jeudi 2 avril 2026

doigts

    Un petit mystère de la communication non verbale. Comme j’en vois souvent parler en ligne, il m’a semblé remarquer que les Américains, lorsqu’ils joignent le geste à la parole pour énumérer des éléments, se servent de l’index d’une main pour compter sur les doigts de l’autre en commençant par le petit, alors que nous le faisons en commençant plutôt par le pouce. S’il en est bien ainsi, je me demande à quoi tient cette différence d’usage. J’observe que lorsqu’on tient sa main ouverte devant soi, les doigts écartés et la paume tournée vers soi, le petit doigt est dans la position la plus basse, et que compter à partir de lui fait aller de bas en haut, en sens inverse de l’écriture, laquelle va de haut en bas. Cela devrait rendre plus naturel le geste d’énumérer en partant du pouce. Mais il est vrai que si l’on tient l’avant-bras en position verticale, ou même incliné à quarante-cinq degrés, les doigts se trouvent disposés de telle façon que le petit est le plus proche de l’autre main…

mercredi 1 avril 2026

communiqué

    Juste un petit mot pour rassurer si besoin mon vaste lectorat, quelques personnes s’étant inquiétées de ma santé après ma note de l’autre jour : rien de bien grave, j’allais voir un stomatologue, ce qui suffit à m’épouvanter, et comme l’idée de devoir m’orienter dans La Rochelle suffit elle aussi à m’épouvanter, je n’en menais pas large…

mardi 31 mars 2026

oeufs

    Mes trois cailles m'épatent. Non seulement elles ont passé l'hiver sans broncher, mais elles se remettent à pondre quasiment à la même date que l'an dernier : elles m'avaient donné un premier oeuf le 29 mars, cette année j'ai trouvé les deux premiers hier le 30.

lundi 30 mars 2026

Monocle

    Parmi les pépites que charrie le flux du net, j’ai pêché cette belle répartie extraite d’un film des sixties, Le Monocle, où un Paul Meurisse plus sentencieux que jamais déclame : Jusqu’à présent j’ai fait ce qu’il convenait que je fisse, maintenant je ferai ce qu’il est nécessaire que je fasse. Le propos m’a fait sourire, je me suis promis d’essayer de le retenir. Et j’ai voulu savoir à qui l’on devait cette bonne phrase, mais je n’ai pu en avoir le coeur net. D’après la fiche technique de Wiki, Le Monocle n’est pas un seul film mais une série de trois, et je ne sais déjà pas duquel il s’agit là, peut-être le troisième, Le Monocle rit jaune, pour l’ambiance asiatique. Quant aux dialoguistes, ils ont varié selon les films, le dernier en ayant eu pas moins de trois à lui tout seul, dont le réalisateur Georges Lautner…
    Voir cet extrait ici.

dimanche 29 mars 2026

actualités

    Pendant que Trump et Israël continuent de se faire aimer au Proche Orient, les Européens font le gros dos en lorgnant le prix de l’essence et en songeant à la nouvelle avalanche de réfugiés qui va encore leur tomber sur la gueule prochainement. Nous changeons d’heure cette nuit, mais hélas pas de monde.

samedi 28 mars 2026

dix

DIX CHOSES QUE JE N’AIME PAS

Je n'aime pas les voitures à deux portes
Je n’aime pas la tronche de Mick Jagger
Je n’aime pas le brame du cerf
Je n’aime pas la lecture aux toilettes
Je n’aime pas bronzer au soleil
Je n’aime pas les pages d’accueil à carrousel
Je n’aime pas les parapluies télescopiques
Je n’aime pas le papier hygiénique historié
Je n’aime pas les chapeaux bicornes
Je n’aime pas les spéculoos

vendredi 27 mars 2026

amis

    Un correspondant taquin, s’amusant de mon impopularité, et des brouilleries que me vaut régulièrement l’expression de mes sentiments et de mes opinions, m’avait plaisamment suggéré d’étudier le best-seller increvable de Dale Carnegie, Comment se faire des amis. Il est vrai que l’expérience de la vie m’a plus souvent appris comment se faire des ennemis. Or voilà que l’autre jour je trouve dans une boite à livres une édition de poche de cet évangile du développement personnel. Naturellement je l’ai emportée, puis j’ai pris un moment pour la feuilleter. Comme on pouvait s’y attendre, il n’y a là qu’un étalage de platitudes, révélant que l’eau mouille, que le feu brûle, et que pour se faire aimer il convient d’être aimable (attentif, compréhensif, conciliant et autres banalités). Tout cela est bien évident, mais quand la seule façon d’être aimable consiste à s’auto-censurer, c’est à dire à fermer sa gueule, le silence est parfois au-dessus de mes forces…

jeudi 26 mars 2026

luxe

    Je repense régulièrement à l’avis d’un connaisseur, Robert Colonna d’Istria, estimant que le luxe n’est pas ce qu’il y a de plus cher, mais ce qu’il y a de plus beau. J’y repense en l’occurrence parce que ma pension vient d’être augmentée, passant de 717 à 724 euros par mois. Cela n’est pas mirobolant, mais en revanche j’échappe à la promiscuité des habitations collectives, je vis dans une maison austère mais spacieuse, avec un jardin, des animaux, des bois charmants, dans un environnement relativement paisible. N’y a-t-il pas là des traits de luxe, en comparaison de la vie de beaucoup de mes concitoyens ?

mercredi 25 mars 2026

localisation

    Si j’en juge aux Actualités locales qui me sont proposées ces derniers jours, Google semble maintenant persuadé que je réside à La Rochelle ou à l’ile d’Oléron. C’est toujours mieux que quand ils me croyaient installé au fin fond du Limousin, mais enfin…

mardi 24 mars 2026

théâtre

    Disparition de Lionel Jospin. Le râteau décisif qu’il s’était pris en 2002 ne m’avait pas fait pleurer. Mais je retiens de lui cette honnête analyse, semble-t-il dans Répliques, sur France Culture, le 29 septembre 2007 : « Pendant toutes les années du mitterrandisme nous n'avons jamais été face à une menace fasciste, et donc tout anti-fascisme n'était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon, mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste. »

lundi 23 mars 2026

conférence

    Un de mes films préférés est peut-être la Conférence de presse du 27 novembre 1967, par le général de Gaulle (durée 1 h 31). Elle mériterait des oscars (meilleur film, acteur, scénario, dialogues, décor, costume…).

samedi 21 mars 2026

La Rochelle

    Charité impeccable de ma coach, venue exprès me soutenir et me conduire à la Rochelle, où je me perds toujours et où j’avais encore rendez-vous avec la médecine, hier après-midi. Elle nous offrit ensuite une demi-heure de parking pour décompresser sur la plage de la Concurrence, que je ne connaissais pas. Du monde, mais civilisé, beau temps, sable fin, ce qu’il fallait…

mercredi 18 mars 2026

hélas

    Lamentations sur la médiocre publicité de mes oeuvres.
    Mes collages, d’abord.
    Un premier sujet de déploration est l’expérience décevante que j’ai faite à trois reprises ces derniers mois, avec trois personnes différentes. Je discute avec quelqu’un(e) qui souhaite mieux connaitre mes créations d’images. Je signale que je dispose dans le réseau Facebook de deux albums de photos, qui sont deux galeries virtuelles où l’on peut voir un assortiment de mes collages et lettrages. Sur ce, la personne sort son téléphone, ouvre Facebook et tape mon nom dans la fenêtre de recherche. Apparaissent alors une dizaine d’homonymes exacts, parmi lesquels je ne figure pas, puis quelques homonymes approximatifs, parmi lesquels je figure encore moins. Je suis l'homme invisible. L’on finit par me découvrir dans un coin mais par la bande, laborieusement et comme accidentellement. Comment expliquer ce résultat décourageant, je l’ignore. Mais sachant qu’il existe des procédés de shadow banning, c’est à dire de semi-censure, consistant à ne pas exclure carrément l’individu mais simplement à diminuer sa visibilité, j’en viens à me demander si je ne suis pas victime de ce genre de machination.

    Bah, parlons d'autre chose.

mardi 17 mars 2026

cagettes

Dans une vieille maison de campagne à tendance humide comme la mienne, l’allumage du feu n’est pas toujours facile. J’ai repéré qu’un des meilleurs combustibles de départ est le bois fin des cageots. Toutes les quelques semaines j’en désosse un en arrachant une à une toutes les agrafes avec un tournevis et des tenailles, pour séparer les planchettes. Cela peut occuper une soirée. Au fil du temps j’ai acquis une certaine maitrise dans cette industrie. Si bien que maintenant, au lieu d’être une corvée que je m’impose, c’est plutôt un divertissement occasionnel.

lundi 16 mars 2026

Caillois

La visite à Paris début janvier, sur l’opportun conseil de l’ami Carnif, d’une exposition de pierres ayant appartenu à Roger Caillois, fut pour moi l’occasion de retrouver cet écrivain que je connais mal, n’ayant pas lu ses oeuvres principales. Il est à mes yeux d’abord le traducteur et l’éditeur des auteurs hispano-américains qu’il a révélés au public français après guerre, dans la collection La Croix du Sud créée par lui aux éditions Gallimard (collection où ont paru quelque cinquante livres en dix-neuf ans, de 1951 à 1970, avant d’être intégrée à la collection Du monde entier, voilà qui mériterait une notice dans Wiki). Je n’ai pas aimé un article bêtement méprisant que Caillois a écrit sur les journaux d’écrivains, mais je prise son pamphlet Description du marxisme et son recueil de textes sur les Pierres. Je me souviens aussi d’avoir publié en 1995, dans ma Lettre documentaire 141, des extraits d’une présentation qu’il avait écrite en 1973 pour le catalogue d’une exposition du paysagiste brésilien Roberto Burle Marx. Caillois y tenait des propos lumineux sur l’art des jardins. Je n’ai jamais su avec certitude si ce document était resté inédit depuis lors, ou avait été repris en volume. Pour essayer de m’en assurer, j’ai consulté naguère le pavé de ses Oeuvres en Quarto, mais il ne contient que ses oeuvres canoniques. J’en ai profité pour y lire la trentaine de pages où est retracée la chronologie de sa vie. On y mentionne une seule fois, en 1965, que Son éthylisme s’accentue (un travers dont je n’ai été informé que naguère par un correspondant au téléphone). On rapporte qu’en 1968 Il n’éprouve aucune sympathie pour les événements. On signale les deux intéressantes heures d’entretiens qu’il a accordées en 1971 à Jean-José Marchand (Archives du XXe siècle, aujourd’hui visibles sur YouTube). On y suit ses relations épisodiques mais toujours chaleureuses avec la charmante mécène argentine Victoria Ocampo, qui cherchait le contact humain (et qui le trouvait, semble-t-il).

