On m’a gentiment prêté le livre de Christian Bobin : Ressusciter (Gallimard 2001, Folio 2018) parce que sa forme informelle m’attirait : des paragraphes détachés, longs de deux lignes à deux pages, séparés par des blancs plus ou moins étendus. Le thème principal en est le souvenir des défunts que l’écrivain a connus, dont son propre père, avec lesquels il se sent parfois encore en communication. Cela n’est pas sans intérêt mais trop souvent les rêveries mystiques de l’auteur ne me convainquent pas, aussi n’ai-je lu que le premier tiers du livre et je me suis contenté de feuilleter le reste en lisant les fragments les plus brefs, qui ont souvent une allure d’aphorisme. Bobin a de belles formules, mais ses propos sont parfois doucereux («Les moineaux s’envolent du feuillage du tilleul comme les paroles de la bouche d’un sage», page 38) ou incompréhensibles («Je ne crois plus à l’amour parce que je ne crois qu’à l’amour», 89). J’ai préféré des phrases comme «La femme de l’ogre est plus terrible que l’ogre» (45) ou «Comme ils sont parfois loin de mériter ce nom, ceux que nous avons coutume d’appeler nos proches !» (55). On composerait une belle page en réunissant toutes les allusions éparses au tilleul vu par la fenêtre.
Belle réhabilitation du « ravi de la crèche ».
RépondreSupprimerBon, en même temps, je ne l'épargne pas.
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