Quelques précisions sur ma note d’hier, au sujet des femmes et de la maçonnerie. Mon propos n’est pas de me moquer des femmes mais d’exprimer ma perplexité devant l’égalitarisme féministe, qui me semble illusoire. Il paraît que la part des femmes travaillant dans le BTP progresse, atteignant des 12 %, la belle affaire. Encore faut-il préciser que 95 % de ces 12 % consiste en postes administratifs. A mon avis ce n’est pas demain qu’on aura la parité chez les maçons, les couvreurs, ou les marins-pêcheurs. Ni chez les nourrices. Quelle importance ? Il y a des métiers qui requièrent une grande force physique, et si les hommes en ont généralement plus que les femmes, ce n’est pas à cause des préjugés mais parce que la vie est ainsi faite. Ce ne sont pas seulement des métiers d’hommes mais des métiers d’hommes costauds, dont je serais personnellement incapable. Si des femmes ont envie de s’emmerder à les pratiquer, et si des employeurs trouvent rentable de les employer, grand bien leur fasse. Pour ma part je ne juge pas de la valeur des êtres à leur force physique, sans quoi il faudrait mettre les bœufs au-dessus des hommes. Or la force des boeufs n'empêche qu'ils soient gouvernés par les hommes, comme souvent les hommes par les femmes.
Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mardi 12 novembre 2024
lundi 11 novembre 2024
parité
Il me semble que les féministes ne se bousculent pas pour obtenir la parité dans le métier de la maçonnerie. Ou alors c'est juste une impression.
samedi 9 novembre 2024
communiqué
Je signale à mes lecteurs et lectrices des environs que je participerai à cette manifestation ce soir à Doeuil sur le Mignon.
J'y lirai une page de mon journal.
jeudi 7 novembre 2024
Finkielkraut
J’ai lu par endroits ce livre de boite, L’imparfait du présent, d’Alain Finkielkraut (Gallimard, 2002). Comme indique le sous-titre, c’est un recueil de «pièces brèves», datées, longues d’une à quelques pages, rédigées au fil de l’année 2001. J’ ai voulu regarder dans ce livre parce que j’ai gardé de l’estime pour ce polémiste, ayant été jadis un fidèle de ses Répliques du samedi matin sur France Culture, et depuis que je n’écoute plus cette radio j’ai suivi de loin en loin ses interventions dans le débat public, souvent à rebrousse-poil de la bien-pensance. Dans ce livre par exemple j’ai apprécié qu’il prenne (les 23 et 25 janvier) la défense de Maurice Papon, non pour le disculper mais pour rappeler qu’il a été blanchi d’une bonne part des accusations portées contre lui, ayant été reconnu coupable de «complicité de crime contre l’humanité» mais sans intention homicide, et pour protester contre les vengeurs fanatiques qui refusaient de le laisser sortir de prison alors qu’il était âgé de 91 ans. Finkiel a le sens de la formule et j’aimerais citer ce passage : «... le temps est révolu où on n’aimait pas les Juifs. On a changé d’avis. On fustige l’Inquisition. On condamne les pogroms. On réprouve les ghettos. On est résolument dreyfusard. On est tous des juifs allemands. On déteste les nazis. On méprise les collabos. On combat sans mollir l’antisémitisme, le racisme, l’exclusion. Et ce "on" qui croit déplaire à tout le monde, alors qu’il est tout le monde ...» De même un peu plus loin, le 15 février, il s’insurge avec discernement contre le lynchage médiatique dont est victime Renaud Camus, hâtivement accusé d’antisémitisme. Il ne manque d’ailleurs pas de thèmes camusiens, ce recueil de notes dont l'auteur fustige les progrès de la «langue avachie» (30 mai) et se déclare «allergique au bruit» (21 juillet). Je retrouve un écho de Berlin au 30 juillet dans l’évocation de la Love Parade qui se tient paraît-il chaque année au Tiergarten et dans laquelle le bruit de la musique techno est tel qu’on retrouve le lendemain quantité de petits animaux (lapins, écureuils, crapauds) morts ou restés sourds, les tympans crevés. Des souvenirs plus anciens me reviennent avec la note du 22 août consacrée à critiquer le sociologue Didier Lapeyronnie. Finkielkraut épingle cette déclaration typiquement de gauche : «On est dans une société ségrégative où il y a peu de lieux où les différentes couches de la population cohabitent. Les jeunes sortent peu de la banlieue et quand ils le font, c’est souvent en groupe, en important leur mode de sociabilité et leur culture de provocation turbulente là où ils vont.» L’écrivain voit en particulier dans cette formule de la «culture de provocation turbulente» une «périphrase lénifiante» pour qualifier en fait «la triste réalité des pieds sur la banquette ... les incendies d’écoles maternelles, la terreur exercée sur les voisins indociles ou les agressions contre les médecins». Pour moi, Lapeyronnie n’était pas seulement un de ces "experts" que les médias invitent volontiers à exposer leurs conceptions plus partisanes que scientifiques (je l’avais entendu une paire de fois à la radio), c’était un contemporain né la même année que moi et nous avons été au moins une année camarades de classe et même voisins de pupitre à Bergerac, je ne sais plus si c’était à l’école ou déjà au collège. Un garçon sérieux et bon élève, dont je n’ai pas beaucoup de souvenirs, l'ayant assez vite perdu de vue. Je me souviens d’une fois, était-ce encore au temps du lycée ou déjà à l’âge de la fac, où par le hasard de copains de copains je m’étais retrouvé dans une chambre où il exposait avec fierté sa collection des œuvres complètes de Sartre en format de poche, étalées sur le sol en arc de cercle. Ça m’en avait bouché un coin, à l’époque. Quand j’ai appris qu’il était mort, en 2020, je ne sais de quoi, ça m’a fait un pincement, malgré l’éloignement...