Ps. A tout hasard : quelqu'un de mes lecteurs posséderait-il ou aurait-il accès au livre de R Caillois, Images du labyrinthe, et pourrait-il m'envoyer une photo de la table des matières ?

dimanche 15 mars 2026

sauvetage

    Je sauve sans hésiter l’insecte qui se noie, je le tire de l’eau avec ce que je peux, feuille ou brindille. Le geste peut paraitre inutile ou dérisoire, mais au moins il me réjouit.

samedi 14 mars 2026

Tejero

    La lecture des mémoires de Juan Carlos m’a fait repenser au lieutenant-colonel Antonio Tejero, l’officier moustachu qui avait mené en 1981 une tentative de coup d’état, dont l’échec avait renforcé l’autorité incertaine du nouveau roi. Tejero était parait-il non seulement pour le retour au franquisme mais aussi pour l’abolition de la monarchie. Je me souviens qu’il y a quelques années, lorsque je travaillais encore à l’université, j’avais entendu dire que le brave homme, après avoir purgé une peine de prison, se consacrait à la peinture en amateur. J’avais alors caressé un temps l’idée de le faire inviter par la fac pour une petite exposition ou une causerie. Plus exactement, sachant qu’un tel projet n’avait aucune chance d’être accepté, je caressais l’idée d’en formuler quand même la proposition, à seule fin de me divertir en provoquant quelques évanouissements dans le corps enseignant. Mais j’y avais renoncé, pour ne pas aggraver ma triste réputation. J’apprends maintenant que ce rebelle vient de mourir à 93 ans, le 25 février, jour même où je publiais une note sur le destin parallèle des deux Galiciens, Franco et Castro…

vendredi 13 mars 2026

fleurs

    Je revois ma mère l’air songeur me dire ou se dire, comme si cela lui revenait soudain, qu’à un moment de l’année il y a ainsi partout des fleurs jaunes.

jeudi 12 mars 2026

élan

    Rêvé cette phrase : « Un voleur appartient à son élan. »

mercredi 11 mars 2026

Re-Ferré

Après j’arrête, promis. Mais le passage en revue de cette compilation de Ferré a eu ceci de frustrant que beaucoup de chansons n’étaient pas à mon goût, et qu’il y manquait plusieurs de mes préférées. Aussi je voudrais ajouter quelques mots à propos de l’homme et de ses oeuvres.
    Son gauchisme haineux ne me gênait pas trop quand j’étais jeunot, je le trouve imbuvable maintenant que je suis plus malin. En d’autres temps il aurait peut-être applaudi les guillotineurs, les fusilleurs, les goulagueurs et les tchékistes, les assassins et tortionnaires que la haine de classe rend sûrs de leur bon droit. Cela étonne, si l’on considère que lui-même n’était précisément pas d’origine plébéienne et a mené une belle carrière d'artiste riche, ou enrichi, propriétaire successivement d’un château en Bretagne (l’ilot du fort du Guesclin) puis d’un autre dans le Lot (le Perdrigal) et je suppose que sa piaule finale en Toscane n’était pas misérable. Sans doute a-t-il fait partie de ces bourges de gauche gênés d’être nantis et en rajoutant dans le gauchisme afin de se donner bonne mine. A part ça il fut un bon parolier, poète inspiré dans ses meilleurs moments, avec souvent des visions de type surréaliste, même s’il a aussi écrit des âneries balourdes. Il fut un bon musicien, son premier métier, je lis dans Wiki qu’il a même composé des oeuvres religieuses à ses débuts. On s’étonne en songeant qu’il a failli se contenter d’une carrière d’auteur-compositeur et non interprète, alors qu’il était doté d’une voix superbe. Des disques de lui que j’ai possédés, au temps du vinyle, mes deux préférés étaient le deuxième volume d’Amour Anarchie et la compilation Avec le temps / Les chansons d’amour de Léo Ferré. Je l’ai beaucoup écouté dans mon jeune âge, il a été mon chanteur favori avec Brassens.
    J’aime les traits plaisants que l’on trouve dans des chansons popu comme Le guinche (Souliers pointus, robe à carreaux, Coeurs vermoulus, incognito…) ou dans la Chanson mécanisée (Mozart pour faire ses trilles, N’avait ni stylo à bille, Ni plume sergent-major : Quand il voulait une plume, Il plumait dans le costume, D’une oie qui passait dehors).
    Je suis embarrassé par des chansons comme Petite (la pédophilie ne gênait pas les révolutionnaires d’alors) ou Le crachat, bien tournée mais dégoûtante.
    Il a écrit de belles chansons d’amour, parfois lourdettes comme Ton style (c’est ton cul !), parfois d’une légèreté délicieuse, comme On s’aimera, Ça t’va, L’amour fou, (et A toi, Si tu t’en vas…).
    Malgré la teneur idéologique je continue d’apprécier l’énergie de chansons comme Ecoute-moi ou Sur la scène, et la majesté de compositions plus lentes comme le Psaume 151, Tu ne dis jamais rien ou Night and day.
    J’aime bien certains traits dans des chansons qui par ailleurs ne me plaisent pas trop (Je te vois comme un cygne noir sur la chaussée, à la marée du soir gare Saint-Lazare, quand ça descend vers le Tiers Monde…).
    J’aime le Léo d’au-delà de l’idéologie dans Richard (Les gens, il conviendrait de ne les connaitre que disponibles, à certaines heures pâles de la nuit, … avec des problèmes d’homme, simplement, des problèmes de mélancolie…).

mardi 10 mars 2026

Ferré 4

Le chien. Long délire libertaire grandiloquent, en partie en charabia incompréhensible, et plein d’apostrophes haineuses, au vu desquelles le disque Amour Anarchie devrait plutôt s’intituler Haine Anarchie. Il y a tromperie sur la marchandise !

C’est extra. Grand slow kitsch boursouflé mou .

L’oppression. Longue tirade molle de gauchisme sirupeux ridicule.

La The Nana. Assez kitsch, dès le titre, mais plein de trouvailles expressives.

La solitude. Slow philosophique sibyllin emphatique longuet. Mon vers préféré est le dernier, quand il dit La lucidité se tient dans mon froc, avec sa grosse voix en colère et le roulement de tambour. Jamais pigé ce qu’il voulait dire, mais je trouvais que ça sonnait bien.

Avec le temps. Terriblement triste mais très belle, doit être sa plus connue, en tout cas la première à sortir quand on demande Ferré sur YouTube, probablement celle qui restera s’il n’en reste qu’une.

L’espoir. Interminable litanie ibéro-anarchiste menaçante, prétentieuse et gonflante.

Ni Dieu ni maître. Hymne anar grandiloquent pénible.

lundi 9 mars 2026

Ferré 3

    (Je me demande si j’ai bien fait de m’engager là-dedans. La plupart des chansons me déçoivent, et je ne suis pas sûr que mon avis à ce sujet intéresse mes lecteurs. Mais enfin quand le vin est tiré… Poursuivons.) 

Comme à Ostende. De belles images (les paroles sont de Caussimon) mais je trouve le refrain lourdaud.

Les romantiques. Connaissais pas. Pas mal mais manque un peu de tonus.

La Marseillaise. Connaissais pas. Pas à mon goût mais pas mal tournée.

Pépée. Bel hommage à son singe, malgré un petit éclat de haine de gauche (le Jésus Machin, pas nécessaire) et la fin inutilement grandiloquente.

Poète, vos papiers! Récouté avec joie cette longue chanson vociférante mais qui a de la gueule, avec coups de griffe inattendus au dadaïsme, à la «poétique libérée» et à Jean Genet.

Les anarchistes. Même quand j’étais jeune et de gauche je n’aimais pas cet hymne martial tonitruant. La plupart espagnols, chante l’anarchiste monégasque, sans se poser trop de questions sur ce que furent leurs exploits en Espagne.

Les étrangers. Cette chanson me reste étrangère.

La mémoire et la mer. Longue et très belle chanson, véritable feu d’artifice d'images, parfois peu claires, mais enfin voilà de la poésie poétique et sans politique, un pur plaisir.

dimanche 8 mars 2026

Ferré 2

Quartier latin. Connaissais pas. Nostalgie mêlée de pleurnicherie estudiantine (Aux amphis tu pointes comme à l’usine… sans blague!).

T’es rock, coco! Connaissais pas. Jeu de mots pas terrible (rococo), vocifération pompeuse.

Jolie môme. Cela est maintenant bien démodé, par endroits peu clair à mes yeux, avec cependant quelques éclats de fraicheur printanière (T’es toute nue sous ton pull…).

C’est le printemps. Connaissais pas. Ne raffole pas.

La mélancolie. Connaissais pas. Oeuvre plombante.

Beau saxo. Connaissais pas. Pas terrible.

La complainte de la télé. Connaissais pas. Aussi ennuyeux que la télé.

L’Age d’or. Connaissais pas. Pas intéressé.

samedi 7 mars 2026

Ferré 1

    Un lecteur de Paris, Monsieur Bruno R, me confie écouter lui aussi ce chanteur. «Léo Ferré est super émouvant et touchant tout seul à gueuler sa poésie.» Bon, c’est de notre âge. Il m’envoie la photo d’une compile. C’est un double cd, 19 + 13 chansons, total 32. Cela me donne l’idée de les chercher sur YouTube pour les écouter. Mettons huit par jour.

La vie d’artiste. Une de celles que j’aimais mieux avant, mais elle n’est vraiment pas mal. Assez cafardeuse, cependant.

Paname. Le rythme sautillant est un peu kitsch, mais c’est une très belle chanson de sa période crooner, j’aime beaucoup.

Les poètes. Mélancolique et cucul.

La maffia. Je ne connaissais pas. Je n’aime pas.

Merde à Vauban. Je n’aime pas beaucoup cette pleurnicherie humaniste, avec bagnard forcément innocent (Tout ça pour rien, ils m'ont serré) et gros mots annonçant sa période de gauche, mais bien tournée, certes. Mon couplet préféré est le dernier, C’est un ptit corbillard tout noir etc, je le fredonne volontiers quand je passe à Saint-Martin.

