J’ai regardé l’entretien du commentateur américain Matt Walsh avec l’entrepreneur et politicien Vivek Ramaswamy, naguère candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle. Tous deux très conservateurs et tous deux brillants orateurs. Le passage qui m’a le plus intéressé est celui (à partir de 23:48) où Matt demande à son interlocuteur ce qu’il a pensé de la réflexion d’Ann Coulter, qui dans une récente discussion avait déclaré qu’elle aimait bien Vivek mais ne voterait pas pour lui, vu qu’il était Indien. Elle se basait sur la règle selon laquelle le président des Etats-Unis ne saurait être un émigré de fraiche date mais devrait être au moins de la troisième génération née dans le pays. Or Vivek, né dans l’Ohio de parents émigrés venus d’Inde, plus précisément des Tamouls, n’est qu’un citoyen américain de première génération. Pour sa part, il oppose à cet argument biologique une vision en quelque sorte psychologique. Pour lui, la citoyenneté doit être basée principalement sur la loyauté de l’individu envers la nation (citizenship is about loyalty). Il fait observer qu’un natif issu de plusieurs générations de locaux peut être un mauvais citoyen, alors qu’un nouvel arrivant ou un citoyen de première génération peut être parfaitement loyal et dévoué envers le pays. Je suis d’accord avec lui. Il tire aussi de ce principe de loyauté l’idée que la citoyenneté est un privilège qui ne doit être accordé qu’aux postulants dont on a pu vérifier l’engagement civique. Et par ailleurs l'idée que la double citoyenneté ne devrait pas être permise (I think we should eliminate dual citizenship). Je suis du même avis.
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
jeudi 13 juin 2024
mardi 11 juin 2024
A Paris
C’est peut-être la lecture l’autre jour du livre de Catherine Allégret qui m’a rappelé le souvenir de la belle chanson A Paris. Je viens de la récouter sur YouTube, avec plaisir. Quelle jolie trouvaille. Elle avait été créée par l’auteur-compositeur Francis Lemarque en 1946, puis est devenue célèbre par l’interprétation d’Yves Montand à partir de 1948. En considérant les trois dimensions que comporte toute chanson (paroles + musique + interprétation), il me semble que dans celle-ci le texte, aimable sans être génial, n’est pas l’élément le plus fort. Le charme vient surtout de cette mélodie toute en longues descentes et soudaines remontées, et bien sûr de la belle voix d’Yves. A vrai dire j’aime mieux les premiers couplets, moins le reste...
dimanche 9 juin 2024
à table
Faut pas prendre un homme plus jeune, ça vous crève, a soudain lâché ma voisine, l’autre soir dans le brouhaha, au banquet du village. Je ne sais plus de quoi on parlait. Cet avis tranché m’a intrigué. Non qu’il sonne faux, mais ne pourrait-on aussi bien affirmer l’inverse ? Et que savait cette dame du sujet, parlait-elle d’expérience ? Après tout peu importait, je n’ai pas posé de questions.
vendredi 7 juin 2024
Nike
Encore une bizarrerie linguistique : j’ai remarqué que les Américains prononcent en deux syllabes marquées (naï-ki) le nom de leur marque de chaussures de sport Nike. Dès lors la prononciation française parait étrange : elle suit l’usage anglophone pour la première syllabe mais traite le e final à la française comme un e muet, réduisant ainsi le mot à une seule syllabe (naïk). Il serait plus simple de le prononcer à notre façon (nic) mais ce serait encore réduire à la première syllabe le nom grec auquel il est emprunté, celui de Niké, déesse de la victoire.
lundi 3 juin 2024
vikings
Egalement pris à Loulay, Les Vikings de la Charente à l’assaut de l’Aquitaine (Princi Negue, 2007) où l’historien Jean Renaud nous apprend comment certains de ceux que l'on nommait alors Danois ou Normands (les hommes du Nord) s’étaient incrustés en Saintonge, d’où ils ravageaient tant qu’ils pouvaient les provinces voisines, autour du IXe siècle. La documentation est rare mais donne quelques vues sur les pillages, incendies et massacres qui agrémentaient le vivre-ensemble à cette époque. Comme il arrive dans ces circonstances, les occupants étrangers trouvaient à l’occasion des collabos locaux pour leur faciliter la tâche.
dimanche 2 juin 2024
bombardier
A la bibli de Loulay j’ai aussi emprunté Missing in action, du docteur Perruchon (Le Bois du Dauphin, 2006) dans lequel j’ai lu le chapitre consacré au bombardier américain qui s’est écrasé dans les champs au nord de la Croix-Comtesse le 5 mars 1944, après avoir été endommagé par la défense anti-aérienne allemande de Cognac. Un seul des dix membres de l’équipage a d'abord quitté l’avion en parachute. Ayant atterri à quelques kilomètres plus au sud-est, non loin du château de Mornay, il a ensuite marché vers le sud pendant des jours jusqu’à Bergerac, à deux cents kilomètres de là. Les neuf autres se sont tirés indemnes de l’atterrissage et se sont dispersés en plusieurs groupes à travers la campagne, direction Coivert, avant d’être pris en charge par des résistants du sud des Deux-Sèvres et de pouvoir gagner l’Espagne. Sur la seule photo de l’avion posé dans un champ, on voit au loin les maisons de la Croix, principalement celle de feu monsieur Bertin, lequel était encore de ce monde il y a quelques semaines. C’est intéressant, même si le récit ne brille pas par la clarté.
samedi 1 juin 2024
psychologie
Existe-t-il un livre qui étudie la psychologie des arbres ? Qui explique par exemple pourquoi certaines espèces poussent si volontiers de traviole, prostrées ou même vautrées, comme le prunellier ou le fusain. On a souvent envie de leur dire Fais un effort, que diable, tiens-toi mieux que ça...

