : un kilo et demi de graines pour canaris et un kilo de mélange pour oiseaux dits du ciel. Chez moi j’ai versé dans un grand bac les trois sacs avec mes graines de reste et je les ai brassées pour les mélanger, puis j’en ai rempli des pots. Nous en avons pour un moment mais peut-être pas pour si longtemps que ça. Je doute que l’on tienne jusqu’à Pâques, moment magique où les oeufs reviennent. On verra bien.
dimanche 7 décembre 2025
movies
Mercredi dernier, dans l’épisode 1701 de son fameux show, Matt Walsh à un moment laisse tomber la politique, sujet qui fâche, pour parler de cinéma. Il évoque d’abord (à 56’ 45’’) une liste récemment établie par Quentin Tarantino des meilleurs films du XXIe siècle, déclare partager souvent les avis dudit cinéaste, ce qui m’étonne, mais s’avoue en désaccord avec ladite liste, puis propose et commente (à partir de 57’ 25’’) son propre top ten :
10. Borat
9. Zodiac
8. The assassination of Jesse James
7. Whiplash
6. Sicario
5. Children of men
4. Apocalypto
3. There will be blood
2. Master and commander
1. No country for old men
10. Borat
9. Zodiac
8. The assassination of Jesse James
7. Whiplash
6. Sicario
5. Children of men
4. Apocalypto
3. There will be blood
2. Master and commander
1. No country for old men
(Lien direct vers ce passage : ici)
N’allant plus au cinéma depuis longtemps, je pensais que tous les films me seraient inconnus, mais en fait j’en ai vu deux, dont j’ai moi aussi un souvenir positif, quoique maintenant imprécis. Je prends note de cette liste pour comparer, au cas où j’en verrais d’autres.
N’allant plus au cinéma depuis longtemps, je pensais que tous les films me seraient inconnus, mais en fait j’en ai vu deux, dont j’ai moi aussi un souvenir positif, quoique maintenant imprécis. Je prends note de cette liste pour comparer, au cas où j’en verrais d’autres.
samedi 6 décembre 2025
grand
GRAND JEU
grand air
grand bleu
grand chelem
grand-duc
grand écart
grand frère
grand galop
grand huit
grand incendie
grand jour
grand koudou
grand large
grand magasin
Grand Nord
grand oral
grand prix
grand quiz
grand-route
grand saut
grand tétras
grand air
grand bleu
grand chelem
grand-duc
grand écart
grand frère
grand galop
grand huit
grand incendie
grand jour
grand koudou
grand large
grand magasin
Grand Nord
grand oral
grand prix
grand quiz
grand-route
grand saut
grand tétras
grand urubu
grand veneur
grand veneur
vendredi 5 décembre 2025
poterie
Pot-Bouille
pot de chambre
pot de colle
pot commun
pot de confiture
pot de départ
pot à eau
pot d’échappement
pot de fer
pot au feu
pot de fleur
pot de chambre
pot de colle
pot commun
pot de confiture
pot de départ
pot à eau
pot d’échappement
pot de fer
pot au feu
pot de fleur
pot au lait
pot au noir
pot-pourri
pot aux roses
pot de terre
pot de vin
pot de yaourt
pot au noir
pot-pourri
pot aux roses
pot de terre
pot de vin
pot de yaourt
jeudi 4 décembre 2025
Iacovleff
A Saint-Jean d’Angély, j'ai visité l’exposition que le Musée des Cordeliers consacre au centenaire de la Croisière noire (une traversée de l’Afrique, de l’Algérie à Madagascar, financée par André Citroën et co-dirigée par l’explorateur angérien Louis Audouin-Dubreuil). On peut voir là toute une collection d’objets, dont un bel oeuf d’autruche serti de cuir, mais pour moi la grande révélation a été de découvrir les dessins de l’artiste de l’expédition, Alexandre Iacovleff, superbes portraits des voyageurs et des indigènes.
(L'expo dure jusqu'en avril)
mercredi 3 décembre 2025
forêt
En feuilletant le livre de Philippe Domont et Nikola Zaric, La forêt en 301 questions / réponses, sous-titré Guide des curieux en forêt (Delachaux et Niestlé, 2007) j’ai eu connaissance ou confirmation de quelques données. Cet ouvrage plein de bon sens, patronné par l’Association suisse des forestiers, n’est pas produit par des idéologues mais par des hommes de terrain sachant gérer intelligemment la forêt. Oui, élever des arbres consiste à soigner quelques privilégiés au détriment de leurs milliers de concurrents, tant pis pour l’égalitarisme. Et oui, maintenant qu’on ne se chauffe plus au bois, les forêts délaissées sont pleines de «bois abandonné», de «bois qui traine» : «Le bois mort des arbres secs encore sur pied, les troncs cassés ou les branches jonchant le sol…» (p 33 & 36). En effet beaucoup de bois ne sont plus entretenus. J’entretiens les miens, parmi d’autres actions, en récupérant ce que je peux en tirer de bûches et de fagot, et en laissant pourrir sur place les fragments inutiles, que j’entasse ici et là pour que le sol n’en soit pas encombré et qu’ils n’entravent pas la marche. Le livre aborde la question de ces tas de branches délaissées (question 289) que le forestier est amené à former, et qui servent aussi de refuge à la menue faune. Il suggère de les placer au pied des grands arbres. D’autres endroits peuvent convenir. On ne médite jamais trop quant à l’emplacement de ses tas de branches.
mardi 2 décembre 2025
Knivet
Bien que n’ayant toujours pas l’intention d’étudier le récit du voyage d’Anthony Knivet, que je n’arrive déjà pas à lire, je viens de feuilleter par curiosité la bonne réédition du texte original, publiée par un certain Vivien Kogut Lessa de Sá aux presses de l’université de Cambridge en 2015, The admirable adventures and strange fortunes of Master Anthony Knivet : an English pirate in sixteenth-century Brazil. En parcourant l’appareil critique, deux remarques m’ont intéressé. Tout d’abord la constatation (p 201) qu’au contraire de tous les autres chroniqueurs du Brésil de l’époque, Knivet est le seul à rester totalement muet sur la question de l’anthropophagie, bien qu’il ait lui-même vécu chez des Indiens qui la pratiquaient. Ce «striking silence» lui enlève encore de l’attrait à mes yeux. Par ailleurs la mention (p 210) de sa réaction quand, vivant chez les Tamoio, ceux-ci lui proposent des femmes : Je refusai, expliquant qu’il n’était pas de notre usage de prendre femme hors de notre pays. L’argument n’était sans doute qu’un prétexte, mais quelle était la vraie raison du refus ? Ce rude gaillard n’étant pas excessivement scrupuleux, je doute qu’il ait été choqué par une pratique abusive. Alors, quoi ? Les femmes qu’on lui proposait étaient-elles moches ? Ou n’avait-il tout simplement pas le goût des filles, comme il arrive ? En tout cas l’anecdote me parait significative, une fois de plus, du statut peu enviable de la femme dans ce genre de société primitive : équivalent à peu près à celui d’une esclave ou d’un animal domestique que l’on prend, que l’on donne, que l’on prête, que l’on vole, que l’on échange sans lui demander son avis, qui est là pour servir, obéir et se taire. Les indigènes se réclamant aujourd’hui de leur héritage culturel restent discrets sur ce point.
lundi 1 décembre 2025
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