Vingt ans. Triste mais très belle, une de mes préférées. Je l’ai écoutée parfois les larmes aux yeux. (Je ne retrouve pas le meilleur enregistrement).

La langue française. Mouais, bof. Connaissais pas, mais je m’en passais très bien.

Mister Giorgina. Pareil.

jeudi 5 mars 2026

bonheur

    Le souvenir m’est revenu d’une chanson que j’aimais bien, quand j’étais jeune et de gauche (ce n’était pas hier). Je l’ai retrouvée sur YouTube : Le bonheur, de Léo Ferré. En la récoutant aujourd’hui, je lui trouve encore du charme : musiquette légère, belle voix grave, paroles bien tournées. Mais le contenu, par son éloge, pour le moins sa banalisation, sa non-condamnation de l’infidélité, me parait profondément répugnant.

mercredi 4 mars 2026

mille

A Paris, donc, début janvier, l’ami Bruno m’a offert le recueil de ses 1000 pages de merdes quotidiennes, publié par United Dead Artists en décembre 2023. C’est supposément le n° 100 de sa revue Elles sont de sortie, et assurément le plus gros. Un pavé imposant et de fière allure, avec sa couverture reliée de toile rouge et imprimée d’encre argentée. J’ai mis une heure, peut-être deux, à le feuilleter. Les huit dernières pages sont couvertes d’écriture manuscrite, répartie sur deux ou trois colonnes et reproduite en si petit que je n’arrive quasiment pas à la lire, surtout avec ma vue maintenant affaiblie, je le regrette. Mais mon impression est que ces pages sont destinées à donner une impression visuelle de texte, plus qu’à être lues réellement, comme j’en aurais la curiosité. A part ces huit, toutes les autres pages sont couvertes de dessins. Je suppose sans certitude que ce sont des inédits. Ils datent de différentes époques, si l’on en juge par les différences de style et par les millésimes qui apparaissent de-ci de-là, peut-être dans l’ordre chronologique, la date de 1992 figurant sur la première page. Il y a là beaucoup de l’imagerie dont Bruno sait que je ne suis pas fan : supplices et cochonneries que je ne trouve pas bandantes. Cela me fait penser au prospectus d’une société de missionnaires, que j'ai conservé des années en songeant à lui. On pouvait le leur renvoyer avec un don, après y avoir expliqué l’intention de prière. Je ne le ferai pas mais j’ai imaginé : Messieurs, veuillez prier pour l’âme de mon ami Bruno Richard, il fait que dessiner des femmes à poil en train de se faire arracher la gueule par des nazis, faites qu’il retrouve un peu de sérénité. Mais il n’y a pas que ça, entre autres aussi d'intéressants portraits, comme celui qui orne la couverture. Je ne sais nommer les différents styles et donner mes préférences en citant des pages, qui ne sont hélas pas numérotées. Vers la fin de l’ouvrage il y a une longue série de pages plus sombres, pleines d’énergie, souvent on a l’impression d’y voir du mouvement avant même de distinguer ce qui est en mouvement. Un peu partout dans le livre il y a des mots, des morceaux de phrase, qui font penser à ces bribes de conversation que l’on entend au passage lorsqu’on circule dans la foule. Et c’est une drôle de foule, que l’on croise dans ces mille pages…

mardi 3 mars 2026

actualités

    Malgré toute ma sympathie pour le président Trump, j’avoue que son initiative d’attaquer l’Iran me laisse pour le moins perplexe. Cette assurance d’imposer la paix démocratique par les bombardements me fait penser à ces gauchistes qui « luttent contre la haine » en lynchant à grands coups de pied dans la gueule ceux qui ne pensent pas comme eux.

lundi 2 mars 2026

réconciliation

N’ayant pas le temps ni vraiment besoin de lire en entier l’énorme volume de mémoires publié l’an dernier par l’ex-roi d’Espagne Juan Carlos sous le titre Réconciliation, je me suis contenté d’y jeter quelques coups d’oeil. Plus d’une fois le récit m’a paru confus de par ses nombreux sauts en avant et en arrière dans le temps. Je me suis intéressé plus particulièrement à l’enfance du personnage, né à Rome en 1938, soit en pleine guerre civile espagnole. Il vécut son enfance en exil avec sa famille en Italie, puis en Suisse, puis au Portugal. Il semble avoir parlé d’abord le français mieux que l’espagnol, et il fallut que ses premiers précepteurs lui apprennent à rouler les R (p 100, 103). D’où peut-être le fait que cet ouvrage n’est pas traduit mais écrit directement en français, avec l’aide d’une rédactrice. Entre autres scènes étonnantes, on assiste à ses premières rencontres avec le général Franco, qui le fait venir en Espagne quand il a une dizaine d’années, pour lui procurer une éducation proprement espagnole et sous son contrôle. C’est l’époque très étrange dans l’histoire du pays, où le dictateur porté au pouvoir ne veut plus le lâcher, s’étant proclamé caudillo à vie, mais reste monarchiste et prépare le retour des Bourbons aux commandes. Il maintient à l’écart, c’est à dire en exil, l’héritier légitime d’Alphonse XIII, don Juan, comte de Barcelone, mais prend sous sa protection le fils de celui-ci, le jeune Juan Carlos, envers qui il se montre bienveillant, malgré sa froideur galicienne (lire notamment p 169, p 177). Il lui donne de bons conseils, comme quand il interdit au jeune homme de participer aux concours hippiques, dont il était friand : Si vous ne gagnez pas, on prétendra que vous êtes mauvais. Si vous gagnez, on prétendra qu’on vous a laissé gagner (123). Ou quand il l’engage à ne pas trop se dévoiler, lui donnant à méditer cet excellent aphorisme, digne de Gracián : On est propriétaire de ce que l’on tait, et esclave de ce que l’on dit. (116. J’aimerais savoir d’où vient cette sentence, et quelle en est la version originale). (PS. En googlant quelques mots, je trouve cette version espagnole : Uno es dueño de lo que calla y esclavo de lo que habla, la phrase étant attribuée à Freud. Mais on me fait remarquer que Freud aurait plutôt dû affirmer l'inverse, et que l'on trouve en ligne différentes formulations de cette citation, attribuée à Confucius, Churchill, Omar ibn al-Khattab, Lao-Tseu etc. Autant dire que c'est un proverbe anonyme, relayé sur internet avec des attributions hasardeuses et toujours sans référence précise).

dimanche 1 mars 2026

anniversaires

Lettre documentaire 536

LiSTE des vivants et des morts 
dont je connais par cœur la date d’anniversaire, 
quelle qu’en soit la raison.

Dans l’ordre chronologique au long de l’année :
    14 février : Jennifer, ex-voisine et toujours amie, qui pourrait être ma mère. Je m’en souviens car elle nous a souvent rappelé que son anniversaire tombait à la Saint-Valentin. Elle-même nous a plusieurs fois fêté nos anniversaires à des dates complètement erronées, jamais à la bonne.
    5 mai : Patrick, qui dans l’Antiquité classique fut mon fournisseur de shit et mon copain de bohème. Nous avions aussi ces deux affinités, que nos patronymes se ressemblaient, et que son 5-5 faisait écho à mon 6-6.
    19 mai : Dany, mon aide de camp, coach méritoire et ma conseillère en relooking. Comment ne saurais-je son jour, depuis si longtemps qu’on se connait.
    1 juin : Thierry, mon frère, cinq jours avant moi mais trois ans après.
    6 juin : Moi-même.
    6 juillet : Marie-France, ma soeur, un mois après moi mais dix ans avant.
    16 juillet : Samuel, mon seul fils.
    30 août : Bruno, à qui j’avais appris que Crumb était du même jour.
    30 septembre : Sonia, la mère de mon fils. 
    2 octobre : Yvette-Lucienne, ma propre mère.
    28 novembre : Pierre, mon père. Je me demande si ma mère et lui avaient remarqué la symétrie de leurs jours de naissance en ces deux mois consécutifs, elle peu après le début du premier, lui peu avant la fin du second.
    5 décembre : Michel, l’ambassadeur des Landes. Il en déduisait avoir été conçu le 5 mars, date romantique.

samedi 28 février 2026

respect

    En français comme dans les langues de nos voisins, la plupart des dénominations respectueuses se répartissent entre deux champs sémantiques : on attribue à l’interlocuteur l’honorabilité due soit à la personne la plus âgée (senior, seigneur, monseigneur, sieur, monsieur, sire, messire, sir, señor, senhor, Herr, etc), soit à la personne la plus riche, la propriétaire de la maison de maître (dominus, domina, dom, don, dona, doña, dame, madame, etc). J’ai déjà fait remarquer (le 12 XII 07) qu’en français, si l’on considère les termes les plus communs (Monsieur, Madame), cette alternative ancienneté / propriété coïncide avec la distinction homme / femme. Il semble qu’en espagnol elle coïncide avec la distinction patronyme / prénom, puisque qu’on utilise plutôt Señor ou Señora devant le nom de famille, et Don ou Doña devant le prénom. Cherchant en ligne confirmation de cet usage, je tombe sur un forum anglophone où l’on donne des exemples bizarres, dans lesquels trois patronymes sur quatre ne sont pas typiquement castillans : "Señor is generally used with a last name : Señor Tepetl, Señor Medina. Don is generally used with the first name : Don Mazatzin, Don Genaro." Le plus drôle est que le rédacteur (ou la rédactrice) se nomme Sarasvati Ananda…

vendredi 27 février 2026

plage

    Petite heure de balade hier après-midi sur la plage du Grand Crohot. Beau temps mais drôle d’ambiance, sans doute suite aux tempêtes récentes : beaucoup de déchets sur le sable (briquets, bouchons, cartouches, flacons, menus débris divers) et beaucoup d’oiseaux morts (des macareux, au bec reconnaissable). En revanche aussi beaucoup d’os de seiche, que je ramasse pour mes cailles. Ce n’était pas mal. La plage est un endroit idéal pour trouver des trucs, et le trouvage de trucs est une de mes activités préférées.

