samedi 8 juillet 2023

haine

 Contrairement à une idée reçue, la haine de classe est aussi conne que la haine de race.

jeudi 6 juillet 2023

quatre

    Dans le mot carrefour, par coïncidence, la première partie est un dérivé de quatre, et la seconde, en fait apparentée à fourche, a la même forme que le mot anglais pour quatre.

mercredi 5 juillet 2023

binaires

    Les idéologues, qui divisent l’humanité entre binaires et non-binaires, sont-ils pas d’une autre façon binaires eux aussi ?

mardi 4 juillet 2023

Bardadrac

Hier j’ai passé l’après-midi à feuilleter, à lire par endroits l’énorme Bardadrac de Gérard Genette (Seuil, 2006, 453 pages). C’est une sorte de dictionnaire personnel, un fourre-tout réunissant dans l’ordre alphabétique des notes diverses (souvenirs, observations, blagues, etc). Je l’ai emprunté après que l’ami Frédéric R eut attiré mon attention sur l’entrée consacrée aux Mots-chimères. L’auteur propose cette appellation basée sur Chimère (animal monstrueux hybride, par exemple mi-chèvre mi-lion) pour désigner les mots créés par amalgame, que l’on nomme habituellement mais vaseusement mots-valises. Je trouve la suggestion de Gérard ingénieuse et je comprends pourquoi Fred me l’a signalée : la plupart des néomots que j’invente de temps en temps, et que j’ai réunis dans un Verbier, relèvent de cette catégorie. Mais Genette ne se contente pas de gloser sur la question, il propose sur plusieurs pages sa propre liste, les mots-chimères qu’il a créés : Abbécédaire, Alambigu, Amalgamme... Du coup je ressens une gêne, j’ose à peine lire les inventions de ce concurrent. Ses néomots sont aussi bons que les miens, ce qui n’est pas peu dire, mais lui éprouve le besoin d’expliciter leur double-sens en rédigeant une définition, ce dont je me passe. Je n’ai pas le temps de lire en entier ce livre attirant, mais en le parcourant je me suis trouvé quelques autres points de connivence avec l’auteur. Dans son remarquable Bestiaire, je lis la phrase La chouette n’est pas la femelle du hibou, qui est un des vers de mon poème Fausses paires. A son entrée Caverne, il compare la salle de cinéma à la caverne de Platon, puis avoue qu’il serait «fort surpris d’être le premier à hasarder ce rapprochement», que pour ma part j’avais fait dans mon Allégorie du cinéma (Journal documentaire, mai 2000). Sur le Métissage, j’approuve et j’ai moi-même pensé mille fois ce qu’il dit à propos de l’absurdité idéologique consistant à faire à la fois l’éloge du métissage et celui de la diversité, l’un et l’autre tendant à s’exclure. Genette tantôt amuse par ses souvenirs cruels de ses ex-camarades communistes (Angèle), tantôt étonne par sa belle idée de collectionner les rivières où il s’est baigné (Temps de rivière), et je ne doute pas que l’ouvrage recèle encore bien des traits charmants.

lundi 3 juillet 2023

Nietzsche

    Rêvé que Pascal Zamor m’invitait par mail à le rejoindre chez le vieux (mais alors très vieux) Nietzsche, qui habitait à Paris rue Gabriel-Marcel, et à qui il devait rendre visite tôt le matin.

dimanche 2 juillet 2023

Pathelin

Je regrette un peu de m’être forcé à lire jusqu’au bout la farce de Maître Pathelin. La lecture en vieux français était difficile, malgré les nombreuses notes plus ou moins éclairantes de la petite édition scolaire de chez Bordas, que j’avais trouvée. Il paraît que c’est cette oeuvre qui a popularisé l’expression Revenons à nos moutons, ce qui est certes un mérite. La pièce montre les manigances d’un drapier, un avocat et un berger, qui s’arnaquent mutuellement. Il y a là beaucoup de pitreries, quelques grossièretés, mais rien qui m’ait vraiment amusé. J’ai au moins appris à cette occasion que l’exclamation Palsambleu est une altération de Par le sang bleu, euphémisme pour Par le sang de Dieu.

samedi 1 juillet 2023

chienlit

Quelques remarques sur le cas Nahel (de quoi parler d’autre aujourd’hui, décemment ?).
    Mardi, à l’issue d’une demi-heure de course-poursuite, commencée alors qu’un jeune chauffard récidiviste mais toujours sans permis avait été surpris en train de rouler à vive allure dans un couloir de bus, au volant d’une voiture dont on ne sait d’où elle sort, le pilote s’est fait flinguer par la police. C’est cher payer le refus d’obtempérer, mais enfin on ne peut pas dire que le défunt n’avait pas cherché les ennuis. 
    Dans cette affaire, 1) le président de la république, en se précipitant pour juger le policier «inexcusable» avant même de savoir au juste ce qui s’est passé, et 2) l’abruti milliardaire Mbappé, en qualifiant carrément le malfrat de «petit ange», se sont comportés comme deux beaux fils de pute.
    Le lendemain la mafia politique, ne ratant jamais une occasion de prendre le parti de la racaille, a fait observer à l’assemblée nationale, s’il vous plait, une minute de silence à la mémoire du hors-la-loi décédé. On n’en fait pas tant, semble-t-il, pour les innocents massacrés chaque semaine par la vermine.
    Les télévisions ont retransmis les déclarations de la mère et de la grand-mère de l’automobiliste, le dépeignant sans gêne et contre toute vraisemblance comme un gentil petit garçon sans problème. Aucun regret quant à ses infractions répétées, ni quant à sa très imparfaite éducation. Accessoirement aucune larme, à ce que j’ai pu observer, tout au contraire on a vu la mère, portant déjà un T-shirt à l’effigie de son lardon, pérorer sur une motocyclette.
    Et bien sûr dans les jours et surtout les nuits qui ont suivi, les hordes de banlieue, déjà très indisciplinées en temps ordinaire, et ne se sentant plus pisser dès qu’un tel prétexte leur est fourni, ont fait régner toute l’anarchierie dont on les sait capables.