samedi 31 janvier 2026

précisions

    Un lecteur mécontent m’accable de reproches et de sarcasmes, à propos de ma note du 24 janvier sur une vidéo d’activiste non binaire. J’apporterai ici quelques précisions sur le sujet, si cela peut intéresser. Tout d’abord j’admets que le choix de cette vidéo était discutable, car il en existe de bien plus virulentes. Dans celle-ci l’androgyne est plus ridicule que méchant, mais je l’ai choisie parce que ce qui m’importait surtout était la remontrance qu’une amie avait formulée en commentaire : Tu ne peux pas tout simplement fermer les yeux au lieu de nous infliger ça?! Cette déclaration m’intéressait à la fois en raison des rapports de tension personnelle qui existaient entre cette amie et moi, et qui ne regardent que nous, et en raison de la valeur symbolique de cette exhortation à fermer les yeux, typique d’un certain état d’esprit répandu aujourd’hui, à savoir la cécité volontaire, qui est aussi la plus absolue : il importe de ne surtout pas voir ce qui pourtant crève les yeux, dans différents domaines. Je ferai remarquer d’ailleurs que mon interlocutrice semblait elle aussi trouver la vidéo ridicule, elle ne me reprochait pas de la désapprouver, elle me reprochait simplement mon impudeur à la montrer. Mon lecteur mécontent, et indélicat, m’accuse d’être « obsédé par ceux qui sont obsédés par les pronoms ». Je ne vois pas bien sur quoi il se base pour m’attribuer une telle obsession, alors que c’est un sujet que je n’aborde pratiquement jamais. Le reproche tombe d’autant plus mal qu’il arrive quelques semaines seulement après que j’eus publié dans ce même journal un vibrant éloge de Noël Santon, garçonne notoire dont l’ambiguïté ne m’a pas empêché d’apprécier la qualité de ses écrits, que j’ai découverts et étudiés avec joie. Mon point de vue sur les androgynes est le même que sur les invertis : qu’on les laisse vivre et qu’on leur foute la paix, mais que de grâce eux aussi foutent la paix au reste du monde. Si un gorille bien velu veut se sentir ou se dire femme simplement parce qu’il a mis une jupe et des bas, ma foi, si ça l’amuse, grand bien lui fasse, mais qu’il ne me demande pas de le croire sur parole. C’est avec ce genre d’entourloupe que des fanatiques prétendent qu’il existe des hommes à vagin et des femmes à pénis. Le bât blesse au moment où ces militants réclament, voire obtiennent, sur simple déclaration de changement de sexe, le droit, s’ils doivent être incarcérés, de l’être dans une prison pour femmes, ou le droit de participer aux compétitions sportives féminines, qu’ils remportent systématiquement. Enfin mon lecteur mécontent élabore une théorie complotiste fumeuse, selon laquelle les vilains fascistes très très méchants qui dominent le monde font exprès de diffuser ces vidéos d’affolés aux cheveux mauves, afin que les demeurés comme moi les détestent, et que le monde soit en proie à la discorde. Bon, nous en resterons là pour aujourd’hui, il faut que j’aille prendre l’air.

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