mercredi 25 février 2026

Galiciens

    Un beau jour (28-03-14) je m’étais amusé à relever les nombreux points de ressemblance entre Francisco Franco et Fidel Castro, tous deux patriotes sincères, nationalistes en uniforme, rebelles providentiels, conquérants du pouvoir par le fusil, dictateurs à vie, ennemis du pluralisme, succédanés de rois, et austères Galiciens. J’apprends maintenant, en feuilletant Réconciliation, les mémoires de Juan Carlos 1er d’Espagne (Stock, 2025, p 346) que les deux hommes ne se détestaient pas : le leader maxime était si reconnaissant envers le généralissime, de ne pas s’être associé à l’embargo américain contre Cuba, qu’il décréta trois jours de deuil national dans l’île quand celui-ci mourut en 1975…

mardi 24 février 2026

crues

    Jetant un coup d’oeil distrait sur les prévisions météo, un instant j’ai cru lire Vigilance extrême onction, pour Vigilance extrême inondations.

lundi 23 février 2026

verbier

    Mes néomots de ces derniers temps : innocentif, humanichéisme, immensuel.

dimanche 22 février 2026

L'Angérien

    Ces derniers jours j’ai créé dans Wikipédia ma vingt-septième notice, celle-ci consacrée à l’hebdomadaire L'Angérien libre, paraissant depuis 1944 dans ma ville natale (angérien veut dire de Saint-Jean d’Angély). 
Lien vers ma fiche personnelle dans Wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Comtessin

samedi 21 février 2026

télévision

L’émission de télévision pour laquelle je me suis rendu à Paris, plus précisément au Kremlin-Bicêtre, début janvier, vient d’être mise en ligne sur la chaine YouTube de TV Libertés. C’est un numéro de la série Les idées à l’endroit, animée par le fringant Rémi Soulié. Ce numéro consacré au penseur colombien Nicolás Gómez Dávila avait pour invités Michaël Rabier, auteur d’une thèse sur cet écrivain, Pierre-Marie Sigaud, éditeur de ladite thèse, et moi-même.

vendredi 20 février 2026

prénoms

    En trainant sur le net, je m’amuse à collecter les prénoms scindés, qui me fascinent. J’en avais reproduit une dizaine, en avril dernier, en avouant que le procédé m’agaçait un peu. Un lecteur m’a éclairé : cela sert à s'inscrire sur les réseaux sociaux sans mettre son nom complet, mais juste son prénom (merci Vin Cent !). Cela peut se comprendre. Mais je suis persuadé que beaucoup le font simplement par imitation, parce que c’est trendy. Dans le fond ça m’amuse, surtout quand la césure ne correspond pas avec le découpage en syllabes. J’ai l’impression que c’est surtout une pratique féminine, en tout cas il n’y a que des filles dans la quinzaine des derniers notés : Alie Nor, Aman Dine, An Ne, Au Drey, Au Rore, Béné Dicte, Ca Mille, Chris Telle, Lae Ti, Laeti Tia, Louise Tte, Mel Anie, Per Rine, Sama Nta, So Phie…

mercredi 18 février 2026

Loti

Jeudi dernier, donc, j’ai eu l’occasion d’aller visiter avec un groupe d’amies la maison de Pierre Loti à Rochefort. Je connais mal cet écrivain, ne l'ayant je crois jamais lu, mais la grande réputation de sa triple maison, devenue musée et l’une des principales curiosités du département, attirait mon attention depuis longtemps. Les locaux ont été fermés plusieurs années pour rénovation et ont rouvert l’an dernier. La visite obligatoirement guidée n’est pas de tout repos, durant plus d’une heure et demie, avec l’obligation de rester debout presque tout le temps, mais on est récompensé de l’effort par le spectacle pittoresque. Toutes les salles ont une ambiance différente : galerie de portraits, pagode martiale, pièce arabe, mosquée, salon gothique, chambre napoléonienne, etc. Et chacune est saturée de meubles, de tapis, de tentures, de boiseries, de carrelages, d’oeuvres d’art, d’objets divers. Dans la plupart, peut-être toutes, même le plafond est entièrement décoré. L’une d’elles est un cabinet de curiosités montrant des collections naturalistes : coquillages, nids et oeufs, pierres, etc. Il y a quelque part une étagère sur laquelle on a aligné la cinquantaine de livres écrits par Loti. Le guide m’a étonné en m’avouant qu’ils n’étaient pas rangés dans l’ordre, comme je les mettrais si j’étais en charge. Parmi les objets que j’ai préférés, les deux oeufs d’autruche suspendus au plafond de la mosquée, et dans la même salle de charmants petits vitraux, mais placés trop haut pour être commodément contemplés. La visite se terminait par la traversée du jardinet sagement dallé. Excursion recommandée, mais je préviens les amateurs que les réservations doivent se faire plusieurs mois à l’avance !
(Photo Marie Toutous).

lundi 16 février 2026

dangers

    Deux dangers évités de justesse sur la route. Le dernier jour du mois dernier, en début d’après-midi, sur la grand route nord-sud allant de Niort à Saintes, vers où nous descendions avec des amis, un chevreuil surgi du côté droit a soudain traversé la route juste devant la voiture, à peut-être un kilomètre après Loulay. Une seconde plus tôt, nous l’aurions percuté de plein fouet. Et jeudi dernier, sur une petite route entre Doeuil et Surgères, en chemin vers Rochefort où nous descendions avec des amies, le passage était coupé par un arbre mort tombé en travers de la chaussée. Une voiture était déjà arrêtée devant nous, et une autre en sens inverse. A quelques personnes dont notre conductrice, les deux autres conducteurs et moi-même, nous parvînmes à faire pivoter l’arbre et à le tirer au bord de la route. L’un des pilotes, qui était du coin, nous confia qu’il était déjà passé à ce même endroit un quart d’heure auparavant, et que l’arbre n’était pas encore tombé. La chute remontait donc à seulement quelques minutes avant notre passage.

dimanche 15 février 2026

chèques

    Après avoir annoncé (le 7 novembre 2022) que je renonçais à un projet de longue date (publier une liste des chèques que j’avais émis pendant une période donnée) je viens finalement de réaliser cette idée, en limitant l’opération à la durée d’un an (l’année 2025), c'est bien assez. Dans cet autoportrait en banal consommateur, je donne une information minimale, tenant sur une ligne pour chaque chèque : la date, la somme en euros, le bénéficiaire, le lieu. La plupart des noms de ville sont abrégés : il s’agit d'Aulnay (de Saintonge), Beauvoir (sur Niort), Brioux (sur Boutonne), Mauzé (sur le Mignon), Saint-Jean (d’Angély), Villeneuve (la Comtesse). La plupart des achats sont de simples achats de survie, afin de remplir mon frigo et de faire le plein d’essence. Dans les rares autres cas, quand je m’en souvenais, j’ai donné une précision. Comme l’ensemble gardait une dimension raisonnable, j’en ai fait ma Lettre documentaire n° 535.

Lettre documentaire 535

CHÈQUES DE 2025

Liste des 84 chèques postaux émis en l’an 2025
par Philippe Billé

07 janvier 2025 : 71,60 (Essence, St-Jean).
15 janvier 2025 : 44,51 (Leclerc, St-Jean).
22 janvier 2025 : 45,29 (Leclerc, St-Jean).
25 janvier 2025 : 24,06 (Leclerc, St-Jean).
25 janvier 2025 : 26,98 (Gamm Vert, St-Jean).
29 janvier 2025 : 27,58 (Intermarché, Beauvoir).

05 février 2025 : 48,02 (Intermarché, St-Jean).
10 février 2025 : 60,10 (Essence, St-Jean).
10 février 2025 : 33,45 (Leclerc, St-Jean).
14 février 2025 : 17,21 (Auchan, Biganos).
20 février 2025 : 41,31 (Intermarché, Beauvoir).
26 février 2025 : 37,03 (Intermarché, St-Jean).
26 février 2025 : 73,63 (Essence, St-Jean).

04 mars 2025 : 28,73 (Intermarché, St-Jean).
08 mars 2025 : 22,06 (Intermarché, Beauvoir).
12 mars 2025 : 24,00 (Intermarché, Beauvoir).
14 mars 2025 : 18,82 (Leclerc, St-Jean).
20 mars 2025 : 50,24 (Essence, St-Jean).
24 mars 2025 : 34,57 (Auchan, Biganos).
27 mars 2025 : 41,59 (Intermarché, Beauvoir).
29 mars 2025 : 57,01 (Essence, St-Jean).

03 avril 2025 : 23,46 (Bricomarché, St-Jean,
pour un verre de sous-verre et une bâche).
03 avril 2025 : 25,51 (Leclerc, St-Jean).
07 avril 2025 : 55,29 (Leclerc, St-Jean).
07 avril 2025 : 21,99 (Gamm Vert, St-Jean,
pour un sécateur Bahco, mes préférés).
16 avril 2025 : 28,68 (Intermarché, Beauvoir).
22 avril 2025 : 60,80 (Leclerc, St-Jean).
28 avril 2025 : 48,25 (Leclerc, St-Jean).

03 mai 2025 : 40,41 (Intermarché, St-Jean).
07 mai 2025 : 36,47 (Intermarché, Mauzé).
10 mai 2025 : 64,50 (Essence, St-Jean).
10 mai 2025 : 12,42 (Leclerc, St-Jean).
13 mai 2025 : 31,66 (Leclerc, St-Jean).
23 mai 2025 : 38,95 (Intermarché, St-Jean).
30 mai 2025 : 41,66 (Leclerc, St-Jean).

02 juin 2025 : 62,31 (Essence, St-Jean).
06 juin 2025 : 37,82 (Leclerc, St-Jean).
06 juin 2025 : 233,78 (Bâti Innov, St-Jean,
acompte pour une fenêtre à double vitrage).
11 juin 2025 : 39,51 (Intermarché, St-Jean).
28 juin 2025 : 56,36 (Essence, St-Jean).
28 juin 2025 : 32,39 (Leclerc, St-Jean).

04 juillet 2025 : 16,42 (Intermarché, St-Jean)
06 juillet 2025 : 22,00 (Intermarché, Beauvoir)
15 juillet 2025 : 59,37 (Essence, St-Jean).
15 juillet 2025 : 30,88 (Leclerc, St-Jean).
20 juillet 2025 : 28,80 (Intermarché, Beauvoir).
21 juillet 2025 : 27,58 (Bricomarché, St-Jean,
dalles de ciment pour border un carré de potager).
30 juillet 2025 : 59,34 (Essence, St-Jean).
30 juillet 2025 : 18,45 (Leclerc, St-Jean).
31 juillet 2025 : 545,47 (Bâti Innov, St-Jean,
solde du prix de ma fenêtre à double vitrage).

