Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
mercredi 31 décembre 2025
exil
Il fallait l’autre jour chercher à la loupe dans les Google News pour y voir signaler la mort de Brigitte Bardot mais aujourd’hui, sur la trentaine d’articles présentés en page d’accueil, pas moins de quatre, venant d’Associated Press, Variety, Fortune, et The Independant, sont consacrés à nous annoncer que George Clooney et ses lardons se sont exilés en France (ne riez pas), dont ils viennent d’obtenir la nationalité, et disent à Donald Trump : Go fuck yourself. Que voilà une belle leçon de courage et de maintien. Et une nouvelle captivante, judicieusement mise en valeur par Google News…
mardi 30 décembre 2025
autoroute
Départ pour la Gironde ce matin, un peu précipité parce que je me suis réveillé plus tard que prévu et parce que le site de Vinci Autoroutes annonçait des bouchons possibles dans les heures qui suivaient. En roulant j’écoutais de temps en temps leur radio sur 107.7, qui fait le point sur l’état de la circulation une fois tous les quarts d’heure. Entre temps ils passent des chansons plus ou moins supportables, des petits reportages et inévitablement des publicités. Dans l’une d’elles, particulièrement pénible, un couple discute de l’opportunité de s’arrêter dans une station-service. Le mari en extase affirme qu’ils vont pouvoir y faire « le plein d’idées-cadeaux festives et authentiques ». Oh, Seigneur. (Monologue intérieur : Et ma main dans ta gueule, elle est festive ou authentique ?). Mais bon finalement tout s’est bien déroulé, trafic fluide. Une fois passée la rocade bordelaise, j’étais sauvé, je n’avais plus qu’à suivre tranquillement les panneaux Andernos les Bains / Lège Cap-Ferret. Et me brancher sur Radio-Classique, que je ne peux jamais écouter dans ma brousse habituelle. J’étais en vacances.
lundi 29 décembre 2025
re-Bardot
Quand les médias ne mentent pas franchement, ils mentent par disproportion, en accordant aux événements une importance bien moindre ou au contraire bien supérieure à ce qu’elle est en réalité. Depuis hier, par exemple, tout le monde ne parle que de la mort de Brigitte Bardot, naturellement, et les réseaux sociaux s’en font l’écho, mais on sent que beaucoup de journaux font grise mine, ne manquant pas de rappeler que la vieille dame était « d’extrême droite » et puait de la gueule. Le plus frappant est de parcourir comme je le fais chaque matin les nouvelles retransmises par Google News et Google Actualités. Non seulement ce décès n’est pas dans les grands titres, mais il faut chercher à la loupe les articles qui en parlent.
dimanche 28 décembre 2025
Bardot
(Réédition d'une note de lecture de juin 2003)
Brigitte Bardot. Un cri dans le silence (Editions du Rocher, 2003, 170 p). Je ne m’intéresse pas souvent aux vedettes ni à leurs livres, la réputation scandaleuse de celui-ci m’a rendu curieux et j’y ai trouvé à boire et à manger. Les trente chapitres sont numérotés alternativement en chiffres arabes et en romains (1, II, 3, IV…) formant ainsi deux séries en quelque sorte tressées. Les uns sont un autoportrait plutôt mélancolique de BB aujourd’hui, elle évoque, en parlant d’elle à la troisième personne, les moments successifs de ses journées, le souvenir de ses amis, sa vie avec les animaux qu’elle protège. On y apprend qu’elle entretenait une correspondance avec une autre écologiste, au tempérament différent, Marguerite Yourcenar. Dans les autres chapitres le ton est au pamphlet, madame Bardot critique divers aspects du monde moderne avec un incontestable tonus, à défaut de garder toujours son sang-froid. A mon goût sa syntaxe n’est pas assez stricte et elle cède trop souvent aux facilités de l’argot, mais son intention n’était pas de faire des entrechats littéraires. On trouve cependant des propos limpides, comme l’exposition de ce problème d’éthique : «Peut-être que si chaque personne devait tuer elle-même l’animal qui finira dans son assiette, le monde deviendrait végétarien.»
samedi 27 décembre 2025
pourcentage
J’entendais l’autre jour un gentilhomme déclarer qu’il y a dix pour cent de cons dans tous les milieux. C’était à propos des chasseurs, qui n’ont pas toujours bonne réputation. En méditant cette affirmation, je me suis dit que l’on voyait bien la part de vérité qu’elle contient, et tout aussi bien les arguments que l’on pourrait lui opposer. Un peu comme avec la plupart des aphorismes littéraires, en somme.
vendredi 26 décembre 2025
pêcher
J’ai lu dans Mon jardin & ma maison l’article d’un certain Léo Dancriet à propos de « Tailler votre pêcher en hiver ». Je n’y ai pas appris grand chose, mais je me suis arrêté un moment pour considérer la phrase étonnante, où l’on affirme qu’il faut procéder à cette taille hivernale selon « la règle des trois D, qui consiste à supprimer les branches mortes, malades ou abîmées ». Je ne voyais pas bien en quoi la lettre D pouvait constituer un truc de mémoire pour songer auxdites branches mal en point. J’en suis venu à supposer que le texte est maladroitement pompé à une source anglophone, où les branches sont en fait dead, diseased ou damaged. Le pompeur aurait au moins pu relire ce que l’intelligence artificielle lui avait fourni…
jeudi 25 décembre 2025
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