vendredi 3 septembre 2021

imaginaire

Un nouveau Molière trouverait sans peine, dans le délire actuel de certains militants, la matière à une satire sur le thème de L’opprimé imaginaire.

jeudi 2 septembre 2021

retrait

 C’était hier 1er septembre ma première journée officielle de vie en retrait. Jusqu’ici tout va bien ou à peu près, je ne m’ennuie pas et le temps est clément. Une de mes préoccupations est que les faibles rentes qui me sont promises vont sans doute me vouer à une économie de Marque Repère et de Top Budget. L’austérité annoncée est compensée par une relative abondance de biens. Depuis que j’ai quitté la ville à la mi-juillet pour me retirer dans ma thébaïde, les objets dont je disposais là-bas sont venus s’ajouter à ceux d’ici, de sorte que j’en ai plein en double : deux tubes de dentifrice, deux bouteilles de vinaigre, deux savons à barbe, etc, sans parler des stylos et du papier. Et comme mes voisins britanniques, occupant la maison d’à côté depuis un quart de siècle, ont eux aussi déménagé cet été, en m’offrant quantité de leurs affaires, je me retrouve à posséder deux scies à bûche, deux houes, deux pompes à velo, et quantité d’autres ustensiles, qui pourraient faire matière à brocante. En outre les remplaçants, qui ont sérieusement éclairci la végétation de leur jardin, me laissent disposer des morceaux de bois coupé qui m’intéressent, si bien que mes piles de bûches sont bien regarnies. Quant à mon propre jardin, il produit inégalement. Fraisiers et framboisiers n’ont quasi rien donné, la récolte de noisettes, de raisin, et de noix s’annonce médiocre, mais j’ai plus qu’il n’en faut de courgettes et d’excellentes mirabelles, j’en offre même à droite et à gauche. L’avenir n’est pas sûr mais tout n’est pas perdu.

vendredi 27 août 2021

lérots & gobemouche

Hier matin j’ai pris mon huitième lérot depuis le début du printemps. Très excité comme les trois précédents, bondissant dans la cage, roulant des yeux. Les deux premiers au contraire étaient amorphes, prostrés, peut-être épuisés par les vains efforts pour sortir du piège. D’autant que je travaillais encore et que quand je les découvrais en arrivant, ils pouvaient avoir déjà passé plusieurs jours en prison. Quand je suis là, je repère la capture au bruit qu’ils font dans la nasse métallique, qui résonne sur le plancher du grenier. Si c’est le soir ou la nuit, pour pouvoir dormir je monte la chercher et je la descends dans le chai, le monde du silence. Au petit matin je déporte la bête au bois de Volebière, à deux kilomètres. J’imagine les émotions du petit mammifère : l’arrivée du geôlier qui soulève la cage, la sortie dans le jardin, la montée en voiture, le ronronnement du moteur, l’auto-radio. Ici je ne reçois pas Radio Classique, ils doivent se contenter de France Musique. Une fois sur place je dispose la cage au pied d’un chêne ou d'un érable et j’ouvre la porte. Quand ils réalisent qu’ils peuvent sortir, ce qui n’est pas toujours immédiat, ils grimpent à toute vitesse sur le tronc et en quelques secondes sont hors de ma vue. Une fois l’un d’eux s’est arrêté à deux ou trois mètres de haut, s’est retourné et m’a dévisagé un instant avant de repartir. La prise la plus curieuse fut celle de la nuit du 13 au 14 juillet, quand je me suis exilé de la ville. J’en avais pris deux à la fois. Plutôt menus, sans doute des jeunes, peut-être deux frères. Quand je suis allé les chercher au lever du jour, j’ai eu la surprise de les trouver endormis roulés en boule, pelotonnés l’un contre l’autre. Je ne voulais pas les déranger, je suis allé m’occuper d’autre chose pendant une heure, mais à mon retour ils n’étaient toujours pas réveillés. J’ai secoué un peu la cage, rien n’y faisait. Ils montraient ce que veut dire dormir comme un loir. J’ai décidé de les emmener quand même, mais rien ne les a tirés du sommeil, ni le transport, ni le moteur, ni France Musique, ni l’ouverture de la cage. J’avais beau la secouer pour les faire sortir, ils s’accrochaient instinctivement au grillage avec leurs petites griffes, tout en continuant à dormir. Je suis allé faire un tour dans le bois. A mon retour l’un d’eux roupillait encore, l’autre était sorti mais restait sur le toit de la cage, l’air groggy. Je les ai laissés, je ne suis revenu que le lendemain chercher la cage vide. Je me demande si tous les lérots que je relâche dans ce bois se retrouvent entre eux. Peut-être forment-ils un quilombo de lérots marrons. En tout cas ils ne jouent pas de tam-tam, c'est un avantage. 
Dans le jardin ces derniers jours il y a un nouvel oiseau, que je ne connaissais pas. En cherchant à l’identifier dans les livres, je me dis que ce doit être une femelle de gobemouche noir. La gorge blanche, un trait blanc à l’aile, mais le reste du plumage gris. Une jolie petite bête, je lui accorde volontiers un permis de séjour.