04 août 2025 : 44,73 (Intermarché, St-Jean).
18 août 2025 : 147,12 (Garage Roy, Villeneuve,
vidange annuelle de ma voiture automobile).
19 août 2025 : 46,32 (Leclerc, St-Jean).
22 août 2025 : 11,57 (Intermarché, Aulnay).
26 août 2025 : 16,41 (Intermarché, St-Jean).
26 août 2025 : 59,40 (Essence, St-Jean).

05 septembre 2025 : 41,23 (Leclerc, St-Jean).
13 septembre 2025 : 66,60 (Essence, St-Jean).
13 septembre 2025 : 45,47 (Leclerc, St-Jean).
17 septembre 2025 : 37,48 (Intermarché, St-Jean).
23 septembre 2025 : 17,49 (Intermarché, Beauvoir).
28 septembre 2025 : 22,78 (Intermarché, Beauvoir).

01 octobre 2025 : 11,31 (Intermarché, St-Jean).
05 octobre 2025 : 16,35 (Intermarché, Beauvoir).
07 octobre 2025 : 74,00 (Dillerin, Croix-Comtesse,
pour le ramonage annuel de mon poêle à bois).
09 octobre 2025 : 29,37 (Intermarché, Brioux).
13 octobre 2025 : 27,86 (Simply Contact, Niort).
16 octobre 2025 : 66,97 (Essence, St-Jean).
21 octobre 2025 : 22,51 (Intermarché, Surgères).
28 octobre 2025 : 38,18 (Intermarché, Beauvoir).

06 novembre 2025 : 46,44 (Leclerc, St-Jean).
08 novembre 2025 : 61,97 (Essence, St-Jean).
19 novembre 2025 : 42,60 (Aldi, Surgères).
24 novembre 2025 : 60,86 (Essence, St-Jean).
24 novembre 2025 : 47,06 (Leclerc, St-Jean).
29 novembre 2025 : 19,33 (Intermarché, St-Jean).

02 décembre 2025 : 17,58 (Leclerc, Surgères).
05 décembre 2025 : 13,71 (Intermarché, Beauvoir).
12 décembre 2025 : 28,00 (Leclerc, St-Jean).
19 décembre 2025 : 22,61 (Intermarché, St-Jean).
20 décembre 2025 : 22,00 (Librairie des Halles, Niort,
un livre pour offrir à mon aide de camp).
23 décembre 2025 : 71,19 (Essence, St-Jean).
23 décembre 2025 : 17,96 (Intermarché, St-Jean).
26 décembre 2025 : 21,06 (Leclerc, St-Jean).

samedi 14 février 2026

coïncidence

    Never complain je veux bien, mais à quoi bon never explain ? Il n’est pas mauvais d’expliquer, tout au moins d’exposer. Par exemple cette vieille histoire drôle, avant que je l’oublie. Longtemps la légendaire Lettre documentaire ne fut qu’un chétif bulletin, photocopié sur un coin de table et distribué sous le manteau, à quelques obscurs fidèles. Sa bonne parole n’avait guère d’audience. Il en fut ainsi jusque vers 2005. Il y eut cependant à cette époque une courte période, dans les années 2000-2001, durant laquelle un site de libertaires lyonnais, à l’enseigne de L’Homme moderne, s’avisa de reproduire en ligne une douzaine de ces belles Lettres documentaires, les disposant ainsi à la vue de tous. Parmi elles il y en avait deux, dans lesquelles l’éditeur traduisait des fragments de littérature étrangère : la Ld n° 332, de septembre 2000, contenant des pensées d’un essayiste colombien jusqu’alors inconnu du public francophone, et deux mois plus tard la n° 338, présentant des extraits d’un recueil d’aphorismes catalans anonymes, datant de la fin du XVe siècle, et lui aussi très inconnu. Or voilà que de son côté un éditeur français a lui aussi découvert au même moment les mêmes textes rares et en a fait des livres, les aphorismes catalans en 2002 et le penseur colombien en 2003. Il y a parfois de ces coïncidences…

vendredi 13 février 2026

ornithologie

Avant-hier après-midi je suis allé assister à un exposé sur les oiseaux du coin, dans un local à la lisière sud de Saint-Jean. Il y avait une trentaine de personnes, la plupart âgées. D’après la jeune ornithologue qui officiait, on aurait inventorié plus de 1700 espèces d’animaux et de plantes dans le secteur, dont soixante-dix oiseaux. Elle en a présenté une quinzaine, certains dont la vue et la voix me sont déjà familières (merle, rouge-gorge, grive musicienne, pinson, verdier, mésanges…), d’autres parait-il communes mais que je ne connais pratiquement que de nom (pipit farlouse, alouette des champs, accenteur mouchet, grive mauvis, tarins…). J’en ai retenu, comme je l’avais déjà plus ou moins remarqué, qu’à part les sons typiques, surtout les cris et les chants printaniers des mâles, les oiseaux émettent aussi divers petits cris de contact ou d’alerte, plus difficiles à distinguer. La séquence proprement didactique était suivie d’une séquence ludique pas très à mon goût, dont l’ennui fut sauvé du fait qu’on pouvait manger du broyé et boire du jus de pomme. Il était prévu que l’on sorte ensuite prospecter aux alentours, mais la pluie continuelle nous l’a interdit. La campagne est gorgée d’eau, les fossés sont pleins, les champs inondés, les rivières débordent. C’est l’hiver charentais habituel, le moment de remplir les bassines.

mercredi 11 février 2026

ntm

    Le mauvais signe n’est pas qu’un duo de crétins ait eu le mauvais goût de se dénommer NTM, vers la fin du siècle dernier. Le mauvais signe est que ces abrutis n’aient pas été immédiatement lynchés.

mardi 10 février 2026

humanichéisme

    Un certain manichéisme tend à exclure de toute discussion toute personne sur qui on a pu coller une étiquette infamante. Les grands classiques, raciste et antisémite, dominent l’arsenal des injures bien-pensantes : xénophobe, islamophobe, réactionnaire, anti-communiste, facho, sexiste, homophobe, transphobe, grossophobe, complotiste, etc, il s’en crée régulièrement de nouvelles. Le monde est ainsi divisé en deux : les bons, avec qui on peut discuter, et les méchants, avec qui on est dispensé de cet effort, il suffit de les insulter. Pour ma part, il m’arrive de me trouver d’accord avec quelqu’un avec qui je suis généralement en désaccord, ou au contraire en désaccord avec quelqu’un avec qui je suis généralement d’accord. Je ne connais personne dont je puisse dire que je partage ou que je rejette à cent pour cent les idées ou les goûts. Mon point de vue se résume en cette parabole, faisant appel au grand-méchant über alles : S’il pleut et si Hitler dit qu’il pleut, faut-il dire le contraire ?

lundi 9 février 2026

razzia

    Hier soir j’ai essayé de regarder Razzia sur la chnouf, de Henri Decoin (1955), qui était dispo sur Arte. Je n’ai pas réussi à m’y intéresser, j’ai abandonné à la 38e minute. D.

dimanche 8 février 2026

états

    Sur la cinquantaine des Etats-Unis d’Amérique, il en est trois dont le nom a une prononciation déconcertante pour les non-anglophones, peut-être même pour les anglophones non-américains. Ce sont l’Arkansas (prononcé Arkansa), l’Illinois (prononcé Illinoï), et le Missouri (prononcé Misôri). Il y a dans les trois cas un s écrit mais non dit.

samedi 7 février 2026

loisirs

    Si je n’avais que ça à faire, je créerais peut-être un Cercle féministe Ghislaine Maxwell, pour me divertir.

vendredi 6 février 2026

herméneutique

    La bonne littérature, c’est quand on écrit des trucs intéressants, en faisant zéro faute.

jeudi 5 février 2026

château

    Cette nuit j’ai rêvé que je rencontrais Renaud Camus, peut-être chez lui, dans un vaste couloir encombré de gens. Je l’abordai car je voulais lui raconter une anecdote, qui pensais-je l’intéresserait, à propos d’une certaine ville. Mais au moment de parler je balbutiai, incapable soudain de me souvenir du fait, ou seulement du nom de la ville. Puis le maître s’éloigna, me laissant seul parmi les inconnus qui continuaient d’aller et venir. Je me disais qu’une fois de plus je n’avais guère brillé par mon talent relationnel. Je relie ce rêve maussade au fait qu’hier soir, feuilletant la toile avant de m’endormir, je m’étais attardé à lire des commentaires au sujet d’une énième polémique touchant cet écrivain, après la parution d’une biographie à charge. Parmi les propos tendus, un anglophone se contentait de lâcher cette courte phrase : He has a cool château. Ce cool château m’avait ravi, c’était un brin de sérénité au milieu de l’orage…

mardi 3 février 2026

datation 2

Comment dater un livre sans date ? 2/2 : Une étude de cas.                     Considérons par exemple la Notícia do Brasil, belle description du pays rédigée vers 1587 par un savant colon, Gabriel Soares de Sousa. Le texte est resté inédit jusqu’au dix-neuvième siècle et a connu depuis lors quelques éditions. L’une d’elles, sans date, a été publiée en deux volumes à São Paulo par la Livraria Martins. Le Sudoc (catalogue collectif des bibliothèques universitaires françaises) se contente de noter que ce livre est sans date [s. d.]. Dans leurs catalogues, la Bibliothèque nationale de France le date de circa 1938, la Biblioteca Nacional brésilienne de [1945?], la Library of Congress américaine de [1945]. Il est absent de la British Library (No records found) et de la Deutsche National Bibliothek (Ihre Suchanfrage ergab leider keine Treffer). En examinant de plus près le premier volume, contenant la première partie de l’ouvrage et le début de la seconde, plus longue, je constate qu’il n’y a en effet nulle part aucune date d’édition. Je remarque cependant qu’en frontispice de chacune des deux parties, on a fait figurer un grand dessin pleine page, comportant en bas à droite une discrète signature située et datée : pages 57 (José Heitgen, Rio 1939) et 243 (J Heitgen, Rio 1940). Ces deux millésimes impliquent que le livre n’a pu paraître avant 1940, invalidant ainsi la datation de la BnF. On peut observer par ailleurs que les deux volumes comportent sur la couverture arrière un catalogue de la collection, la Biblioteca histórica brasileira, dans laquelle a paru le livre, dont il est le numéro 16. Ce catalogue n’indique que les titres et les auteurs des livres, sans date, mais en consultant le Sudoc on constate que les quinze premiers numéros ont paru à des dates avérées ou supposées s’étalant progressivement de 1940 à 1945, ce qui fait de cette dernière la probable année de cette édition.

