Le blog littéraire et agricole de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste.
dimanche 30 novembre 2025
cannes
Dans une lettre d’octobre 1959, Henry Miller raconte à Lawrence Durrell qu’un beau jour, il avait acheté à Paris «une canne qui avait appartenu à Kipling, ou à Modigliani. Je l’ai perdue à Rocamadour, un soir…» Je me demande si celui qui l’a récupérée savait qu’elle avait appartenu à Miller. La canne est en effet un objet que l’on perd, surtout quand on s’en sert avant l’âge où l’on en a un besoin constant. J’avais trouvé ma première canne au bord de la route, dans les bois de Gironde, oubliée sans doute par un chercheur de champignons. Elle était ferme et légère, avec le bout ferré, je l’aimais beaucoup. J’en ai possédé quelques autres depuis, achetées ou offertes, actuellement quatre ou cinq, partie dans mon entrée, partie dans la voiture. J’en ai revendu, et j’en ai moi aussi perdu une, de mes favorites, en bois rougeâtre, achetée à la frontière dans une venta. Je crois l’avoir oubliée dans une foire à Cassy. Ma préférée en ce moment a pour poignée un petit pommeau en corne gris, bien poli. Pour moi ce n’est pas juste un instrument élégant et commode, c’est aussi une arme par destination pour me garantir des chiens et des fâcheux, sait-on jamais…
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