mercredi 25 août 2021

néomots

 Mes néomots ces derniers temps :  scandinavire, lituanid, talibanlieue.

mercredi 18 août 2021

Davila

Au printemps dernier j’ai eu l’occasion de prendre connaissance du savant ouvrage que Michaël Rabier a consacré à Nicolás Gómez Dávila, penseur de l’antimodernité, Vie, œuvre et philosophie. Ce livre issu d’une thèse et paru à L’Harmattan est le premier publié en français sur le penseur colombien. Bien qu’il soit agréablement écrit en langage normal et sans jargon, je dois avouer que la partie proprement philosophique m’est assez difficile d’accès, à la différence de celles portant sur la vie et l’œuvre. J’ai remarqué entre autres points d’intérêt que la question des épigraphes employées par Davila est traitée pages 65 sq (c’est un sujet d’article auquel j’avais songé, resté en plan, mais qui est là bien élucidé). L’auteur a l’amabilité de me citer quelques fois dans son livre et de rappeler le petit rôle que j’ai joué au début des années 2000 comme premier traducteur français de Gomez Davila. J’aimerais à ce propos apporter quelques précisions et évoquer la mésaventure de mes tentatives de faire publier cet écrivain en français. Les œuvres du Colombien ont d’abord été traduites en allemand, à commencer dès 1987 par une sélection de ses aphorismes, qu’il appelait des scolies, parus en 1975. Un lecteur enthousiaste, le dramaturge et essayiste Botho Strauss, en a cité une dizaine dans un texte de 1990, Der Aufstand gegen die sekundäre Welt, qui fut traduit en français en 1996 sous le titre Le soulèvement contre le monde secondaire, chez L’Arche Editeur. C’est dans cette retraduction à partir d’une version allemande, par Henri-Alexis Baatsch, qu’ont été publiés en français les quelques premiers aphorismes de Davila. Mon ami Baudouin, qui lisait le livre de Strauss en 99 ou en 2000, a attiré mon attention sur ce Gomez Davila, qui était singulièrement absent des bibliothèques et des bibliographies à ma disposition. En cherchant sur internet, j’ai découvert un gisement de ses pensées mis en ligne par je ne sais plus qui (Oscar Torres Duque, peut-être ?). Elles m’ont vivement intéressé, pour ne pas dire ébloui, et j’ai aussitôt voulu traduire celles que je préférais. J’en ai publié un petit choix de deux douzaines dans ma Lettre documentaire 332, en septembre 2000. La même année, mon ami colombien Juan Moreno, qui travaillait dans la même université que moi, m’a procuré peu à peu les quelques livres de Davila. J’ai alors traduit, en 2001, un choix plus important, une quarantaine de pages de ses Scolies, dont j’ai publié certaines dans le n° 20-21 de la revue La Polygraphe, de Chambéry, et la même année je me suis mis en quête d’un éditeur. A l’automne, ma proposition a d’abord été refusée par Pierre-Guillaume de Roux, qui travaillait alors aux éditions du Rocher, puis par Fata Morgana. Au printemps de 2002 je suis parvenu à éveiller l’intérêt des éditions de L’Arche, qui envisageaient sérieusement une publication en m’assurant que je serais leur traducteur. Hélas le projet a capoté quand il s’est avéré qu’une édition était déjà en préparation sous la direction de Samuel Brussel, lequel travaillait aux mêmes éditions