lundi 2 février 2026

datation 1

    Comment dater un livre sans date ? 1/2 : Principes généraux.
    Dans le meilleur des cas l’année de publication d’un livre figure sur la page de titre, avec les autres informations de base : titre de l’ouvrage, nom de l’auteur, maison d’édition. La date peut aussi être indiquée sur une autre des pages liminaires, précédant ou suivant la page de titre. Au lieu de la date d’édition, on trouve parfois mentionnée l’année du copyright, qui peut différer : cela peut être la date où l’ouvrage a été déclaré auprès de quelque autorité, avant d’être réellement publié, cela peut aussi être l'année de la première édition et ne plus correspondre aux rééditions, aux adaptations ou aux traductions. On trouve aussi parfois, généralement en dernière page, un «achevé d’imprimer» indiquant l’année d’impression. Certains ouvrages contiennent le millésime des trois dates (d’édition, de copyright, et d’impression), certains seulement deux, certains un seul. Ces trois dates sont censées coïncider mais il arrive qu’elles diffèrent, comme on a vu pour la date de copyright. Il peut aussi y avoir discordance entre la date d’édition affichée et la date d’impression, dans ces deux cas : quand un livre est imprimé en toute fin d’année et que l’éditeur veut lui donner un air plus neuf en le déclarant de l’année suivante, au début de laquelle il sera en effet mis en vente ; quand un livre est déclaré de l’année où il a en effet été conçu, mais les choses trainant, il finit par n’être imprimé qu’en début d’année suivante. Dans ces cas la date d’impression, étant la date du début de l’existence réelle du livre, doit primer. Il arrive rarement mais il arrive, que l’éditeur n’ait daté son livre que sur la couverture, laquelle pour le bibliographe n’est qu’un emballage ne faisant pas vraiment partie du livre, mais enfin si la date ne se trouve que là, c’est là qu’il faut la prendre. Il arrive aussi qu’un livre ne soit pas du tout daté, ou du moins qu’aucune date n’apparaisse là où elle devrait, c’est à dire dans les premières pages, dans les dernières, ou en couverture. On peut alors chercher à travers l’ouvrage des indices chronologiques moins évidents, mais utiles. Il arrive par exemple qu’un millésime apparaisse en fin de texte ou en fin de préface, ou que figure quelque part une liste des autres ouvrages de l’auteur avec leur année de parution : on sait alors que l’édition date au plus tôt des années indiquées. On peut aussi lire le livre entier à la recherche d’indices, si on en a le temps, mais c’est sans garantie de succès : certains livres sont vraiment sans date. Leur aspect général ne peut donner qu’une idée de la décennie, de la période, du siècle où ils ont paru…

dimanche 1 février 2026

plantes

Lettre documentaire 534

MES LIVRES DE BOTANIQUE

poème-liste de leurs titres et dates
sans autres mentions

A la découverte des champignons, 1996.
L’ABC des plantes, guide pratique de phytothérapie, 1997.
Arbres, 1990.
Les Arbres, arbustes et arbrisseaux forestiers, 1913.
Arbres, Carnet de dessins, 2002.
Arbres et arbustes à feuilles persistantes, 2001.
Arbustes, arbrisseaux et lianes d’Europe occidentale, 1983.
Arbustes d’ornement, 1990.
Champignons d’Europe occidentale, 1992.
Fleurs et plantes des champs, 1994.
Fleurs sauvages, 1989.
La Flore d’Europe occidentale, 1991.
Forêts charentaises, 2001.
Fruits, 1990.
Guide de dendrologie, 1996.
Guide des graminées, carex, joncs et fougères, 1991.
Hablemos de árboles, 1961.
Légumes, 1990.
Madeira : plantas e flores, 1995.
Plantes à bulbes, 1997.
Plantes aromatiques et condimentaires, 1990.
Plantes d’intérieur, 1990.
Plantes de rocaille, 1984.
Plantes du bord de l’eau et des prairies, 1990.
Plantes grimpantes, 1990.
Plantes médicinales, 1983.
Plantes vivaces, 1998.
SOS Plantes : Jardin d’ornement, 1990.
Trees : an illustrated identifier and encyclopedia, 2003.
The Trees of Britain and Northern Europe, 1991.
Wild flowers, 1996.

samedi 31 janvier 2026

précisions

    Un lecteur mécontent m’accable de reproches et de sarcasmes, à propos de ma note du 24 janvier sur une vidéo d’activiste non binaire. J’apporterai ici quelques précisions sur le sujet, si cela peut intéresser. Tout d’abord j’admets que le choix de cette vidéo était discutable, car il en existe de bien plus virulentes. Dans celle-ci l’androgyne est plus ridicule que méchant, mais je l’ai choisie parce que ce qui m’importait surtout était la remontrance qu’une amie avait formulée en commentaire : Tu ne peux pas tout simplement fermer les yeux au lieu de nous infliger ça?! Cette déclaration m’importait à la fois en raison des rapports de tension personnelle qui existaient entre cette amie et moi, et qui ne regardent que nous, et en raison de la valeur idéologique de cette exhortation à fermer les yeux, typique d’un certain état d’esprit répandu aujourd’hui, à savoir la cécité volontaire, qui est la plus absolue : il importe de ne surtout pas voir ce qui pourtant crève les yeux, dans certains domaines. Je ferai remarquer d’ailleurs que mon interlocutrice semblait elle aussi trouver la vidéo ridicule, elle ne me reprochait pas de la désapprouver, elle me reprochait simplement mon impudeur à la montrer. Mon lecteur mécontent, et indélicat, m’accuse d’être « obsédé par ceux qui sont obsédés par les pronoms ». Je ne vois pas bien sur quoi il se base pour m’attribuer une telle obsession, alors que c’est un sujet que je n’aborde pratiquement jamais. Le reproche tombe d’autant plus mal qu’il arrive quelques semaines seulement après que j’eus publié dans ce même journal un vibrant éloge de Noël Santon, garçonne notoire, dont l’ambiguïté ne m’a pas empêché d’apprécier la qualité de ses écrits, que j’ai découverts et étudiés avec joie. Mon point de vue sur les androgynes est le même que sur les invertis : qu’on les laisse vivre et qu’on leur foute la paix, mais que de grâce eux aussi foutent la paix au reste du monde. Si un gorille bien velu veut se sentir ou se dire femme simplement parce qu’il a mis une jupe et des bas, ma foi, si ça l’amuse, grand bien lui fasse, mais qu’il ne me demande pas de le croire sur parole. C’est avec ce genre d’entourloupe que des fanatiques prétendent qu’il existe des hommes à vagin et des femmes à pénis. Le bât blesse au moment où ces militants réclament, voire obtiennent, sur simple déclaration de changement de sexe, le droit, s’ils doivent être incarcérés, de l’être dans une prison pour femmes, ou le droit de participer aux compétitions sportives féminines, qu’ils remportent systématiquement. Enfin mon lecteur mécontent élabore une théorie complotiste fumeuse, selon laquelle les vilains fascistes très très méchants qui dominent le monde font exprès de diffuser ces vidéos d’affolés aux cheveux mauves, afin que les demeurés comme moi les détestent, et que le monde soit en proie à la discorde. Bon, nous en resterons là pour aujourd’hui, il faut que j’aille prendre l’air.

vendredi 30 janvier 2026

verbier

    Mes néomots de ces derniers temps : inconnudité, survivoter, étableau.

jeudi 29 janvier 2026

Louis S

    Souvenirs de Louis S. Longtemps j’ai ignoré qu’il se prénommait Louis. Pour moi, c’était Monsieur S. Il habitait avec sa famille derrière leur étable, laquelle donnait sur la rue, presque en face de chez mes grands-parents. Enfant, on m’y a envoyé parfois chercher le lait. J’aimais beaucoup l’ambiance des vaches, l’odeur énorme, les hirondelles nichant là. Un jour que nous étions en vacances dans ce village, Monsieur S, Dieu sait où, a passé sa main dans le grain qu’une machine moulait, et s’est coupé deux doigts. Mon père l’a conduit d’urgence à l’hôpital. Je les accompagnais. Je ne m’en souviens guère mais j’ai retenu la leçon, que même quelqu’un d’avisé comme lui pouvait commettre une lourde erreur. C’était un petit homme sec au visage buriné, au regard vif. J’ai refait sa connaissance quand je me suis installé au village, après des années d’absence. Il me tutoyait, m’ayant connu enfant, et m’a proposé d’en faire de même avec lui, mais je n’ai jamais pu m’y résoudre. Dans les premiers temps il m’a donné des informations de base : que le supermarché le plus proche était l’Inter de Beauvoir, à treize kilomètres, et que sur les hauteurs au nord du village se trouvait la carrière, c’est à dire le dépotoir, il n’y avait pas encore de déchetterie. Il m’a aussi parlé de la grange dite du pendu, isolée au milieu des champs. Je crois que c’est lui qui se chargeait de monter de temps en temps sur le toit de chez ma grand-mère pour remettre les tuiles en place. On a causé de ce problème des fuites quand j’ai repris la maison, avant que je fasse refaire la toiture. Il essayait de minimiser en plaisantant : Ah, tant qu’il pleut pas dans le lit… Il m’a donné quelques bons conseils, comme de me servir d’un tournevis pour enlever la peinture écaillée des vieux volets, ou de couper toutes les tiges sauf une, d’un prunier qui poussait en bouquet : Tu verras comme il va profiter, m’avait-il dit, et ce fut bien le cas. Il disait D’autre fois, pour Autrefois, et au début j’ai cru que c’était par erreur, puis j’ai entendu un autre gars du coin dire de même, puis j’ai trouvé l’expression telle quelle dans un texte du XVIIIe siècle, signe que c’était une tournure ancienne. Une fois, à propos des misères subies par je ne sais plus quel animal, il m’avait dit en souriant : O l’est des bêtes comme les chrétiens… Qu'était-ce à dire ? Qu’il en est des bêtes comme des chrétiens, c’est à dire des humains, tous susceptibles de souffrir ? Il a dû me prendre pour un rigolo, la fois où je lui ai naïvement offert des pommes de mon jardin, qui n’étaient pas mûres. Ou bien des petits oignons à planter, dont j’avais acheté un stock excessif. Il les a regardés d’un air perplexe, puis a dit : Eh ben, on va les mett dans la terre. Quand il a abandonné le chauffage au bois, il m’a donné tous les fagots qui lui restaient. Ils contenaient de tout, même des petites tiges de lierre sec, c’était une leçon d’économie. Quand il a pris sa retraite, il était parfois désoeuvré, je le trouvais assis dans sa cuisine. Il a vendu son étable et devait faire le tour par l’impasse pour aller au courrier. Je pensais peut-être à tort que ça devait l’ennuyer, et qu’à sa place j’aurais préféré conserver l’étable juste pour avoir le plaisir de couper à travers elle pour aller dans la rue. A la fin c’est là que je le voyais le plus souvent, quand il venait aux boites à lettres, en face de ma fenêtre de cuisine. Il marchait de plus en plus difficilement. Une fois je m’étais trouvé le suivre en voiture sur la route de Loulay pour aller au marché du vendredi matin, et je voyais la sienne zigzaguer. Puis il a cessé de conduire. Quand il m’arrivait de lui poser machinalement la question qu’on ne devrait pas trop poser aux vieux, Comment allez-vous ? il répondait : On s’en va du mauvais côté… Je ne sais plus quand il est mort, si j’habitais déjà là en permanence, mais j’ai pu aller à son enterrement. On ne se connaissait pas plus que ça, on n’était pas très liés, mais sa mort m’a terriblement peiné. Il était de Saint-Martial, je pense à lui chaque fois que j’aperçois au loin l’église de Saint-Martial éclairée, les soirs d’été.

