samedi 20 décembre 2025

bisous

    Quand la bise fut venue, elle remplaça le baiser démodé. Pour désigner ce «contact effectué avec les lèvres en signe d’amour ou d’affection», généralement sur la joue, la bise est à son tour concurrencée par le bisou. Ainsi la dialectique familière est-elle passée des Bons baisers aux Grosses bises, puis aux Gros bisous. Ce bisou est formé en prolongeant la bise d’un suffixe, qui a bien l’air diminutif. Or si ledit bisou est une petite bise, la formule Gros bisous désigne étrangement de grosses petites bises. Les grincheux se moqueront du paradoxe sémantique, j’y vois au contraire un aimable signe de ferveur. Etant quant à moi d’un naturel réservé, rétif aux effusions, je n’adresse jamais de Gros bisous à qui que ce soit, mais dans le fond je ne déteste pas en recevoir. La vie est ainsi faite…

2 commentaires:

  1. Rappelons ici le célèbre "Père, baiserai-je ?" de Thomas Diafoirus à son père dans "Le malade imaginaire" de Molière. Le double sens existant déjà en 1673, le public du théâtre partait alors d'un énorme éclat de rire, le père croyant alors permettre un simple et protocolaire baiser sur la bouche, bien qu'il fût déjà en pleine décadence dans le rituel de politesse de l'époque, en passe d'être remplacé par le "baise-main". Cordialement. Françoise Grenand

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