Après avoir consulté les livres que Noël Santon à consacrés à l’histoire de Saint-Jean d’Angély sous l’Occupation, je viens de prendre connaissance de sa remarquable étude sur Les écrivains de Saint-Jean : inventaire littéraire et biographique, ornée de bois gravés par l’auteur, et parue chez les Brisson en 1954. Santon explique dans sa préface et reparle plus loin du fait qu’elle avait d’abord composé une copieuse anthologie des écrivains de Charente-maritime, et avait prêté le précieux manuscrit à quelqu’un qui ne le lui a jamais rendu. Découragée de recommencer, elle s’est ensuite contentée d’enquêter sur les écrivains de la ville où elle a passé sa vie. Ce bon petit livre de 140 pages est divisé en cinq chapitres portant sur les XVe et XVIe siècles, les XVIIe et XVIIIe, la première moitié du XIXe, puis la seconde, enfin le XXe siècle. La vie et l’oeuvre d’une bonne soixantaine d’hommes et de femmes de lettres locaux sont esquissées, chacun sur une ou deux pages, rarement plus, parfois seulement quelques lignes, avec ici et là des morceaux choisis. Une option discutable est que les écrivains sont strictement distribués par siècle en fonction de leur date de naissance, de sorte par exemple que ceux qui sont nés dans les dernières années du XIXe siècle y sont rattachés, alors qu’ils n’étaient pas encore majeurs au début du XXe. Mais on ne peut manquer de souligner la richesse documentaire de cet ouvrage, sa rigueur intellectuelle, l’élégance et la clarté du style. Dans les dernières pages sont également signalées des évocations de Saint-Jean par des auteurs non angériens, ainsi ces quelques vers légers composés en 1923 par un certain Armand de Tréveret : Sur les bords de la Boutonne / Près de Saint-Jean d’Angély / Au printemps comme en automne / Il est plus d’un coin joli… Il manque à ce livre une table ou un index, qui permette de se reporter commodément aux notices. J’ai dressé cette Table des matières, à mon usage et à celui d’autres lecteurs éventuels. J’ai aussi décidé d’en faire ma Lettre documentaire n° 532. Je sais bien qu’elle sera de peu d’utilité, car peu de gens étudient cet ouvrage ou y ont seulement accès, mais c’est la façon que j’ai trouvée de rendre un hommage à l’auteur, j’y tenais, et puis cette belle liste de gens de lettres provinciaux méconnus reste un objet de contemplation, ou de méditation.(Ps : Je vois que le livre est numérisé sur Gallica !) (Pps : Mais il n'est consultable qu'à 15 % !)
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