pls
Bon. Je ne veux pas accabler mon lectorat humaniste, mais je ne veux pas non plus me cacher derrière mon petit doigt : j’était hier de très bonne humeur. L’homme que ses gentils opposants n’ont pas réussi à assassiner est largement réélu, et la gauche mondiale est en pls. On ne peut pas toujours se plaindre.
(Quelques memes amusants pour se détendre : ici, ici, et là).
mercredi 6 novembre 2024
utile
Il ne faut pas voir que les mauvais côtés. Après tout, ils font aussi œuvre utile, ces malfrats qui s’entretuent à tous les coins de rue...
samedi 2 novembre 2024
Trump
L’assortiment de nouvelles que me présentent chaque matin Google News et Google Actualités donne une idée assez claire du parti pris des journalistes. Cela permet aussi de mesurer le fossé entre cette corporation, à 95 % anti-Trump, et l’électorat général, qui ne l’est qu’à environ 50 %. On peut faire le même constat à chaque élection américaine : quand le candidat démocrate l’emporte, c’est avec les médias («Les journalistes ont encore gagné les élections!»), quand le républicain l’emporte, c’est malgré les médias. Plus encore quand le républicain en question est un olibrius comme Donald Trump, qui a le don d’inspirer dans le camp adverse une haine hystérique (ce que l’on a plaisamment qualifié de Trump derangement syndrome). D’aucuns le comparent sans blaguer à Hitler (le diable absolu) et considèrent que le vote pro-Trump ne peut s’expliquer que par le crétinisme, l’aveuglement ou la démence (je n’exagère pas, je l’ai lu). La rage anti-Trump s’auto-alimente : si les journaux lui dégueulent dessus à jet continu, c’est bien qu’il a tous les défauts, et s’il subit un harcèlement judiciaire sans précédent, c’est bien qu’il est coupable de tous les crimes (même si la plupart des accusations finissent par s’avérer sans fondement et aboutissent à des non-lieux). Je ne crois pas qu’il soit un ange, ni qu’il soit si mauvais homme. Pour le plaisir de consterner mes amis humanistes, je dirais que l’on peut même voir des qualités aristocratiques dans sa stature, son maintien, son autorité, son aisance. En tout cas il est brillant : beau parleur, grand tribun, plein d’énergie, doué pour les affaires (il ne suffit pas d’hériter, il faut maintenir et gérer). J’aimais bien son principe de réaliser ses chantiers autant que possible Under budget and ahead of schedule (pour moins cher et plus rapidement que prévu). Ce n’est pas un intellectuel mais il n’est pas sot, surtout comparé à son actuelle rivale Kamala : au moins sait-il former des phrases avec un sujet, un verbe et un complément, alors que la pauvre dinde a l’air d’exceller surtout dans le bredouillis et le ricanement. Il ne manque pas d’humour : on en a mille exemples, je retiens en particulier son discours d’octobre 2016 au Al Smith charity dinner, chef d’œuvre de subtilité aigre-douce. Enfin je crois que paradoxalement, une des raisons de sa popularité chez les humbles est sa grande richesse : un homme aussi riche ne fait pas de la politique pour s’enrichir, cela lui a de tout temps coûté plus que rapporté, il a largement les moyens d’agir selon ses idées, et accessoirement d’être généreux, par exemple en offrant son salaire de président à des œuvres sociales. Mon analyse est que si Trump est à ce point haï par l’établissement, c’est en vérité parce qu’il défend ces deux idées-forces, qu’il partage avec les «populistes» européens : la place des criminels est en prison et les frontières doivent être contrôlées. Ses adversaires voient sa possible réélection comme une catastrophe anti-démocratique et dépeignent volontiers son mandat de 2016-2020 sous les couleurs les plus sombres, alors que ce fut semble-t-il un des plus paisibles et des plus prospères de l’histoire du pays. Ce ne fut sûrement pas la tyrannie apocalyptique que certains prétendent, ou alors il faut demander : où sont les charniers ? où sont les journalistes persécutés ayant dû fuir le pays ? Ce qui me frappe au contraire, quand je repense à cette période, c’est de constater à quel point le pseudo-tyran s’est révélé mou du genou : il a été incapable de terminer le mur qu’il se vantait de construire, et il est resté les bras ballants lors des émeutes de 2020, quand les antifas et les blm ont incendié et saccagé tous les centres-villes du pays. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu’il fasse mieux, s’il est réélu, mais c'est une autre histoire...
(Je dédie cette note polémique à Jean R et à Vincent P, en espérant qu'ils me pardonnent et restent mes amis).