mardi 27 janvier 2026

révolution

    En relisant un peu Gomez Davila dernièrement, je suis retombé sur cette pensée brévissime, je traduis : Inutile, comme une révolution (dans ses Escolios II, 1977, p 126). Et sur cette autre, qui en est un développement : Les progrès sociaux ne proviennent pas de fortes secousses, mais de légères poussées (ibidem, p 357). J’ai retrouvé aussi une déclaration de Marguerite Yourcenar sur le même thème, dans ses entretiens avec Matthieu Galey : Je n’idolâtre pas les révolutions … Ce sont les réformes et non les révolutions, qui améliorent le monde (Les yeux ouverts, 1980). Je suis assez d’accord avec cette prudence réformiste. Les révolutions n’ont si souvent été, comme le pavé de l’ours dans la fable de La Fontaine, que des remèdes pires que le mal.

lundi 26 janvier 2026

Ramuz

    Dans le recueil d’Ecrits sur la nature, de C F Ramuz (Editions La Guêpine, Loches, 2021) je remarque un passage de son Journal, curieusement daté de 4-31 décembre 1899 (p 20-21) où l’on peut lire ce développement. L’auteur évoque d’abord les « extases multipliées » des poètes devant la nature, qu’ils voient de loin « bonne autant que belle, rose, ingénue et gentille … un merveilleux spectacle. » Je constate aujourd’hui que ce point de vue est largement celui du grand public et non seulement des poètes. Ramuz observe ensuite que les rapports entre les êtres naturels ne sont pas si jolis que ça, vus de plus près : « la vie de l’un s’entretient de la vie de l’autre », c’est l’entre-dévoration générale. Puis il en donne quelques exemples, avant d’en tirer cette drôle de conclusion : « Admirez la lutte immense des êtres et des choses … Et surtout pas de vaine pitié pour les vaincus. Leur sort est de se soumettre et de souffrir sans se plaindre … C’est leur admirable grandeur. Que l’homme les prenne pour exemple… » Là, j’ai du mal à le suivre.

dimanche 25 janvier 2026

getaway

    L’autre soir j’ai regardé The getaway (Guet-apens) de Sam Peckinpah (1972) qui était disponible sur Youtube en version originale. Je ne maitrise pas assez bien l’anglais parlé pour comprendre tous les dialogues mais j’avais lu un résumé dans Wiki. J’avais déjà vu ce film dans ma jeunesse mais n’en gardais aucun souvenir. J’ai trouvé cela distrayant mais pas terrible. Steve McQueen fait toujours plaisir à voir. Ali MacGraw est jolie fille mais pas très crédible dans ce rôle. Al Lettieri par contre a bien la gueule de brute de l’emploi. Ce genre d’histoire est troublant parce qu’on a toujours spontanément envie ou besoin de soutenir les protagonistes, en l’occurrence le couple McQueen-MacGraw, or ce ne sont pas des personnages reluisants. Ce sont même plutôt des ordures, comme le suggère pesamment la scène où ils sont emportés dans un camion-benne et jetés dans une décharge. Ce qui m’a peut-être le plus fasciné, c’était de revoir ce monde pas si lointain mais déjà si différent, où l’on vivait encore sans ordi, sans smartphone, où l’on conduisait sans ceinture…

samedi 24 janvier 2026

voir

    Un beau jour, il y a de ça un peu plus d’un an, je me suis amusé à retransmettre sur un réseau, comme il m’arrive parfois, une de ces petites vidéos militantes qui circulent sur le net. On y voyait une espèce d’être interlope, dûment fardé, épilé, tressé, tatoué, teinté et percé, expliquer en roulant des yeux les règles qu’il ou elle avait inventées pour permettre de s’adresser à une personne non binaire sans risquer de la mégenrer. Oui, car nous en sommes maintenant au point où il y a dans la population un pourcentage significatif de jobards pour qui c’est là un sujet de préoccupation. Une de mes correspondantes, humaniste mais susceptible, et qui en ce temps-là daignait encore m’adresser la parole, parfois même aimablement, avait été choquée de ce partage et m’avait envoyé cette remontrance : Tu ne peux pas tout simplement fermer les yeux au lieu de nous infliger ça?! Eh bien non, Irena, je ne peux pas, je ne veux pas fermer les yeux et faire comme si je ne voyais pas. Sans doute suis-je resté marqué par les leçons reçues dans ma jeunesse. Celle par exemple des situs, pour qui il fallait, n’est-ce pas, Rendre la honte plus honteuse encore en la livrant à la publicité. Ou celle de Jean-Jacques : J’ai vu les moeurs de mon temps, et j’ai publié ces Lettres…

vendredi 23 janvier 2026

outil

    Lors d’une des deux plantations de haie auxquelles j’ai participé le mois dernier, j’ai côtoyé un homme peu causant, qui s’est avéré être un citoyen allemand. S’appelait-il Thomas ? Il se servait d’un outil comme je n’en avais jamais vu, qui se maniait d’une seule main. Le manche était long d’une quarantaine de centimètres. Le fer avait d’un côté une forme de binette carrée, mais un peu plus longue, moins large et plus épaisse qu’une binette normale. En frappant le sol il s’y enfonçait facilement, et en le retirant vers soi il évacuait la terre, de sorte qu’un trou de plantation propre était plus vite réalisé qu’avec nos petites pelles métalliques. De l’autre côté, le fer aplati et carré servait comme un marteau, commode pour enfoncer les tuteurs. A un moment, j’ai demandé à ce compagnon si son bon instrument était français ou allemand. Ni l’un ni l’autre, m’apprit-il, c’était un outil japonais…
    (PS. Un copain s'est demandé si l'outil décrit n'était pas tout simplement une herminette. Puis une amie a trouvé la référence d'une petite houe japonaise, qui semble en effet correspondre à l'usage.)

jeudi 22 janvier 2026

papaye

    Je n’ai jamais su si c’est pour quelque raison, ou par une drôle de coïncidence, que le mot papaye peut se traduire en portugais par ces deux synonymes : papaia et mamão. Pour comble de bizarrerie, papaia est féminin, mamão masculin…

mercredi 21 janvier 2026

métro

    Ce conseil entendu dans le métro, diffusé par les hauts-parleurs : Attention à la marche en descendant du train. Il était aussi formulé en langues étrangères : Please mind the gap between the train and the platform, Cuidado con el espacio entre el vagón y el andén, etc. J’aimais bien cet exotisme, mais seule la version française donnait un parfait alexandrin.

lundi 19 janvier 2026

second

    Le principe selon lequel il faudrait n’employer le mot « deuxième » que dans une énumération allant au-delà de deux éléments, et « second » lorsque l’énumération s’arrête à deux, n’est qu’une superstition lexicale. L’Académie estime que l’on n’a pas à s’y plier. Je suis du même avis.

dimanche 18 janvier 2026

démence

    Selon Marianne, citant un récent rapport du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), «Malgré la saturation de son système de soins, la France demeure le seul pays au monde à proposer une prise en charge médicale des étrangers malades, assortie d’un titre de séjour. Le motif psychiatrique figure aujourd’hui parmi les arguments les plus fréquemment invoqués pour obtenir un suivi et une régularisation administrative.» Plus que jamais, donc, la France est une terre d’asile psychiatrique.

samedi 17 janvier 2026

vendredi 16 janvier 2026

Texier

Il fut un temps dans ma jeunesse où, quand j’allais rendre visite à ma grand-mère à la Croix-Comtesse, elle me donnait des articles qu’elle avait découpés pour moi dans L’Angérien libre. C’étaient des extraits de l’Inventaire archéologique de l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély, par le docteur Jean Texier, qui paraissaient alors en feuilleton dans cet hebdo local. Maintenant revenu habiter au pays, j’entends régulièrement citer cet Inventaire comme un ouvrage de référence sur le patrimoine de la contrée. En me renseignant j’ai appris que Jean Texier (1879-1953) natif de Varaize, était médecin à Saint-Jean d’Angély, qu’il avait eu un cabinet de consultation dans la rue Rose, qu’il avait été en 1923 un des fondateurs de la Société d’archéologie de Saint-Jean, dont il était par la suite devenu le président, qu’il avait aussi eu des responsabilités dans d’autres sociétés savantes, qu’il avait été médecin-chef de l’hôpital et maire-adjoint de la ville, où il s’était occupé notamment des monuments historiques, et qu’il fut propriétaire du château de Dampierre sur Boutonne. Son bon Inventaire n’a été publié qu’après sa mort par l’imprimerie Brisson, en onze fascicules parus de 1963 à 1982, auxquels s’est ajouté en 1995 un douzième, l’Index des noms de famille cités dans l’oeuvre. L’inventaire est doté d’un long sous-titre (Ses monuments, ses vieilles églises, ses anciennes demeures et ceux qui les ont habitées) qui fait penser aux Vieilles maisons, vieux papiers, de G Lenotre. Ces fascicules sont de modestes livrettes, de format à peu près A5, épaisses de 24 à 69 pages, en moyenne une quarantaine. Elles contiennent principalement des descriptions de bâtiments, parfois d’arides généalogies de propriétaires de châteaux. L’ordre de publication est d’abord hiérarchique (St-Jean et son canton parce qu’ils sont au centre du périmètre), ensuite alphabétique (cantons d’Aulnay, Loulay, Matha, St-Hilaire, St-Savinien, Tonnay-Boutonne). Il est difficile d’en avoir une vue d’ensemble, car les catalogues des bibliothèques tantôt ne possèdent pas la série complète, tantôt livrent les notices en désordre. C’est pourquoi j’en ai dressé une Table des matières ordonnée, que je publie ce mois-ci pour ma Lettre documentaire n° 533.
*
Lettre documentaire 533

TABLE DES MATIERES
pour l’ouvrage du docteur Jean Texier (1879-1953)
INVENTAIRE archéologique de l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély : 
ses monuments, ses vieilles églises, ses anciennes demeures et ceux qui les ont habitées
publié dans ladite ville par l’Imprimerie Brisson en 12 fascicules, de 1963 à 1995.