du Rocher qui avaient pourtant refusé ma proposition l’année précédente. C’est ainsi qu’ont paru au Rocher, début 2003 et fin 2004, les deux premiers livres de Davila en français, une sélection des Escolios de 1975 (devenus Les horreurs de la démocratie) et une des Nuevos escolios de 1986 (Le réactionnaire authentique) traduits par Michel Bibard. Je fus bien déçu, d’abord de n’avoir pas été le traducteur de ces livres, comme on peut comprendre, mais aussi par la forme que l’on avait donnée à ces éditions françaises, notamment le choix discutable d’avoir doté les scolies d’une numérotation qui peut rendre service, mais qui ne correspond en rien à ce que serait la numérotation réelle d’une édition complète. Les traductions cependant étaient de bonne qualité, quoique pas exemptes de quelques faux-sens ou contresens, comme de traduire le verbe Creer par Créer au lieu de Croire (Horreurs, 785) ou de traduire Dependencia par son exact contraire Indépendance (Réac auth, 490). Mais passons, après tout je suis bien placé pour savoir qu’un traducteur n’est pas toujours infaillible. Entre ces deux dates, je me suis consolé en publiant à mes frais, à l’automne 2003, la livrette Studia daviliana, où je réunissais quelques documents, études et traductions. Elle a obtenu un bon succès. Mais il manquait encore à ma déconvenue le coup de pied de l’âne, qui arriva en 2009 quand les éditions de L’Arche, ayant oublié mon existence, confièrent à une danseuse de flamenco, qui d’ailleurs ne s’en est pas mal tirée, la traduction du troisième et dernier recueil de pensées de Davila (Carnets d’un vaincu). J’arrêterai ici la narration de cette drôle d’histoire, pour en revenir à mon propos initial en évoquant encore ce point. J’aurais pu m’en apercevoir plus tôt mais c’est en lisant les pages biographiques du bon ouvrage de M Rabier, que je réalise combien Davila avait longuement résidé en France dans sa jeunesse. Né en Colombie en 1913, il a vécu à Paris de 1919 à 1936, c’est à dire pas moins de dix-sept ans. Cela m’amène à songer qu’un autre de mes grands réacs préférés, Albert Caraco, né en Turquie en 1919, a de son côté habité Paris de 1929 à 1939. Pendant sept ans, de 1929 à 1936, ces deux esprits ont donc vécu non loin de l’autre, ont pu se croiser… Ils étaient encore bien jeunes et n’avaient pas commencé d’écrire, en tout cas de publier, mais l’idée de cette coexistence porte à la rêverie. 

vendredi 13 août 2021

oiseaux 3

OISEAUX BOTANIQUES D'EUROPE











Pinson des arbres

Tarin des aulnes

Caille des blés

Geai des chênes

Râle des genêts

Phragmite des joncs

Hypolaïs des oliviers

Bruant des roseaux

Bec-croisé des sapins

Bruant des saules 

jeudi 12 août 2021

Oiseaux 2

 OISEAUX COLORÉS D'EUROPE (2)










Plongeon à bec blanc

Chocard à bec jaune

Crave à bec rouge

Engoulevent à collier roux

Canard colvert

Héron bihoreau à couronne noire

Chevalier cul-blanc

Pic à dos blanc

Rossignol à flancs roux

Rouge-queue à front blanc

Bruant à gorge brune

Pipit à gorge rousse

Guillemot à miroir blanc

Pie-grièche à poitrine rose

Pygargue à queue blanche

Barge à queue noire

Mésange à tête brune

Fauvette à tête noire

Pie-grièche à tête rousse