Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mardi 28 février 2023
dimanche 26 février 2023
biographies
vendredi 24 février 2023
météo
Réchauffement climatique : à ce que je lis dans Google News ce matin, une énorme vague de froid s’abat sur les Etats-Unis, 700 000 personnes sont privées d’électricité dans le Michigan, Los Angeles lance sa première alerte au blizzard depuis 1989 et San Diego la première de tous temps. Quelque chose cloche.
jeudi 23 février 2023
Gourdon
Le dessinateur lormontais Aslan, de son vrai nom Alain Gourdon (1930-2014), était le frère cadet du dessinateur bordelais Michel Gourdon (1925-2011). Le premier reste connu surtout pour les pin-ups du magazine Lui, dites les Filles qu’on épingle, le second pour ses couvertures de romans policiers du Fleuve noir. Les deux illustrateurs étaient aussi talentueux l’un que l’autre, dans le même style réaliste soyeux, mais des recueils d’Aslan sont publiés par de grands éditeurs, alors que Gourdon est cantonné à des tirages limités, semble-t-il, bien qu’il ait lui aussi produit de l’imagerie sexy.
mardi 21 février 2023
haine
Les belles âmes grandiloquantes, qui se proclament avantageusement «contre la haine», en essayant de faire croire qu’elles-mêmes, contre toute vraisemblance, ne sont pas haineuses, me font penser à cette répartie de la rhétorique enfantine : C’est celui qui le dit qui l’est. Il y avait aussi, dans ce registre : Tu t’es pas vu !
lundi 20 février 2023
Season
Variation sur mon carré "Season"
s s s a w s
e p u u i e
a r m t n a
s i m u t s
o n e m e o
n g r n r n
dimanche 19 février 2023
Hécatombe
L’Hécatombe de Jean-Pierre Voyer est restée des années sur ma wish-list et maintenant que l’on a eu la charité de m’en procurer un exemplaire, je dois avouer qu’elle m’a déçu. Voyer était un polémiste post-situ dont j’ai feuilleté jadis les essais sur la publicité et sur la misère, qui me semblaient parfaitement illisibles, mais j’ai bien aimé et je possède encore l’aide-mémoire sur L’internationale situationniste, avec chronologie et index, qu’il avait composé avec un certain Jean-Jacques Raspaud (le co-auteur paraît avoir totalement disparu de la circulation). Ces livres avaient été publiés dans les années 70 par Champ Libre, la maison d’édition de Gérard Lebovici, avant que Voyer ne se brouille à mort avec l’éditeur et son gourou adoré Guy Debord, le grand chef situationniste. Hécatombe (Editions La Nuit, Paris, 1991) est un copieux recueil de lettres de la décennie 78-88, rédigées par Voyer, volontiers injurieux, ou reçues par lui. Les lettres d’insultes n’ont pas besoin d’être justes pour être drôles, le problème avec celles-ci est qu’elles ne sont en général ni l’un ni l’autre, je m’attendais à mieux et je n’ai pas eu la patience de les lire toutes. La première partie du livre est particulièrement imbuvable, avec les passages théoriques obsessionnels où l’auteur se sent obligé de citer le nom de Marx toutes les trois lignes. On sourit quelquefois de sa méchanceté envers Lebovici, après que celui-ci a été assassiné par des inconnus en 1984 : «Chaque jour je crache sur la tombe de l’ordure et cela me remplit d’allégresse...» (p 115) ou encore «Cela fait un an qu’un audacieux inconnu me rendit ... un service de type définitif...» (121). On s’étonne de cette déclaration p 117 : «... j’emmerde tout ce qui se dit révolutionnaire», de la part d’un marxiste fou furieux. Peut-être était-il désabusé, comme il semble un peu plus loin : «Toujours ces fameux ouvriers si chers aux gens qui ne savent même pas planter un clou...» (129). Ces quelques saillies amusantes sont un maigre butin, tiré d’un pavé de 350 pages. Toute la fin de l’ouvrage est d’un ennui constant, mêlé d’invectives antisémites qui ne relèvent pas le niveau de l’ensemble.