- 1. Saint-Jean d’Angély (1963, 24 p).

- 2. Canton de Saint-Jean d’Angély (1) : Antezant, Asnières, La Benâte, Bignay, La Chapelle-Bâton, Courcelles, Les Eglises d’Argenteuil, Fontenet, Landes (1964, 49 p).

- 3. Canton de Saint-Jean d’Angély (2) : Mazeray, Poursay-Garnaud, Saint-Denis du Pin, Saint-Julien de l’Escap, Saint-Pardoult, Ternant, Varaize, La Vergne, Vervant, Voissay (1966, 56 p).

- 4. Canton d’Aulnay (1) : Aulnay, Blanzay, Cherbonnières, Chives, Contré (1968, 40 p).

- 5. Canton d’Aulnay (2) : Dampierre sur Boutonne, Les Eduts, Fontaine-Chalendray, Le Gicq, Loiré, Néré, Nuaillé, Paillé, Romazières, Saint-Georges de Longuepierre, Saint-Mandé, Saint-Martin de Juillers, Saint-Pierre de Juillers, Saleignes, Salles, Seigné, La Villedieu, Villemorin, Villers-Couture, Vinax (1970, 56 p).

- 6. Canton de Loulay : Bernay, Coivert, Courant, Croix-Comtesse, Doeuil, La Jarrie-Audouin, Loulay, Lozay, Migré, Saint-Félix, Saint-Martial, Saint-Martin de la Coudre, Saint-Pierre de l’Isle, Saint-Séverin, Vergné, Villeneuve la Comtesse, Villenouvelle (1972, 49 p).

- 7. Canton de Matha (1) : Bagnizeau, Ballans, Bazauges, Beauvais sur Matha, Blanzac, Bresdon, Brie sous Matha, La Brousse, Courcerac, Cressé, Gibourne, Gourvilette, Haimps, Louzignac, Massac (1975, 36 p).

- 8. Canton de Matha (2) : Matha, Mons, Neuvicq, Prignac, Saint-Ouen, Siecq, Sonnac, Thors, Les Touches de Périgny (1977, 36 p).

- 9. Canton de Saint-Hilaire de Villefranche : Aujac, Aumagne, Authon, Bercloux, Brizambourg, Ebéon, La Frédière, Juicq, Nantillé, Saint-Hilaire de Villefranche, Sainte-Même (1978, 35 p).

- 10. Canton de Saint-Savinien : Agonnay, Annepont, Archingeay, Bords, Champdolent, Coulonges, Fenioux, Grandjean, Les Nouillers, Saint-Savinien, Taillant, Taillebourg (1981, 69 p).

- 11. Canton de Tonnay-Boutonne : Annezay, Chantemerle, Chervettes, Nachamps, Puyrolland, Saint-Laurent la Barrière, Saint-Loup, Tonnay-Boutonne, Torxé (1982, 42 p).

- 12. Index des noms de famille cités (1995, 49 p).

jeudi 15 janvier 2026

Lands

LANDS
Auckland
Birdland
Cumberland
Deutschland
England
Falkland
Groenland
Highland
Ireland
Jutland
Kirkland
Lakeland
Maryland
Newfoundland
Outland
Portland
Queensland
Rutland
Scotland
Thailand
Uhland
Vinland
Wonderland
Yiddishland
Zeeland

(Poème-liste, avec l'aide de Carnif Low).

mercredi 14 janvier 2026

mardi 13 janvier 2026

Davila

    Il est d'usage en Espagne et dans les pays hispaniques, de doter l’individu de deux noms de famille, le nom paternel suivi du maternel. Quand on veut nommer quelqu’un rapidement, on se limite d’ordinaire au premier, le patronyme. Mais il arrive, si ce premier nom est très commun et donc peu distinctif, que l’on préfère se servir du second. Ainsi dit-on Picasso plutôt que Ruiz (pour Pablo Ruiz Picasso), et Lorca plutôt que García (pour Federico García Lorca). Je crois qu’il en sera, ou qu’il en est déjà de même pour Nicolás Gómez Dávila, que l’on appelle plutôt Dávila que Gómez, quand on veut abréger. D’où vient aussi que l’on utilise l’adjectif davilien.

lundi 12 janvier 2026

Paris 3

Le mercredi 8 : il neigeait de plus belle et nous nous promenâmes. A onze heures nous devions visiter la Sainte-Chapelle, beau bâtiment à l’intérieur saturé de bleu, de rouge et de doré. La partie basse est une étonnante grotte obscure. La partie haute est plus aérienne, plus élancée. J’ai aimé les plafonds peints, avec des étoiles. Il y a là une débauche de vitraux, représentant dit-on plus de mille scènes, la plupart de l’Ancien Testament. Je me suis dit que bizarrement les plus haut placés sont en quelque sorte hors de la vue, impossibles à contempler. Sur le trottoir d’en face j’ai reconnu la silhouette d’une fontaine W. Ayant repassé de l’île de la Cité sur la rive droite, nous déjeunâmes à la brasserie le Sarah B, place du Châtelet, de généreuses parts de quiche. Avec du bon vin chaud, car nous étions transis. De là nous avançâmes jusqu’à l’esplanade du Trocadéro, d’où l’on avait une belle vue sur la Tour E, le Champ de M, et Paris couvert de neige. Je ne sais plus qui j’ai entendu dire que la neige embellissait la ville, ne serait-ce qu’en masquant la saleté des rues. Nous avions ensuite rendez-vous à l’Ecole des Arts Joailliers, boulevard Montmartre, pour y voir de 14 h 30 à 15 heures l’exposition de quelques pierres de la collection de Roger Caillois. Les cailloux à Caillois, de toute beauté. Nous flânâmes ensuite sur le boulevard et dans les passages qui s’y ouvrent, Jouffroy, Verdeau, et des Panoramas. Il y a là de beaux objets mais à des prix abusifs : livres, oeuvres d’art, même un magasin de jolies cannes. J’ai remarqué le nom de l’hôtel Ronceray et me suis demandé s’il avait inspiré celui de Marc Ronceraille, auteur fictif supposément né à St-Jean d’Angély. Le soir, notre hôtesse nous régala d’une copieuse raclette à domicile. Nous avions invité mon correspondant Xavier-Gilles N, qui m’offrit son étude Graphzine graphzone. La conversation fut riche en confidences sur nos histoires, nos idées, nos familles. 
    Fidèle à mon destin d’aimant à livres, je m’en étais fait offrir trois en trois jours. Il était temps de quitter Paris, si je ne voulais en repartir avec une bibliothèque. Nous reprîmes le train ce jeudi à midi.

dimanche 11 janvier 2026

Paris 2

Le mardi 6 au matin nous descendîmes d’abord, par des escaliers situés au bout de la rue, jusqu’à l’église Saint-Germain de Charonne. Elle est décorée d’un bel ensemble de vitraux dont un seul, celui représentant le saint patron, porte la signature de l’artiste, P(auline) Peugniez, et la date de 1950. Puis nous prîmes le métro à la Porte de B pour nous rendre au Kremlin-B où je devais, raison du voyage, participer à l’enregistrement d’une émission télévisée d’une heure, consacrée au penseur colombien Nicolás Gómez Dávila. Auparavant nous déjeunâmes, pour ma part d’une planche de charcuterie et de fromage, à la brasserie la Comète, avenue de Fontainebleau, en compagnie de Michaël R, auteur d’une thèse sur l’écrivain et invité principal de l’émission, Pierre-Marie S, son éditeur, et Olivier P, bibliophile davilien. Olivier nous confia que d'après ses investigations, le jeune Dávila, vivant alors avec ses parents à Paris, aurait résidé au 9 rue du Boccador, dans le huitième arrondissement, en 1926, et au 2 rue Greuze, dans le seizième, en 1931. En début d’après-midi nous rejoignîmes au studio l’animateur, Rémi S. Un troisième invité de l’émission, Juan A, n’ayant pu venir, fut remplacé au pied levé par Pierre-Marie S. L’enregistrement, réalisé dans les conditions du direct, se déroula sans incident, mais l’émission ne sera diffusée que dans quelques mois. Ne pouvant guère en juger, je me demande un peu de quoi nous avions l’air, mais il me parait certain que le plus à l’aise d’entre nous était le fringant animateur. Cette mission remplie, je regagnai Paris avec ma camarade. Nous nous rendîmes au sud-est du Père-L pour rencontrer mon correspondant Stéphane G, auteur de trois Lettres documentaires, et son épouse Nellie, qui nous régalèrent eux aussi d’une galette. Il y avait dans la pièce quantité de livres, parmi lesquels je repérai un gisement de Marc-Edouard N et un de Renaud C. Le soir nous rejoignîmes dans un bar du boulevard de Ménilmontant l’ami Carnif L, avec qui nous allâmes dîner dans la crêperie Brocéliande, rue de la Roquette. Carnif m’offrit un recueil d’Ecrits sur la nature, de Ramuz. Le restaurateur, un Bengali basané, n’avait certes pas le type breton mais sa cuisine était potable. Pour moi une crêpe au jambon, une à l’oeuf et une boule de glace au chocolat. Dans les rues la neige commençait à fondre.