dimanche 23 novembre 2025

Miller

    Dans un moment d’entrain, après avoir lu les Quiet days in Clichy de Henry Miller, j’ai voulu examiner les deux traductions françaises, celle de Gérald Robitaille (Losfeld, 1967) et celle de Brice Matthieussent (Bourgois, 1991), puisque la fac, où j’étais de passage, en disposait. Une fois rentré dans ma brousse, je vois bien que ces deux petits livres ne m’intéressent pas, je les feuillette à peine. Je remarque chez Brice un passé simple étrange (Je consultai l’annuaire du téléphone et découvrai plusieurs hôtels…) dans Mara-Marignan, le texte faisant suite aux Jours tranquilles, page 109. J’en resterai là, mes autres emprunts seront plus utiles.

3 commentaires:

  1. Une intéressante remarque de Barthes sur le passé simple : https://www.farreny.net/dictionnaire/1002/démiurge

    Une autre, de Muray (« Postérité ») :

    « Utile passé simple des romans grâce auquel on a tout de suite l’impression que l’action se déroule au moins au siècle dernier. Qui traîne avec lui ses crinolines, ses galops de chevaux, ses boudoirs. Indice précis du révolu absolu, mais tout de même en mouvement autonome, increvable parce que devenu indépendant de toute existence réelle. Rétroactif agissant. Automatique. Souverain. Étendant son pouvoir indéfiniment, à la façon de ces irradiations qui durent encore des centaines d’années dans les usines atomiques qu’on a désaffectées. La cause s’est évanouie depuis longtemps ? Qu’importe ! La formidable machine des effets poursuit son bonhomme de chemin. Sur ses rails d’illusion. Rien à craindre. L’avenir du roman à passé simple est irrésistible. Il y aura toujours des romans à passé simple parmi nous. Plus on éprouvera que la fin de l’Histoire est proclamée, et plus on ressentira le besoin de voir s’animer les musées Grévin. C’est dans l’usage du passé simple, d’abord et avant tout, qu’on peut vérifier que le romancier ne s’est vraiment posé aucune question avant de commencer. Ouf ! Il s’est laissé glisser, comme ça, en douceur, dans les canalisations. L’ensemble des tuyauteries à passé simple était là avant lui. Offrant ses pentes. Il suffisait d’y précipiter quelques noms, voilà, c’est fait, vous avez un roman de plus. La vitesse acquise du passé suffit amplement à faire tourner n’importe quelles pages. Racontant n’importe quoi. Quelle importance ? C’est pas la vie… »

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    1. Merci, David. Permettez-moi de préciser que je citais ce passage pour m'amuser de la forme "découvrai", qui est fautive. Pour ma part je ne me moquerais pas du passé simple, comme le font vos chroniqueurs. Je l'aime bien, déjà pour la raison qu'il est simple, et moins lourd que le passé composé. Je ne crois pas comme Muray qu'il suffise d'écrire au passé simple pour faire tourner les pages, il ne garantit pas de l'ennui. Et il peut servir, comme je le fais souvent, dans des énoncés non fictionnels...

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  2. En effet (concernant toutes vos remarques).

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