lundi 26 janvier 2026

Ramuz

    Dans le recueil d’Ecrits sur la nature, de C F Ramuz (Editions La Guêpine, Loches, 2021) je remarque un passage de son Journal, curieusement daté de 4-31 décembre 1899 (p 20-21) où l’on peut lire ce développement. L’auteur évoque d’abord les « extases multipliées » des poètes devant la nature, qu’ils voient de loin « bonne autant que belle, rose, ingénue et gentille … un merveilleux spectacle. » Je constate aujourd’hui que ce point de vue est largement celui du grand public et non seulement des poètes. Ramuz observe ensuite que les rapports entre les êtres naturels ne sont pas si jolis que ça, vus de plus près : « la vie de l’un s’entretient de la vie de l’autre », c’est l’entre-dévoration générale. Puis il en donne quelques exemples, avant d’en tirer cette drôle de conclusion : « Admirez la lutte immense des êtres et des choses … Et surtout pas de vaine pitié pour les vaincus. Leur sort est de se soumettre et de souffrir sans se plaindre … C’est leur admirable grandeur. Que l’homme les prenne pour exemple… » Là, j’ai du mal à le suivre.

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